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La frégate légère

Je vous informais il y a quelques jours de la publication récente d’une monographie signée Jean-Claude Lemineur consacrée à la frégate légère l’Aurore aux éditions Ancre. La frégate légère, notamment utilisée dans la marine de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle et qui doit être distinguée de la frégate moderne apparue au milieu du XVIIIe siècle, est il me semble assez méconnue. C’est pourquoi j’ai pris le temps d’écrire quelques mots sur ce type de bâtiment. Comme souvent, je vais ici m’appuyer sur les travaux de Jean Boudriot.

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Trafalgar : exemple de « Fake news » en 1805


Lu dans la Monographie du bateau canonnier modèle an XII de Sophie Muffat, Pierre Grandvilliers et Denis Désormière, pages 111 et 112, un passage qui m’a particulièrement étonné à propos d’un extrait du Naval Chronicle citant le journal français le Moniteur universel.

Le Naval Chronicle était un journal mensuel anglais qui fut publié de janvier 1799 à décembre 1818 et qui contenait des articles à propos des choses de la mer et en particulier de la Royal Navy. Comme l’explique Sophie Muffat, le Naval Chronicle, comme plusieurs autre journaux anglais, traduisait et publiait régulièrement des articles de la presse française, et notamment du Moniteur universel, journal officiel français à l’époque, et celui-ci faisait d’ailleurs de même avec les journaux anglais.

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Qu’est ce qu’un trois-ponts ?

Il y a plusieurs mois, le marquis de Seignelay, auteur du blog Le Fauteuil de Colbert, blog traitant de la géopolitique et de la stratégie navale moderne, me contactait afin de me poser quelques questions générales sur les vaisseaux à trois ponts, et la place de ce type de navire dans les marines anciennes. L’idée était de publier mes réponses sur son site, réservé à un lectorat ne s’intéressant pas forcément au sujet.

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La prise de l’Ambuscade par la Bayonnaise (1798)

Le 14 décembre 1798, à 120 milles de l’île d’Aix, la corvette française la Bayonnaise, commandée par le lieutenant de vaisseau Edmond Richer, qui ramène de Cayenne à Rochefort un détachement de 30 soldats de l’ex-régiment d’Alsace, est chassée par la frégate anglaise Ambuscade, commandée par le capitaine Henry Jenkins, qui arrive à porté au milieu de la journée. L’Ambuscade lâche une première bordée, à laquelle la Bayonnaise réplique. Après une heure de combat environ, une pièce de 12 explose dans la batterie principale de la frégate anglaise, provoquant d’importants dégâts, un début d’incendie et une certaine panique dans la batterie, qui cesse de tirer. L’origine de cette explosion est un mystère. Défaut mécanique, erreur de chargement, ou coup au but de la Bayonnaise ?

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Notice biographique de Nicolas Ozanne

Je cite ici une intéressante notice biographique consacrée à Nicolas Ozanne, ingénieur de la Marine, peintre et dessinateur. Source : Annales maritimes et coloniales, année 1816, volume 2, page 70 :

« Extrait d’une notice sur Nicolas-Marie Ozanne, ancien Ingénieur de la marine, par M. Regnault de Lalande, Peintre et Graveur.

Nicolas-Marie Ozanne naquit à Brest le 12 janvier 1728. Appelé par la nature à l’étude du dessin, dès l’âge le plus tendre, le jeune Ozanne fit de si rapides progrès, qu’à peine âgé de quatorze ans, il fut jugé capable de seconder dans ses leçons son maître Roblin, professeur attaché à la marine à Brest.

Bientôt le ministre de la marine, M. Rouillé, l’appela à Paris pour y dessiner les vaisseaux pour les planches représentant les vues du Havre, faites à l’occasion du voyage de Louis XV dans ce port en 1749. A son retour à Brest, M. Ozanne, à peine âgé de vingt-deux ans, sentit la nécessité de perfectionner ses études : il demanda, mais il n’obtint qu’en 1754 ce qu’il désirait si ardemment, la permission de revenir à Paris, pour puiser au centre des arts de nouvelles connaissances. Arrivé dans cette ville, Charles Natoire et François Boucher, peintres, et I. Ingram, graveur, l’aidèrent de leurs conseils ; l’assiduité et l’ardeur qu’il porta à l’étude le firent profiter en peu de temps des leçons de ses maîtres.

