Notice biographique du baron Rolland (1769-1837)

J’ai mis en ligne il y a quelque temps une Notice biographique de Nicolas Ozanne, célèbre ingénieur de la marine du XVIIIe siècle, écrite peu après sa mort en 1811 et publiée dans les Annales maritimes et coloniales en 1816. Je refais aujourd’hui la même chose pour un autre grand ingénieur constructeur de la Marine française : le baron Rolland, qui succéda en 1817 au fameux Jacques-Noël Sané au poste d’inspecteur général du génie maritime.

Le portrait ci-dessus est signé « Evrard 1837 », ce qui indique qu’il a été réalisé très peu de temps avant ou après la mort du baron Rolland. Le fait que ce dernier soit représenté relativement jeune laisse à penser qu’il s’agit en vérité d’un portrait posthume.

Extrait des Annales maritimes et coloniales, 1837, partie non officielle, volume 2 :

« Notice sur M. le baron ROLLAND, inspecteur général du génie maritime, décédé à Paris, le 9 décembre 1837. – Lue au conseil des travaux de la marine, présidé par M. le maréchal de camp BARBÉ, le 21 décembre 1837, par M. ZÉDÉ, membre du conseil.

[…]

Le jeune Rolland débuta comme élève ingénieur en 1785. Sorti de l’école des constructions, il fut attaché au port de Brest comme sous-ingénieur en 1790 ; y resta jusqu’en 1793, et reçut, à cette époque, l’ordre de se rendre à Toulon où il servit comme ingénieur ordinaire jusqu’en 1795. Nommé ingénieur en chef de l’escadre sous les ordres du vice-amiral Martin, M. Rolland embarqua sur le vaisseau l’Orient et prit part au combat livré le 13 juin de la même année à l’escadre anglaise. Sa conduite dans cette affaire lui mérita les éloges de l’amiral ainsi que les attestations les plus honorables des officiers de la marine qui se trouvaient à bord du même vaisseau.

Lorsqu’en 1808, l’empereur Napoléon envahit l’Espagne, il avait prévu les services que lui rendrait une marine puissante dans la lutte qu’il se préparait à soutenir contre l’Angleterre dans la péninsule ; aussi donna-t-il des ordres pour activer les constructions navales dans les ports de Rochefort et de Bayonne, sur lesquels furent dirigés des approvisionnements considérables. M. Rolland, chargé à cet effet de presser la coupe et l’arrivage des bois dans le bassin de la Loire, déterminait en même temps, conjointement avec M. Sganzin, inspecteur général des ponts et chaussées, l’emplacement le plus propre à l’établissement à Bordeaux d’un nouveau chantier destiné à bâtir des vaisseaux de ligne.

C’est à cette époque que le ministre de la marine, voulant établir dans les ports l’uniformité si désirable dans les travaux de toute nature, chargea M. Rolland, de rédiger les devis de main-d’œuvre applicables à tous les ateliers des arsenaux maritimes. Ce travail immense, dans lequel M. Rolland développa les connaissances pratiques les plus étendues fut exécuté avec le plus grand soin, son adoption procura des économies considérables et valut à son auteur les témoignages les plus flatteurs de la satisfaction du ministre.

En 1817, M. le baron Sané, admis à la retraite, eut pour successeur M. Rolland, qui a rempli les fonctions d’inspecteur général du génie maritime depuis lors jusqu’à sa mort.

Ce fut à la fin de 1836, au retour de sa dernière mission au port de Toulon, où il avait été envoyé pour procéder à l’enquête relative à l’incendie du vaisseau le Trocadéro, que M. le baron Rolland ressentit les premières atteintes de la maladie qui devait le conduire au tombeau. Bientôt, à la violence des douleurs incessants se joignirent les symptômes les plus alarmants. Alors, jugeant lui-même sa position avec la résignation d’une âme forte, et sentant que l’état de sa santé ne lui permettait plus de remplir, comme il les comprenait, les devoirs de la place éminente qu’il occupait dans la marine, M. le baron Rolland demanda sa retraite. Mais, animé jusqu’au dernier moment du désir d’être utile à son pays, il voulut, en se retirant, léguer à la marine une collection précieuse de plans de bâtiments, de machines, de mémoires et rapports relatifs aux constructions navales. « Cet hommage, disait-il, dans la dernière lettre officielle adressée par lui au ministre, est celui d’un vieux serviteur reconnaissant des bienfaits qu’il tient de la marine en échange de ses longs services. »

Cependant le ministre, par un dernier témoignage de sa considération pour les services de M. Rolland, en admettant cet inspecteur général à faire valoir ses droits à la retraite, voulut qu’il fût maintenu sur les cadres d’activité jusqu’au 1er janvier 1838.

M. le baron Rolland, chevalier de la Légion d’honneur en 1804, à la création de l’ordre, fut fait officier en 1814 et commandeur en 1831. Il était en outre chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis et chevalier de Saint-Michel. Le titre de baron lui avait été conféré en 1825.

[…] »

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