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Les 112 canons de type Santa Ana

J’ai évoqué dans l’article précédent les vaisseaux espagnols de 112 canons de type Santa Ana, l’occasion d’en dire un peu plus ici.

On met trop souvent en avant le célèbre Santísima Trinidad (1769), navire notoirement raté, quand on évoque la marine de guerre espagnole de la fin du XVIIIe siècle. Le vaisseau de 112 canons Santa Ana (1784), conçu par un ingénieur de grand talent, José Romero Fernández de Landa (1735-1807), avait pourtant de bien meilleures qualités. Si bien qu’il fut décidé en 1786 que tous les vaisseaux à trois ponts espagnols seraient désormais construits d’après ses plans.

Il en résulta une remarquable série de vaisseaux qui compta huit unités construites entre 1784 et 1794 : Santa Ana (1784), Mejicano (1786), Conde de Regla (1786), Salvador del Mundo (1787), Real Carlos (1787), San Hermenegildo (1789), Reina María Luisa (1791) et Príncipe de Asturias (1794). Un neuvième vaisseau, le Real Familia, ne fut jamais terminé.

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« La Bandera que vino de la mar »

Source : @Museo_Naval

Une exposition temporaire intéressante actuellement au Museo Naval de Madrid : « La Bandera que vino de la mar. Los colores que nos identifican » que l’on peut traduire par « Le drapeau qui vint de la mer. Les couleurs qui nous définissent » ouvert au public du 5 décembre 2025 au 5 avril 2026.

Parmi les pièces exposées à cette occasion se trouve un grand pavillon espagnol de 26 m². Ce pavillon, sans doute le plus ancien conservé par les Espagnols, fut celui du vaisseau de 112 canons Príncipe de Asturias (1794) lors de la bataille de Trafalgar en 1805. [A lire sur le site : Les 112 canons de type Santa Ana]

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La durée de vie d’un vaisseau

Dessin d’Antoine Roux (père) représentant le Commerce de Paris, vaisseau de 110 canons lancé en 1806 à Toulon et qui servit pendant prés de 60 ans dans la Marine française (dont 24 ans comme vaisseau de l’Ecole navale de 1839 à 1864)

On m’a dernièrement posé une question intéressante : « A partir de combien d’années de service considère-t-on la carrière d’un vaisseau de ligne comme longue, normale ou courte à l’époque de la marine à voile ? Je demande cela car, parfois, les navires dont vous parlez semblent retirés du service assez rapidement, tandis que d’autre servent plus d’un demi-siècle… Intrigant ! »

Il faut bien se rendre compte du coût extrêmement important d’un vaisseau de ligne. Sa construction nécessitait des milliers de chênes, souvent centenaires, et la main-d’œuvre de centaines d’ouvriers travaillant douze heures par jour pendant de longs mois. Son armement était également onéreux : l’artillerie d’un seul grand vaisseau trois-ponts pouvait compter plus de 120 canons, soit à peu près l’équivalent d’une grande armée en campagne : à Austerlitz (1805) par exemple, l’armée française comptait environ 139 canons, de calibres très inférieurs à ceux des canons d’un vaisseau.

Aux coûts de construction et d’armement du vaisseau venaient s’ajouter ceux de son entretien et des réparations nécessaires au cours de sa vie. De manière générale, la coque d’un navire se dégradait assez rapidement, peu importe qu’il soit en mer ou désarmé, inactif dans un port. Régulièrement, un vaisseau avait besoin d’un radoub (ou grand carénage), c’est-à-dire d’une révision importante de sa coque, entraînant souvent le remplacement de nombreuses pièces de charpente. Cette opération était très onéreuse et on réfléchissait sérieusement avant d’entreprendre de tels travaux, réservés habituellement aux meilleurs navires : chaque vaisseau était unique, il était plus ou moins réussi, le bois utilisé pour sa construction était de plus ou moins bonne qualité, il avait de plus ou moins bonnes qualités nautiques.

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La marine de la Révolution

Je signale la parution prochaine, au début du mois d’avril 2026, aux éditions Passés composés, d’un ouvrage que j’attends beaucoup : La marine de la Révolution par Olivier Aranda.

Ce livre est directement issu de la thèse soutenue en décembre 2023 par Olivier Aranda à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : La Marine de la République à Brest et dans l’Atlantique (1792-1799) : direction politique, stratégie, opérations. Une thèse qui cherche à réévaluer et même réhabiliter la marine de la Révolution. J’avais rapidement évoqué celle-ci dans un article publié sur ce site il y a quelques mois : Marine française contre Royal Navy (1792-1814).

Un sujet passionnant et quelque peu méconnu voire mal connu (il y a une nuance) !

Lien Amazon : La marine de la Révolution, par Olivier Aranda.

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Une revanche française

Je signale la parution prochaine, le 4 février 2026, d’un nouveau livre : Une revanche française – De la guerre de sept ans à la guerre d’Amérique 1763-1783, par Henri Ortholan.

