La marine de Louis XVI par Patrick Villiers

Je signale la réédition récente de l’ouvrage La marine de Louis XVI par Patrick Villiers aux éditions Ancre.

L’ouvrage de 480 pages porte essentiellement sur l’histoire de la marine française, son organisation et son matériel naval à l’époque de la guerre d’Indépendance américaine, durant laquelle elle se distingua tout particulièrement.

Lien vers le site des éditions Ancre.

Histoire navale de la 2nde Guerre mondiale

Je signale la parution récente aux Éditions Perrin de la version traduite en français du monumental World War Two at Sea: A Global History par l’Américain Craig L. Symonds, initialement publié en 2018.

L’auteur écrit en avant-propos : « Les historiens navals Stephen Roskill et Samuel Eliot Morison ont surtout mis l’accent sur la place qu’ont occupée la Royal Navy et la marine des États-Unis. D’autres auteurs ont examiné le rôle des diverses marines sur tel théâtre d’opérations ou au cours de telle bataille, tout particulièrement en Méditerranée et dans le Pacifique. Pourtant, aucun de ces livres n’évalue l’impact des forces maritimes et l’ensemble des nations belligérantes sur le cours du conflit dans sa globalité, et même sur son issue. C’est pourtant ce qui permet de mettre en lumière à quel point les évènements maritimes ont tracé et orienté en profondeur le cours de cette guerre.

C’est justement l’ambition de cet ouvrage, qui n’est pas dénuée d’écueils. L’histoire de la conflagration planétaire en mer entre 1939 et 1945 forme une trame tentaculaire, ponctuée d’épisodes divers, en évolution constante, où s’affrontent des intérêts nationaux divergents, des technologies émergentes et des personnalités monumentales. Exposer l’ensemble en un seul fil narratif constitue une entreprise de taille, et cependant chercher à raconter cette histoire autrement risquerait de nous égarer. […] »

Un ouvrage remarquable dont je conseille la lecture.

Le bombardement de Sébastopol en 1854

Le bombardement de Sébastopol le 17 octobre 1854, par Adrien Champel

Éphéméride. Le 17 octobre 1854 est une date quelque peu oubliée de l’histoire de la marine française. Pourtant, elle « marque un tournant dans l’histoire de la guerre sur mer dans la mesure où elle constitue une des dernières représentations des vaisseaux en bois. Leur obsolescence […] est désormais irréfutable. » (extrait de La marine de Napoléon III par Michèle Battesti).

L’histoire commence ainsi : en 1853, le tsar Nicolas Ier voulant accèder à la mer Méditerranée et dépecer l’empire Ottoman, cet « homme malade, très malade » pour reprendre l’expression de l’empereur russe, ordonne l’occupation des provinces moldo-valaques et la destruction de la flotte turque lors de la bataille de Sinope, le 30 novembre 1853. Ces événements provoquent l’entrée en guerre de la France, du Royaume-Uni et de la Sardaigne au coté des Ottomans.

Hésitants dans un premier temps, les Alliés décident d’attaquer principalement en Crimée. Les Franco-Britanniques réunissent une importante escadre – commandée par les amiraux français Hamelin et britannique Dundas – chargée de transporter un corps expéditionnaire de 60 000 hommes en mer Noire. Celui-ci débarque le 14 septembre 1854 près d’Eupatoria, à 45 kilomètres au nord de Sébastopol, et remporte six jours plus tard la victoire de l’Alma, le 20 septembre, obligeant l’armée russe commandée par le prince Menchikov à s’enfermer dans Sébastopol. Les Alliés espèrant s’emparer rapidement de cet important port-arsenal prévoient de l’attaquer le 17 octobre.

Lire la suite

« Ce n’est pas moi qu’il faut imiter »

Un extrait de La Bataille du rire par Jean-Charles (p. 32-33), à propos d’une histoire drôle que se racontaient les Hollandais pendant la Seconde Guerre mondiale. A l’image de la France, les Pays-Bas étaient alors occupés et les Allemands projetaient d’envahir la Grande-Bretagne, en vain.

