Commandants, états-majors et activité des bâtiments de la Marine française (suite)

(Suite du précédent billet…)

Quelques précisions apportées par le capitaine de frégates J.-M. Roche au sujet de son nouvel ouvrage Commandants, états-majors et activité des bâtiments de la Marine française, dont le premier tome consacré à la période 1661-1689 (époque de ce que l’on a coutume d’appeler la première marine de Louis XIV), vient de paraitre.

Le deuxième tome sera consacré à la période 1690-1720 (époque de la seconde marine de Louis XIV) et devrait paraitre dans quelques années, en 2021-2022 a priori.

J.-M. Roche espère par la suite « aller le plus loin possible ». D’autres tomes consacrés aux marines de Louis XV, de Louis XVI et espérons le des régimes politiques suivant devraient donc, probablement, paraitre durant la prochaine décennie.

A suivre donc…

Commandants, états-majors et activité des bâtiments de la Marine française

J’apprends que le capitaine de frégate Jean-Michel Roche, déjà auteur du monumental Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours (2005), vient tout juste de publier le premier tome (1661-1689) d’un nouvel ouvrage important Commandants, état-majors et activité des bâtiments de la Marine française :

« Inédit, cette recension du personnel d’intérêt de la Marine est complétée par l’activité détaillée des navires sur lesquels ces hommes ont embarqués, permettant ainsi de reconstituer leur carrière maritime.

Les 4 000 patronymes recensés ne s’arrêtent pas aux plus connus. Il y a non seulement des marins, de l’amiral au matelot, mais aussi les chirurgiens, les écrivains, les aumôniers, et également, de manière plus parcellaire, des corsaires, marchands, armateurs, constructeurs, soldats, ingénieurs, dessinateurs, hydrographes, personnel des compagnies commerciales, capitaines étrangers, passagers remarquables et volontaires venus d’horizons divers.

On y découvrira également des informations inédites sur les combats, avaries, naufrages, disparitions mystérieuses, blessures, décès, actes de bravoures, affaires judiciaires, etc. »

Plus d’informations sur le site netmarine.net !

Le lancement du Valmy vu par la presse (1847)

« Mise à l’eau du vaisseau à trois ponts le Valmy, construit dans le port de Brest sur les plans de M. Leroux. D’après un croquis de M. Copillet. » Extrait de L’Illustration, Journal Universel, N° 240, 2 octobre 1847

Le 9 février 1847, le journal Le Constitutionnel annonce la mise à l’eau prochaine d’un vaisseau de 120 canons à Brest :

« Cinq navires doivent être lancés en 1847, au port de Brest, savoir : le vaisseau de 100 canons le Tage, les frégates la Persévérante, de 60 canons, la Némésis, de 50 canons, le brick de premier rang le Faune, la frégate-aviso à vapeur le Caffarelli. […] En tête de cette liste devrait être le vaisseau de 120 canons le Valmy, le seul vaisseau de ce rang construit sur des plans qui ne datent pas du dernier siècle, le seul par conséquent où tout ait été calculé d’après les nécessités de l’armement actuel de nos navires, qui est bien différent de l’armement des vaisseaux en 1790 […] »

Fait étonnant souligné par le journaliste : au milieu du XIXe siècle, tous les vaisseaux de premier rang français construits depuis la fin de l’Ancien Régime sont issus du plan-type du 118 canons réalisé par les ingénieurs Sané et Borda à la veille de la Révolution française de 1789, si l’on excepte le cas particulier des deux vaisseaux de 110 canons construits sous l’Empire. Le lancement du Valmy attire donc la curiosité des contemporains, d’autant qu’il s’agit alors du plus grand vaisseau jamais construit par la France.

Cet important événement, qui eut lieu le 25 septembre 1847, fut rapporté par le journal les deux derniers jours du même mois…

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L’Impérial (1803-1806)

La bataille de San Domingo (ou Santo Domingo), par Nicholas Pocock (1740-1821). Au premier plan, l’Impérial aux prises avec un vaisseau anglais…

Si l’on excepte le cas particulier du Commerce de Marseille, capturé par les Anglais à Toulon en 1793, deux vaisseaux de 118 canons sur les quinze construits furent perdus au combat. Le premier de ces vaisseaux est l’Orient, qui explosa durant la bataille d’Aboukir, le 1er août 1798. Le second, surement moins connu, est l’Impérial, incendié après la bataille de Santo Domingo, le 6 février 1806. C’est lui que nous évoquerons ici…