« La guerre d’Amérique est une revanche française sur le traité de Paris de 1763. Cette revanche se prépare avec Choiseul dès avant la fin de la guerre de Sept Ans, avec la reconstruction de la flotte, la réorganisation de l’armée et des précautions d’ordre diplomatique en Europe qui lui permettront de relever le gant le moment venu. La période 1763-1778 est donc comme une veillée d’armes française, de quinze ans, durant laquelle la France se redresse donc, tout en « guettant » l’occasion d’affronter à nouveau la Grande-Bretagne. Cette revanche n’est prise qu’à la faveur de circonstances ; ce sont les colons américains qui vont les créer. La fin de la guerre de Sept Ans se signale en effet par la naissance d’une identité américaine, et non plus anglaise, conséquence de la victoire sur une France poussée hors de ses colonies. Cette émergence aboutit à la proclamation de l’indépendance des États-Unis d’Amérique le 4 juillet 1776. Finalement, un corps expéditionnaire français, sous les ordres du comte de Rochambeau, débarque en Amérique en juillet 1780. Sa participation décide de l’issue victorieuse de la guerre. Cet ouvrage est un travail qui n’avait jamais été fait sur cet entre-deux-guerres.

Henri Ortholan est docteur en Histoire et ancien conservateur du Musée de l’Armée. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages d’histoire militaire. »

Lien Amazon : Une revanche française – De la guerre de sept ans à la guerre d’Amérique 1763-1783, par Henri Ortholan.

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Envahir l’Angleterre ! L’impossible défi de Napoléon Bonaparte

Je signale la parution récente, en novembre 2025, d’un ouvrage important (deux volumes tout de même) : Envahir l’Angleterre ! L’impossible défi de Napoléon Bonaparte, écrit par Jean-Luc Bouly et édité par L’Harmattan.

La guerre entre la France napoléonienne et l’Angleterre fut le dernier chapitre d’une lutte commencée plus d’un siècle plus tôt pour la domination européenne et du monde (on connait la fin et, de fait, le XIXe siècle fut britannique). A plusieurs reprises durant cette sorte de deuxième guerre de cent ans, la monarchie puis la France révolutionnaire envisagèrent plus ou moins sérieusement l’invasion des îles britanniques.

L’auteur du présent ouvrage revient sur les projets de « descentes » en Grande-Bretagne de 1797 et 1798 avant de traiter plus en détail celui imaginé par Napoléon après la rupture de la paix d’Amiens en 1803. Ce plan avait-il des chances de succès ? Difficile à dire. Toujours est-il que la Troisième coalition ne permit pas à celui-ci d’aboutir : l’entrée en guerre de l’Autriche et de la Russie obligea l’armée française à quitter le camp de Boulogne dès août 1805, deux mois avant la bataille de Trafalgar.

Contrairement à une idée reçue, Trafalgar ne mit pas fin au camp de Boulogne. Pendant de longues années, une part plus ou moins importante du budget de la Marine continua de le financer, en attendant un éventuel retour de la paix sur le continent. En vain… Napoléon ira se perdre à Moscou, « faute d’avoir pu passer le Pas-de-Calais » (Jacques Bainville).

Liens Amazon :
Tome 1 (1797-1804)
Tome 2 (1805-1813)

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Les Aigles de la marine du Premier Empire

La Distribution des aigles – ou Serment de l’armée fait à l’Empereur après la distribution des aigles – le 5 décembre 1804. Par Jacques-Louis David, 1810

Le 5 décembre 1804, trois jours seulement après le sacre, Napoléon organisa une cérémonie grandiose sur le Champs-de-Mars afin de remettre les drapeaux et aigles à l’armée impériale. Placées au sommet de la hampe des drapeaux, ces aigles étaient fortement inspirées de celles des armées romaines durant l’antiquité. (Rappelons que dans ce contexte, Aigle est féminin).

Fait plutôt méconnu : les aigles ne furent pas destinées à la seule armée de terre. Elles furent également distribuées à la marine et notamment aux vaisseaux. Le 5 décembre 1804, trente-sept vaisseaux de ligne reçurent une aigle.

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Plans et représentations de navires français conservés dans les archives danoises

Les n°317 et 318 de la revue Neptunia – éditée par l’Association des Amis du Musée de la Marine (AAMM) – propose un article intéressant, entre autres, à propos des plans de navires conservés au sein des archives nationales danoises (Rigsarkivet). Un article signé par J.-P Mélis et P Ferrandière.

Les archives danoises conservées à Copenhague sont d’une grande richesse dans le domaine maritime et heureusement très largement numérisées : voir le site internet www.rigsarkivet.dk. Nombre de plans et représentations concernent des navires français des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ! L’AAMM propose sur son site internet une liste de ceux-ci, je vous invite à y jeter un coup d’œil : ICI.

Quelques-uns des plus fameux vaisseaux de l’histoire de la marine française y sont présents, parmi lesquels le Royal Louis (1692), le Soleil Royal (1750), la Ville de Paris (1764) ou encore le Napoléon (1850)…