La frégate légère

Je vous informais il y a quelques jours de la publication récente d’une monographie signée Jean-Claude Lemineur consacrée à la frégate légère l’Aurore aux éditions Ancre. La frégate légère, notamment utilisée dans la marine de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle et qui doit être distinguée de la frégate moderne apparue au milieu du XVIIIe siècle, est il me semble assez méconnue. C’est pourquoi j’ai pris le temps d’écrire quelques mots sur ce type de bâtiment. Comme souvent, je vais ici m’appuyer sur les travaux de Jean Boudriot.

On peut distinguer deux phases dans l’évolution de la frégate : la première est caractérisée par l’emploi de petits vaisseaux à deux ponts et de modestes bâtiments dénommés frégates légères, cette période s’achève définitivement au milieu du XVIIIème siècle avec l’abandon des petits vaisseaux et l’arrivée de la frégate dite moderne, dont l’artillerie et les dimensions ne cesseront de croître durant un siècle.

Dans la première phase, celle qui nous intéresse ici, Jean Boudriot explique que l’on peut distinguer deux types de frégates : de fortes frégates à deux batteries ou une batterie et demie, dotées de deux ponts donc, et des frégates dites légères, car plus petites et plus faiblement armées.

A l’origine, d’après le règlement de 1670, les frégates légères portent entre 8 et 16 pièces de canons et n’ont qu’un seul pont. Cependant, on constate que les constructeurs n’hésitent pas à construire des frégates légères armées de 24 voire 30 canons. En fait, comme toujours en construction navale, la tendance est à l’augmentation de la force et donc des dimensions des frégates légères. Selon les comptes de Jean Boudriot, la France construit au XVIIe siècle 56 frégates légères : 35 sont armées de 10 à 20 canons, 14 sont armées de 22 à 26 canons, et 7 seulement sont armées de 28 à 34 pièces. Les longueurs varient de 70 à 100 pieds, soit 23 à 32,5 mètres environ. L’artillerie ne comporte en principe que des pièces des calibres de 4 ou 6 livres, bien que des pièces de 8 aient parfois été utilisées.

Pour certaines frégates légères construites à cette époque, on remarque l’existence d’un second pont. Si bien que l’on peut distinguer deux types de frégates légères : celles à un un seul pont où est placée la batterie, dotées parfois d’un petit gaillard sur l’avant et toujours d’un gaillard d’arrière ; celles à deux ponts, la batterie étant placée sur le pont supérieur, dotées d’un gaillard sur l’avant et sur l’arrière. Seules les plus grandes ont une artillerie sur le gaillard d’arrière.

Au début du XVIIIe siècle, on continue de construire un faible nombre – huit seulement sont construites entre 1703 et 1732 – de frégates légères à deux ponts. Celles-ci se caractérisent cependant par l’augmentation du nombre de canons de la batterie et l’armement systématique du gaillard d’arrière. Les petites frégates légères dotées d’un seul pont sont quant à elles considérées comme des corvettes, même si elles sont désignées comme frégates dans les états officiels de la marine de l’époque.

Critiquée par Blaise Ollivier dans son fameux Mémoire sur la construction des frégates, frégates légères et corvettes propres pour la course, rédigé en 1743, pour son trop faible armement et ses médiocres qualités à la mer, la frégate légère disparait finalement dans les années 1750, lorsque les frégates de 8 et de 12 sont adoptées par la Marine française, le canon de 6 étant dorénavant réservé à la corvette.

Sources :
– Boudriot, Jean. La frégate. Marine de France. 1650-1850.
– Boudriot, Jean. La frégate dans la marine royale (1660-1750) : la frégate légère. Revue Neptunia numéro 181.

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