Découverte de deux épaves de navires du XVIIe siècle au large de Stockholm

ActualitéPlusieurs médias ont annoncé ces dernier jours la découverte de deux épaves de navires de guerre suédois datant du 17e siècle, dont je cite « l’un au moins pourrait être un sister-ship du légendaire Vasa« , à proximité de l’île de Vaxholm, dans l’archipel de Stockholm.

C’est une nouvelle que je me dois de commenter.

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Le combat naval du 5 novembre 1813

Un événement, deux représentations et deux visions différentes du bref combat naval qui eut lieu au large de Toulon le 5 novembre 1813, déjà évoqué sur ce blog.

La première (à gauche) est d’Auguste Mayer (1805-1890), peintre brestois. La seconde (à droite) de Thomas Luny (1759-1837), peintre anglais. Les deux œuvres ont été réalisées dans les années 1830, bien après la combat.

On constate que le Français a peint le vaisseau le Wagram du contre-amiral Cosmao-Kerjulien s’interposant seul contre toute l’escadre britannique, organisée classiquement en ligne de file, afin de sauver l’Agamemnon (capitaine de vaisseau Jean-Marie Letellier), 74 canons en grande difficulté qui se trouve à droite du trois-ponts français sur la toile. Cette thématique du « seul contre tous » se retrouve beaucoup en France dans les tableaux marines datant de cette époque. Ici encore, c’est un sujet que j’ai déjà eu l’occasion de traiter sur Trois-Ponts!

L’angle pris par l’artiste anglais est très différent. La fuite presque pathétique de l’escadre française, se réfugiant dans la rade de Toulon sans combattre, est mise en avant. Au premier plan, on distingue deux vaisseaux trois-ponts britanniques (à gauche, le 120 canons Caledonia et à droite, le 98 canons Boyne) aux prises avec un deux-ponts français, probablement l’Agamemnon. L’action du Wagram n’est ici pas représentée.

Deux visions du combat très différentes, je le répète, mais deux visions relativement réalistes de l’action du 5 novembre 1813. En art, comme dans beaucoup d’autres domaines, tout semble être une question de point de vue…

Les Saint-Philippe et les vaisseaux de 1er rang de Louis XIII à Louis XIV

Je signale la parution prochaine d’un nouvel ouvrage aux éditions Ancre : Les Saint-Philippe et les vaisseaux de 1er rang de Louis XIII à Louis XIV, par Patrick Villiers. Il est la suite logique de la monographie du vaisseau le Saint-Philippe (1693), réalisée par Jean-Claude Lemineur (Patrick Villiers y signe déjà un chapitre) et également éditée aux éditions Ancre, dont j’avais communiqué la parution il y a un an.

Cet ouvrage portera comme son titre l’indique sur les vaisseaux de premier rang français construits au XVIIe siècle, en se concentrant semble-t-il sur les vaisseaux Saint-Philippe, lancés en 1663 et 1693.

Bâtiments plus grands et plus richement décorés que les autres, les vaisseaux de premier rang étaient des navires de prestige destinés à porter le pavillon des chefs d’escadre et amiraux. Dotés d’une artillerie plus importante, ils étaient également censés dominer au combat n’importe quel navire ennemi. Ces qualités faisaient toutefois face à quelques défauts parmi lesquels, notamment, un prix très important et des qualités à la mer souvent jugées médiocres. Dés lors se pose une question qui semble récurrente dans l’histoire navale : la construction de ces « super-bâtiments » valait-elle le coût ?

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Lettre ouverte au chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck

Amiral,

La Marine nationale compte environ 60 bâtiments de combat, bâtiments de patrouille et sous-marins. Conformément à une tradition vieille de plusieurs siècles, le tiers de ces bâtiments portent le nom d’anciens grands serviteurs de la France, marins notamment.

Au sein de la Force d’Action navale, le porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle, fleuron de notre Marine, porte le nom d’un ancien et fameux Président de la République, initiateur de la dissuasion française garante de l’indépendance nationale. Plusieurs frégates honorent quant à elle le nom d’anciens grands marins français. Il en sera d’ailleurs de même pour les SNA de nouvelle génération de type Suffren.

Les Patrouilleurs de haute-mer portent le nom de plusieurs marins morts au champ d’honneur durant la Seconde Guerre mondiale : le Lieutenant de vaisseau Le Hénaf, le Premier maître l’Her, le Commandant Blaison, l’Enseigne de vaisseau Jacoubet, le Commandant Ducuing, le Commandant Birot et le Commandant Bouan.

Plusieurs bâtiments spécialisés portent enfin le nom de navigateurs ou de scientifiques illustres : le D’Entrecasteaux, le Bougainville, le Champlain, le Beautemps-Beaupré, le Lapérouse, le Borda, le Laplace, le Dupuy de Lôme, le Monge.

Force est de constater, en parcourant les noms de ces bâtiments, que pas un seul n’honore la mémoire d’une femme. En fait, il me semble que le dernier bâtiment français d’importance à avoir porté le nom d’une femme fut la Jeanne d’Arc, retirée du service en 2010, bientôt 10 ans !

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Doit-on dire « le sous-marin la Minerve » ou « le sous-marin Minerve » ?

Florence Parly, la ministre des armées, l’a annoncé ce matin : « Nous venons de retrouver la Minerve. C’est un succès, un soulagement et une prouesse technique. Je pense aux familles qui ont attendu ce moment si longtemps ».

