Histoire de la marine impériale russe après 1870

Être éditeur d’ouvrages ou de revues d’histoire militaire n’est pas chose facile en France. Un exemple : les éditions Lela Presse avait initialement prévu la parution en décembre 2019 d’un nouvel ouvrage dans sa collection Marines du monde : La Marine impériale russe de 1870 à sa chute, par Marc Saibène. Un sujet intéressant et très peu traité en français ! Cette parution a dernièrement été reportée à la fin du mois de février 2020, à cause du trop faible nombre de commandes : 111 sur 200 nécessaires. Affaire à suivre…

Plus d’informations sur cet ouvrage ICI.

Lucien Arman, un constructeur de navires à Bordeaux au XIXe siècle, par Alain Clouet

Alain Clouet, auteur du site La flotte de Napoléon III, m’informe de la parution de son nouvel ouvrage consacré à Lucien Arman, célèbre constructeur naval bordelais du milieu du XIXe siècle.

« Dans le cadre de mes recherches sur la Marine française au 19e siècle, je viens de publier en autoédition Lucien Arman, un constructeur de navires à Bordeaux au XIXe siècle. Vous y trouverez l’histoire des familles Courau et Arman, la description détaillée des chantiers, la liste des navires construits et le récit des affaires américaines qui ont causé la chute de Lucien Arman. »

L’ouvrage (136 pages en format A5) est auto-édité et ne sera pas diffusé en librairie. Vous devrez donc vous adresser directement à son auteur pour le commander, par mail : dossiersmarine@free.fr

Prix : 15 euros + 3.52 euros de frais de port, soit 18.52 euros.

Pour rappel, j’avais déjà personnellement évoqué Lucien Arman dans mon article à propos Des navires russes construits en France sous le Second Empire (1857-1860), publié sur le site de la Fondation Napoléon.

Découverte de deux épaves de navires du XVIIe siècle au large de Stockholm

ActualitéPlusieurs médias ont annoncé ces dernier jours la découverte de deux épaves de navires de guerre suédois datant du 17e siècle, dont je cite « l’un au moins pourrait être un sister-ship du légendaire Vasa« , à proximité de l’île de Vaxholm, dans l’archipel de Stockholm.

C’est une nouvelle que je me dois de commenter.

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Le combat naval du 5 novembre 1813

Un événement, deux représentations et deux visions différentes du bref combat naval qui eut lieu au large de Toulon le 5 novembre 1813, déjà évoqué sur ce blog.

La première (à gauche) est d’Auguste Mayer (1805-1890), peintre brestois. La seconde (à droite) de Thomas Luny (1759-1837), peintre anglais. Les deux œuvres ont été réalisées dans les années 1830, bien après la combat.

On constate que le Français a peint le vaisseau le Wagram du contre-amiral Cosmao-Kerjulien s’interposant seul contre toute l’escadre britannique, organisée classiquement en ligne de file, afin de sauver l’Agamemnon (capitaine de vaisseau Jean-Marie Letellier), 74 canons en grande difficulté qui se trouve à droite du trois-ponts français sur la toile. Cette thématique du « seul contre tous » se retrouve beaucoup en France dans les tableaux marines datant de cette époque. Ici encore, c’est un sujet que j’ai déjà eu l’occasion de traiter sur Trois-Ponts!

L’angle pris par l’artiste anglais est très différent. La fuite presque pathétique de l’escadre française, se réfugiant dans la rade de Toulon sans combattre, est mise en avant. Au premier plan, on distingue deux vaisseaux trois-ponts britanniques (à gauche, le 120 canons Caledonia et à droite, le 98 canons Boyne) aux prises avec un deux-ponts français, probablement l’Agamemnon. L’action du Wagram n’est ici pas représentée.

Deux visions du combat très différentes, je le répète, mais deux visions relativement réalistes de l’action du 5 novembre 1813. En art, comme dans beaucoup d’autres domaines, tout semble être une question de point de vue…

Les Saint-Philippe et les vaisseaux de 1er rang de Louis XIII à Louis XIV

Je signale la parution prochaine d’un nouvel ouvrage aux éditions Ancre : Les Saint-Philippe et les vaisseaux de 1er rang de Louis XIII à Louis XIV, par Patrick Villiers. Il est la suite logique de la monographie du vaisseau le Saint-Philippe (1693), réalisée par Jean-Claude Lemineur (Patrick Villiers y signe déjà un chapitre) et également éditée aux éditions Ancre, dont j’avais communiqué la parution il y a un an.

