L’empereur Napoléon III et la reine Victoria à Cherbourg, le 6 août 1858

Visite de Napoléon III et Victoria à Cherbourg

Le 6 août 1858, la Reine Victoria s’apprête à monter à bord du vaisseau amiral la Bretagne, par Léon Morel-Fatio

Quelques mots sur cette œuvre remarquable du Musée national de la marine, signée Léon Morel-Fatio (1859). Nous sommes le 6 août 1858, Napoléon III reçoit la reine d’Angleterre en rade de Cherbourg. La peinture représente le canot de la reine Victoria et du prince consort Albert se dirigeant vers le vaisseau la Bretagne, le dernier trois-ponts construit par la France, à bord duquel a lieu une réception en l’honneur du couple royal.

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Le petit hunier du HMS Victory à Trafalgar

Rare photographie (crédit : Bruce Buckland) d’un trésor du patrimoine naval, britannique mais pas seulement : celle d’une voile du fameux HMS Victory, vaisseau-amiral d’Horatio Nelson pendant la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). Conservée par les Britanniques pendant un siècle avant d’être quelque peu oubliée, elle fut retrouvée tout à fait par hasard au début des années 1960.

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Vaisseau contre galères

Prise d’un vaisseau hollandais par les galères de France à la hauteur d’Ostende, juillet 1702. Par Théodore Gudin. Châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles, France

L’apparition du vaisseau de ligne et son développement au XVIIe siècle eut pour conséquence le déclin de la galère, quelques décennies seulement après la bataille de Lépante (1571), où elle joua pourtant un rôle décisif. Bien que jouissant encore d’un certain prestige, qu’elle conserva en France jusqu’au XVIIIe siècle, la galère n’eut dés la constitution de la première marine de Louis XIV plus qu’un rôle auxiliaire : missions de patrouille, de course ou de protection des convois.

La galère disposait toutefois d’avantages certains sur les navires à voiles. Sa légèreté et son faible tirant d’eau lui permettaient une grande souplesse de manœuvre, sa propulsion la rendait indépendante de la force ou de la direction du vent et en outre sa proue était armée d’une très puissante pièce d’artillerie (dite coursier). Bien utilisées, ces qualités pouvaient être décisives dans un combat opposant des galères à un vaisseau, à la condition bien sûr que l’absence de vent paralyse les mouvements de ce dernier, et que les galères agissent « en meute », groupées et de manière coordonnée.

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14 février 1778 : la reconnaissance de la bannière étoilée par la Marine française

La Marine française saluant la bannière étoilée pour la première fois. Par Edward Moran (1829-1901), U.S. Naval Academy Museum

Événement très symbolique : le 14 février 1778, en baie de Quiberon, le vaisseau français le Robuste, portant la marque de La Motte Picquet, salue la bannière étoilée de la corvette américaine Ranger, commandée par le capitaine John Paul Jones. Le 74 canons français tire neuf coups de canon en retour des treize coups tirés par le navire américain (treize pour les treize États américains).

Pour la première fois de l’Histoire, le « Stars and Stripes » est reconnu par une puissance étrangère, et en l’occurrence par la France, quelques jours après la signature du Traité d’alliance entre les deux pays, le 6 février 1778.

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Le combat naval du 5 novembre 1813

Un événement, deux représentations et deux visions différentes du bref combat naval qui eut lieu au large de Toulon le 5 novembre 1813, déjà évoqué sur ce blog.

La première (à gauche) est d’Auguste Mayer (1805-1890), peintre brestois. La seconde (à droite) de Thomas Luny (1759-1837), peintre anglais. Les deux œuvres ont été réalisées dans les années 1830, bien après la combat.

On constate que le Français a peint le vaisseau le Wagram du contre-amiral Cosmao-Kerjulien s’interposant seul contre toute l’escadre britannique, organisée classiquement en ligne de file, afin de sauver l’Agamemnon (capitaine de vaisseau Jean-Marie Letellier), 74 canons en grande difficulté qui se trouve à droite du trois-ponts français sur la toile. Cette thématique du « seul contre tous » se retrouve beaucoup en France dans les tableaux marines datant de cette époque. Ici encore, c’est un sujet que j’ai déjà eu l’occasion de traiter sur Trois-Ponts!

