Préhistoire du navire cuirassé (1)

La Gloire et le Donawerth. Par Lebreton.

Le jeudi 24 novembre 1859 est mis à l’eau à Toulon, en présence d’une foule importante et impatiente, le premier cuirassé moderne de l’Histoire : la Gloire. Conçu par le célèbre ingénieur Dupuy de Lôme, le navire, long de 77,89 m, large de 17 m, est paradoxalement construit en bois. Son blindage en fer forgé de 12 cm d’épaisseur sera installé postérieurement à son lancement, dans l’un des bassins de l’arsenal toulonnais, en décembre 1859.

Ce que j’appelle la préhistoire du navire cuirassé est toutefois bien plus ancienne. Dans son fameux ouvrage La marine cuirassée (1873), Paul Dislère écrit ainsi en introduction  : « L’idée de recouvrir d’une armure les murailles des navires, en vue de leur assurer contre les attaques de l’artillerie une résistance que ne leur donne pas la constitution propre de leurs murailles, est presque aussi ancienne que les premières luttes sur mer ».

Les exemples ne manquent pas, même s’il est souvent difficile de savoir si cette armure avait pour but de protéger les navires contre le feu et les projectiles, ou simplement les mettre à l’abri des ravages de vers de mer et des herbes. (Je précise que la liste suivante n’est pas exhaustive, loin de là !)

* Dans son ouvrage Les Deipnosophistes, l’érudit grec Athénée écrit au IIe siècle après J.-C. que le roi de Syracuse, Hiéron, « cherchant principalement de l’honneur et de la gloire », ordonna à Archimède et Architas de Corinthe de construire au IIIe siècle avant J.-C. « un vaisseau d’une prodigieuse grandeur » pour en faire présent à Ptolémée III d’Alexandrie. Ce navire, véritablement gigantesque et doté de vingt rangs de rames, était recouvert de plaques de plomb afin « de le tenir à couvert contre les injures du temps ». De lourds rivets de bronze fixaient le métal à son armature de toile goudronnée et de pièces de bois. Athénée, qui s’appuie sur les travaux de l’historien Moschion de Phaselis, attribua à ce bâtiment, qui pouvait transporter près de 2000 hommes, un luxe incroyable pour l’époque, comparable aux paquebots que l’on connait aujourd’hui : cabines à quatre couchettes, salle de bains en marbre, salle de gymnastique, bibliothèque. « Ce navire fut au commencement appelé le Syracusien, mais depuis, lorsqu’Hiéron l’envoya à Ptolémée, il appela Alexandrin. » Le fils de Ptolémée III, Ptolémée Philopator, jaloux, aurait peu après fait construire une galère encore plus grande, si lourde qu’elle ne put jamais naviguer…

Bien entendu, toutes ces descriptions, tirées de textes très anciens à propos de navires encore plus anciens écrits par des hommes peu au courant de l’art de la construction navale, sont à relativiser et je n’en fait ici mention qu’à titre informatif. Augustin Jal, dans Archéologie navale, écrit ainsi : « Je n’admets donc, sous aucun rapport, cette fable si accréditée de la galère de Philopator. Un navire à quarante étages de rames, quelque combinaison que l’on imagine pour leur distribution, est impossible. Si l’on avait été assez insensé pour le construire, on n’aurait certainement pas été assez heureux pour le faire naviguer […] Si je rejette le navire de Ptolémée Philopator, je n’admettrai ni celui que Diodore de Sicile prête à Sésostris, et qui, long de 280 coudées et construit de bois de cèdre, était dédié au dieu de Thèbes ; ni celui du tyran Hiéron, qui le cédait un peu en grandeur à celui de Ptolémée ; ni quelques autres dont les historiens trop faciles font mention. »

Une illustration (1795) probablement très exagérée de ce que devait être le vaisseau décrit par Moschion et Athénée.

* Au XIIe siècle, les Normands renforçaient la coque de certains de leurs navires par une ceinture de fer ou de bronze. Cette ceinture était, d’après Strutt, une sorte d’armature en fer contournant le navire a peu près à la hauteur de la flottaison et se terminant à l’avant par un éperon ; d’autrefois, c’était un véritable blindage en fer ou en airain. On sait en outre qu’au Moyen-Age, les troupes qui s’embarquaient avaient l’habitude de ranger leurs boucliers autour des navires, ce qui formait une sorte de bastingage métallique. Winesaalf dans son Richardi regis iter écrit que « pour protéger les hommes qui se tiennent sur les ponts élevés et autour des galées on arrange les boucliers, l’un recouvrant l’autre en partie. »

Tapisserie de Bayeux.

* En 1354, une ordonnance de Pierre d’Aragon prescrivait de revêtir les navires en cuir ; on espérait probablement ainsi les préserver contre les dangers des matières incendiaires d’un usage très fréquent à cette époque.

