Surcouf – Michel Vergé-Franceschi

Je signale la parution prochaine d’une biographie du fameux corsaire malouin Surcouf (1773 -1827) par l’historien Michel Vergé-Franceschi.

« Surcouf est-il un marin de légende ? Plutôt, n’y aurait-il pas une légende Surcouf ? C’est l’avis de Michel Vergé-Franceschi, un des plus grands historiens de la marine qui, pour la première fois, révèle le plus célèbre des corsaires tel qu’en lui-même, débarrassé des mythes, de la légende dorée comme de la légende noire.

Ce livre, c’est d’abord une vie extravagante d’aventure et de témérité. Né sous Louis XV, mort sous Charles X, Surcouf traverse la Révolution, le Consulat, l’Empire, sert Napoléon, qui le décore de la Légion d’honneur lors de la première promotion de l’ordre. Des rives de l’océan Indien, où il navigue dés l’âge de vingt ans, à sa phénoménale carrière de corsaire et d’armateur, Surcouf a défié le destin avec un culot et une fougue sans égal.

C’est ensuite un tabou que lève Michel Vergé-Franceschi, celui de l’esclavage. Pour avoir été un navigateur exceptionnel et un combattant sans peur, Surcouf n’en a pas moins été un profiteur de la traite négrière, grâce à laquelle il s’est considérablement enrichi. Voilà pourquoi cette vie révèle à la fois les promesses de l’avènement des Lumières et les ambiguïtés d’un monde qui était en train de mourir quand un autre s’apprêtait à naitre. »

Parution prévue en février 2022 aux éditions Passés Composés !

Les marins de l’Empereur – Sophie Muffat

Rencontre avec Sophie Muffat, spécialiste en histoire navale qui s’intéresse notamment à l’époque de la Révolution et de l’Empire, auteure du nouvel ouvrage Les marins de l’Empereur, à paraitre à la fin du mois d’octobre 2021 (MAJ : parution repoussée à décembre 2021) aux éditions Soteca.

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Tactique navale et signalisation au temps de la marine à voile

(Extrait du n°280 de la revue Neptunia, éditée par l’Association des Amis du Musée de la Marine. Article écrit par Patrice Decensière, mis en ligne sur Trois-Ponts! avec son aimable autorisation.) – Lien vers le site internet de l’AAMM.

Dans le numéro 274 de Neptunia, nous avons rappelé les conditions dans lesquelles combattait un bâtiment isolé, au temps de la marine à voile, lorsqu’il affrontait un adversaire de taille et de force à peu près comparable (lire sur Trois-Ponts!). Mais les choses étaient nettement plus complexes lorsque le combat opposait deux formations navales comprenant plusieurs vaisseaux. La tactique navale au temps de la voile reste une discipline mal connue, en dépit des nombreux ouvrages qui ont traité de la guerre sur mer.

Représentation idéalisée d’une bataille navale. Bataille de Béveziers. ©SHD ref.Ms.142-10. Les vaisseaux français, en bas, sont rangés en ligne, de part et d’autre de leur amiral (pavillon blanc au grand mât). Ils font feu de leur artillerie de sabord contre les Anglo-Hollandais, qui sont disposés de la même manière autours de leur propre amiral (pavillon rouge).

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Le combat à la mer au temps de la marine à voile

(Extrait du n°274 de la revue Neptunia, éditée par l’Association des Amis du Musée de la Marine. Article écrit par Patrice Decensière, mis en ligne sur Trois-Ponts! avec son aimable autorisation.) – Lien vers le site internet de l’AAMM.

La haute technicité sur laquelle repose la guerre navale moderne tend à nous faire considérer comme primitive la manière de combattre sur mer au temps de la marine à voile. Pourtant, les marins qui armaient ces vaisseaux et ces frégates construits en bois ne comptaient pas que sur leur bravoure pour vaincre les ennemis : la marine a toujours été une arme technique. La conduite des bâtiments de guerre sous le feu de l’ennemi exigeait un savoir-faire qui ne s’acquérait qu’au terme d’une longue expérience à la mer. Beaucoup de fables entourent les combats navals du temps de la marine d’antan : la réalité était tout à la fois plus complexe et plus prosaïque. On ne traitera ici que de la pratique des combats qui opposent deux navires. Les batailles, où s’affrontaient des formations navales, comme des escadres, constituent un sujet plus large englobant la tactique navale et les techniques de signalisation, même si ces batailles rangées dégénéraient parfois en une mêlée confuse où la plupart des bâtiments finissaient par s’affronter en duels singuliers.

