Découverte de deux épaves de navires du XVIIe siècle au large de Stockholm

ActualitéPlusieurs médias ont annoncé ces dernier jours la découverte de deux épaves de navires de guerre suédois datant du 17e siècle, dont je cite « l’un au moins pourrait être un sister-ship du légendaire Vasa« , à proximité de l’île de Vaxholm, dans l’archipel de Stockholm.

C’est une nouvelle que je me dois de commenter.

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Lettre ouverte au chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck

Amiral,

La Marine nationale compte environ 60 bâtiments de combat, bâtiments de patrouille et sous-marins. Conformément à une tradition vieille de plusieurs siècles, le tiers de ces bâtiments portent le nom d’anciens grands serviteurs de la France, marins notamment.

Au sein de la Force d’Action navale, le porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle, fleuron de notre Marine, porte le nom d’un ancien et fameux Président de la République, initiateur de la dissuasion française garante de l’indépendance nationale. Plusieurs frégates honorent quant à elle le nom d’anciens grands marins français. Il en sera d’ailleurs de même pour les SNA de nouvelle génération de type Suffren.

Les Patrouilleurs de haute-mer portent le nom de plusieurs marins morts au champ d’honneur durant la Seconde Guerre mondiale : le Lieutenant de vaisseau Le Hénaf, le Premier maître l’Her, le Commandant Blaison, l’Enseigne de vaisseau Jacoubet, le Commandant Ducuing, le Commandant Birot et le Commandant Bouan.

Plusieurs bâtiments spécialisés portent enfin le nom de navigateurs ou de scientifiques illustres : le D’Entrecasteaux, le Bougainville, le Champlain, le Beautemps-Beaupré, le Lapérouse, le Borda, le Laplace, le Dupuy de Lôme, le Monge.

Force est de constater, en parcourant les noms de ces bâtiments, que pas un seul n’honore la mémoire d’une femme. En fait, il me semble que le dernier bâtiment français d’importance à avoir porté le nom d’une femme fut la Jeanne d’Arc, retirée du service en 2010, bientôt 10 ans !

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Doit-on dire « le sous-marin la Minerve » ou « le sous-marin Minerve » ?

Florence Parly, la ministre des armées, l’a annoncé ce matin : « Nous venons de retrouver la Minerve. C’est un succès, un soulagement et une prouesse technique. Je pense aux familles qui ont attendu ce moment si longtemps ».

La Minerve, sous-marin d’attaque français de type Daphné lancé en 1962 avait disparu le 27 janvier 1968 au large de Toulon, avec 52 marins à son bord. Des recherches pour retrouver le bâtiment avaient été menées de 1968 à 1970, sans succès. Elle avaient repris cette année, à la demande des familles de disparus.

La nouvelle est donc bonne et importante. Elle est également l’occasion pour moi de revenir sur un sujet qui m’intéresse depuis longtemps : l’appellation des navires de guerre français.

J’ai agréablement constaté que l’immense majorité des grands médias ont bien nommé le sous-marin retrouvé LA Minerve et non LE Minerve ! Minerve étant une déesse de la mythologie romaine, le bâtiment doit être féminisé car son nom est féminin, et ce peu importe que le type de navire (sous-marin en l’occurrence) soit masculin ! C’est la règle dans la marine de guerre française, comme je l’ai largement expliqué dans un précédent article du blog.

J’ai toutefois observé une maladresse récurrente dans de nombreux articles de presse : la présence de l’article « la » lorsque le nom du navire est précédé de son type. On peut donc lire dans de nombreux articles : « le sous-marin la Minerve ». Cette façon d’écrire est incorrecte, car l’article « la » ne fait pas partie intégrante du nom du sous-marin français…

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Que sont devenus les canons du Vasa ?

Le Vasa (ou Wasa) est certainement le plus fameux vaisseau de la marine ancienne suédoise, et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il s’agissait de l’un des plus importants navires de son temps, de par ses dimensions, sa puissance et ses riches décorations. Ensuite parce qu’il a la triste particularité d’avoir lamentablement sombré – du fait de son instabilité, cause de son poids excessif – quelques minutes seulement après sa première sortie, le 10 août 1628. Enfin parce qu’il a été renfloué en 1961 et est exposé depuis 1990 dans le plus célèbre musée de Suède, le Vasa Museet.

Le vaisseau portait 64 canons, dont 48 de 24 livres, 3 d’entre eux « seulement » sont exposés au musée de Stockholm. La question est donc la suivante : où sont les autres ? Afin d’y répondre, l’Association des Amis du Musée Vasa (Vasamuseets Vänner) a lancé en avril 2018 le projet Finding the Vasa Cannon, visant comme son nom l’indique à retrouver les canons du Vasa.

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Je suis allé au Musée maritime de Barcelone

En vacances à Barcelone durant l’été, je me suis naturellement arrêté au Museu Marítim de Barcelona, situé dans le magnifique bâtiment des Drassanes, au Sud de Las Ramblas, juste à coté de la célèbre colonne Christophe Colomb. L’occasion de prendre quelques photographies et de vous les présenter sur Trois-Ponts!

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Décès de Jean Boudriot

C’est avec une immense tristesse que j’ai appris aujourd’hui le décès de Jean Boudriot, « notre maître à tous » comme l’appellent souvent les modélistes. Ce grand Monsieur, passionné par les armes anciennes et l’architecture navale, fut l’un des principaux acteurs de la renaissance de l’archéologie navale en France.

Jean Boudriot est, je dois bien l’avouer, à l’origine de mon intéret tout particulier pour la marine ancienne et la construction navale de cette époque. Ses nombreux articles, notamment publiés dans la revue Neptunia, sur lesquels j’étais tombé tout à fait par hasard il y a quelques années, alors que je n’étais encore qu’un adolescent, furent pour moi une révélation. Ils ne suffirent bientôt plus à satisfaire ma soif de connaissance sur le sujet et, tout naturellement, je m’intéressa rapidement à ses ouvrages et monographies publiés aux éditions Ancre.

Je me revois encore aller au SHD de Toulon après les cours de la fac, simplement pour pouvoir lire quelques-uns de ses livres, notamment la Bible : Le vaisseau de 74 canons, en quatre volumes… Je me souviens également que je m’offris son ouvrage Les vaisseaux de 74 à 120 canons lorsque j’obtins mon diplôme universitaire. Ce fut mon premier Boudriot !

Des souvenirs simples mais ô combien heureux ! Merci M. Jean Boudriot ! L’un de mes plus grands regrets sera de ne jamais avoir eu la chance de pouvoir discuter avec vous, même si, et c’est étrange à expliquer, je vous ai tellement lu que j’ai l’impression de vous avoir bien connu.

J’adresse mes très sincères condoléances à sa famille et à ses proches.