Vasa : effets d’un tir en plein bois

Expérience intéressante. Des passionnés suédois, membres de l’Association des Amis du Musée Vasa (Vasamuseets Vänner) ont construit une réplique exacte d’un canon de bronze de 24 livres, type de canon que portait le Vasa, fameux vaisseau suédois de la première moitié du 17e siècle, avec lequel ils ont effectué plusieurs tirs d’essai, le 22 octobre dernier, contre une reconstitution de la muraille du navire réalisée en chêne. Le but de l’expérience était d’étudier le résultat (impressionnant sur la vidéo ci-dessous) que pouvait avoir le tir en plein bois de l’un de ces canons sur la coque d’un vaisseau de cette époque. On peut ainsi imaginer, non sans effroi, l’effet dévastateur et meurtrier d’un tel tir sur l’équipage du navire touché, du fait surtout des nombreux éclats de bois. Plusieurs autres points sont à noter : le recul assez spectaculaire du canon au moment du tir, la puissance de sa détonation ainsi que la fumée importante qui s’en dégage. Pour information, il y avait près de 10000 canons français, anglais et hollandais à la bataille de Béveziers de 1690…

Le Vasa suédois – l’un des plus grands vaisseaux et les plus décorés de son temps – fut construit entre 1626 et 1628 et a la particularité d’avoir sombré dés sa première sortie, le 10 août 1628. En effet, quelques minutes seulement après avoir largué les amarres en grande pompe devant le palais royal de Stockholm, un coup de vent fit incliner fortement le vaisseau vers bâbord, causant une voie d’eau par les sabords de la batterie basse restés ouverts. Malgré les multiples tentatives de l’équipage pour redresser le vaisseau, le Vasa s’enfonça rapidement dans les flots, sous les yeux stupéfaits d’une foule immense venue assister à l’appareillage du magnifique navire. Son épave, intacte, fut heureusement renflouée en 1961 et est exposée au Musée Vasa ou Vasamuseet, à Stockholm, depuis 1990.

Napoléon et la mer : conférence de Michèle Battesti

Dans le cadre de l’exposition Napoléon et l’Europe organisée par le Musée de l’Armée (27 mars – 14 juillet 2013), Michèle Battesti – spécialiste de la marine du XIXe siècle notamment auteur d’une remarquable thèse universitaire à propos de la marine de Napoléon III – a tenu une conférence en mars dernier au sujet de Napoléon et la mer.

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Le site du musée de la Marine

Le site « provisoire » du musée de la Marine propose depuis quelques temps déjà, mais je m’y suis replongé récemment, des programmes multimédia ma foi intéressants, notamment ceux concernant « la construction navale », « la vie à bord d’un vaisseau de 74 canons » ou « Napoléon et la mer »…

Le musée de la Marine propose également quelques vidéos, sur divers sujets, sur le site Youtube.

A voir…

Trafalgar (1805) – Documentaire Arte

Je me permets de vous encourager à voir, ou à revoir, cet intéressant documentaire, signé Fabrice Hourlier et datant de 2007, à propos de la célèbre bataille de Trafalgar. On ne connait que trop bien le désastre subi par les forces navales franco-espagnoles durant cette bataille, qui fut paradoxalement aussi importante qu’inutile. Inutile car, au moment de la bataille, ce fameux 21 octobre 1805, Napoléon et la Grande Armée ne sont plus à Boulogne. L’objectif n’est plus Londres, mais Vienne… Importante de par ses conséquences : ne pouvant envahir l’Angleterre, et ayant constaté les faiblesses de sa marine et son incapacité à pouvoir vaincre sa rivale britannique, Napoléon va vouloir ruiner son ennemi. Le Blocus continental ne suffira pas et l’Empereur cherchera la solution en Russie afin d’achever sa domination sur le continent. Comme l’écrit si justement Philippe Masson : « Par une ironie de l’histoire, au lendemain de l’échec de la bataille d’Angleterre de l’été 1940, Hitler en arrivera exactement à la même conclusion. Dans un cas comme dans l’autre, le sort de la lutte entre la puissance navale et la puissance terrestre se jouera dans les immenses étendues de l’Est sur un énorme coup de poker ». Ainsi les deux hommes iront « inutilement jusqu’à Moscou, faute d’avoir pu passer le Pas-de-Calais » (Jacques Bainville). Pour l’historien Jean Tulard, « Après Trafalgar, l’Empereur est vaincu, sans le savoir encore ».