Le prix Amiral Daveluy

Le Centre d’Étude Supérieur de la Marine (CESM) a mis en ligne il y a quelques jours le nouveau règlement du Prix Daveluy, l’occasion de parler rapidement de ce prix (certains étudiants lisant ces lignes seront peut être intéressés) et des lauréats 2012, auteurs de remarquables travaux sur le sujet qui nous passionne !

Créé par le chef d’état-major de la marine en 1996, le prix « Amiral Daveluy »* récompense depuis maintenant plus de quinze ans différents travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, géopolitique et juridique dans les domaines de la pensée navale et du fait maritime.

Ayant pour objectif d’encourager et de promouvoir des travaux de recherche et de réflexion afin de faire progresser les connaissances dans le domaine maritime, le prix Daveluy participe au rayonnement de la Marine vers les universités et les grandes écoles. En début de chaque année universitaire, les étudiants en droit, en histoire, en sciences politiques ou encore en géopolitique, ayant choisis un sujet lié à la mer dans le cadre de leur master ou de leur thèse, envoient leurs travaux au Centre d’études supérieures où ils sont évalués par un jury constitué de plusieurs spécialistes du monde maritime, civils et militaires. Il est à noter que les travaux peuvent être présentés jusqu’à deux ans après leur soutenance.

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La prédiction de Choiseul (1761)

En ce jour anniversaire de la capitulation du général britannique John Burgoyne (le 17 octobre 1777) suite à la fameuse bataille de Saratoga lors de la Guerre d’Indépendance américaine, je cite une remarque intéressante du duc de Choiseul s’adressant au Britannique Hans Stanley. Elle aurait été formulée au cours des négociations de paix de l’été 1761 mettant fin à la guerre de Sept Ans, très désastreuse pour la France, qui perdit ses colonies en Amérique du Nord et en Inde :

« Je m’étonne que votre grand Pitt attache tant d’importance à l’acquisition du Canada, territoire trop peu peuplé pour devenir jamais dangereux pour vous, et qui, entre nos mains, servirait à garder vos colonies dans une dépendance dont elles ne manqueront pas de s’affranchir le jour où le Canada sera cédé. »

La citation est rapportée par Cornelis de Witt dans son ouvrage Thomas Jefferson : étude historique sur la démocratie américaine publié en 1861.

Ainsi que le rappelle Edmond Dziembowski dans la préface de l’ouvrage de Jonathan R. Dull La guerre de Sept Ans, traduit en français et publié aux éditions Les Perséides en janvier 2009, la réflexion du ministre français est fondée sur le bon sens. En devenant anglais, le Canada cesse de constituer une menace pour les Treize Colonies d’Amérique du Nord. La protection militaire britannique devenant de ce fait inutile, les colons américains ne tarderont pas à vouloir s’émanciper… Ainsi Choiseul prédit l’indépendance des États-Unis d’Amérique vingt ans avant Yorktown !