L’angle pris par l’artiste anglais est très différent. La fuite presque pathétique de l’escadre française, se réfugiant dans la rade de Toulon sans combattre, est mise en avant. Au premier plan, on distingue deux vaisseaux trois-ponts britanniques (à gauche, le 120 canons Caledonia et à droite, le 98 canons Boyne) aux prises avec un deux-ponts français, probablement l’Agamemnon. L’action du Wagram n’est ici pas représentée.

Deux visions du combat très différentes, je le répète, mais deux visions relativement réalistes de l’action du 5 novembre 1813. En art, comme dans beaucoup d’autres domaines, tout semble être une question de point de vue…

A propos du camp de Boulogne, rencontre avec Sophie Muffat

A l’occasion de la diffusion récente par les éditions Ancre de la Monographie Bateau canonnier, modèle An XII, paru en 2012, j’ai interrogé Sophie Muffat, auteur de la partie historique de cet ouvrage, à propos de la flottille de Boulogne et du projet d’invasion de l’Angleterre par Napoléon suite à la rupture de la paix d’Amiens en 1803.

Sophie Muffat est une spécialiste de la marine à l’époque napoléonienne. Elle a notamment participé en 2017 au colloque Les rivages de la conquête, organisé par l’Inrap, la ville d’Étaples et la Fondation Napoléon, qui portait sur le camp de Boulogne et dont la première partie des actes a récemment été publiée par la revue Napoleonica.

Son prochain ouvrage Desaix en Egypte, co-écrit avec Pascal Cyr, paraitra aux éditions AKFG le mois prochain. Elle travaille également sur un prochain livre à propos de la vie quotidienne des marins pendant le Consulat et l’Empire, qui devrait être publié l’année prochaine par les éditions Soteca.

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Le HMS Nelson et le Victory


Une photographie étonnante, qui mérite je pense une explication. Elle a été publiée le 3 août 1935 par le journal britannique The Illustrated London News, à l’occasion de la Silver Jubilee Review qui s’est déroulée le 16 juillet 1935 pour le 25e anniversaire du règne de George V. On y voit non pas le véritable HMS Victory mais un modèle de ce vaisseau, à l’échelle 1/4, à coté du cuirassé HMS Nelson. Tout un symbole !

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Suffren : « Suffrène » ou « Suffrin » ?

La mise à l’eau très prochaine, durant l’été 2019, à Cherbourg, du premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de nouvelle génération issu du programme Barracuda, nommé le Suffren, est l’occasion de rappeler que le nom du fameux vice-amiral français, qui s’est notamment distingué dans l’océan Indien de 1781 à 1784, durant la guerre d’Indépendance américaine, se prononce « Suffrin » et non « Suffrène ».

Dans sa remarquable biographie du bailli de Suffren, l’amiral Rémi Monaque écrit ainsi :

« J’aimerais beaucoup que mes lecteurs adoptent la prononciation correcte du patronyme « Suffren ». Les Parisiens, notamment ceux des VIIe et XVe arrondissements, arpentent l’avenue de « Suffrène ». Dans la marine nationale, royale disent encore certains, forts de la tradition et de la continuité, on prononce et l’on a toujours prononcé « Suffrin ». Lorsque le jeune Pierre-André se présente à la compagnie des gardes de la marine de Brest, le secrétaire l’inscrit sur les listes en utilisant l’orthographe « Suffrin », fautive mais révélatrice de la prononciation correcte. Quant à l’intéressé lui-même, il ne fait aucun doute, qu’en bon provençal, il prononçait son nom « Suffreing » (approximation grossière que les gens du Midi traduiront par les sons exacts). Bien entendu, cette dernière prononciation est tout à fait licite pour ceux qui sont capables de la reproduire correctement, mais, de grâce, que tous les autres bannissent « Suffrène » au profit de « Suffrin ». »