* Durant la première moitié du XVe siècle, au cours d’une guerre entre les Vénitiens et les Lombards, ces derniers usèrent d’un petit bâtiment appelé tortue, ainsi dénommé pour son rouf vouté et couvert de fer.

* Vers la fin du XVe siècle, Léonard de Vinci proposa la construction de navires à l’épreuve des bombes et suggéra que les petits bâtiments bombardiers fussent ainsi protégés par des baux de bois épais qu’ils pussent s’attaquer aux grands navires.

* Dés le début du XVIe siècle, les Espagnols commencèrent à couvrir les parties submergés de leurs bâtiments de plaques de plomb. Lors de la grande expédition organisée par Charles-Quint contre Tunis, en 1530, l’escadre commandée par André Doria comprenait une caraque équipée par les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et blindée en plomb. Cette caraque, la Santa-Anna, construite à Nice, contribua pour une grande part au succès de l’escadre ; sa cuirasse en plomb la mettait à l’abri de tous les projectiles incendiaires. On peut lire dans les Nouvelles annales de la marine, tome 27, 1862 :

« L’idée de cuirasser les navires de guerre n’est pas aussi neuve qu’on le croit généralement. A l’une des dernières séances de l’Institut archéologique de Londres, le capitaine Windes [ou Windus], de la marine royale, a lu un Mémoire sur la caraque, ou galère de guerre équipée par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et décrite par Bosio, l’historien de l’ordre. Cette galère avait été blindée en plomb, pour la défendre contre les boulets. Elle fut construite à Nice en 1530, et fit partie de la grande escadre envoyée par l’empereur Charles-Quint contre Tunis, dans le but de secourir contre Barberousse Muley-Hassan, détrôné.

Le célèbre André Doria commandait l’expédition. Après un siège de quelques jours, Tunis fut enlevé d’assaut, et la caraque cuirassée, nommée Santa-Anna, contribua beaucoup à la prise de la ville, attendu qu’elle pouvait impunément s’approcher à une distance où d’autres navires auraient été coulés en quelques minutes. Elle avait six ponts, une puissante artillerie et trois cents hommes d’équipage.

Il y avait à bord une chapelle spacieuse où tout l’équipage pouvait tenir, une sainte-barbe, une vaste salle de réception et une boulangerie, ce qui permettait, dit Bosio, de donner tous les jours du pain frais à l’équipage. Mais ce qu’il y avait de plus remarquable dans sa construction, c’était sa cuirasse de plomb fixée par des boulets d’airain, et cet appareil ne fut pas endommagé par les projectiles de l’ennemi, bien que le navire eût constamment été engagé dans l’action. »

Il faut cependant noter que, dans son ouvrage Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Nice et Villefranche, Dominique Tailliez relativise cette idée de « galère cuirassée », terme utilisé par les Nouvelles annales de la marine citées ci-dessus :

« Cette caraque était recouverte de plomb en dessous de la ligne de flottaison, ce qui rendait la coque parfaitement étanche, une technique révolutionnaire jamais encore imaginée par les autres puissances maritimes. Ainsi, les Anglais ne commenceront à revêtir leurs navires de cuivre que seulement 200 ans plus tard. Les bordés de la Sainte Anne étaient si épais qu’ils ne furent jamais percés par un boulet ennemi. Le capitaine Windus, de l’escadre anglaise stationnée aux Indes, signale à l’Institut archéologique de Londres, le 7 février 1862, que la caraque Sainte Anne des chevaliers de Malte était le premier navire de guerre cuirassé pour résister aux projectiles de son époque, donc précédant de deux siècles l’adoption moderne du fer et de l’acier. La Sainte Anne, dit-il, était couverte de métal et parfaitement résistante aux tirs de canons. Apparemment, le capitaine Windus a quelque peu exagéré sa description de la caraque ou alors a mal interprété Bosio qui a écrit qu’elle était revêtue de plomb uniquement pour la rendre étanche à l’eau et non aux boulets. Si tel avait été le cas, les chevaliers auraient revêtu toute la coque. Ce qui ne fait aucun doute c’est qu’il n’y avait à l’époque aucun navire capable de l’affronter et encore moins de la couler. »

La Grande Caraque la Santa-Anna – Société de l’Histoire et du Patrimoine de l’Ordre de Malte (Paris).

