Les Saint-Philippe et les vaisseaux de 1er rang de Louis XIII à Louis XIV

Je signale la parution prochaine d’un nouvel ouvrage aux éditions Ancre : Les Saint-Philippe et les vaisseaux de 1er rang de Louis XIII à Louis XIV, par Patrick Villiers. Il est la suite logique de la monographie du vaisseau le Saint-Philippe (1693), réalisée par Jean-Claude Lemineur (Patrick Villiers y signe déjà un chapitre) et également éditée aux éditions Ancre, dont j’avais communiqué la parution il y a un an.

Cet ouvrage portera comme son titre l’indique sur les vaisseaux de premier rang français construits au XVIIe siècle, en se concentrant semble-t-il sur les vaisseaux Saint-Philippe, lancés en 1663 et 1693.

Bâtiments plus grands et plus richement décorés que les autres, les vaisseaux de premier rang étaient des navires de prestige destinés à porter le pavillon des chefs d’escadre et amiraux. Dotés d’une artillerie plus importante, ils étaient également censés dominer au combat n’importe quel navire ennemi. Ces qualités faisaient toutefois face à quelques défauts parmi lesquels, notamment, un prix très important et des qualités à la mer souvent jugées médiocres. Dés lors se pose une question qui semble récurrente dans l’histoire navale : la construction de ces « super-bâtiments » valait-elle le coût ?

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La Bretagne : origine d’un nom prestigieux dans la Marine française

Mise à l’eau à Lorient en septembre 2016, la Bretagne, cinquième frégate multi-missions (FREMM) de la Marine nationale, a récemment été admise au service actif, en décembre 2018. L’occasion de rappeler que ce nom, la Bretagne, qui a été porté par de nombreux navires de la Marine française, souvent de première importance, tire son origine d’un vaisseau à trois-ponts construit sous l’Ancien Régime.

Vue de l’intérieur du Port de Brest (1795), par Jean-François Hue. On y distingue 3 vaisseaux trois-ponts de 110 canons : la Bretagne (à l’extrême gauche) et le Républicain, en armement, ainsi que l’Invincible, dans la forme de radoub, à à droite.

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Monographie : le Saint-Philippe (1693)

Je signale la parution aux éditions Ancre d’une nouvelle monographie à propos du vaisseau de premier rang le Saint-Philippe, trois-ponts de 90 canons construit à Toulon en 1693 par François Coulomb. Elle est signée Jean-Claude Lemineur, qui est notamment l’auteur d’un remarquable ouvrage sur Les vaisseaux du Roi Soleil, paru une première fois en 1996 et réédité en 2015, également aux éditions Ancre.

Le Saint-Philippe s’est notamment distingué lors de la bataille de Velez-Malaga en 1704, sous le commandement du chevalier d’Infreville. Il participa également à la défense de Toulon, assiégé par les Anglo-Hollandais en 1707. Il fut rayé des listes en 1713 et condamné à la démolition l’année suivante.

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French Warships in the Age of Sail 1626-1786, par Rif Winfield

Je signale la parution récente, le 25 octobre 2017, du nouvel ouvrage (en anglais) de Rif Winfield et Stephen S. Roberts à propos de la construction navale française à l’époque de l’Ancien Régime : French Warships in the Age of Sail 1626-1786: Design, Construction, Careers and Fates. Il fait suite à un précédent ouvrage sur les navires français, paru en septembre 2015, qui traitait de la période allant de 1786 à 1861 : French Warships in the Age of Sail 1786-1861.

Rif Winfield est en outre l’auteur d’une série d’ouvrages du même genre concernant la construction navale britannique : British Warships in the Age of Sail.

A noter que la couverture du livre est extraite d’une œuvre de l’artiste anglais Nicholas Pocock, représentant le 80 canons français le Saint Esprit à la bataille de Saint-Christophe, durant la Guerre d’Indépendance américaine, les 25 et 26 janvier 1782.

La mer et la France par Olivier Chaline

Nouvel ouvrage sur le point de paraitre (le 19 octobre prochain) : La mer et la France – Quand les Bourbons voulaient dominer les océans par Olivier Chaline, aux éditions Flammarion.

« Trop souvent, l’histoire de France fait fi de la mer. Elle est ici au cœur du nouveau livre d’Olivier Chaline. Les éléments nous rappelle-t-il, ignorent les luttes entre nations et, dans leur sauvage impartialité, se prêtent aux calculs des hommes ou s’acharnent à les ruiner. C’est en fonction des vents et des courants comme de la météo marine et des marées, qu’il faut considérer cette France des Bourbons : depuis le large, ses rives européennes et ses nombreux prolongements outre-mer.

