L’indépendance des États-Unis, le rôle de la Marine française

Je l’ai lu dernièrement. Le 25 septembre 2013, tandis que plusieurs personnalités franco-américaines étaient réunies au consulat de France, à New York, pour évoquer la possible traversée de l’Atlantique de la réplique de l’Hermione en 2015, Miles Young, président de l’association Friends of Hermione – Lafayette in America, regrettait que « les Américains ne reconnaissent pas forcément le rôle de la France dans la guerre d’Indépendance, encore moins de la marine française. »

Tel ne fut pas toujours le cas. Faisons un retour en arrière de plus d’un siècle… En 1881 fut célébré, en grande pompe, aux États-Unis, le centenaire de la victoire de Yorktown, qui eut pour conséquence la capitulation de l’armée anglaise commandée par le général Cornwallis et, de fait, l’indépendance de la nation américaine.

Robert Winthrop, président de la Société historique du Massachusetts, fit à cette occasion un discours dans lequel il évoqua longuement l’aide de la France : « de la France, autrefois une monarchie absolue, depuis un empire, puis une monarchie constitutionnelle, aujourd’hui une république, mais toujours la France […] Nous n’avons point oublié que c’est à la monarchie des Bourbons que nous avons dû cette aide. Nous n’avons point oublié que c’est dans les rangs les plus élevés de la société française qu’est né l’enthousiasme pour la cause de notre liberté, et que de son sein sont partis ces braves officiers qui sont venus à notre secours… »

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Brève histoire de la marine russe (1898)

Cette magnifique peinture d’Ivan Aïvazovski (1886) représente la parade navale de la flotte russe de la mer Noire en 1849 sous les yeux de Nicolas Ier. Le tsar est accompagné de son fils ainé, le tsarévitch Alexandre, l’amiral Lazarev et les vice-amiraux Kornilov et Nakhimov. Le navire de tête, le trois-ponts Dvenadtsat’ Apostolov (Двенадцать Апостолов, Douze Apôtres), est suivi, dans l’ordre, des 84 canons Rostyslav (Ростислав, Rostislav, du nom d’un Grand-prince du XIIe siècle), Svyatoslav (Святослав, Sviatoslav, du nom d’un Grand-duc russe du Xe siècle), Yagudiil (Ягудиил), du 120 canons Tri Svyatitelya (Три Святителя, Trois Hiérarques parfois nommé Trois Saints dans les sources française), des 84 canons Gavriil (Гавриил, l’archange Gabriel), Selafail (Селафаил) et Uriil (Уриил, l’archange Uriel).

Il est souvent intéressant de lire la presse ancienne. Des sites internet tels que gallica.bnf.fr permettent un accès facile et instantané à de nombreux journaux du 19e siècle, de quoi fréquemment tomber sur des articles à propos du sujet qui nous passionne tant.

Ici un extrait du Journal des débats du mardi 27 septembre 1898, à propos de l’ouvrage Russia’s Sea-power, Past and Present Or The Rise of the Russian Navy, par George Sydenham Clarke, paru en 1898.

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Trafalgar 2005 : la participation française

Souvenez-vous, c’était il y a neuf ans, l’Angleterre célébrait en grande pompe la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). Le 28 juin 2005, 167 navires venus d’une trentaine de nations différentes étaient à Portsmouth afin de participer à la plus importante revue navale organisée depuis la fin de la guerre froide. Parmi eux, cinq unités françaises, dont le porte-avions Charles de Gaulle, la frégate Jean Bart et le sous-marin nucléaire d’attaque Perle. L’envoi du fleuron de la Marine nationale étonna beaucoup de Français, qui virent là une décision honteuse et regrettable.

Dans son remarquable ouvrage Le meilleur des ambassadeurs – Théorie et pratique de la diplomatie navale, le regretté Hervé Coutau-Bégarie a toutefois un autre avis.

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Veut-on détruire l’institution pour épargner la dépense ?

« M. le ministre actuel de la marine a posé nettement la question politique : Veut-on détruire l’institution pour épargner la dépense ? Veut-on faire la dépense pour conserver l’institution ? Le choix ne pouvait pas être douteux ; le roi et les chambres ont dit : Nous ferons la dépense, et nous maintiendrons l’institution. Le roi et les chambres veulent que la France ait une marine. »

Extrait d’un discours du général Maximilien Sébastien Foy (à gauche), député du département de l’Aisne, devant la Chambre des députés, le 26 juin 1821.

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Au commencement de la Restauration, le budget alloué à la Marine est au plus bas. Nombreux sont ceux en France qui, jugeant le déséquilibre naval définitivement rompu au profit de l’hégémonie de la Grande-Bretagne, ne croient plus en la Marine française, surclassée qualitativement et quantitativement, et envisagent sa disparition pure et simple. Face au déclin, le premier réflexe de Louis XVIII et de son ministre Du Bouchage est de détruire tout ce que l’Empire a fait (préfectures maritimes, équipages de haut bord, écoles flottantes), ce qui a pour effet immédiat d’accélérer un peu plus la dégradation de l’instrument naval français. Heureusement, le pessimisme ambiant sur le devenir de la Marine ne tarde pas à s’émousser quelque peu. Décidé à ce que la France recouvre son rôle de grande puissance, Louis XVIII se rend vite compte qu’il ne peut pas faire l’économie d’une marine de guerre. Pour restaurer cette dernière, il fait appel à un ancien armateur bordelais, le baron Portal, qu’il nomme ministre de la Marine le 29 décembre 1818.

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Des vaisseaux russes cédés à la France (1809)

J’indiquais dans un précèdent billet à propos de l’École navale que l’un des premiers vaisseaux-écoles aménagés sous l’Empire pour recevoir et former les futurs officiers de la Marine française fut en fait un vieux vaisseau russe, cédé à la France en décembre 1809. Assurément, l’histoire de cette cession mérite d’être précisée.

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École navale : une bien belle histoire (1840)

Extrait du Journal Politique et Littéraire de Toulouse et de Haute-Garonne du 31 janvier 1840 (n°16, 29e année) :

« On lit dans l’Auxiliaire Breton de Rennes :

Le trait de touchante camaraderie d’école que nous allons rapporter s’est passé à Brest, sur le vaisseau-école l’Orion. Un élève de l’école de marine en a été l’objet. Ce jeune homme sort de nos murs et appartient en quelque sorte à notre ville : c’est un titre de plus pour exciter notre intéret.

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