Le Sevastopol, 150 années plus tard…

Vous le savez peut être, le second BPC (Bâtiment de Projection et de Commandement) construit en France, à Saint-Nazaire, pour le compte de la marine russe, a été mis à flot il y a quelques heures. Le nom de ce navire, Sevastopol (Севастополь, Sébastopol), est évidemment très symbolique étant donné le conflit russo-ukrainien actuel. Je remarque toutefois que ce nom est aussi celui du premier cuirassé moderne de l’histoire de la marine russe, lancé il y a tout juste 150 ans, en 1864. L’occasion de parler de ce navire et de cette époque très fascinante en ce qui concerne la construction navale !

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Préhistoire du navire cuirassé (1)

La Gloire et le Donawerth. Par Lebreton.

Le jeudi 24 novembre 1859 est mis à l’eau à Toulon, en présence d’une foule importante et impatiente, le premier cuirassé moderne de l’Histoire : la Gloire. Conçu par le célèbre ingénieur Dupuy de Lôme, le navire, long de 77,89 m, large de 17 m, est paradoxalement construit en bois. Son blindage en fer forgé de 12 cm d’épaisseur sera installé postérieurement à son lancement, dans l’un des bassins de l’arsenal toulonnais, en décembre 1859.

Ce que j’appelle la préhistoire du navire cuirassé est toutefois bien plus ancienne. Dans son fameux ouvrage La marine cuirassée (1873), Paul Dislère écrit ainsi en introduction  : « L’idée de recouvrir d’une armure les murailles des navires, en vue de leur assurer contre les attaques de l’artillerie une résistance que ne leur donne pas la constitution propre de leurs murailles, est presque aussi ancienne que les premières luttes sur mer ».

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Montgéry, cet illustre inconnu !

Dans son ouvrage La Naissance du Cuirassé, James Phinney Baxter écrit : « L’artilleur Paixhans qui prévit la révolution dont il fut l’artisan, Napoléon III qui sut choisir l’homme et le soutenir envers et contre tous, Dupuy de Lôme, enfin, qui résolut le problème du cuirassé de haute mer restent les trois figures essentielles de l’histoire du cuirassé ». Ces trois hommes ont un point commun : ils sont Français. Et le premier véritable cuirassé moderne de l’histoire fut également français, il s’agit de la Gloire.

Lancée en 1859, la Gloire est en fait un vaisseau à hélice de type NapoléonAlgésiras dont on a rasé la batterie haute et diminué la voilure, le gain de poids ainsi obtenu permettant de doter le bâtiment d’une armure en fer de 800 tonnes environ. Le navire n’ayant dés lors plus qu’une seule batterie armée de 32 canons, on parle à l’époque de « frégate cuirassée ».

J. P. Baxter cite également par la suite un quatrième nom, bien moins célèbre que les trois premiers : Jacques-Philippe Merigon de Montgéry (1781-1839).

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