
La frégate Proserpine après sa capture, par Antoine Roux
Parlons d’un combat naval à l’époque napoléonienne. Dans la nuit du 27 au 28 février 1809, les frégates françaises la Pénélope (capitaine de vaisseau Bernard Dubourdieu) et la Pauline (capitaine de frégate François-Gilles Montfort) capturèrent la frégate anglaise HMS Proserpine au large de Toulon.
Le Moniteur universel publia à l’époque les rapports des officiers français, le 9 mars 1809 :
« L’amiral Ganteaume au ministre de la Marine.
A bord du Commerce de Paris, en rade de Toulon, le 28 février 1809.
Monseigneur, hier, 27 du courant, j’avois fait appareiller les frégates de S. M., la Pénélope et la Pauline, pour éloigner une frégate anglaise qui, depuis plusieurs jours, venait indiscrètement explorer les mouvements de la rade. Les capitaines Dubourdieu, de la Pénélope, et Montfort, de la Pauline, avoient pour ordre de rentrer dans la soirée, et lorsqu’ils exécutèrent cette manœuvre, la frégate anglaise les suivit dans leur retraite, et revint, à la nuit tombante, reconnaître l’escadre de S. M., jusqu’à peu de distance du cap Sicié.
J’ordonnai alors aux deux mêmes frégates de réappareiller aussitôt que l’obscurité leur permettrait d’espérer que leur manœuvre ne seroit pas aperçue de l’ennemi ; de porter d’abord au large, et de revenir sur la rade, après une courte bordée, de manière à couper la retraite à la frégate ennemie, et à lui livrer le combat.
Cette manœuvre fut exécutée avec autant de précision que d’habileté ; et V. Exc. trouvera ci-joint le rapport du capitaine Dubourdieu, qui me rend compte du succès qu’il a obtenu.
La frégate la Proserpine est un beau bâtiment, tout neuf, construit l’année dernière, et qui, sous trois jours, sera en état de mettre à la voile sous le pavillon de l’Empereur.
Je suis, etc. »





