Doit-on dire « le sous-marin la Minerve » ou « le sous-marin Minerve » ?

Florence Parly, la ministre des armées, l’a annoncé ce matin : « Nous venons de retrouver la Minerve. C’est un succès, un soulagement et une prouesse technique. Je pense aux familles qui ont attendu ce moment si longtemps ».

La Minerve, sous-marin d’attaque français de type Daphné lancé en 1962 avait disparu le 27 janvier 1968 au large de Toulon, avec 52 marins à son bord. Des recherches pour retrouver le bâtiment avaient été menées de 1968 à 1970, sans succès. Elle avaient repris cette année, à la demande des familles de disparus.

La nouvelle est donc bonne et importante. Elle est également l’occasion pour moi de revenir sur un sujet qui m’intéresse depuis longtemps : l’appellation des navires de guerre français.

J’ai agréablement constaté que l’immense majorité des grands médias ont bien nommé le sous-marin retrouvé LA Minerve et non LE Minerve ! Minerve étant une déesse de la mythologie romaine, le bâtiment doit être féminisé car son nom est féminin, et ce peu importe que le type de navire (sous-marin en l’occurrence) soit masculin ! C’est la règle dans la marine de guerre française, comme je l’ai largement expliqué dans un précédent article du blog.

J’ai toutefois observé une maladresse récurrente dans de nombreux articles de presse : la présence de l’article « la » lorsque le nom du navire est précédé de son type. On peut donc lire dans de nombreux articles : « le sous-marin la Minerve ». Cette façon d’écrire est incorrecte, car l’article « la » ne fait pas partie intégrante du nom du sous-marin français…

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Le développement de l’arme sous-marine

Le sous-marin français Gymnote, le 22 février 1890

Je lisais dernièrement l’ouvrage récemment paru aux éditions Perrin, La guerre sous-marine allemande 1914-1945, de François-Emmanuel Brézet. L’occasion de rédiger une brève réflexion sur le développement de l’arme sous-marine et de montrer que, quasiment dés l’origine, cette arme a été pensée pour combattre les Britanniques.

L’idée de construire un navire sous-marin est, contrairement à ce que l’on pourrait penser, assez ancienne. Dés l’Antiquité en vérité ! Au fil du temps, cette idée va petit à petit se concrétiser. Au XVIème siècle par exemple, François Bacon de Verulam écrit : « Nous avons ouï dire qu’on avait inventé une autre machine en forme de petit navire, à l’aide de laquelle des hommes pouvaient parcourir sous l’eau un assez grand espace. » Quiconque voudra résumer l’histoire du sous-marin commencera toutefois son introduction en évoquant le Turtle de David Bushnell et le Nautilus de Robert Fulton. Il est intéressant de noter, outre le fait que ces deux navires sont le fruit d’inventeurs américains, qu’ils ont été imaginés pour combattre la marine britannique, pendant la Guerre d’Indépendance pour le premier, un peu plus tard, à l’époque de la Révolution française, pour le second.

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Montgéry, cet illustre inconnu !

Dans son ouvrage La Naissance du Cuirassé, James Phinney Baxter écrit : « L’artilleur Paixhans qui prévit la révolution dont il fut l’artisan, Napoléon III qui sut choisir l’homme et le soutenir envers et contre tous, Dupuy de Lôme, enfin, qui résolut le problème du cuirassé de haute mer restent les trois figures essentielles de l’histoire du cuirassé ». Ces trois hommes ont un point commun : ils sont Français. Et le premier véritable cuirassé moderne de l’histoire fut également français, il s’agit de la Gloire.

Lancée en 1859, la Gloire est en fait un vaisseau à hélice de type NapoléonAlgésiras dont on a rasé la batterie haute et diminué la voilure, le gain de poids ainsi obtenu permettant de doter le bâtiment d’une armure en fer de 800 tonnes environ. Le navire n’ayant dés lors plus qu’une seule batterie armée de 32 canons, on parle à l’époque de « frégate cuirassée ».

J. P. Baxter cite également par la suite un quatrième nom, bien moins célèbre que les trois premiers : Jacques-Philippe Merigon de Montgéry (1781-1839).

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