L’usage de l’article devant les noms des navires

Au temps de la marine à voiles, une tradition séculaire voulait que l’article fasse partie intégrante du nom des navires de guerre français et qu’il soit accordé, en genre et en nombre, avec celui-ci. Dans la plupart des cas, cet article apparaissait ainsi sur la poupe des navires. On donnait, en règle générale, à un vaisseau ou à un brick un nom masculin, et à une frégate ou à une corvette un nom féminin : les vaisseaux le Soleil Royal, le Tonnant, le Redoutable ; les frégates la Minerve, la Furieuse, la Belle-Poule… Des exceptions, toutefois, existaient : les vaisseaux la Ville de Paris, la Bretagne, la République française ; les frégates le Muiron, le Rubis, le Rhin. A la fin de l’Ancien Régime puis pendant la Révolution, le pluriel fit également son apparition : les vaisseaux les Deux-Frères, les États de Bourgogne, les Droits de l’Homme.

Décor de poupe, Ornements du Saint-Philippe, 1721. Musée national de la marine.

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J’ai été au Musée maritime de Barcelone

En vacances à Barcelone durant l’été, je me suis naturellement arrêté au Museu Marítim de Barcelona, situé dans le magnifique bâtiment des Drassanes, au Sud de Las Ramblas, juste à coté de la célèbre colonne Christophe Colomb. L’occasion de prendre quelques photographies et de vous les présenter sur Trois-Ponts!

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Liste des vaisseaux de la Marine Française (1789-1815)

J’ai retrouvé dans les brouillons de mon ancien site internet dédié à la Marine du Premier Empire une liste intéressante, que je copie ici. Cette liste récapitule les vaisseaux de ligne qui ont servi dans la Marine française entre 1789 à 1815. On y compte 200 navires : 10 vaisseaux de 118 canons, 7 vaisseaux de 110 canons, 34 vaisseaux de 80 canons et 149 vaisseaux de 74 canons. La majorité d’entre eux sont issus des plans Sané-Borda adoptés par la Marine française à la fin de l’Ancien Régime.

J’avais, pour réaliser ce tableau, utilisé deux sources principales : d’une part, le Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours de Jean-Michel Roche, et d’autre part, les travaux de Jean Boudriot, notamment son ouvrage Les vaisseaux de 74 à 120 canons.

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Décès de Jean Boudriot

C’est avec une immense tristesse que j’ai appris aujourd’hui le décès de Jean Boudriot, « notre maître à tous » comme l’appellent souvent les modélistes. Ce grand Monsieur, passionné par les armes anciennes et l’architecture navale, fut l’un des principaux acteurs de la renaissance de l’archéologie navale en France.

Jean Boudriot est, je dois bien l’avouer, à l’origine de mon intéret tout particulier pour la marine ancienne et la construction navale de cette époque. Ses nombreux articles, notamment publiés dans la revue Neptunia, sur lesquels j’étais tombé tout à fait par hasard il y a quelques années, alors que je n’étais encore qu’un adolescent, furent pour moi une révélation. Ils ne suffirent bientôt plus à satisfaire ma soif de connaissance sur le sujet et, tout naturellement, je m’intéressa rapidement à ses ouvrages et monographies publiés aux éditions Ancre.

Je me revois encore aller au SHD de Toulon après les cours de la fac, simplement pour pouvoir lire quelques-uns de ses livres, notamment la Bible : Le vaisseau de 74 canons, en quatre volumes… Je me souviens également que je m’offris son ouvrage Les vaisseaux de 74 à 120 canons lorsque j’obtins mon diplôme universitaire. Ce fut mon premier Boudriot !

Des souvenirs simples mais ô combien heureux ! Merci M. Jean Boudriot ! L’un de mes plus grands regrets sera de ne jamais avoir eu la chance de pouvoir discuter avec vous, même si, et c’est étrange à expliquer, je vous ai tellement lu que j’ai l’impression de vous avoir bien connu.

J’adresse mes très sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Marine russe : à propos du pavillon de Saint-André

Marine russe à Feodosiya (1839). Par Ivan Aivazovskiy.

« Un État qui n’a qu’une armée n’a qu’un bras, un État qui a une armée et une marine en a deux. »
Pierre le Grand

Il faut attendre l’arrivé au pouvoir de Pierre Alexeïevitch 1er, plus connu sous le nom de Pierre le Grand, dont le règne effectif commence en 1694 et se prolonge jusqu’à sa mort en 1725, pour que la Russie s’intéresse véritablement à la conception d’une flotte militaire.

L’histoire de la marine russe commence ainsi : en 1695, pendant qu’il assiégeait la forteresse russe d’Azof, le tsar s’aperçut qu’il serait impossible de la réduire sans une force navale. Il donna aussitôt l’ordre de construire plusieurs navires armés à l’aide desquels il recommença le siège l’année suivante. Enfin les Turcs furent vaincus et la forteresse prise ! Pour célébrer cet important succès, Pierre fit frapper une médaille où il était inscrit : « Vainqueur par la foudre et les vagues. »

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Les pavillons de la marine sous l’Ancien Régime

Une frégate, par Albert Brenet

« On appelle Pavillons, des bannières faites d’étoffes légères, communément d’étamines, flottantes au gré du vent, attachées à un bâton élevé sur la poupe du vaisseau, qui servent à faire connaitre, soit par leur forme, soit par leurs couleurs, de quelle nation est le vaisseau. Chaque nation n’est pas bornée à un seul pavillon ; toutes celles de l’Europe en ont plusieurs tant pour distinguer les vaisseaux de guerre des vaisseaux marchands, que pour marquer le rang des officiers qui les commandent. Plusieurs villes commerçantes en ont aussi de particuliers qu’elles arborent outre celui de la nation… »

Jacques Nicolas Bellin, Ingénieur de la Marine et du Dépôt des Plans, 1756.

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