État abrégé de la Marine du Roy en 1691

Bataille de Béveziers, 10 juillet 1690. Par Gustave Alaux. Collection du Musée national de la marine. Au premier plan, le fameux Soleil Royal !

A propos de la marine de Louis XIV, un document très intéressant disponible sur le site internet gallica.bnf.fr (trouvé et partagé par @eligidius) : État abrégé de la Marine du Roy en 1691

Ce document mériterait une analyse complète et bien des commentaires, qui seront peut être un jour publiés sur Trois-ponts!

Les Marines de la Guerre d’Indépendance américaine (1763-1783)

Je signale la parution en juin dernier, par Sorbonne Université Presses, du second volume de l’ouvrage collectif consacré aux Marines de la Guerre d’Indépendance américaine (1763-1783).

Le premier volume sur « L’instrument naval », paru en 2013, dressait un état des marines, au sens large, de chacun des principaux belligérants quinze ans seulement après l’importante guerre de Sept Ans, si désastreuse pour la France.

Ce second volume, suite logique du précédent, porte quant à lui sur « L’opérationnel naval » :

« C’est en 1776 que débute, entre Insurgents et Britanniques, la guerre d’Indépendance américaine, à laquelle prennent part la France (1778), puis l’Espagne (1779), en attendant qu’y soient impliquées les Provinces-Unies (1780). Toutes les grandes puissances maritimes et coloniales, hormis le Portugal, s’en sont mêlées. Si cette guerre n’est que marginalement européenne, les marines y jouent un rôle essentiel. C’est même le seul conflit important de l’histoire de France où les forces navales aient plus compté que les forces terrestres. Comment et où navigue-t-on avec un vaisseau ou une frégate ? Comment commande-t-on un bâtiment, une escadre ou une armée navale ? Que peut-on faire dans des conditions de mer données ? Quelles formes les opérations navales et les combats prennent-ils au temps de l’Hermione, du Victory et de la Santísima Trinidad ?

À l’initiative de la Société des Cincinnati de France et du Laboratoire d’histoire et d’archéologie maritimes (FED 4124) de Sorbonne Université, des historiens des États-Unis, de Grande-Bretagne, d’Espagne et de France examinent les types d’opérations et missions confiées aux marines, les conditions de navigation – notamment dans l’Atlantique –, le comportement au feu des navires, pris individuellement, comme des escadres auxquelles ils appartiennent, les modalités concrètes de l’exercice du commandement. C’est l’occasion de dresser un bilan des performances opérationnelles navales des trois grands belligérants sur mer, car l’histoire des opérations permet de sortir de la dualité quelque peu anachronique entre stratégie et tactique et pose une question décisive : que peut-on réellement faire avec une marine ? »

Le Canot de l’Empereur

Le transfert très prochain du célèbre Canot de l’Empereur, du Musée de la marine de Paris vers Brest, qu’il avait quitté durant la Seconde Guerre mondiale, est l’occasion d’écrire quelques mots à propos de cette pièce exceptionnelle. Exceptionnelle parce qu’il demeure le seul canot d’apparat encore conservé en France, exceptionnelle également du fait de son histoire.

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La journée d’un bordache en 1865

Illustration extraite de l’ouvrage de Flavien Pech de Cadel, Histoire de l’École navale et des institutions qui l’ont précédée.

Il est 5h du matin, c’est le branle-bas, les quelques 120 élèves de l’École navale doivent se lever en dix minutes et faire leur hamac. La plupart ont entre 15 et 16 ans. Pour eux, cette nouvelle journée à bord du vaisseau-école Borda durera seize heures. Habituellement, dix environ sont consacrées aux cours ! Mais aujourd’hui, tous sont de bonne humeur, nous sommes jeudi, c’est le jour des exercices pratiques et surtout de la visite des parents. Celle-ci s’effectuera à terre car, depuis 1863, les visites à bord sont interdites.

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La Real Armada – La Marine des Bourbons d’Espagne au XVIIIe siècle

Je signale la parution récente, en juin 2018, d’un ouvrage collectif qui me semble particulièrement intéressant : La Real Armada – La Marine des Bourbons d’Espagne au XVIIIe siècle, édité par Sorbonne Université Presses, dans la collection d’histoire maritime dirigée par Olivier Chaline.

Troisième grande puissance navale du XVIIIe siècle, la marine espagnole fut souvent l’alliée – malheureuse – de la France contre l’Angleterre. Elle est paradoxalement, comme le note l’éditeur, peu étudiée par l’historiographie française :

« Pourquoi la défaite à Trafalgar ? À cause des Espagnols, bien sûr. Pourquoi les mécomptes dans la guerre d’Indépendance américaine ? La faute aux Espagnols. Pourquoi la France s’est- elle trouvée seule face aux Anglais pendant la guerre de Sept Ans ? Parce que les Espagnols sont entrés trop tard dans la lutte. L’historiographie française n’a jamais été tendre envers la marine des Bourbons d’Espagne, qu’elle n’a d’ailleurs pas cherché à connaître. Pour la première fois paraît en français un ouvrage collectif réalisé par les meilleurs spécialistes espagnols de l’histoire de la Real Armada.

Cette marine de guerre espagnole du XVIIIe siècle fut pourtant la troisième de son temps, née de presque rien puis, en quelques décennies, égalant presque celle des Bourbons de Versailles. C’est donc une dimension aussi méconnue qu’importante du grand affrontement naval à l’échelle du globe avec la Grande-Bretagne qui nous est ici rendue accessible. »

Il s’agit de ma prochaine lecture…

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Que sont devenus les canons du Vasa ?

Le Vasa (ou Wasa) est certainement le plus fameux vaisseau de la marine ancienne suédoise, et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il s’agissait de l’un des plus importants navires de son temps, de par ses dimensions, sa puissance et ses riches décorations. Ensuite parce qu’il a la triste particularité d’avoir lamentablement sombré – du fait de son instabilité, cause de son poids excessif – quelques minutes seulement après sa première sortie, le 10 août 1628. Enfin parce qu’il a été renfloué en 1961 et est exposé depuis 1990 dans le plus célèbre musée de Suède, le Vasa Museet.

Le vaisseau portait 64 canons, dont 48 de 24 livres, 3 d’entre eux « seulement » sont exposés au musée de Stockholm. La question est donc la suivante : où sont les autres ? Afin d’y répondre, l’Association des Amis du Musée Vasa (Vasamuseets Vänner) a lancé en avril 2018 le projet Finding the Vasa Cannon, visant comme son nom l’indique à retrouver les canons du Vasa.

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