Que sont devenus les canons du Vasa ?

Le Vasa (ou Wasa) est certainement le plus fameux vaisseau de la marine ancienne suédoise, et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il s’agissait de l’un des plus importants navires de son temps, de par ses dimensions, sa puissance et ses riches décorations. Ensuite parce qu’il a la triste particularité d’avoir lamentablement sombré – du fait de son instabilité, cause de son poids excessif – quelques minutes seulement après sa première sortie, le 10 août 1628. Enfin parce qu’il a été renfloué en 1961 et est exposé depuis 1990 dans le plus célèbre musée de Suède, le Vasa Museet.

Le vaisseau portait 64 canons, dont 48 de 24 livres, 3 d’entre eux « seulement » sont exposés au musée de Stockholm. La question est donc la suivante : où sont les autres ? Afin d’y répondre, l’Association des Amis du Musée Vasa (Vasamuseets Vänner) a lancé en avril 2018 le projet Finding the Vasa Cannon, visant comme son nom l’indique à retrouver les canons du Vasa.

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Vasa : effets d’un tir en plein bois

Expérience intéressante réalisée en Suède en 2014 par des membres de l’Association des Amis du Musée Vasa (Vasamuseets Vänner). Le canon utilisé est une réplique exacte d’un canon de bronze de 24 livres, type de canon qui armait les batteries principales des vaisseaux de premier rang au milieu du XVIIe siècle, dont le Vasa suédois* qui portait 64 canons dont 48 de 24 livres.

Le canon de bronze armait habituellement les plus grands vaisseaux du XVIIe siècle. Paradoxalement moins lourd à calibre égal que le canon de fer, le canon de bronze avait également l’avantage d’être moins dangereux à l’utilisation. Très onéreux, il fut toutefois abandonné au XVIIIe siècle.

L’expérience qui nous intéresse ici consistait à réaliser plusieurs tirs d’essai avec ce canon de 24 contre une reconstitution de la muraille d’un vaisseau réalisée en chêne afin d’en observer les effets. Le résultat amène plusieurs observations :

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Napoléon et l’évolution de l’artillerie des vaisseaux

« Napoléon s’est profondément désintéressé de la marine. » Cette affirmation, je l’ai lu ou entendu un nombre incalculable de fois. Elle est pourtant inexacte et très injuste. Un simple et rapide coup d’œil sur la correspondance abondante entre Napoléon et le ministre de la marine sous le Premier Empire, l’amiral Decrès, suffit à s’en convaincre. Même s’il ne la comprend pas vraiment, l’Empereur connait sa marine. Il suit de près ses actions, il connaît parfaitement les noms des différents navires, vaisseaux ou frégates, armés dans chaque port et l’état d’avancement de ceux qui sont en chantier dans les arsenaux, il sait quels bâtiments sont en mer et il ne cesse de proposer de nouvelles – et parfois très judicieuses – idées à son ministre (j’avais déjà évoqué dans un précédent billet le cas de la frégate de 24).

Dans une lettre datant du 25 mars 1805 notamment, il écrit à Decrès :

« Je vous ai plusieurs fois parlé de mon projet d’armer les vaisseaux avec des canons de même calibre : pour armer un vaisseau de 74, par exemple, il faudrait, en laissant l’armement actuel à la batterie basse faire faire dans une de vos meilleures fonderies des caronades de 36, du même poids que les pièces de 18 pour la batterie haute et des caronades du même calibre pour les gaillards, du poids des pièces que l’on y met actuellement ; les calibres de 12, 8 et 6 ne sont bons que pour les bricks. Toute la difficulté est d’adopter un bon plan de caronade. Dans cette guerre, les Anglais sont les premiers qui se soient servis des caronades et partout il nous font grand mal. Je suis persuadé qu’un vaisseau armé ainsi aurait un avantage incalculable sur un vaisseau armé à l’ordinaire. »

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De la faiblesse de notre artillerie navale en 1800

Extrait intéressant du Précis des pratiques de l’art naval (1817) par J.-B.-A. Babron, alors Lieutenant de vaisseau en retraite. Vous pouvez consulter cet ouvrage sur le site gallica.bnf.fr. Je me permets de citer ici une bonne partie du chapitre consacré à l’artillerie navale :

« L’artillerie d’un vaisseau, artilleria de un navio, the artillery of aman of war, est composée de tous les canons qui forment ses différentes batteries, de leurs ustensiles, munitions et garnitures. Les ordonnances du Roi ont fixé les calibres de l’artillerie des vaisseaux de guerre français aux sept suivans : 36, 24, 18, 12, 8, 6, 4 ; et pour les caronades, à ceux de 36, 24, 18, 12. On dit qu’un vaisseau a une plus forte artillerie que tel autre, lorsqu’il porte des canons d’un plus fort calibre. On fait les canons marins plus courts et plus renforcés de métal que ceux qui servent à terre, afin qu’ils occupent moins de place dans le vaisseau et qu’ils soient plus solides, quoique plus légers que ceux-ci. On tient les canons de la batterie basse à la serre pendant le cours de la navigation, et on ne les met en batterie, hors de leurs sabords , que pour le combat, ou en rade, afin de donner au vaisseau une apparence guerrière.

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