Des vaisseaux russes cédés à la France (1809)

J’indiquais dans un précèdent billet à propos de l’École navale que l’un des premiers vaisseaux-écoles aménagés sous l’Empire pour recevoir et former les futurs officiers de la Marine française fut en fait un vieux vaisseau russe, cédé à la France en décembre 1809. Assurément, l’histoire de cette cession mérite d’être précisée.

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Les bâtiments de l’École navale au 19e siècle

Au XIXe siècle, deux systèmes différents ont été pratiqués en France concernant la formation des futurs officiers de marine, celui de la séparation totale des études théoriques et des études pratiques, et celui au contraire de la fusion complète de ces études. Le premier fut symbolisé par le Collège de marine d’Angoulême, créé en 1816 sous la Restauration. Bien que le collège eut quelques partisans, il fut grandement et durablement critiqué, puis finalement supprimé en 1830, au tout début de la Monarchie de Juillet, au profit du second système, représenté par l’École navale flottante l’Orion puis le Borda, mouillée à Brest et ayant pour annexe un petit navire, à voiles puis mixte. L’École navale flottante fut sans doute inspirée des Écoles spéciales créées par Napoléon en 1810.

Bien que l’École navale soit bien connue des personnes au courant des choses de la marine, l’histoire des navires qui ont accueilli cette institution est parfois occultée. Petit récapitulatif donc…

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Brève histoire de l’École navale (1er novembre 1830)

 

Nous sommes aujourd’hui le 1er novembre, et comme tous les 1er novembre depuis 183 ans, l’École navale, officiellement née en 1830 comme école flottante, célèbre son anniversaire. L’occasion de présenter une brève histoire de cette institution, chargée comme vous le savez probablement d’assurer la formation initiale des futurs officiers de la Marine nationale.

L’origine du vaisseau-école en France remonte en fait au décret du 27 septembre 1810, lorsque Napoléon, souhaitant réorganiser la formation des officiers de marine, avait créé deux Écoles spéciales de marine : l’une à Brest sur le Tourville, et l’autre à Toulon sur le Duquesne. Les deux navires avaient été disposés pour permettre des études suivies, avec des salles de cours dans la batterie haute et des bureaux et hamacs pour les élèves dans la batterie basse. Les écoles flottantes n’étant aucunement navigantes, plusieurs corvettes furent annexées aux deux vaisseau-écoles pour apprendre aux jeunes élèves l’art de l’appareillage et de la navigation.

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De l’utilité de connaitre l’histoire de notre marine

Il arrive parfois que l’on tombe sur un texte ancien et oublié mais toujours aussi fort de sens qui nous marque et nous touche à un point tel que l’on se surprenne à le lire deux, trois et même dix fois d’affilée afin d’être bien certain d’en comprendre et d’en apprécier chaque mot. Il se trouve que ce genre de texte, je viens d’en trouver un. Publié dans la Revue maritime et coloniale en 1883 en introduction d’un article portant sur les trois vaisseaux ayant porté le nom le Souverain durant l’histoire de la Marine française, je ne peux m’empêcher de le retranscrire entièrement.

« La carrière maritime est, par excellence, la carrière de l’abnégation et du sacrifice. Elle développe les côtés les plus nobles et les plus beaux de la nature humaine. Les privations morales et physiques en sont la caractéristique en temps de paix, vivre loin de sa patrie, de sa famille, avoir toujours en face le danger et le vaincre, lutter contre les éléments déchaînés, supporter les épreuves des épidémies, montrer dans les pays les plus lointains le pavillon de la France et l’y faire respecter en temps de guerre, sillonner les mers à la recherche de l’ennemi, être à chaque minute prêt au combat, et la lutte engagée, triompher ou avoir pour linceul les flots de l’Océan. Le personnel qui arme nos navires de guerre doit donc présenter des qualités militaires et morales de premier ordre, il appartient aux chefs de les développer. Quoi de plus propre à cet effet que le tableau des vicissitudes supportées héroïquement par nos prédécesseurs ? Nous y puisons des enseignements fortifiants, car, comme l’a dit le plus illustre des marins anglais, Nelson, « rien ne vaut comme l’exemple ».

La marine, plus que toute autre carrière, a donc besoin de la tradition ; nous trouvons le fil non interrompu de cette tradition, tradition de dévouement à la patrie, tradition de discipline, en un mot tradition de l’honneur, dans l’histoire de nos guerres maritimes. A côté de cette tradition générale qui représente l’idée Patrie, il existe la tradition particulière à chaque bâtiment, qui représente l’idée Famille. Il est utile que chaque homme qui a l’honneur de monter un bâtiment de guerre, sache les faits historiques que réveille le nom écrit en lettres d’or sur le couronnement. Il s’établit ainsi entre nos prédécesseurs et nous ce lien, élément d’émulation, qui constitue la tradition de chaque navire. Nos frères d’armes de l’armée de terre l’ont bien compris : le drapeau qui, le jour du combat, brave les balles ennemies et sert de ralliement au soldat, porte, gravés dans ses plis, les glorieux états de service du régiment. Le vaisseau le Souverain a son histoire comme celle des peuples et des hommes, elle renferme des pages brillantes de succès et des pages sombres de revers. Mais nous sommes heureux et fiers de n’y constater aucune faiblesse et de proclamer que les équipages antérieurs du vaisseau le Souverain pourraient tous fixer, sans crainte, les yeux sur la devise qui a été la règle de leur conduite et qui est aujourd’hui inscrite sur le fronteau de la dunette Honneur et Patrie. »

L’auteur de ce texte est Étienne Farret, alors Lieutenant de vaisseau servant sur le Souverain, vaisseau-école des apprentis-canonniers à Hyères. Ses états de service sont disponibles sur l’Espace Tradition de l’École navale.