Histoire navale de la 2nde Guerre mondiale

Je signale la parution récente aux Éditions Perrin de la version traduite en français du monumental World War Two at Sea: A Global History par l’Américain Craig L. Symonds, initialement publié en 2018.

L’auteur écrit en avant-propos : « Les historiens navals Stephen Roskill et Samuel Eliot Morison ont surtout mis l’accent sur la place qu’ont occupée la Royal Navy et la marine des États-Unis. D’autres auteurs ont examiné le rôle des diverses marines sur tel théâtre d’opérations ou au cours de telle bataille, tout particulièrement en Méditerranée et dans le Pacifique. Pourtant, aucun de ces livres n’évalue l’impact des forces maritimes et l’ensemble des nations belligérantes sur le cours du conflit dans sa globalité, et même sur son issue. C’est pourtant ce qui permet de mettre en lumière à quel point les évènements maritimes ont tracé et orienté en profondeur le cours de cette guerre.

C’est justement l’ambition de cet ouvrage, qui n’est pas dénuée d’écueils. L’histoire de la conflagration planétaire en mer entre 1939 et 1945 forme une trame tentaculaire, ponctuée d’épisodes divers, en évolution constante, où s’affrontent des intérêts nationaux divergents, des technologies émergentes et des personnalités monumentales. Exposer l’ensemble en un seul fil narratif constitue une entreprise de taille, et cependant chercher à raconter cette histoire autrement risquerait de nous égarer. […] »

Un ouvrage remarquable – que je n’ai pas encore terminé de lire – que je recommande vivement.

« Ce n’est pas moi qu’il faut imiter »

Un extrait de La Bataille du rire par Jean-Charles (p. 32-33), à propos d’une histoire drôle que se racontaient les Hollandais pendant la Seconde Guerre mondiale. A l’image de la France, les Pays-Bas étaient alors occupés et les Allemands projetaient d’envahir la Grande-Bretagne, en vain.

« Un officier de la Kriegsmarine, en visite à Flessingue, Pays-Bas, regarde la statue de Michiel de Ruyter qui, comme chacun sait (ou ne sait pas), remonta la Tamise en 1667, brûla des navires devant Chatham et menaça Londres.
– Qui est-ce ? demande l’officier à un petit Hollandais.
L’enfant est bègue.
– C’est… c’est, dit-il, un ma… ma… marin.
– Et co… co… comment s’a… s’a… s’appelle-t-il ? interroge l’Allemand en imitant le bégaiement du gosse.
– Ce… Ce n’est pas… pas moi qu’il faut… faut… faut imiter, c’est… c’est lui !
Raconter ce genre d’histoires n’était sans doute que de la mini-résistance. Mais, en ces jours sombres, rire faisait du bien […] »

Neptunia n°293

Au sommaire de ce nouveau numéro de la revue Neptunia, éditée par l’Association des Amis du Musée nationale de la Marine (AAMM) :

Le canot d’apparat de Napoléon Ier (de 1810 à 2018), par A. Niderlinder
Le Canot de l’Empereur, qui vient de partir pour Brest, a une longue histoire. Il était destiné à embarquer les divers souverains et chef d’Etat qui se sont succédés à la tête de la France. Sa décoration et ses emménagements ont été plusieurs fois adaptés à ces changements de régime.

Le croiseur Aurora de 1900, par P. Decencière
Ce vénérable croiseur, bien connu des touristes visitant l’ancienne capitale russe, n’est pas seulement un témoin spectaculaire de la révolution d’octobre (ce qui a quand même permis sa conservation jusqu’à nous), c’est aussi un survivant de la bataille de Tsoushima et des deux guerres mondiales.

Plan et modèle d’une cale de lancement de la fin du XVIIIe siècle, par J.-P. Mélis
Le constructeur dunkerquois Denys, que nous avons déjà présenté dans la revue, a laissé de nombreuses archives. Parmi celles-ci, le très rare plan d’un projet de cale de lancement. Il existe également un modèle de ce projet.

L’Italie dans la guerre navale (1940-1943), par J.-J. Vandecasteele
Lors de son entrée en guerre, l’Italie disposait d’une armée navale moderne. Le déroulement de la guerre ne lui permit pas de l’utiliser de manière à s’assurer la prépondérance militaire en Méditerranée, comme elle pouvait l’espérer. Les causes en sont diverses, et notamment la pénurie de carburant qui l’a frappée dés le début des hostilités.

Pirogue de Nouvelle Guinée en 1970, par J.-R. Donguy et A. Hayau-Berry
La Papouasie-Nouvelle-Guinée est l’un des derniers pays dont certains habitants, dans les régions les plus isolées, naviguent encore de manière usuelle sur des pirogues traditionnelles, analogues à celles qu’ont décrites les voyageurs des siècles passés.

Construction du modèle de goélette franche en bois moulé, par B. Chatelain
L’auteur a tenté, avec succès, d’adapter au modélisme une technique de construction navale peu employée : le bois moulé. Le résultat est spectaculaire.