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Le bilan de la Marine française de l’Ancien Règime

Ci-dessus : la bataille de Béveziers, 1690. Par Albert Brenet. A gauche, le Soleil Royal, vaisseau amiral du comte de Tourville.

Dans ses Souvenirs d’un amiral, publiés en 1860, Edmond Jurien de la Gravière*, fameux amiral de la Marine française du Second Empire, écrit :

« De 1676 à 1782, la marine française a livré vingt et une batailles rangées ; elle n’en a perdu que trois. Dans presque toutes les autres, elle est restée maîtresse du champ de bataille. Nos défaites mêmes n’ont point eu le caractère désastreux qu’on a voulu généralement leur imputer ; le découragement qu’elles nous inspirèrent en fut la plus triste conséquence. »

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Neptunia : la revue et le n°271

Une régate à Argenteuil en 1883. Comme souvent avec Neptunia, force est de constater que la couverture du numéro 271 de la revue est magnifique. Elle est tirée d’une œuvre signée Gaston Bruelle, artiste français du XIXe siècle, que le Musée national de la marine vient d’acquérir.

Assez étonnamment, bien que souvent citée comme source dans les différents billets de ce blog, je n’ai jamais vraiment parlé ici de Neptunia, revue trimestrielle publiée depuis 1946 à l’initiative de Jacques Vichot par l’Association des Amis du Musée national de la Marine (AAMM), association fondée le 3 avril 1930 qui « a pour objet d’aider et de participer au rayonnement du Musée national de la Marine, aux actions qu’il engage, à l’enrichissement de ses collections, et plus généralement au développement de la culture maritime. »

Comme précisé sur le site de l’AAMM, Neptunia « constitue aujourd’hui une somme inestimable d’informations et de documents sur le monde maritime passé et présent dans tous ses aspects […] Elle accorde une place particulière à l’histoire, à la culture matérielle et aux arts, en lien avec les collections du musée national de la Marine et celles d’autres musées. Elle s’adresse aux amateurs d’histoire et de patrimoine maritimes, aux modélistes, aux chercheurs, aux associations et institutions culturelles liés au monde maritime. »

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Napoléon et la mer : conférence de Michèle Battesti

Dans le cadre de l’exposition Napoléon et l’Europe organisée par le Musée de l’Armée (27 mars – 14 juillet 2013), Michèle Battesti – spécialiste de la marine du XIXe siècle notamment auteur d’une remarquable thèse universitaire à propos de la marine de Napoléon III – a tenu une conférence en mars dernier au sujet de Napoléon et la mer.

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Le prix Amiral Daveluy

Le Centre d’Étude Supérieur de la Marine (CESM) a mis en ligne il y a quelques jours le nouveau règlement du Prix Daveluy, l’occasion de parler rapidement de ce prix (certains étudiants lisant ces lignes seront peut être intéressés) et des lauréats 2012, auteurs de remarquables travaux sur le sujet qui nous passionne !

Créé par le chef d’état-major de la marine en 1996, le prix « Amiral Daveluy »* récompense depuis maintenant plus de quinze ans différents travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, géopolitique et juridique dans les domaines de la pensée navale et du fait maritime.

Ayant pour objectif d’encourager et de promouvoir des travaux de recherche et de réflexion afin de faire progresser les connaissances dans le domaine maritime, le prix Daveluy participe au rayonnement de la Marine vers les universités et les grandes écoles. En début de chaque année universitaire, les étudiants en droit, en histoire, en sciences politiques ou encore en géopolitique, ayant choisis un sujet lié à la mer dans le cadre de leur master ou de leur thèse, envoient leurs travaux au Centre d’études supérieures où ils sont évalués par un jury constitué de plusieurs spécialistes du monde maritime, civils et militaires. Il est à noter que les travaux peuvent être présentés jusqu’à deux ans après leur soutenance.