La Minerve, sous-marin d’attaque français de type Daphné lancé en 1962 avait disparu le 27 janvier 1968 au large de Toulon, avec 52 marins à son bord. Des recherches pour retrouver le bâtiment avaient été menées de 1968 à 1970, sans succès. Elle avaient repris cette année, à la demande des familles de disparus.

La nouvelle est donc bonne et importante. Elle est également l’occasion pour moi de revenir sur un sujet qui m’intéresse depuis longtemps : l’appellation des navires de guerre français.

J’ai agréablement constaté que l’immense majorité des grands médias ont bien nommé le sous-marin retrouvé LA Minerve et non LE Minerve ! Minerve étant une déesse de la mythologie romaine, le bâtiment doit être féminisé car son nom est féminin, et ce peu importe que le type de navire (sous-marin en l’occurrence) soit masculin ! C’est la règle dans la marine de guerre française, comme je l’ai largement expliqué dans un précédent article du blog.

J’ai toutefois observé une maladresse récurrente dans de nombreux articles de presse : la présence de l’article « la » lorsque le nom du navire est précédé de son type. On peut donc lire dans de nombreux articles : « le sous-marin la Minerve ». Cette façon d’écrire est incorrecte, car l’article « la » ne fait pas partie intégrante du nom du sous-marin français…

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A propos du camp de Boulogne, rencontre avec Sophie Muffat

A l’occasion de la diffusion récente par les éditions Ancre de la Monographie Bateau canonnier, modèle An XII, paru en 2012, j’ai interrogé Sophie Muffat, auteur de la partie historique de cet ouvrage, à propos de la flottille de Boulogne et du projet d’invasion de l’Angleterre par Napoléon suite à la rupture de la paix d’Amiens en 1803.

Sophie Muffat est une spécialiste de la marine à l’époque napoléonienne. Elle a notamment participé en 2017 au colloque Les rivages de la conquête, organisé par l’Inrap, la ville d’Étaples et la Fondation Napoléon, qui portait sur le camp de Boulogne et dont la première partie des actes a récemment été publiée par la revue Napoleonica.

Son prochain ouvrage Desaix en Egypte, co-écrit avec Pascal Cyr, paraitra aux éditions AKFG le mois prochain. Elle travaille également sur un prochain livre à propos de la vie quotidienne des marins pendant le Consulat et l’Empire, qui devrait être publié l’année prochaine par les éditions Soteca.

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Les états et annuaires de la marine française de 1759 à 1951

Un beau trois-ponts au XIXème siècle, par Antoine Fremy

Je signale la numérisation et la mise en ligne récente, sur l’excellent site gallica.bnf.fr, des États de la marine (1759-1790), États généraux de la marine (1802-1851) et Annuaires de la marine (1852-1951) !

Ouvrages édités annuellement, les États et Annuaires de la marine énumèrent notamment, pour chaque année, les noms des officiers en service dans la marine, les navires armés et en construction… Soit une représentation de la flotte de guerre française et de ses hommes.

L’ensemble de ces documents, conservés à la bibliothèque du Service Historique de la Défense, constituent une source fantastique et passionnante à parcourir ! Vous trouverez les liens vers ces ouvrages ci-dessous :

– États de la marine (1759-1790)

– États généraux de la marine (1802-1851)

– Annuaires de la marine (1852-1951)

Bonne lecture !

Une mer jalousée par Guillaume Calafat

Je signale la parution ce jour d’un ouvrage qui me semble intéressant : Une mer jalousée : Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle), par Guillaume Calafat aux éditions Le Seuil :

« Comment disait-on le droit sur les mers à l’époque moderne ? Par quels dispositifs les pouvoirs politiques dotés d’une façade maritime tentaient-ils de faire respecter un pouvoir de juridiction, entendu comme un droit de dire le droit, sur un espace liquide particulier ? Ces questions sur la liberté, la communauté et l’empire des mers ont donné lieu à une grande controverse juridique livrée à l’échelle du globe. Une mer jalousée propose d’en faire l’histoire à partir de l’observatoire méditerranéen. De la mer Adriatique aux mers du Levant, du golfe du Lion aux littoraux nord-africains, l’enquête décline à différentes échelles, depuis les bureaux des juristes jusqu’aux ponts des navires, un large éventail de conceptions concurrentes des limites maritimes et des eaux territoriales. Ce faisant, l’ouvrage revient, au carrefour de l’histoire, du droit et de la philosophie, sur des notions juridiques cardinales de la pensée politique moderne, telles que la propriété, l’occupation, la possession et la souveraineté. Guillaume Calafat les inscrit dans une généalogie de longue durée embrassant l’histoire antique et médiévale, les textes du droit romain et leurs commentaires médiévaux, les lois byzantines comme la normativité musulmane. Une mer jalousée s’appuie ainsi sur une centaine de textes imprimés à propos de la domination des mers, en les croisant avec des libelles manuscrits, des atlas, des cartes, des traités, des gravures, afin de brosser le portrait d’une mer au statut disputé et incertain. »

Guillaume Calafat est maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine). Ses recherches portent sur la Méditerranée de l’époque moderne et notamment sur les échanges marchands et maritimes entre monde ottoman et Europe occidentale. Il est l’auteur de nombreux articles et chapitres sur le commerce interculturel, la guerre de course et les échanges marchands. Une mer jalousée est son premier livre.