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La bataille de Trafalgar par Auguste Mayer

En 2005, l’historien naval Rémi Monaque publiait aux éditions Tallandier à l’occasion du bicentenaire de la bataille un remarquable ouvrage sur Trafalgar (21 octobre 1805), récompensé à l’époque par le prix de la Fondation Napoléon. La couverture du livre représentait une partie d’une célèbre peinture d’Auguste Mayer (1805-1890), sur laquelle on pouvait distinguer trois bâtiments britanniques aux prises avec un vaisseau français en très mauvaise posture, mais luttant malgré tout. Le 4e de couverture de cet ouvrage nous indiquait que ce vaisseau était le « Redoutable, par Mayer, Paris, Musée de la Marine ». A l’époque en effet, cette peinture était officiellement intitulée « Le Redoutable », parfois même « Le Redoutable à Trafalgar ». Il s’agit là d’une étonnante erreur car l’œuvre d’Auguste Mayer représente en vérité le Bucentaure français aux prises avec un trois-ponts anglais nommé… le Sandwich !

On a effectivement longtemps pensé que l’œuvre de Mayer représentait le vaisseau de 74 canons le Retoutable, commandé par le capitaine de vaisseau Lucas lors de la bataille de Trafalgar, face au trois-ponts Victory portant le pavillon de l’amiral Nelson (d’autres sources affirmaient qu’il s’agissait du Temeraire, autre trois-ponts anglais ayant également participé à la bataille de Trafalgar). Cela paraissait d’autant plus logique que l’action du Redoutable, de son commandant et de son équipage, avait été des plus glorieuses durant la bataille. Le modeste vaisseau à deux-ponts français de 74 canons tenant tête au trois-ponts anglais de 100 canons de l’amiral Nelson, qui mourra durant ce duel, symbole du courage français triomphant de l’inégalité des armes et du nombre. Après tout, ce type d’œuvre n’est il pas censé illustrer les hauts faits des souverains et la gloire des armées ? La peinture remplissait son objectif et l’honneur de la marine française et de son pavillon était sauf, malgré la défaite.

Au début des années 2000 pourtant, un passionné, peintre de marine anglais, s’intéressa de plus prés à la peinture et fit d’étranges découvertes.

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Trafalgar (1805) – Documentaire Arte

Je me permets de vous encourager à voir, ou à revoir, cet intéressant documentaire, signé Fabrice Hourlier et datant de 2007, à propos de la célèbre bataille de Trafalgar. On ne connait que trop bien le désastre subi par les forces navales franco-espagnoles durant cette bataille, qui fut paradoxalement aussi importante qu’inutile. Inutile car, au moment de la bataille, ce fameux 21 octobre 1805, Napoléon et la Grande Armée ne sont plus à Boulogne. L’objectif n’est plus Londres, mais Vienne… Importante de par ses conséquences : ne pouvant envahir l’Angleterre, et ayant constaté les faiblesses de sa marine et son incapacité à pouvoir vaincre sa rivale britannique, Napoléon va vouloir ruiner son ennemi. Le Blocus continental ne suffira pas et l’Empereur cherchera la solution en Russie afin d’achever sa domination sur le continent. Comme l’écrit si justement Philippe Masson : « Par une ironie de l’histoire, au lendemain de l’échec de la bataille d’Angleterre de l’été 1940, Hitler en arrivera exactement à la même conclusion. Dans un cas comme dans l’autre, le sort de la lutte entre la puissance navale et la puissance terrestre se jouera dans les immenses étendues de l’Est sur un énorme coup de poker ». Ainsi les deux hommes iront « inutilement jusqu’à Moscou, faute d’avoir pu passer le Pas-de-Calais » (Jacques Bainville). Pour l’historien Jean Tulard, « Après Trafalgar, l’Empereur est vaincu, sans le savoir encore ».