L’histoire de l’Impérial commence en pleine Révolution française, le 17 octobre 1793, date de sa mise en construction à Brest, sous la responsabilité de l’ingénieur Ozanne. Baptisé dans un premier temps le Peuple, il fut rapidement renommé le Vengeur, en hommage au 74 canons du même nom perdu durant le combat du 13 Prairial an III (1er juin 1794). L’article 3 de la Loi relative au vaisseau de ligne Le Vengeur, et aux braves républicains composant son équipage du 11 Messidor an II (21 juin 1794) disposait en effet : « Le vaisseau à trois ponts qui est en construction dans le bassin couvert de Brest, portera le nom du Vengeur. Le commissaire de la marine donnera les ordres les plus prompts pour accélérer la construction de ce vaisseau. »

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La Bretagne : origine d’un nom prestigieux dans la Marine française

Mise à l’eau à Lorient en septembre 2016, la Bretagne, cinquième frégate multi-missions (FREMM) de la Marine nationale, a récemment été admise au service actif, en décembre 2018. L’occasion de rappeler que ce nom, la Bretagne, qui a été porté par de nombreux navires de la Marine française, souvent de première importance, tire son origine d’un vaisseau à trois-ponts construit sous l’Ancien Régime.

Vue de l’intérieur du Port de Brest (1795), par Jean-François Hue. On y distingue 3 vaisseaux trois-ponts de 110 canons : la Bretagne (à l’extrême gauche) et le Républicain, en armement, ainsi que l’Invincible, dans la forme de radoub, à à droite.

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Revue Historique des Armées : Index des articles

Liste non exhaustive d’articles « marine » parus dans la Revue historique des Armées entre 1979 et 2005.

« L’Indomptable »
Revue historique des Armées, n° 156, 3ème trimestre 1984.

1956, les opérations de Suez en Mer Rouge : l’opération Toréador
LABROUSSE Henri , Revue historique des Armées, n° 207, 2ème trimestre 1997.

1er janvier 1786 Le Code de Castries, acte de renaissance de notre Marine nationale
FERRIER Jacques , Revue historique des Armées, n° 162, 1er trimestre 1986.

21 juin 1919 : Le sabordage de Scapa Flow
BREZET François-Emmanuel , Revue historique des Armées, n° 216, 3ème trimestre 1999.

3 septembre 1939, la Kriegsmarine entre dans la guerre
BREZET François-Emmanuel , Revue historique des Armées, n° 217, 12/1999.

70 années d’offensive aéronautique navale
BROWN David ; BATTESTI Michèle , Revue historique des Armées, n° 173, 4ème trimestre 1988.

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Introduction à l’histoire des vaisseaux de premier rang britanniques au XIXe siècle

La HMS Britannia, de type Caledonia, en 1860 environ

Au XVIIIe siècle, les trois-ponts anglais étaient sensiblement plus petits et moins puissants que leurs homologues français. Tandis que ces derniers étaient tous des navires de première importance, portant 110 à 118 canons, les Anglais continuaient de construire des « petits » trois-ponts, portant 90 à 98 canons, classés comme vaisseaux de deuxième rang. Les plus grands trois-ponts de la Royal Navy, de premier rang, ne dépassaient pas 100/104 canons, à l’image du fameux HMS Victory, dessiné par Thomas Slade et lancé le 7 mai 1765. 

Le 18 décembre 1793, la Royal Navy captura à Toulon le Commerce de Marseille, qui fut immédiatement amené en Angleterre. Pour la première fois, les Anglais purent voir et étudier de prêt le nouveau vaisseau de premier rang français de 118 canons. Ils constatèrent que malgré ses dimensions impressionnantes, ses qualités à la mer étaient excellentes.

Conséquence directe ou non de ce constat, c’est précisément à cette époque qu’il fut ordonné la construction à Plymouth d’un vaisseau trois-ponts de 120 canons, la Caledonia (Écosse), conçue par William Rule en 1797, mise en chantier en 1805 et lancée en 1808. Vaisseau-amiral de l’escadre de Méditerranée, la Caledonia participa notamment au combat du 13 novembre 1813 devant Toulon, ainsi qu’à celui du 13 février 1814 contre le Romulus, 74 canons français, sans succès.

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