Les Marines de la Guerre d’Indépendance américaine (1763-1783)

Je signale la parution en juin dernier, par Sorbonne Université Presses, du second volume de l’ouvrage collectif consacré aux Marines de la Guerre d’Indépendance américaine (1763-1783).

Le premier volume sur « L’instrument naval », paru en 2013, dressait un état des marines, au sens large, de chacun des principaux belligérants quinze ans seulement après l’importante guerre de Sept Ans, si désastreuse pour la France.

Ce second volume, suite logique du précédent, porte quant à lui sur « L’opérationnel naval » :

« C’est en 1776 que débute, entre Insurgents et Britanniques, la guerre d’Indépendance américaine, à laquelle prennent part la France (1778), puis l’Espagne (1779), en attendant qu’y soient impliquées les Provinces-Unies (1780). Toutes les grandes puissances maritimes et coloniales, hormis le Portugal, s’en sont mêlées. Si cette guerre n’est que marginalement européenne, les marines y jouent un rôle essentiel. C’est même le seul conflit important de l’histoire de France où les forces navales aient plus compté que les forces terrestres. Comment et où navigue-t-on avec un vaisseau ou une frégate ? Comment commande-t-on un bâtiment, une escadre ou une armée navale ? Que peut-on faire dans des conditions de mer données ? Quelles formes les opérations navales et les combats prennent-ils au temps de l’Hermione, du Victory et de la Santísima Trinidad ?

À l’initiative de la Société des Cincinnati de France et du Laboratoire d’histoire et d’archéologie maritimes (FED 4124) de Sorbonne Université, des historiens des États-Unis, de Grande-Bretagne, d’Espagne et de France examinent les types d’opérations et missions confiées aux marines, les conditions de navigation – notamment dans l’Atlantique –, le comportement au feu des navires, pris individuellement, comme des escadres auxquelles ils appartiennent, les modalités concrètes de l’exercice du commandement. C’est l’occasion de dresser un bilan des performances opérationnelles navales des trois grands belligérants sur mer, car l’histoire des opérations permet de sortir de la dualité quelque peu anachronique entre stratégie et tactique et pose une question décisive : que peut-on réellement faire avec une marine ? »

La Real Armada – La Marine des Bourbons d’Espagne au XVIIIe siècle

Je signale la parution récente, en juin 2018, d’un ouvrage collectif qui me semble particulièrement intéressant : La Real Armada – La Marine des Bourbons d’Espagne au XVIIIe siècle, édité par Sorbonne Université Presses, dans la collection d’histoire maritime dirigée par Olivier Chaline.

Troisième grande puissance navale du XVIIIe siècle, la marine espagnole fut souvent l’alliée – malheureuse – de la France contre l’Angleterre. Elle est paradoxalement, comme le note l’éditeur, peu étudiée par l’historiographie française :

« Pourquoi la défaite à Trafalgar ? À cause des Espagnols, bien sûr. Pourquoi les mécomptes dans la guerre d’Indépendance américaine ? La faute aux Espagnols. Pourquoi la France s’est- elle trouvée seule face aux Anglais pendant la guerre de Sept Ans ? Parce que les Espagnols sont entrés trop tard dans la lutte. L’historiographie française n’a jamais été tendre envers la marine des Bourbons d’Espagne, qu’elle n’a d’ailleurs pas cherché à connaître. Pour la première fois paraît en français un ouvrage collectif réalisé par les meilleurs spécialistes espagnols de l’histoire de la Real Armada.

Cette marine de guerre espagnole du XVIIIe siècle fut pourtant la troisième de son temps, née de presque rien puis, en quelques décennies, égalant presque celle des Bourbons de Versailles. C’est donc une dimension aussi méconnue qu’importante du grand affrontement naval à l’échelle du globe avec la Grande-Bretagne qui nous est ici rendue accessible. »

Il s’agit de ma prochaine lecture…

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Je suis allé au Musée maritime de Barcelone

En vacances à Barcelone durant l’été, je me suis naturellement arrêté au Museu Marítim de Barcelona, situé dans le magnifique bâtiment des Drassanes, au Sud de Las Ramblas, juste à coté de la célèbre colonne Christophe Colomb. L’occasion de prendre quelques photographies et de vous les présenter sur Trois-Ponts!

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La Santísima Trinidad espagnole et les 118 canons français

Je suis dernièrement tombé par hasard sur un bouquin relativement récent, publié il y a un peu moins d’un an : La voile et le canon, par Ismaël Bélisle. Le temps de le feuilleter rapidement, j’ai trouvé un rapide descriptif du fameux « quatre-ponts » la Santísima Trinidad, l’auteur écrivant, je cite, que « ce vaisseau espagnol est le plus grand et le plus puissant en service de toutes les marines en 1800 ». Comment, en lisant cette affirmation, ne pas penser à cet extrait de Trafalgar de Rémi Monaque : « Beaucoup d’historiens, notamment les Espagnols, présentent ce vaisseau [la Santísima Trinidad] comme le plus grand de son époque. Cela est inexact. Sa longueur de 61,2 mètres était inférieure à celle des vaisseaux français de 118 canons qui atteignait 63,62 mètres » ?

Qui a raison ?

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