Neptunia n°283


Le numéro 283 de la revue Neptunia, éditée par l’Association des Amis du Musée national de la Marine (AAMM) est récemment paru. Source

La couverture, particulièrement belle, de ce nouveau numéro est une œuvre de Barthélemy Lauvergne représentant le vaisseau de 90 canons Napoléon, réalisé par l’ingénieur Dupuy de Lôme et lancé le 16 mai 1850 à Toulon. Ce vaisseau a la particularité d’avoir été le premier grand vaisseau rapide à vapeur.

Lire la suite

Ces marins ne sachant pas nager

Sous l’Ancien Régime, il est très paradoxal de constater que la plupart des officiers de vaisseau ne savaient pas nager, et ce en vertu d’un principe simple : si on avait le malheur de tomber à l’eau, en sachant nager, on souffrait longtemps ; si au contraire on ignorait la natation, on coulait immédiatement sans véritablement souffrir. L’historien spécialiste de la marine Michel Vergé-Franceschi estime ainsi que seuls 1 à 2% des officiers savaient nager aux 17ème et 18ème siècles.

A cette époque, seuls les chevaliers de Malte apprenaient à nager avant d’embarquer sur les galères de la Religion, bâtiments de bas bord dont la principale technique de combat était l’abordage, durant lequel les risques de tomber à la mer étaient grands. C’est grâce à cet apprentissage que le commandeur de Verdille, pourtant octogénaire, fit partie des rares survivants du naufrage de la Lune devant Giens en 1664, ou que le comte de Tourville fut l’un des quatre rescapés du Sans-Pareil, qui sombra le 19 octobre 1679. Son fils ainé de 19 ans n’eut pas la même chance et compta parmi les 800 marins qui se noyèrent ce jour-là…

Lire la suite

Une histoire de la marine de guerre française

Nouvel ouvrage dans ma bibliothèque : Une histoire de la marine de guerre française. Le bouquin est paru il y a relativement peu de temps, le 07 avril 2016. Il m’intéresse particulièrement car il est signé Rémi Monaque, auteur de trois ouvrages remarquables : Latouche-Tréville, 1745-1804 : l’amiral qui défiait Nelson (2000) ; Trafalgar : 21 octobre 1805 (2005) ; et Suffren (2009).

L’ouvrage sur Trafalgar, notamment, m’a profondément marqué, car il est paradoxalement à l’origine de mon grand intérêt pour l’histoire navale. C’était en 2005, à l’occasion du bicentenaire de la bataille, j’avais 16 ans. J’écris paradoxalement car l’on sait à quel point la bataille fut un désastre pour notre marine et son alliée espagnole.

On remarquera que ce nouveau livre ne porte pas uniquement sur la période de la marine à voiles, comme à l’accoutumé avec l’amiral Monaque.

Lire la suite

L’enquête du journal L’Ouest-Eclair (1934)

(Suite du billet L’usage de l’article devant les noms des navires)

Dans son remarquable ouvrage Les constructions navales à Rochefort, Brouage, Soubise et Tonnay-Charente, Joël Pierre écrit : « Autrefois le nom du navire était précédé d’un article : la Belle, l’Hermione, le Foudroyant. Vers le milieu du XIXe siècle l’article précédent le nom d’un bâtiment à vapeur est supprimé mais conservé pour un navire à voiles. Ce n’est qu’en 1853 que cet article commencera à ne plus apparaître pour les navires à voiles et à vapeur. »

Le fait que l’article ne fasse plus partie intégrante des noms des navires posa rapidement problème et alimenta un débat important : le nom d’un navire est il automatiquement du genre masculin ou non ?

Durant la première moitié du XXe siècle, cette question fit, nous l’avons vu, beaucoup parler. Devait-on dire par exemple « le » ou « la » France, « le » ou « la » Bretagne lorsqu’on évoquait les fameux cuirassés ? A l’époque du lancement du paquebot Normandie, en 1932, la question fit une nouvelle fois polémique. En 1934, le quotidien L’Ouest-Éclair publia une série d’articles intitulés Marine et Grammaire – Doit-on dire « le » ou « la » Normandie ? Yann Lorantz, l’auteur de cet article, posa la question aux « plus hautes personnalités françaises », sollicitant « les amiraux comme les académiciens… » Voici le détail de leurs réponses :

Lire la suite

L’usage de l’article devant les noms des navires

Au temps de la marine à voiles, une tradition séculaire voulait que l’article fasse partie intégrante du nom des navires de guerre français et qu’il soit accordé, en genre et en nombre, avec celui-ci. Dans la plupart des cas, cet article apparaissait ainsi sur la poupe des navires. On donnait, en règle générale, à un vaisseau ou à un brick un nom masculin, et à une frégate ou à une corvette un nom féminin : les vaisseaux le Soleil Royal, le Tonnant, le Redoutable ; les frégates la Minerve, la Furieuse, la Belle-Poule… Des exceptions, toutefois, existaient : les vaisseaux la Ville de Paris, la Bretagne, la République française ; les frégates le Muiron, le Rubis, le Rhin. A la fin de l’Ancien Régime puis pendant la Révolution, le pluriel fit également son apparition : les vaisseaux les Deux-Frères, les États de Bourgogne, les Droits de l’Homme.

Décor de poupe, Ornements du Saint-Philippe, 1721. Musée national de la marine.

Lire la suite

J’ai été au Musée maritime de Barcelone

En vacances à Barcelone durant l’été, je me suis naturellement arrêté au Museu Marítim de Barcelona, situé dans le magnifique bâtiment des Drassanes, au Sud de Las Ramblas, juste à coté de la célèbre colonne Christophe Colomb. L’occasion de prendre quelques photographies et de vous les présenter sur Trois-Ponts!

Lire la suite

Liste des vaisseaux de la Marine Française (1789-1815)

J’ai retrouvé dans les brouillons de mon ancien site internet dédié à la Marine du Premier Empire une liste intéressante, que je copie ici. Cette liste récapitule les vaisseaux de ligne qui ont servi dans la Marine française entre 1789 à 1815. On y compte 200 navires : 10 vaisseaux de 118 canons, 7 vaisseaux de 110 canons, 34 vaisseaux de 80 canons et 149 vaisseaux de 74 canons. La majorité d’entre eux sont issus des plans Sané-Borda adoptés par la Marine française à la fin de l’Ancien Régime.

J’avais, pour réaliser ce tableau, utilisé deux sources principales : d’une part, le Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours de Jean-Michel Roche, et d’autre part, les travaux de Jean Boudriot, notamment son ouvrage Les vaisseaux de 74 à 120 canons.

Lire la suite