* La flotte hollandaise qui délivra Leyde en 1574 comptait dans ses rangs la grande Arche de Delft, composée de deux grands bateaux à blé ordinaires, joints ensemble, et appelée ainsi « parce que, comme l’Arche de Noé, il marchoit fans voiles et fans rames, par le moyen de roues cachées au-dedans, que douze hommes faifoient inceffamment tourner, et dont le mouvement caufoit celui du vaiffeau. » (Dictionnaire universel françois et latin, 6e édition. Trévoux, 1771.) « Du refte, elle etoit fermée de toutes parts, et à l’épreuve de l’arquebufe. Enfin l’avantage de cette nouvelle fabrique étoit si grand, que cinquante foldats dans cette machine, comme s’ils euffent été dans un port imprenable , pouvoient partout en fûreté, et braver toutes les attaques. » (Histoire Universelle depuis 1543 jusqu’en 1607 de Jacques-Auguste de Thou et Nicolas Rigault, 1734.)

* A la fin du XVIe siècle, l’amiral Yi Sun-Sin, commandant de la marine coréenne, fit construire des « bateaux-tortue » pour protéger la Corée d’une invasion japonaise. Ces navires, capables d’embarquer 130 hommes d’équipage environ, mesuraient 26 à 28 mètres de long, 9 à 10 mètres de large et de 6 à 6,5 mètres de haut. Ils portaient plus ou moins 26 canons. Ils étaient dotés d’une carapace cuirassée (couverte de petites plaques de fer appliquées l’une sur l’autre, comme des écailles de poisson) de manière à être protégé du feu des japonais, et hérissée de piques de fer pour empêcher les ennemis de monter à l’abordage. Au combat, la force motrice était obtenue grâce aux rames, les mâts étant abaissés pour augmenter la mobilité du navire, ils n’étaient utilisés qu’au cours de la navigation.

Ces bâtiments menèrent la flotte coréenne plusieurs fois à la victoire et démontra l’importance du rôle décisif que peut jouer dans une guerre un navire de type tout à fait nouveau qui viendrait surprendre l’ennemi.

Le bateau-tortue tel qu’il se présentait à l’époque de l’amiral Yi Sun-Sin, à la fin du 16e siècle. L’illustration date de la fin du 18e siècle.

Le 14 juin 1592, après la bataille de Tangpo, au cours de laquelle il engagea des bateaux-tortue pour la première fois depuis le début de la guerre Imjin, l’amiral Yi écrivit au Roi : « Pour m’opposer à l’invasion japonaise, j’ai dessiné  et construit un navire. Une tête de dragon se dresse de sa proue, et l’on peut envoyer des boulets de canon par la gueule du dragon. Le pont est couvert de piques de fer. Bien que l’équipage puisse observer l’ennemi de l’intérieur du navire, l’ennemi, lui, ne peut pas voir l’intérieur du bateau-tortue. Nous pouvons pénétrer à l’intérieur d’une ligne ennemie de plusieurs centaines de navires et les détruire grâce à la supériorité de notre armement. »

Yi Bun, neveu de Yi Sun-Sin, participa lui aussi à la guerre Imjin ; il tenait un journal de guerre dans lequel il évoqua le bateau-tortue : « Le nom de Bateau-tortue est donné au navire. Deux sabords sont pratiqués de chaque côté de la tête de dragon et six de chaque côté du navire, pour les canons. Avant d’envoyer le bateau à la tête de la flotte l’assaut, on camoufle le pont à l’aide de matelas de paille, de sorte que si l’ennemi tente d’aborder, il s’empale sur les piques de fer. S’il essaie d’encercler le navire, il est détruit par nos canons. Cependant, le bateau-tortue peut s’infiltrer parmi les centaines de bateaux ennemis qui sont pour lui une proie facile. »

Un guerrier japonais nommé Sotoka, qui avait participé à la bataille navale d’Angolpo le 10 juillet 1592, raconta quant à lui : « Vers 8 heures du matin, le 9 juillet, 58 grands navires et 50 petits navires ennemis commencèrent leur attaque. Trois des grands navires, bateaux aveugles, étaient cuirassés de fer. Ils ne cessèrent d’envoyer des flèches enflammées et de tirer au canon, ceci à tour de rôle, jusqu’à 6 heures du soir. Le navire à bord duquel je me trouvais fut complètement détruit. »

Bateau tortue exposé au Mémorial de la guerre de Séoul. Ce modèle construit en 1980 ressemble plus aux navires de la flotte Est du Cholla de la fin XVIIIe siècle que ceux de l’amiral Yi de la fin du XVIe. La marine coréenne utilisa en effet les bateaux-tortue pendant plus de 150 ans. La tête du dragon, telle qu’elle est placée ici, ne servait pas au tir mais à l’enfumage sulfureux qui avait pour but de camoufler la direction du navire et d’effrayer les ennemis.

* En 1727, Don Juan de Ochoa imagina une « barcaza espin », galère hérissée de plusieurs éperons de fer et couverte d’un rouf en pente dont les bords, cuirassés de plaques de fer, étaient inclinés à 45° sur l’horizon.

