Notice biographique du baron Rolland (1769-1837)

J’avais mis en ligne sur Trois-Ponts! il y a plus de deux ans une Notice biographique de Nicolas Ozanne, célèbre ingénieur de la marine du XVIIIe siècle, écrite peu après sa mort en 1811 et publiée dans les Annales maritimes et coloniales en 1816. Je refais aujourd’hui la même chose pour un autre grand ingénieur constructeur de la Marine française, du XIXe siècle cette fois-ci, le baron Rolland, qui succéda au début de la Restauration, en 1817, au fameux Jacques-Noël Sané au poste d’inspecteur général du génie maritime, qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1837.

Le portrait ci-dessus est signé « Evrard 1837 », ce qui indique qu’il a été réalisé très peu de temps avant ou après la mort du baron Rolland. Le fait que ce dernier soit représenté relativement jeune laisse à penser qu’il s’agit en vérité d’un portrait posthume.

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La famille Coulomb

« Ils régnèrent sur les arsenaux français durant six générations, depuis Laurent, né à La Ciotat vers 1630, jusqu’à Joseph Marie Blaise, dernier du nom, retiré du service en 1792. » C’est ainsi que Martine Acerra, spécialiste de la marine du XVIIIe siècle, introduit son bref article sur la famille toulonnaise Coulomb dans le Dictionnaire d’histoire maritime réalisé sous la direction de Michel Vergé-Franceschi. Il faut dire, que forte de douze constructeurs (voir ci-dessus), la famille Coulomb réalise, depuis le règne de Louis XIV jusqu’à celui de Louis XVI, de très nombreux navires de guerre, parmi les plus beaux et les plus prestigieux de la marine de l’Ancien Régime.

Laurent Coulomb, fondateur de la dynastie, et son fils ainé François construisent ainsi à eux seuls 76 bâtiments dont 44 vaisseaux de ligne – dont le fameux Royal Louis de 1692 – entre 1659 et 1705. Au cours de leur carrière, Laurent et François Coulomb jouiront d’une immense réputation. Au XVIIIe siècle, les Coulomb réalisent également un grand nombre de vaisseaux, dont trois trois-ponts – le Royal Louis (1757) de Jacques Luc Coulomb ainsi que le Terrible (1779) et le Majestueux (1780) de Joseph Marie Blaise Coulomb – et sept deux-ponts de 80 canons. Si bien que sur les vingt-et-un grands vaisseaux (neuf trois-ponts et douze 80 canons) construits sous l’Ancien Régime durant ce siècle, dix – c’est à dire quasiment la moitié – ont été réalisés par un Coulomb. Tous ces bâtiments sont construits à Toulon à l’exception notable du fameux Soleil Royal de 1749, construit à Brest par Jacques Luc Coulomb, et du Royal Louis de 1758, également construit à Brest par le même constructeur. Voir les billets consacrés aux vaisseaux à trois-ponts et aux 80 canons français pour s’y retrouver.

Tout au long de l’Ancien Régime, les Coulomb forment un véritable clan, dans lequel les adultes assurent la formation de leurs fils et neveux. L’omniprésence de la dynastie disparait finalement suite à la Révolution et face à la toute puissance du constructeur Sané, dont les vaisseaux constituent l’épine dorsale de la Marine française durant toute la première moitié du XIXe siècle.

Notice biographique de Nicolas Ozanne

En pleine lecture des Annales maritimes et coloniales, publiées au commencement de la Restauration jusqu’en 1846, et dont quelques uns des nombreux volumes sont trouvables sur internet, je souhaite faire partager une intéressante notice biographique consacrée à l’Ingénieur de la marine Nicolas Ozanne (Annales maritimes et coloniales, année 1816, volume 2, page 70) :

« Extrait d’une notice sur Nicolas-Marie Ozanne, ancien Ingénieur de la marine, par M. Regnault de Lalande, Peintre et Graveur.

Nicolas-Marie Ozanne naquit à Brest le 12 janvier 1728. Appelé par la nature à l’étude du dessin, dès l’âge le plus tendre, le jeune Ozanne fit de si rapides progrès, qu’à peine âgé de quatorze ans, il fut jugé capable de seconder dans ses leçons son maître Roblin, professeur attaché à la marine à Brest.

Bientôt le ministre de la marine, M. Rouillé, l’appela à Paris pour y dessiner les vaisseaux pour les planches représentant les vues du Havre, faites à l’occasion du voyage de Louis XV dans ce port en 1749. A son retour à Brest, M. Ozanne, à peine âgé de vingt-deux ans, sentit la nécessité de perfectionner ses études : il demanda, mais il n’obtint qu’en 1754 ce qu’il désirait si ardemment, la permission de revenir à Paris, pour puiser au centre des arts de nouvelles connaissances. Arrivé dans cette ville, Charles Natoire et François Boucher, peintres, et I. Ingram, graveur, l’aidèrent de leurs conseils ; l’assiduité et l’ardeur qu’il porta à l’étude le firent profiter en peu de temps des leçons de ses maîtres.

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