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« J’en ris encore »

On sous-estime parfois l’importance et la portée du nom d’un bâtiment de guerre. Le nom attribue une identité au navire, donnant à son équipage un véritable sentiment d’appartenance et de fierté. Illustration symbolique de la puissance de l’État, de la dynastie régnante ou encore du régime et de la politique du pouvoir en place, il représente le pays au service duquel le navire navigue. Il peut également être un message envoyé aux puissances étrangères. Bref, encore aujourd’hui, le choix du nom d’un bâtiment n’est jamais anodin et toujours très réfléchi, notamment pour les grandes unités !

On remarque, en analysant les différentes listes nominatives de la Marine française des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, que le changement de dénomination d’un bâtiment n’était pas rare à l’époque de la marine à voile. On constate ainsi qu’un même navire pouvait changer jusqu’à cinq fois de nom au cours de sa vie. Cette pratique du changement de nom apparut quelques fois dans l’histoire de la marine française : sous le règne de Louis XIV, puis de manière marquée de la Révolution jusqu’à la Monarchie de Juillet.

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Brève histoire de l’École navale (1er novembre 1830)

Nous sommes aujourd’hui le 1er novembre, et comme tous les 1er novembre depuis 183 ans, l’École navale, officiellement née en 1830 comme école flottante, célèbre son anniversaire. L’occasion de présenter une brève histoire de cette institution, chargée comme vous le savez probablement d’assurer la formation initiale des futurs officiers de la Marine nationale.

L’origine du vaisseau-école en France remonte en fait au décret du 27 septembre 1810, lorsque Napoléon, souhaitant réorganiser la formation des officiers de marine, avait créé deux Écoles spéciales de marine : l’une à Brest sur le Tourville, et l’autre à Toulon sur le Duquesne. Les deux navires avaient été disposés pour permettre des études suivies, avec des salles de cours dans la batterie haute et des bureaux et hamacs pour les élèves dans la batterie basse. Les écoles flottantes n’étant aucunement navigantes, plusieurs corvettes furent annexées aux deux vaisseau-écoles pour apprendre aux jeunes élèves l’art de l’appareillage et de la navigation.

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L’America, premier vaisseau de la marine américaine

En octobre 1775, six mois après le début de la Guerre d’Indépendance américaine, le Continental Congress réuni à Philadelphie, désireux de doter la jeune république américaine d’une marine de guerre, forme le Naval Commitee et le charge de créer et de développer la Continental Navy, ancêtre si l’on peut dire de la fameuse US Navy. Composé de trois puis de sept membres, ce comité devient en décembre de la même année le Marine Commitee, ses attributions étant étendues à l’ensemble des affaires maritimes.

La mission du Marine Commitee est loin d’être simple. Il peut toutefois s’appuyer sur l’expérience des chantiers de construction de la côte atlantique qui, depuis un siècle, construisent des navires pour la marine anglaise, notamment marchande, ainsi que sur les marins et officiers qui ont jusqu’alors servi dans la flotte de Sa Majesté. Parmi eux se trouve le jeune lieutenant de vaisseau John Paul Jones, qui sut résumer une évidence en une formule restée célèbre : « Without a respectable Navy, alas America ! »

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Skyfall – La dernière scène


(Je conseille aux personnes n’ayant pas encore vu le film de ne pas lire ce billet, et notamment son dernier paragraphe.)
Souvenez-vous, c’était il y a environ un an, je commentais l’une des plus remarquables scènes (selon moi) du dernier James Bond, le fameux Skyfall. La dernière mission de l’agent britannique tourne mal, 007 a échoué et les gros bonnets du MI6 se demandent s’il n’est pas temps de le mettre à la retraite. James est assis pensif à la National Gallery devant le Fighting Temeraire, bâtiment légendaire partant à la casse, remorqué par un navire à vapeur, plus moderne, plus jeune… Le parallèle entre James Bond et le vaisseau à voile est évident. Je précisais en commentaire que dans la toute dernière scène du film, celle où l’agent 007 discutait avec Mallory, l’on pouvait distinguer un autre tableau marine, représentant de toute évidence un combat naval. Malheureusement, le film venait alors tout juste de sortir dans les salles de cinéma, et je n’avais pas la possibilité de pouvoir revisionner la scène afin d’analyser la peinture. Un an plus tard, la situation n’est plus la même et notre enquête peut commencer…
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