Que permet la mer ? Que refuse-t-elle ? Quelles routes la parcourent devant les rives françaises ou à partir d’elles ? Quels navires et quels équipages s’y aventurent ? Comment pénètre-t-elle le royaume terrien ? Dans ce livre inédit, constitué de toute la richesse de notre histoire maritime, revivent les obscures et les sans-grades qui ont fait les équipages de la pêche, du commerce et de la guerre : leurs conditions de vie, leurs voyages, leurs formations nous sont mieux connus en même temps que l’impressionnante complexité de leurs navires. C’est le quotidien passionnant des « petites-mains » indispensables à la manœuvre des vaisseaux _ ces premiers géants de la mer_ ou de la moindre gabarre.

Ainsi au fil des pages surgit une réalité, celle de Français vassaux de Neptune qui, dans des conditions souvent difficiles, n’ont jamais tourné le dos à la mer mais en ont accompagné les caprices, pressenti les désirs. Une tyrannie, certes, mais si douce pour ses inconditionnels. »

560 pages
prix : 25,00 €
format : 15 x 24 cm
ISBN : 978-2-0813-3327-7

Les pavillons de la marine sous l’Ancien Régime

Une frégate, par Albert Brenet

« On appelle Pavillons, des bannières faites d’étoffes légères, communément d’étamines, flottantes au gré du vent, attachées à un bâton élevé sur la poupe du vaisseau, qui servent à faire connaitre, soit par leur forme, soit par leurs couleurs, de quelle nation est le vaisseau. Chaque nation n’est pas bornée à un seul pavillon ; toutes celles de l’Europe en ont plusieurs tant pour distinguer les vaisseaux de guerre des vaisseaux marchands, que pour marquer le rang des officiers qui les commandent. Plusieurs villes commerçantes en ont aussi de particuliers qu’elles arborent outre celui de la nation… »

Jacques Nicolas Bellin, Ingénieur de la Marine et du Dépôt des Plans, 1756.

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La famille Coulomb

« Ils régnèrent sur les arsenaux français durant six générations, depuis Laurent, né à La Ciotat vers 1630, jusqu’à Joseph Marie Blaise, dernier du nom, retiré du service en 1792. » C’est ainsi que Martine Acerra, spécialiste de la marine du XVIIIe siècle, introduit son bref article sur la famille toulonnaise Coulomb dans le Dictionnaire d’histoire maritime réalisé sous la direction de Michel Vergé-Franceschi. Il faut dire, que forte de douze constructeurs (voir ci-dessus), la famille Coulomb réalise, depuis le règne de Louis XIV jusqu’à celui de Louis XVI, de très nombreux navires de guerre, parmi les plus beaux et les plus prestigieux de la marine de l’Ancien Régime.

Laurent Coulomb, fondateur de la dynastie, et son fils ainé François construisent ainsi à eux seuls 76 bâtiments dont 44 vaisseaux de ligne – dont le fameux Royal Louis de 1692 – entre 1659 et 1705. Au cours de leur carrière, Laurent et François Coulomb jouiront d’une immense réputation. Au XVIIIe siècle, les Coulomb réalisent également un grand nombre de vaisseaux, dont trois trois-ponts – le Royal Louis (1757) de Jacques Luc Coulomb ainsi que le Terrible (1779) et le Majestueux (1780) de Joseph Marie Blaise Coulomb – et sept deux-ponts de 80 canons. Si bien que sur les vingt-et-un grands vaisseaux (neuf trois-ponts et douze 80 canons) construits sous l’Ancien Régime durant ce siècle, dix – c’est à dire presque la moitié – ont été réalisés par un Coulomb. Tous ces bâtiments sont construits à Toulon à l’exception notable du célèbre Soleil Royal de 1749, construit à Brest par Jacques Luc Coulomb, et du Royal Louis de 1758, également construit à Brest par le même constructeur. (Lire les billets consacrés aux vaisseaux à trois-ponts et aux 80 canons français pour s’y retrouver.)

Tout au long de l’Ancien Régime, les Coulomb forment un véritable clan, dans lequel les adultes assurent la formation de leurs fils et neveux. L’omniprésence de la dynastie disparait finalement suite à la Révolution et face à la toute puissance du constructeur Sané, dont les vaisseaux constituent l’épine dorsale de la Marine française durant toute la première moitié du XIXe siècle.