« Nous n’avons pas assez de bâtiments pour leur donner le nom de toutes nos victoires ! »

Les deux sous-marins de type Agosta, ex-Bévéziers et La Praya, sur le point d’être démantelés à Brest en novembre 2020. Crédit : Ewan Lebourdais – http://Ewan-photo.fr

Un jour de l’année 1897, un capitaine anglais de passage à Toulon se vanta devant un jeune officier de marine français de commander un navire nommé Waterloo. Le Français répliqua simplement : « En France, nous n’avons pas assez de bâtiments pour leur donner le nom de toutes nos victoires. » C’était bien répondu !

En France, l’idée de donner aux navires de la marine de guerre des noms de batailles victorieuses remonte à la période révolutionnaire. Elle fut par la suite développée au XIXe siècle, notamment sous le Premier Empire et la Monarchie de Juillet.

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Le Canot de l’Empereur et la mésaventure du comte de Kersaint

Crédit photo : Musée national de la Marine

Événement ! Véritable joyaux du patrimoine maritime français, le canot de l’Empereur a officiellement été dévoilé ce matin aux ateliers des Capucins, à Brest. Initialement exposé au musée national de la Marine à Paris, il avait été déplacé en octobre 2018 pour être transporté à Brest où il a dernièrement été restauré.

Il existe au sujet de cette pièce unique – dont j’ai déjà rédigé un bref historique – une drôle d’anecdote racontée par l’impératrice Marie Louise dans son journal intime.

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Le Casabianca et l’esprit de suite des noms des navires de la Marine

L’explosion du vaisseau l’Orient à Aboukir, le 1er août 1798. Par Georges Arnald.

Le 27 novembre 1942 est l’une des pages les plus dramatiques de l’histoire de la Marine. Ce jour là, la flotte française se sabordait à Toulon pour éviter de tomber entre les mains de l’occupant allemand. Quatre sous-marins et un petit baliseur parvinrent toutefois à quitter la rade de Toulon et à échapper au désastre. Parmi ces bâtiments, le plus fameux est sans doute le Casabianca, parfois nommé à tort le Casablanca.

Luce de Casabianca, d’origine corse, était le capitaine de pavillon de l’amiral Brueys à bord du vaisseau de 118 canons l’Orient. Lors de la bataille d’Aboukir le 1er août 1798, il fut tué pas un boulet ennemi. Son fils, Giocante Casabianca, âgé de 10 ans, également à bord de l’Orient, fut tué lors de l’explosion du navire pendant le combat. Son nom fut donné au sous-marin qui nous intéresse peu avant son lancement en 1935, à l’initiative du ministre de la Marine de l’époque, François Piétri, également originaire de Corse. Il fut le premier bâtiment français à porter ce nom.

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Le bombardement de Sébastopol en 1854

Le bombardement de Sébastopol le 17 octobre 1854, par Adrien Champel

Éphéméride. Le 17 octobre 1854 est une date quelque peu oubliée de l’histoire de la marine française. Pourtant, elle « marque un tournant dans l’histoire de la guerre sur mer dans la mesure où elle constitue une des dernières représentations des vaisseaux en bois. Leur obsolescence […] est désormais irréfutable. » (extrait de La marine de Napoléon III par Michèle Battesti).

L’histoire commence ainsi : en 1853, le tsar Nicolas Ier voulant accèder à la mer Méditerranée et dépecer l’empire Ottoman, cet « homme malade, très malade » pour reprendre l’expression de l’empereur russe, ordonne l’occupation des provinces moldo-valaques et la destruction de la flotte turque lors de la bataille de Sinope, le 30 novembre 1853. Ces événements provoquent l’entrée en guerre de la France, du Royaume-Uni et de la Sardaigne au coté des Ottomans.

Hésitants dans un premier temps, les Alliés décident d’attaquer principalement en Crimée. Les Franco-Britanniques réunissent une importante escadre – commandée par les amiraux français Hamelin et britannique Dundas – chargée de transporter un corps expéditionnaire de 60 000 hommes en mer Noire. Celui-ci débarque le 14 septembre 1854 près d’Eupatoria, à 45 kilomètres au nord de Sébastopol, et remporte six jours plus tard la victoire de l’Alma, le 20 septembre, obligeant l’armée russe commandée par le prince Menchikov à s’enfermer dans Sébastopol. Les Alliés espèrant s’emparer rapidement de cet important port-arsenal prévoient de l’attaquer le 17 octobre.

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Manoeuvres navales à Toulon, juillet 1777

Il y a 250 ans, le 4 octobre 1770, fut lancé à Lorient le vaisseau de 74 canons la Victoire, construite d’après les plans d’Antoine Groignard, ingénieur-constructeur solliès-pontois (Var) de grande réputation qui avait construit quelques années auparavant les vaisseaux de 100 canons la Bretagne – probablement le meilleur trois-ponts français de son temps – et de 80 canons la Couronne, également très réussi.

Les plans utilisés pour la Victoire furent les mêmes que ceux du 74 canons le Bien Aimé, lancé à Lorient un an auparavant, en 1769. Construits l’un et l’autre pour la Compagnie des Indes, ils furent rachetés par le roi Louis XVI en prévision de la participation de la France dans la guerre pour l’indépendance américaine.

La Victoire fut commandée par le chevalier d’Albert Saint-Hippolyte. Le 1er mai 1779, elle aida à la capture de la frégate britannique HMS Montreal par le 74 canons la Bourgogne, qu’elle accompagnait au large de Gibraltar. Au sein de l’escadre du comte de Guichen, elle prit part à la bataille de la Martinique le 17 avril 1780, puis au sein de l’escadre du comte de Grasse, à la victoire décisive de la baie de Chesapeake, le 5 septembre 1781. Désarmée après la guerre en 1782, elle fut condamnée et démolie en 1792.

La Victoire est représentée sur une œuvre du Musée national de la Marine, peinture réalisée par le chevalier de Flotte Saint Joseph et intitulée Manœuvres navales à Toulon, juillet 1777. Celle-ci mérite un bref commentaire.

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A propos de Rose de Freycinet (1794-1832)

Éphéméride. Le 17 septembre 1817, la corvette l’Uranie leva l’ancre depuis Toulon pour débuter un voyage scientifique autour du monde, « dans le but de déterminer la figure du globe, d’étudier le magnétisme terrestre et de recueillir tous les objets d’histoire naturelle qui pourraient contribuer à l’avancement de la science ». Le navire français était commandé par le capitaine de frégate Louis de Freycinet. Fait remarquable, l’épouse de ce dernier, Rose de Freycinet, âgée de 23 ans, les cheveux coupée et habillée en homme, était clandestinement embarquée à bord.

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USS Constitution c. HMS Guerriere (1812)

Par Anton Otto Fischer

Éphéméride. Le 19 août 1812, au début de la guerre anglo-américaine (1812-1814), la frégate USS Constitution (capitaine Isaac Hull) capture et incendie après un intense combat la frégate HMS Guerriere (capitaine James Richard Dacres), au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Bien que les deux navires soient identifiés comme étant des frégates, ils ne sont en vérité pas du même type : le bâtiment américain est une « super-frégate », pensée pour être plus forte que les frégates classiques et plus rapide que les vaisseaux de ligne.

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