* En 1782, lors du siège de Gibraltar par les armées franco-espagnoles, plusieurs projets furent présentés de canonnières ou batteries flottantes protégées par des plaques de fer ou d’épaisses pièces de bois. Don Antonio Barcelo construisit ainsi quelques canonnières dont les bords et les bossoirs, inclinés, étaient protégés par des plaques de fer. Plus ambitieux, le chevalier d’Arçon, officier français du génie, imagina pour l’attaque des fortifications anglaises l’emploi de batteries flottantes d’une extrême solidité, couverte d’un pont en dos d’âne à l’abri des bombes, blindés sur l’un des flancs par un revêtement de 1 mètre 80 d’épaisseur formé de bordages jointifs en bois dur, renforcés par des barres de fer, du liège et du cuir ; ce revêtement devait être continuellement entretenu humecté, l’eau devant circuler entre les membres et le bordé ; de vieilles toiles spongieuses placées entre les deux plans du bordé devaient empêcher l’eau de s’écouler à l’extérieur.

Le capitaine Verdun de la Crène proposa à d’Arçon de placer un grillage de fer d’un pouce carré environ fixés à la muraille. D’Arçon, ne disposant pour son blindage que d’un poids très limité, ne put suivre ce conseil, mais il prévit dans son mémoire tout le parti qu’on pourrait tirer de l’emploi du fer : « Il serait vraiment avantageux d’employer le fer en lames épaisses à border la surface extérieure des appareils de charpente massives sans rien économiser, d’ailleurs, sur les épaisseurs des bois. La résistance de ces barres consolidées par des masses de bois dur, empêcherait (avec le secours de l’inclinaison des murailles) que les blindages ne pénétrassent dans le bois. »

Le 13 septembre 1782, à sept heures du matin, les dix batteries flottantes, certaines à un pont, d’autres à deux, vinrent s’embosser devant Gibraltar à faible portée des forts et ouvrirent le feu. Pendant quelques heures, elle parurent défier tous les projectiles, mais dés que les Anglais commencèrent à employer contre elles des boulets rouges, des commencements d’incendie se manifestèrent de toutes parts, et le soir, les dix batteries auxquelles la flotte n’avaient pu prêter son appui, étaient en feu : cinq d’entre elles explosèrent, les cinq autres brûlèrent jusqu’à la flottaison.

Un témoin de la scène, le chevalier de Cotignon, alors jeune garde de marine à bord d’un vaisseau français, écrivit : « Chaque prame avait de la poudre pour tirer pendant deux jours. Qu’on juge de l’explosion ! On vit dans l’instant des hommes, des bras, des têtes en l’air […] On avait entendu de Cadix l’explosion de ces prames, quoiqu’à vingt lieues de distance, mais elle fut entendue de bien plus loin encore. La commotion fut si forte qu’il ne resta pas, tant à la ville de Gibraltar qu’à Algésiras, un seul carreau de vitre, et les habitants éprouvèrent comme un tremblement de terre. Quant à nous, nous en fûmes sourds pendant plusieurs jours. »

La première tentative des batteries blindés fut un échec, mais l’idée ne fut pas oubliée… (à suivre.)

L’attaque du 13 septembre 1782, et la destruction des batteries flottantes, sous les yeux de l’état-major anglais. Par George Carter.

Sources :
– Baxter, James Phinney. Naissance du cuirassé.
– Contarini, Pietro. Histoire de la bataille de Lépante.
– Dislère, Paul. La marine cuirassée.
– Hwang Ki Chul. Le bateau-tortue de l’amiral Yi Sun-Sin in Marins et Océans n°3.
– Montgéry, Jacques-Philippe Merigon de. Mémoire sur les navires en fer.

5 réflexions sur “Préhistoire du navire cuirassé (1)

  1. D’un certain capitaine H. Garbett, il existe un bon ouvrage de vulgarisation décrivant le passage de la marine à voile à celle des cuirassés : Naval Gunnery (George Bell & Sons, Londres, 1897)

    Les batteries flottantes de la guerre de Crimée (page 292) ; la frégate la Gloire (page 295) et la réplique britannique, le Warrior ; le premier combat de cuirassés entre le « C.S.S. Merrimac » et l’« U.S.S. Monitor » (pages 296 à 298)… toutes ces étapes cruciales y sont résumées clairement.

    Selon le capitaine Garbett (pages 21 et 22), Charles Douglas, capitaine du Duke de 1778 à 1781, aurait amélioré l’efficacité de l’artillerie embarquée en remplaçant le papier ou le parchemin qui entourait les gargousses par de la flanelle qui, se consumant sans laisser de résidu brûlant, n’imposait pas d’en enlever avant de placer la charge suivante. La cadence de tir en était fort accrue.

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