La Santísima Trinidad espagnole et les 118 canons français

Je suis dernièrement tombé par hasard sur un bouquin relativement récent, publié il y a un peu moins d’un an : La voile et le canon, par Ismaël Bélisle. Le temps de le feuilleter rapidement, j’ai trouvé un rapide descriptif du fameux « quatre-ponts » la Santísima Trinidad, l’auteur écrivant, je cite, que « ce vaisseau espagnol est le plus grand et le plus puissant en service de toutes les marines en 1800 ». Dans son ouvrage Trafalgar, Rémi Monaque écrit toutefois : « Beaucoup d’historiens, notamment les Espagnols, présentent ce vaisseau [la Santísima Trinidad] comme le plus grand de son époque. Cela est inexact. Sa longueur de 61,2 mètres était inférieure à celle des vaisseaux français de 118 canons qui atteignait 63,62 mètres » ?

Qui a raison ?

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Montgéry, cet illustre inconnu !

Dans son ouvrage La Naissance du Cuirassé, James Phinney Baxter écrit : « L’artilleur Paixhans qui prévit la révolution dont il fut l’artisan, Napoléon III qui sut choisir l’homme et le soutenir envers et contre tous, Dupuy de Lôme, enfin, qui résolut le problème du cuirassé de haute mer restent les trois figures essentielles de l’histoire du cuirassé ». Ces trois hommes ont un point commun : ils sont Français. Et le premier véritable cuirassé moderne de l’histoire fut également français, il s’agit de la Gloire.

Lancée en 1859, la Gloire est en fait un vaisseau à hélice de type NapoléonAlgésiras dont on a rasé la batterie haute et diminué la voilure, le gain de poids ainsi obtenu permettant de doter le bâtiment d’une armure en fer de 800 tonnes environ. Le navire n’ayant dés lors plus qu’une seule batterie armée de 32 canons, on parle à l’époque de « frégate cuirassée ».

J. P. Baxter cite également par la suite un quatrième nom, bien moins célèbre que les trois premiers : Jacques-Philippe Merigon de Montgéry (1781-1839).

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La frégate légère

Je vous informais il y a quelques jours de la publication récente d’une monographie signée Jean-Claude Lemineur consacrée à la frégate légère l’Aurore aux éditions Ancre. La frégate légère, notamment utilisée dans la marine de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle et qui doit être distinguée de la frégate moderne apparue au milieu du XVIIIe siècle, est il me semble assez méconnue. C’est pourquoi j’ai pris le temps d’écrire quelques mots sur ce type de bâtiment. Comme souvent, je vais ici m’appuyer sur les travaux de Jean Boudriot.

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Monographie : L’Aurore, frégate légère (1697)

Les éditions Ancre viennent de publier une nouvelle monographie consacrée à la frégate légère l’Aurore (1697). L’auteur de cet ouvrage est Jean-Claude Lemineur, qui a notamment écrit un remarquable ouvrage sur la marine de Louis XIV : Les Vaisseaux du Roi Soleil, malheureusement quasiment introuvable aujourd’hui. Il est également à noter que ce spécialiste travaillerait actuellement sur la monographie d’un vaisseau de 90 canons datant de la fin du XVIIe siècle. Affaire à suivre…

La monographie de la frégate légère l’Aurore est en vente sur le site d’ANCRE au prix de 115 €.

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Qu’est ce qu’un trois-ponts ?

Il y a plusieurs mois, le marquis de Seignelay, auteur du blog Le Fauteuil de Colbert, blog traitant de la géopolitique et de la stratégie navale moderne, me contactait afin de me poser quelques questions générales sur les vaisseaux à trois ponts, et la place de ce type de navire dans les marines anciennes. L’idée était de publier mes réponses sur son site, réservé à un lectorat ne s’intéressant pas forcément au sujet.

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La symbolique des noms de navires de guerre français

Un bref billet pour vous présenter un intéressant article, signé Martine Acerra, auteur de plusieurs ouvrages sur l’époque de la marine à voile, à propos de « La symbolique des noms de navires de guerre dans la marine française (1661-1815) ». (Histoire, économie et société. 1997, 16e année, n°1. pp. 45-61).

Résumé : « 969 noms différents ont été donnés aux 1376 vaisseaux et frégates ayant formé la flotte militaire française de Louis XIV à Napoléon 1er. Ces différents vocables quelquefois repris, noms ou adjectifs parfois d’origine mythologique, rarement de référence religieuse, évoquent quatre thèmes principaux : la mer, la guerre, la souveraineté, la géographie. Sous Louis XIV, la brutale augmentation numérique de la flotte permet au souverain d’en donner une image royale, étatique et indépendante du privé comme du local. Le thème guerrier progresse au XVIIIe siècle en adéquation avec le changement de la guerre sur mer en une véritable entreprise de destruction. En parallèle, on remarque la disparition presque complète du thème maritime au cours des périodes révolutionnaire et impériale qui sont aussi l’occasion d’affirmer une légitimité différente. L’Empire montre une nette propension à « continentaliser » la marine par le biais d’appellations nouvelles. Le terrestre l’emporte sur le maritime. La flotte devient le miroir des conquêtes territoriales et des victoires, comme si nommer un vaisseau Austerlitz effaçait le désastre de Trafalgar. »

Bonne lecture !

La prise de l’Ambuscade par la Bayonnaise (1798)

Le 14 décembre 1798, à 120 milles de l’île d’Aix, la corvette française la Bayonnaise, commandée par le lieutenant de vaisseau Edmond Richer, qui ramène de Cayenne à Rochefort un détachement de 30 soldats de l’ex-régiment d’Alsace, est chassée par la frégate anglaise Ambuscade, commandée par le capitaine Henry Jenkins, qui arrive à porté au milieu de la journée. L’Ambuscade lâche une première bordée, à laquelle la Bayonnaise réplique. Après une heure de combat environ, une pièce de 12 explose dans la batterie principale de la frégate anglaise, provoquant d’importants dégâts, un début d’incendie et une certaine panique dans la batterie, qui cesse de tirer. L’origine de cette explosion est un mystère. Défaut mécanique, erreur de chargement, ou coup au but de la Bayonnaise ?

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