Les pavillons de la marine sous l’Ancien Régime

Une frégate, par Albert Brenet

« On appelle Pavillons, des bannières faites d’étoffes légères, communément d’étamines, flottantes au gré du vent, attachées à un bâton élevé sur la poupe du vaisseau, qui servent à faire connaitre, soit par leur forme, soit par leurs couleurs, de quelle nation est le vaisseau. Chaque nation n’est pas bornée à un seul pavillon ; toutes celles de l’Europe en ont plusieurs tant pour distinguer les vaisseaux de guerre des vaisseaux marchands, que pour marquer le rang des officiers qui les commandent. Plusieurs villes commerçantes en ont aussi de particuliers qu’elles arborent outre celui de la nation… »

Jacques Nicolas Bellin, Ingénieur de la Marine et du Dépôt des Plans, 1756.

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Le prix Amiral Daveluy

Le Centre d’Étude Supérieur de la Marine (CESM) a mis en ligne il y a quelques jours le nouveau règlement du Prix Daveluy, l’occasion de parler rapidement de ce prix (certains étudiants lisant ces lignes seront peut être intéressés) et des lauréats 2012, auteurs de remarquables travaux sur le sujet qui nous passionne !

Créé par le chef d’état-major de la marine en 1996, le prix « Amiral Daveluy »* récompense depuis maintenant plus de quinze ans différents travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, géopolitique et juridique dans les domaines de la pensée navale et du fait maritime.

Ayant pour objectif d’encourager et de promouvoir des travaux de recherche et de réflexion afin de faire progresser les connaissances dans le domaine maritime, le prix Daveluy participe au rayonnement de la Marine vers les universités et les grandes écoles. En début de chaque année universitaire, les étudiants en droit, en histoire, en sciences politiques ou encore en géopolitique, ayant choisis un sujet lié à la mer dans le cadre de leur master ou de leur thèse, envoient leurs travaux au Centre d’études supérieures où ils sont évalués par un jury constitué de plusieurs spécialistes du monde maritime, civils et militaires. Il est à noter que les travaux peuvent être présentés jusqu’à deux ans après leur soutenance.

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« J’en ris encore »

On sous-estime parfois l’importance et la portée du nom d’un bâtiment de guerre. Le nom attribue une identité au navire, donnant à son équipage un véritable sentiment d’appartenance et de fierté. Illustration symbolique de la puissance de l’État, de la dynastie régnante ou encore du régime et de la politique du pouvoir en place, il représente le pays au service duquel le navire navigue. Il peut également être un message envoyé aux puissances étrangères. Bref, encore aujourd’hui, le choix du nom d’un bâtiment n’est jamais anodin et toujours très réfléchi, notamment pour les grandes unités !

On remarque pourtant, en analysant les différentes listes nominatives de la Marine française des 17e, 18e et 19e siècles, que le changement de dénomination d’un bâtiment n’était pas rare à l’époque de la marine à voile. On constate ainsi qu’un même navire pouvait changer jusqu’à cinq fois de nom au cours de sa vie. Cette pratique du changement de nom apparut globalement deux fois : sous le règne de Louis XIV puis de façon très marquée de 1793 à 1815.

Tout commença en 1671. Louis XIV, suivant les conseils de Colbert, ordonna d’opérer une refonte complète des noms des bâtiments de la flotte : « Ayant estimé nécessaire de changer les noms de tous mes vaisseaux de guerre, frégates légères, flûtes et brûlots…. et de leur en donner d’autres plus convenables à la qualité de chacun des dits bâtiments. » Ce renouvellement général avait alors un triple enjeu, il permettait d’établir une nomenclature plus représentative de la jeunesse, de la force et de l’intrépidité du Roi de France, il permettait également un recensement de l’ensemble des vaisseaux et de leur état, mais surtout, il permettait de mettre en place la « liste des noms fixes ». En juin 1671, le Roi écrivit à Chertemps de Seuil, commissaire général à Brest : « Il verra par la liste et la lettre de sa Majesté ci-jointes la résolution qu’elle a prise de donner des noms fixes a tous ses vaisseaux de guerre frégates légères, flutes et brûlots de l’arsenal de Brest en changeant les anciens noms qu’ils avoient en d’autres qu’elle veut qui ne changent jamais. C’est-à-dire que lorsqu’un vaisseau ne sera plus en état de servir. Il en sera bati un autre en sa place qui sera appelé du même nom. » Chaque vaisseau reçut un nouveau nom en fonction de son rang, déterminé par rapport à ses dimensions et son armement. Si la règle des noms fixes fut suivie lors du renouvellement de la flotte en 1690, elle disparut presque totalement au 18e siècle, même si les noms des vaisseaux et frégates de la marine royale n’évoluèrent guère durant les règnes de Louis XV et de Louis XVI.

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Les « Soleil Royal » de la marine de l’Ancien Régime

Le règlement du 4 juillet 1670 précise : « Les seuls vaisseaux le Royal-Louis et le Soleil Royal, auront un château sur l’avant de leur troisième pont ; et à l’égard de tous les autres vaisseaux Sa Majesté défend d’y en faire aucun ». Cette règle illustre bien la volonté quasi-officielle de Louis XIV de faire du Royal Louis au Levant (Toulon) et du Soleil Royal au Ponant (Brest) des vaisseaux « hors-catégorie », les fiertés de la Marine royale.

Ayant déjà listé les six Royal Louis de la Marine française, ceci afin d’éviter toute confusion entre ces différents vaisseaux, j’entreprends aujourd’hui la même démarche avec les Soleil Royal.

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Le site du musée de la Marine

Le site « provisoire » du musée de la Marine propose depuis quelques temps déjà, mais je m’y suis replongé récemment, des programmes multimédia ma foi intéressants, notamment ceux concernant « la construction navale », « la vie à bord d’un vaisseau de 74 canons » ou « Napoléon et la mer »…

Le musée de la Marine propose également quelques vidéos, sur divers sujets, sur le site Youtube.

A voir…