Ces marins ne sachant pas nager

Sous l’Ancien Régime, il est très paradoxal de constater que la plupart des officiers de vaisseau ne savaient pas nager, et ce en vertu d’un principe simple : si on avait le malheur de tomber à l’eau, en sachant nager, on souffrait longtemps ; si au contraire on ignorait la natation, on coulait immédiatement sans véritablement souffrir. L’historien spécialiste de la marine Michel Vergé-Franceschi estime ainsi que seuls 1 à 2% des officiers savaient nager aux 17ème et 18ème siècles.

A cette époque, seuls les chevaliers de Malte apprenaient à nager avant d’embarquer sur les galères de la Religion, bâtiments de bas bord dont la principale technique de combat était l’abordage, durant lequel les risques de tomber à la mer étaient grands. C’est grâce à cet apprentissage que le commandeur de Verdille, pourtant octogénaire, fit partie des rares survivants du naufrage de la Lune devant Giens en 1664, ou que le comte de Tourville fut l’un des quatre rescapés du Sans-Pareil, qui sombra le 19 octobre 1679. Son fils ainé de 19 ans n’eut pas la même chance et compta parmi les 800 marins qui se noyèrent ce jour-là…

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Navires d’un autre temps

Il est fascinant de constater à quel point les navires de guerre, tant par leur aspect extérieur que par leur conception et leur armement, ont pu évoluer en seulement quarante années, de la fin de la Guerre de Crimée, en 1856, jusqu’au commencement du XXe siècle. Revenons simplement quelques siècles en arrière, les vaisseaux de la marine de Louis XVIII n’étaient guère différents de ceux de Louis XIV, son arrière arrière grand-père, qui régna sur la France plus d’un siècle avant lui.

Dans son ouvrage La marine d’autrefois, l’amiral Jurien de La Gravière écrit au début des années 1860 : « La marine de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI, celle de la république et de l’empire, la marine même du gouvernement de Juillet, ce ne sont pas des marines différentes, c’est la même marine à différents âges. Entre le Soleil Royal monté par le maréchal de Tourville et l’Océan monté par l’amiral Hugon, il n’y a que des perfectionnements de détail, perfectionnements que deux siècles ont été bien lents à réaliser. » Bien qu’importants pour le spécialiste, ces « perfectionnements de détail » sont effectivement invisibles pour un œil non expert, qui sera le plus souvent incapable de distinguer le Royal Louis de 1667 de celui de 1814. Il est pourtant certain qu’il pourra aisément reconnaitre le vaisseau de ligne de la marine ancienne, en bois et à voiles, à coté du navire moderne, à vapeur et cuirassé. C’est ce contraste, saisissant et magnifique, qui nous intéresse ici.

La photographie ci-dessus est, de ce point de vue, très symbolique. On y voit les deux navires les plus emblématiques de leur temps : le vaisseau HMS Victory (à gauche) et le cuirassé HMS Dreadnought (à droite). Le premier est, très certainement, le trois-ponts le plus fameux de l’histoire de la Royal Navy, celui qui porta la marque de l’amiral Nelson à Trafalgar, celui qui, encore aujourd’hui, est visitable à Portsmouth. Le second est le premier cuirassé « monocalibre » du monde, celui qui, dés son lancement en 1906, rendit obsolètes tous les navires de surface construits jusque là.

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Une mutinerie à bord du vaisseau-école le Borda (1846)

J’évoquais dans le dernier billet consacré à l’histoire de l’École navale la dureté de la vie à bord des vaisseaux-écoles, notamment sur l’Orion et le premier Borda (ex-le Commerce de Paris), tous deux à deux ponts seulement et plus petits que les Borda suivants. Les conditions de vie particulièrement difficiles pour les élèves, tous âgés je le rappelle d’une quinzaine d’années, provoquèrent des désordres relativement réguliers, surtout sur le premier Borda, où l’ennui, la monotonie et les rivalités entre les deux divisions – séparant les jeunes de première année, les fistots, et ceux de seconde année, les anciens – entraînèrent plusieurs rixes. L’une d’entre elles en 1846 dégénéra même en véritable mutinerie, nécessitant l’intervention du préfet maritime et le renvoi de sept élèves par le ministre de la marine de l’époque, le baron de Mackau.

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Les bâtiments de l’École navale au 19e siècle

Au XIXe siècle, deux systèmes différents ont été pratiqués en France concernant la formation des futurs officiers de marine, celui de la séparation totale des études théoriques et des études pratiques, et celui au contraire de la fusion complète de ces études. Le premier fut symbolisé par le Collège de marine d’Angoulême, créé en 1816 sous la Restauration. Bien que le collège eut quelques partisans, il fut grandement et durablement critiqué, puis finalement supprimé en 1830, au tout début de la Monarchie de Juillet, au profit du second système, représenté par l’École navale flottante l’Orion puis le Borda, mouillée à Brest et ayant pour annexe un petit navire, à voiles puis mixte. L’École navale flottante fut sans doute inspirée des Écoles spéciales créées par Napoléon en 1810.

Bien que l’École navale soit bien connue des personnes au courant des choses de la marine, l’histoire des navires qui ont accueilli cette institution est parfois occultée. Petit récapitulatif donc…

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Brève histoire de l’École navale (1er novembre 1830)

Nous sommes aujourd’hui le 1er novembre, et comme tous les 1er novembre depuis 183 ans, l’École navale, officiellement née en 1830 comme école flottante, célèbre son anniversaire. L’occasion de présenter une brève histoire de cette institution, chargée comme vous le savez probablement d’assurer la formation initiale des futurs officiers de la Marine nationale.

L’origine du vaisseau-école en France remonte en fait au décret du 27 septembre 1810, lorsque Napoléon, souhaitant réorganiser la formation des officiers de marine, avait créé deux Écoles spéciales de marine : l’une à Brest sur le Tourville, et l’autre à Toulon sur le Duquesne. Les deux navires avaient été disposés pour permettre des études suivies, avec des salles de cours dans la batterie haute et des bureaux et hamacs pour les élèves dans la batterie basse. Les écoles flottantes n’étant aucunement navigantes, plusieurs corvettes furent annexées aux deux vaisseau-écoles pour apprendre aux jeunes élèves l’art de l’appareillage et de la navigation.

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