Cet ouvrage portera comme son titre l’indique sur les vaisseaux de premier rang français construits au XVIIe siècle, en se concentrant semble-t-il sur les vaisseaux Saint-Philippe, lancés en 1663 et 1693.

Bâtiments plus grands et plus richement décorés que les autres, les vaisseaux de premier rang étaient des navires de prestige destinés à porter le pavillon des chefs d’escadre et amiraux. Dotés d’une artillerie plus importante, ils étaient également censés dominer au combat n’importe quel navire ennemi. Ces qualités faisaient toutefois face à quelques défauts parmi lesquels, notamment, un prix très important et des qualités à la mer souvent jugées médiocres. Dés lors se pose une question qui semble récurrente dans l’histoire navale : la construction de ces « super-bâtiments » valait-elle le coût ?

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Lettre ouverte au chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck

Amiral,

La Marine nationale compte environ 60 bâtiments de combat, bâtiments de patrouille et sous-marins. Conformément à une tradition vieille de plusieurs siècles, le tiers de ces bâtiments portent le nom d’anciens grands serviteurs de la France, marins notamment.

Au sein de la Force d’Action navale, le porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle, fleuron de notre Marine, porte le nom d’un ancien et fameux Président de la République, initiateur de la dissuasion française garante de l’indépendance nationale. Plusieurs frégates honorent quant à elle le nom d’anciens grands marins français. Il en sera d’ailleurs de même pour les SNA de nouvelle génération de type Suffren.

Les Patrouilleurs de haute-mer portent le nom de plusieurs marins morts au champ d’honneur durant la Seconde Guerre mondiale : le Lieutenant de vaisseau Le Hénaf, le Premier maître l’Her, le Commandant Blaison, l’Enseigne de vaisseau Jacoubet, le Commandant Ducuing, le Commandant Birot et le Commandant Bouan.

Plusieurs bâtiments spécialisés portent enfin le nom de navigateurs ou de scientifiques illustres : le D’Entrecasteaux, le Bougainville, le Champlain, le Beautemps-Beaupré, le Lapérouse, le Borda, le Laplace, le Dupuy de Lôme, le Monge.

Force est de constater, en parcourant les noms de ces bâtiments, que pas un seul n’honore la mémoire d’une femme. En fait, il me semble que le dernier bâtiment français d’importance à avoir porté le nom d’une femme fut la Jeanne d’Arc, retirée du service en 2010, bientôt 10 ans !

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Doit-on dire « le sous-marin la Minerve » ou « le sous-marin Minerve » ?

Florence Parly, la ministre des armées, l’a annoncé ce matin : « Nous venons de retrouver la Minerve. C’est un succès, un soulagement et une prouesse technique. Je pense aux familles qui ont attendu ce moment si longtemps ».

La Minerve, sous-marin d’attaque français de type Daphné lancé en 1962 avait disparu le 27 janvier 1968 au large de Toulon, avec 52 marins à son bord. Des recherches pour retrouver le bâtiment avaient été menées de 1968 à 1970, sans succès. Elle avaient repris cette année, à la demande des familles de disparus.

La nouvelle est donc bonne et importante. Elle est également l’occasion pour moi de revenir sur un sujet qui m’intéresse depuis longtemps : l’appellation des navires de guerre français.

J’ai agréablement constaté que l’immense majorité des grands médias ont bien nommé le sous-marin retrouvé LA Minerve et non LE Minerve ! Minerve étant une déesse de la mythologie romaine, le bâtiment doit être féminisé car son nom est féminin, et ce peu importe que le type de navire (sous-marin en l’occurrence) soit masculin ! C’est la règle dans la marine de guerre française, comme je l’ai largement expliqué dans un précédent article du blog.

J’ai toutefois observé une maladresse récurrente dans de nombreux articles de presse : la présence de l’article « la » lorsque le nom du navire est précédé de son type. On peut donc lire dans de nombreux articles : « le sous-marin la Minerve ». Cette façon d’écrire est incorrecte, car l’article « la » ne fait pas partie intégrante du nom du sous-marin français…

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