Trafalgar – Rémi Monaque


Passés Composés réédite un important ouvrage : Trafalgar de Rémi Monaque.

Les livres français consacrés aux batailles navales sont rares. En ce qui concerne Trafalgar, il en existe seulement deux parus à l’époque du bicentenaire de la bataille en 2005 : l’un écrit par Michèle Battesti et l’autre par Rémi Monaque. Ces deux ouvrages forts intéressants sont complémentaires car leurs analyses et leurs conclusions diffèrent sensiblement. Si Michèle Battesti met en cause l’effondrement moral de Villeneuve pour expliquer la défaite franco-espagnole, Rémi Monaque estime que celle-ci est surtout due à Napoléon qui voulut « manœuvrer ses escadres comme des divisions sur un champs de bataille terrestre ».

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Sovereign of the Seas (1637)

Je signale la parution en mars 2020 d’une monographie (en anglais) du Sovereign of the Seas (1637) par John McKay.

L’histoire de ce vaisseau trois-ponts – le premier du genre – est intéressante. Sa construction fut ordonnée en 1634 par le roi Charles Ier d’Angleterre, qui demanda à l’architecte naval Peter Pett de construire le plus grand navire de tous les temps.

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USS Constitution c. HMS Guerriere (1812)

Par Anton Otto Fischer

Éphéméride. Le 19 août 1812, au début de la guerre anglo-américaine (1812-1814), la frégate USS Constitution (capitaine Isaac Hull) capture et incendie après un intense combat la frégate HMS Guerriere (capitaine James Richard Dacres), au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Bien que les deux navires soient identifiés comme étant des frégates, ils ne sont en vérité pas du même type : le bâtiment américain est une « super-frégate », pensée pour être plus forte que les frégates classiques et plus rapide que les vaisseaux de ligne.

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L’empereur Napoléon III et la reine Victoria à Cherbourg, le 6 août 1858

Visite de Napoléon III et Victoria à Cherbourg

Le 6 août 1858, la reine Victoria s’apprête à monter à bord du vaisseau amiral la Bretagne, par Léon Morel-Fatio

Quelques mots sur cette œuvre remarquable du Musée national de la marine, signée Léon Morel-Fatio (1859). Nous sommes le 6 août 1858, Napoléon III reçoit la reine d’Angleterre en rade de Cherbourg. La peinture représente le canot de la reine Victoria et du prince consort Albert se dirigeant vers le vaisseau la Bretagne, le dernier trois-ponts construit par la France, à bord duquel a lieu une réception en l’honneur du couple royal.

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Le petit hunier du HMS Victory à Trafalgar

Rare photographie (crédit : Bruce Buckland) d’un trésor du patrimoine naval, britannique mais pas seulement : celle d’une voile du fameux HMS Victory, vaisseau-amiral d’Horatio Nelson pendant la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). Conservée par les Britanniques pendant un siècle avant d’être quelque peu oubliée, elle fut retrouvée tout à fait par hasard au début des années 1960.

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Le HMS Nelson et le Victory


Une photographie étonnante, qui mérite je pense une explication. Elle a été publiée le 3 août 1935 par le journal britannique The Illustrated London News, à l’occasion de la Silver Jubilee Review qui s’est déroulée le 16 juillet 1935 pour le 25e anniversaire du règne de George V. On y voit non pas le véritable HMS Victory mais un modèle de ce vaisseau, à l’échelle 1/4, à coté du cuirassé HMS Nelson. Tout un symbole !

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Introduction à l’histoire des vaisseaux de premier rang britanniques au XIXe siècle

La HMS Britannia, de type Caledonia, en 1860 environ

Au XVIIIe siècle, les trois-ponts anglais étaient sensiblement plus petits et moins puissants que leurs homologues français. Tandis que ces derniers étaient tous des navires de première importance, portant 110 à 118 canons, les Anglais continuaient de construire des « petits » trois-ponts, portant 90 à 98 canons, classés comme vaisseaux de deuxième rang. Les plus grands trois-ponts de la Royal Navy, de premier rang, ne dépassaient pas 100/104 canons, à l’image du fameux HMS Victory, dessiné par Thomas Slade et lancé le 7 mai 1765. 

Le 18 décembre 1793, la Royal Navy captura à Toulon le Commerce de Marseille, qui fut immédiatement amené en Angleterre. Pour la première fois, les Anglais purent voir et étudier de prêt le nouveau vaisseau de premier rang français de 118 canons. Ils constatèrent que malgré ses dimensions impressionnantes, ses qualités à la mer étaient excellentes.

Conséquence directe ou non de ce constat, c’est précisément à cette époque qu’il fut ordonné la construction à Plymouth d’un vaisseau trois-ponts de 120 canons, la Caledonia (Écosse), conçue par William Rule en 1797, mise en chantier en 1805 et lancée en 1808. Vaisseau-amiral de l’escadre de Méditerranée, la Caledonia participa notamment au combat du 5 novembre 1813 devant Toulon, ainsi qu’à celui du 13 février 1814 contre le Romulus, 74 canons français, sans succès.

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Les Marines de la Guerre d’Indépendance américaine (1763-1783)

Je signale la parution en juin dernier, par Sorbonne Université Presses, du second volume de l’ouvrage collectif consacré aux Marines de la Guerre d’Indépendance américaine (1763-1783).

Le premier volume sur « L’instrument naval », paru en 2013, dressait un état des marines, au sens large, de chacun des principaux belligérants quinze ans seulement après l’importante guerre de Sept Ans, si désastreuse pour la France.

Ce second volume, suite logique du précédent, porte quant à lui sur « L’opérationnel naval » :

« C’est en 1776 que débute, entre Insurgents et Britanniques, la guerre d’Indépendance américaine, à laquelle prennent part la France (1778), puis l’Espagne (1779), en attendant qu’y soient impliquées les Provinces-Unies (1780). Toutes les grandes puissances maritimes et coloniales, hormis le Portugal, s’en sont mêlées. Si cette guerre n’est que marginalement européenne, les marines y jouent un rôle essentiel. C’est même le seul conflit important de l’histoire de France où les forces navales aient plus compté que les forces terrestres. Comment et où navigue-t-on avec un vaisseau ou une frégate ? Comment commande-t-on un bâtiment, une escadre ou une armée navale ? Que peut-on faire dans des conditions de mer données ? Quelles formes les opérations navales et les combats prennent-ils au temps de l’Hermione, du Victory et de la Santísima Trinidad ?

À l’initiative de la Société des Cincinnati de France et du Laboratoire d’histoire et d’archéologie maritimes (FED 4124) de Sorbonne Université, des historiens des États-Unis, de Grande-Bretagne, d’Espagne et de France examinent les types d’opérations et missions confiées aux marines, les conditions de navigation – notamment dans l’Atlantique –, le comportement au feu des navires, pris individuellement, comme des escadres auxquelles ils appartiennent, les modalités concrètes de l’exercice du commandement. C’est l’occasion de dresser un bilan des performances opérationnelles navales des trois grands belligérants sur mer, car l’histoire des opérations permet de sortir de la dualité quelque peu anachronique entre stratégie et tactique et pose une question décisive : que peut-on réellement faire avec une marine ? »