Que sont devenus les canons du Vasa ?

Le Vasa (ou Wasa) est certainement le plus fameux vaisseau de la marine ancienne suédoise, et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il s’agissait de l’un des plus importants navires de son temps, de par ses dimensions, sa puissance et ses riches décorations. Ensuite parce qu’il a la triste particularité d’avoir lamentablement sombré – du fait de son instabilité, cause de son poids excessif – quelques minutes seulement après sa première sortie, le 10 août 1628. Enfin parce qu’il a été renfloué en 1961 et est exposé depuis 1990 dans le plus célèbre musée de Suède, le Vasa Museet.

Le vaisseau portait 64 canons, dont 48 de 24 livres, 3 d’entre eux « seulement » sont exposés au musée de Stockholm. La question est donc la suivante : où sont les autres ? Afin d’y répondre, l’Association des Amis du Musée Vasa (Vasamuseets Vänner) a lancé en avril 2018 le projet Finding the Vasa Cannon, visant comme son nom l’indique à retrouver les canons du Vasa.

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Vasa : effets d’un tir en plein bois

Expérience intéressante. Des passionnés suédois, membres de l’Association des Amis du Musée Vasa (Vasamuseets Vänner) ont construit une réplique exacte d’un canon de bronze de 24 livres, type de canon que portait le Vasa, fameux vaisseau suédois de la première moitié du 17e siècle, avec lequel ils ont effectué plusieurs tirs d’essai, le 22 octobre dernier, contre une reconstitution de la muraille du navire réalisée en chêne. Le but de l’expérience était d’étudier le résultat (impressionnant sur la vidéo ci-dessous) que pouvait avoir le tir en plein bois de l’un de ces canons sur la coque d’un vaisseau de cette époque. On peut ainsi imaginer, non sans effroi, l’effet dévastateur et meurtrier d’un tel tir sur l’équipage du navire touché, du fait surtout des nombreux éclats de bois. Plusieurs autres points sont à noter : le recul assez spectaculaire du canon au moment du tir, la puissance de sa détonation ainsi que la fumée importante qui s’en dégage. Pour information, il y avait près de 10000 canons français, anglais et hollandais à la bataille de Béveziers de 1690…

Le Vasa suédois – l’un des plus grands vaisseaux et les plus décorés de son temps – fut construit entre 1626 et 1628 et a la particularité d’avoir sombré dés sa première sortie, le 10 août 1628. En effet, quelques minutes seulement après avoir largué les amarres en grande pompe devant le palais royal de Stockholm, un coup de vent fit incliner fortement le vaisseau vers bâbord, causant une voie d’eau par les sabords de la batterie basse restés ouverts. Malgré les multiples tentatives de l’équipage pour redresser le vaisseau, le Vasa s’enfonça rapidement dans les flots, sous les yeux stupéfaits d’une foule immense venue assister à l’appareillage du magnifique navire. Son épave, intacte, fut heureusement renflouée en 1961 et est exposée au Musée Vasa ou Vasamuseet, à Stockholm, depuis 1990.

Napoléon et l’évolution de l’artillerie des vaisseaux

« Napoléon s’est profondément désintéressé de la marine. » Cette affirmation, je l’ai lu ou entendu un nombre incalculable de fois. Elle est pourtant inexacte et très injuste. Un simple et rapide coup d’œil sur la correspondance abondante entre Napoléon et le ministre de la marine sous le Premier Empire, l’amiral Decrès, suffit à s’en convaincre. Même s’il ne la comprend pas toujours, l’Empereur connait sa marine. Il suit de près ses actions, il connaît parfaitement les noms des différents navires armés dans chaque port et l’état d’avancement de ceux qui sont en chantier dans les arsenaux, il sait quels bâtiments sont en mer et il ne cesse de proposer de nouvelles – et parfois très judicieuses – idées à son ministre (j’avais déjà évoqué dans un précédent billet le cas de la frégate de 24).

Dans une lettre datant du 25 mars 1805 notamment, il écrit à Decrès :

« Je vous ai plusieurs fois parlé de mon projet d’armer les vaisseaux avec des canons de même calibre : pour armer un vaisseau de 74, par exemple, il faudrait, en laissant l’armement actuel à la batterie basse faire faire dans une de vos meilleures fonderies des caronades de 36, du même poids que les pièces de 18 pour la batterie haute et des caronades du même calibre pour les gaillards, du poids des pièces que l’on y met actuellement ; les calibres de 12, 8 et 6 ne sont bons que pour les bricks. Toute la difficulté est d’adopter un bon plan de caronade. Dans cette guerre, les Anglais sont les premiers qui se soient servis des caronades et partout il nous font grand mal. Je suis persuadé qu’un vaisseau armé ainsi aurait un avantage incalculable sur un vaisseau armé à l’ordinaire. »

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De la faiblesse de notre artillerie navale en 1800

Extrait intéressant du Précis des pratiques de l’art naval (1817) par J.-B.-A. Babron, alors Lieutenant de vaisseau en retraite. Vous pouvez consulter cet ouvrage sur le site gallica.bnf.fr. Je me permets de citer ici une bonne partie du chapitre consacré à l’artillerie navale :

« L’artillerie d’un vaisseau, artilleria de un navio, the artillery of aman of war, est composée de tous les canons qui forment ses différentes batteries, de leurs ustensiles, munitions et garnitures. Les ordonnances du Roi ont fixé les calibres de l’artillerie des vaisseaux de guerre français aux sept suivans : 36, 24, 18, 12, 8, 6, 4 ; et pour les caronades, à ceux de 36, 24, 18, 12. On dit qu’un vaisseau a une plus forte artillerie que tel autre, lorsqu’il porte des canons d’un plus fort calibre. On fait les canons marins plus courts et plus renforcés de métal que ceux qui servent à terre, afin qu’ils occupent moins de place dans le vaisseau et qu’ils soient plus solides, quoique plus légers que ceux-ci. On tient les canons de la batterie basse à la serre pendant le cours de la navigation, et on ne les met en batterie, hors de leurs sabords , que pour le combat, ou en rade, afin de donner au vaisseau une apparence guerrière.

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