Ces marins ne sachant pas nager

Sous l’Ancien Régime, il est très paradoxal de constater que la plupart des officiers de vaisseau ne savaient pas nager, et ce en vertu d’un principe simple : si on avait le malheur de tomber à l’eau, en sachant nager, on souffrait longtemps ; si au contraire on ignorait la natation, on coulait immédiatement sans véritablement souffrir. L’historien spécialiste de la marine Michel Vergé-Franceschi estime ainsi que seuls 1 à 2% des officiers savaient nager aux 17ème et 18ème siècles.

A cette époque, seuls les chevaliers de Malte apprenaient à nager avant d’embarquer sur les galères de la Religion, bâtiments de bas bord dont la principale technique de combat était l’abordage, durant lequel les risques de tomber à la mer étaient grands. C’est grâce à cet apprentissage que le commandeur de Verdille, pourtant octogénaire, fit partie des rares survivants du naufrage de la Lune devant Giens en 1664, ou que le comte de Tourville fut l’un des quatre rescapés du Sans-Pareil, qui sombra le 19 octobre 1679. Son fils ainé de 19 ans n’eut pas la même chance et compta parmi les 800 marins qui se noyèrent ce jour-là…

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