17 mars 1816 : première traversée de la Manche par un navire à vapeur

« Arrivée de Londres à Paris, le 29 mars 1816, du bateau à vapeur l’Élise, capitaine Andriel, représenté saluant le château des Thuileries ». Source : gallica.bnf.fr

Éphéméride. Le 17 mars 1816, la première traversée de la Manche par un navire à vapeur est réalisée par l’Élise, de construction britannique mais battant pavillon français.

Construit à Dumbarton, en Écosse, le petit bateau à vapeur initialement nommé Margery fut acheté à Londres par Pierre Andriel pour le compte de la compagnie Pajol, qui exploitait un service régulier de voiliers sur la Seine et souhaitait adopter le nouveau mode de navigation développée en Grande-Bretagne.

L’Élise mesurait environ 15 mètres de long sur 5 de large. Elle était dotée d’une modeste machine de 10 ch. environ et propulsée par deux roues à aubes classiquement placées sur ses flancs. Elle comptait un équipage de dix hommes, semble-t-il anglais au moment de la traversée.

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Apprendre les grandes dates de la Révolution avec la flotte française !

« Le Napoléon ci-devant 24 Février » par Auguste Frémy (1816-1885)

Le Napoléon (1850), premier vaisseau de ligne à être doté d’une hélice, fut conçu par le célèbre ingénieur Dupuy de Lôme et mis en chantier à Toulon sous la Monarchie de Juillet. Il fut initialement nommé le Prince de Joinville avant d’être renommé le Vingt-Quatre Février au début de la Deuxième République en 1848, puis le Napoléon quelques jours après son lancement le 16 mai 1850.

Le nom Vingt-Quatre Février peut surprendre. Il fait en fait référence à la journée du 24 février 1848, durant laquelle le roi Louis-Philippe abdiqua et la Deuxième République fut proclamée.

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Essais d’un navire sous-marin sous le Premier Empire

Extrait du Moniteur universel, numéro du lundi 29 avril 1811, citant un rapport écrit par Lazare Carnot à l’Académie des sciences le 1er avril de la même année :

« Rapport sur le Nautile-marin de MM. Coëssin frères.

Le désir de séjourner à volonté sous les eaux n’est pas une chose plus nouvelle que celui de planer dans les airs. Les efforts qu’on a faits pour y parvenir sont de tous les temps ; mais ce n’est que de nos jours qu’on a obtenu enfin quelque succès dans l’une et l’autre de ces deux espèces de navigations. Quoique le problème de la navigation sous-marine paraisse présenter moins de difficultés que celui de la navigation aérienne, c’est cependant celui-ci qui a été résolu le premier ; car il y a déjà vingt-huit ans que feu notre confrère M. Montgolfier conçut, et que s’exécuta au grand étonnement de l’Europe le hardi projet de s’élever au-dessus des nuages ; mais si les anciens sont parvenus à quelques résultats intéressants dans l’art de naviguer sous les eaux, il ne paraît pas qu’on leur ait donné aucune suite, et l’on peut regarder cette découverte comme très récente.

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Chroniques d’un marin de l’Hermione – 6

« On ne saurait nier que l’errance nous a toujours exaltés. Nous y voyons un moyen d’échapper à l’histoire, à l’oppression, à la loi, aux tracasseries. La liberté absolue. »
Chris, dans Into The Wild

Ce fut sous un ciel couvert que nous arrivâmes en terre malouine. Alors que nous nous approchions du Cap Frehel, la bisquine La Cancalaise vint nous saluer, suivie quelques heures plus tard de L’Étoile du Roy, surnommée affectueusement (ou pas) le « voilier Playmobil » de par la couleur de sa coque et l’état de ses voiles. Alors que nous nous rapprochions, la rumeur enflait à bord, « il y aura peut être trop de vent, c’est pas dit que nous entrerons ce soir. »

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La marine de Louis XV et Louis XVI – Une marine incomprise

Nouvel ouvrage à paraitre cette année : La marine de Louis XV et Louis XVI – Une Marine incomprise par Patrick Villiers aux éditions Fayard.

Présentation éditeur : « Actrice centrale de la croissance du royaume autant que des enjeux géopolitiques qui s’écrivent au XVIIIe siècle à l’échelle du monde, la marine est au cœur de cette synthèse unique réalisée par le grand spécialiste du sujet en France. »

MAJ 26/05/2021 : Parution prévue le 22 septembre 2021.

« Nous n’avons pas assez de bâtiments pour leur donner le nom de toutes nos victoires ! »

Les deux sous-marins de type Agosta, ex-Bévéziers et La Praya, sur le point d’être démantelés à Brest en novembre 2020. Crédit : Ewan Lebourdais – http://Ewan-photo.fr

Un jour de l’année 1897, un capitaine anglais de passage à Toulon se vanta devant un jeune officier de marine français de commander un navire nommé Waterloo. Le Français répliqua simplement : « En France, nous n’avons pas assez de bâtiments pour leur donner le nom de toutes nos victoires. » C’était bien répondu !

En France, l’idée de donner aux navires de la marine de guerre des noms de batailles victorieuses remonte à la période révolutionnaire. Elle fut par la suite développée au XIXe siècle, notamment sous le Premier Empire et la Monarchie de Juillet.

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Chroniques d’un marin de l’Hermione – 5

« Un noble navire, empreint de grandeur mais aussi d’une certaine mélancolie. Il en est ainsi des nobles choses. » Moby Dick

Ces années d’errance prenaient enfin un sens. Je commençais enfin à mettre des images sur ces lignes issues des livres que je dévorais avidement depuis des années. Aucune image, aucune photographie, aucun texte ne pourra – à mon prétentieux avis – retransmettre les sensations que je vécus lors de ces deux premières semaines. Comment décrire ce choc alors que vous êtes à la barre, que le navire s’élève sur la vague, et s’écrase finalement en une terrible secousse, vous remuant jusqu’au tréfonds de votre être ? Ne vous méprenez pas, j’étais encore à ce moment, dans une sorte de mélange étrange : peur et excitation se livraient bataille en moi, et ces deux premières semaines furent intenses et éprouvantes, au point que je pensais un moment abandonner, larguer le navire, et rentrer chez moi la queue entre les jambes.

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Le Canot de l’Empereur et la mésaventure du comte de Kersaint

Crédit photo : Musée national de la Marine

Événement ! Véritable joyaux du patrimoine maritime français, le canot de l’Empereur a officiellement été dévoilé ce matin aux ateliers des Capucins, à Brest. Initialement exposé au musée national de la Marine à Paris, il avait été déplacé en octobre 2018 pour être transporté à Brest où il a dernièrement été restauré.

Il existe au sujet de cette pièce unique – dont j’ai déjà rédigé un bref historique – une drôle d’anecdote racontée par l’impératrice Marie Louise dans son journal intime.

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