« Un officier de la Kriegsmarine, en visite à Flessingue, Pays-Bas, regarde la statue de Michiel de Ruyter qui, comme chacun sait (ou ne sait pas), remonta la Tamise en 1667, brûla des navires devant Chatham et menaça Londres.
– Qui est-ce ? demande l’officier à un petit Hollandais.
L’enfant est bègue.
– C’est… c’est, dit-il, un ma… ma… marin.
– Et co… co… comment s’a… s’a… s’appelle-t-il ? interroge l’Allemand en imitant le bégaiement du gosse.
– Ce… Ce n’est pas… pas moi qu’il faut… faut… faut imiter, c’est… c’est lui !
Raconter ce genre d’histoires n’était sans doute que de la mini-résistance. Mais, en ces jours sombres, rire faisait du bien […] »

Manoeuvres navales à Toulon, juillet 1777

Il y a 250 ans, le 4 octobre 1770, fut lancé à Lorient le vaisseau de 74 canons la Victoire, construite d’après les plans d’Antoine Groignard, ingénieur-constructeur solliès-pontois (Var) de grande réputation qui avait construit quelques années auparavant les vaisseaux de 100 canons la Bretagne – probablement le meilleur trois-ponts français de son temps – et de 80 canons la Couronne, également très réussi.

Les plans utilisés pour la Victoire furent les mêmes que ceux du 74 canons le Bien Aimé, lancé à Lorient un an auparavant, en 1769. Construits l’un et l’autre pour la Compagnie des Indes, ils furent rachetés par le roi Louis XVI en prévision de la participation de la France dans la guerre pour l’indépendance américaine.

La Victoire fut commandée par le chevalier d’Albert Saint-Hippolyte. Le 1er mai 1779, elle aida à la capture de la frégate britannique HMS Montreal par le 74 canons la Bourgogne, qu’elle accompagnait au large de Gibraltar. Au sein de l’escadre du comte de Guichen, elle prit part à la bataille de la Martinique le 17 avril 1780, puis au sein de l’escadre du comte de Grasse, à la victoire décisive de la baie de Chesapeake, le 5 septembre 1781. Désarmée après la guerre en 1782, elle fut condamnée et démolie en 1792.

La Victoire est représentée sur une œuvre du Musée national de la Marine, peinture réalisée par le chevalier de Flotte Saint Joseph et intitulée Manœuvres navales à Toulon, juillet 1777. Celle-ci mérite un bref commentaire.

Lire la suite

A propos de Rose de Freycinet (1794-1832)

Éphéméride. Le 17 septembre 1817, la corvette l’Uranie leva l’ancre depuis Toulon pour débuter un voyage scientifique autour du monde, « dans le but de déterminer la figure du globe, d’étudier le magnétisme terrestre et de recueillir tous les objets d’histoire naturelle qui pourraient contribuer à l’avancement de la science ». Le navire français était commandé par le capitaine de frégate Louis de Freycinet. Fait remarquable, l’épouse de ce dernier, Rose de Freycinet, âgée de 23 ans, les cheveux coupée et habillée en homme, était clandestinement embarquée à bord.

Lire la suite

USS Constitution c. HMS Guerriere (1812)

Par Anton Otto Fischer

Éphéméride. Le 19 août 1812, au début de la guerre anglo-américaine (1812-1814), la frégate USS Constitution (capitaine Isaac Hull) capture et incendie après un intense combat la frégate HMS Guerriere (capitaine James Richard Dacres), au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Bien que les deux navires soient identifiés comme étant des frégates, ils ne sont en vérité pas du même type : le bâtiment américain est une « super-frégate », pensée pour être plus forte que les frégates classiques et plus rapide que les vaisseaux de ligne.

Lire la suite

La puissance navale française face au choléra en Méditerranée (1831-1856)

Je signale la parution le 20 août prochain d’un ouvrage au sujet fort intéressant : Un choc de circulation – La puissance navale française face au choléra en Méditerranée (1831-1856), par Benoit Pouget aux Presses Universitaires de Rennes.

« Le choléra, « épreuve cruciale et révélatrice […] pour apprécier la valeur intellectuelle et le courage des officiers de santé de la Marine », selon l’expression de Jacques Léonard, met au défi la Marine française dans son ensemble. Le choléra est une épreuve qui interroge l’instrument naval français et ses actions au-delà des seules problématiques de l’hygiène navale ou de la contribution des navigations à la diffusion de l’épidémie. Il est à la fois une épreuve de terrain, locale, collective comme individuelle, et un enjeu de relations internationales. En proposant une étude sur la confrontation entre la puissance navale française en Méditerranée et la circulation du choléra entre 1831 et 1856, il s’agit de comprendre, essentiellement à travers un regard naval, comment, au-delà du péril majeur que ces épidémies successives constituent pour la santé publique en France et en Méditerranée, elles en viennent à représenter une formidable opportunité offerte à la France de s’affirmer comme une puissance sanitaire de premier plan, alors que se préparent deux premières conférences sanitaires internationales de Paris (1851 et 1859). »