Combat de l’Amazone contre la frégate anglaise Santa Margarita le 29 juillet 1782. Cette représentation, bien que très postérieure au combat, paraît assez fidèle à la réalité de la guerre sous voiles au cours du XVIIIe siècle. Les deux bâtiments courent au près, les basses voiles sur cargues. La fumée de la canonnade obscurcit la vision des combattants, et donc la possibilité de bien ajuster le tir. L’Amazone, qui a l’avantage du vent, est en train de perdre son grand mât, ce qui détermine l’issue du combat* : la perte d’un élément important du gréement est le danger le plus grave qui menace un bâtiment au combat. L’Amazone était l’une des frégates construites en 1778 par le chantier Dupuy-Fromy, de Saint-Malo (Neptunia n° 268). Elle fut reprise par les Français dès le lendemain du combat. Aquarelle exécutée par Fréderic Roux en 1827, pour l’Album de l’amiral Willaumez. © MnM, ref J 1102, cl. P. Dantec

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Trafalgar – Rémi Monaque


Passés Composés réédite un important ouvrage : Trafalgar de Rémi Monaque.

Les livres français consacrés aux batailles navales sont rares. En ce qui concerne Trafalgar, il en existe seulement deux parus à l’époque du bicentenaire de la bataille en 2005 : l’un écrit par Michèle Battesti et l’autre par Rémi Monaque. Ces deux ouvrages forts intéressants sont complémentaires car leurs analyses et leurs conclusions diffèrent sensiblement. Si Michèle Battesti met en cause l’effondrement moral de Villeneuve pour expliquer la défaite franco-espagnole, Rémi Monaque estime que celle-ci est surtout due à Napoléon qui voulut « manœuvrer ses escadres comme des divisions sur un champs de bataille terrestre ».

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Les Arsenaux de la Marine – Du XVIe siècle à nos jours

Je signale la publication des actes du colloque international Les Arsenaux de la Marine qui s’était tenu à Bordeaux en octobre 2016.

« […] Si les historiens se sont de longue date intéressés à ces établissements, il faut aujourd’hui dépasser l’éclatement monographique pour croiser les exemples français et les confronter à leurs homologues européens. Le présent ouvrage rassemble plus d’une trentaine de contributions de chercheurs français et étrangers (Italie, Espagne, Angleterre, Pays-Bas, États-Unis, Canada) pour une étude transversale de l’histoire des arsenaux, à partir de quatre thématiques : le positionnement singulier des arsenaux, entre état et société ; les enjeux techniques et logistiques ; les arsenaux entre guerre et paix ; les vocations plurielles de l’arsenal. »

Les Arsenaux de la Marine : Du XVIe siècle à nos jours, sous la direction de Caroline Le Mao, Presses universitaires de La Sorbonne, 600 pages. Parution prévue le 29 avril 2021.

A bord des sous-marins

Rencontre avec Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la marine, co-auteur avec Jean-Benoit Héron du livre A bord des sous-marins, à paraitre aux éditions Glénat le 21 avril. Ce nouvel ouvrage fait suite au très réussi A bord des frégates paru en juin 2020.

Après A bord des frégates, voilà A bord des sous-marins ! Pourquoi ce choix ?

Jean-Yves Delitte : Quand Jean-Benoît Héron et moi-même avons décidé de mélanger nos pinceaux et nos plûmes pour créer cette collection, il nous a fallu décider les différents sujets abordés. Ils sont innombrables mais après les frégates, le sous-marin s’imposait naturellement comme prioritaire. Qui enfant n’a pas imaginé des aventures à bord d’un sous-marin ? On se souvient aussi de nos lectures, Jules Verne évidemment ! Et puis, le sous-marin avec ses mystères a toujours suscité bien des questions. La collection se veut populaire, grand public. On veut émerveiller tout en offrant des ouvrages didactiques.

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17 mars 1816 : première traversée de la Manche par un navire à vapeur

« Arrivée de Londres à Paris, le 29 mars 1816, du bateau à vapeur l’Élise, capitaine Andriel, représenté saluant le château des Thuileries ». Source : gallica.bnf.fr

Éphéméride. Le 17 mars 1816, la première traversée de la Manche par un navire à vapeur est réalisée par l’Élise, de construction britannique mais battant pavillon français.

Construit à Dumbarton, en Écosse, le petit bateau à vapeur initialement nommé Margery fut acheté à Londres par Pierre Andriel pour le compte de la compagnie Pajol, qui exploitait un service régulier de voiliers sur la Seine et souhaitait adopter le nouveau mode de navigation développée en Grande-Bretagne.

L’Élise mesurait environ 15 mètres de long sur 5 de large. Elle était dotée d’une modeste machine de 10 ch. environ et propulsée par deux roues à aubes classiquement placées sur ses flancs. Elle comptait un équipage de dix hommes, semble-t-il anglais au moment de la traversée.

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