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Le premier voyage réalisé autour du monde par des Français, sous le règne de Louis XIV

J’ai signalé il y a quelques jours la parution d’un ouvrage intéressant à propos des deux tours du monde réalisé par un navire de commerce français, le Grand Dauphin, sous le règne de Louis XIV. Je partage aujourd’hui – avec l’aimable autorisation de son auteur, Patrice Decencière – un article à ce sujet.

Les Français n’ont pas attendu Bougainville pour parcourir le vaste monde et même pour en faire le tour à la voile. En effet, au cours des dernières années du règne du roi Soleil, un premier navire français réussit à faire le tour du monde, contre les vents et les courants dominants. Comme la Boudeuse et l’Étoile, armés par Bougainville, cinquante ans plus tard, ce navire, nommé le Grand Dauphin, avait appareillé de Saint-Malo, alors un port important, spécialisé dans le grand commerce océanique.

L’existence de ce premier voyage, ainsi que de dix autres, réalisés à sa suite et à son exemple (dont un second tour du monde réalisé par ce même Grand Dauphin), n’est pas inconnue des historiens spécialisés , mais on n’en connaissait pas le détail ni les péripéties. Ceux-ci ont maintenant été retrouvés grâce à la redécouverte récente de deux documents oubliés qui nous en révèlent le déroulement.

Le premier de ces documents est un récit manuscrit, rédigé au retour du premier voyage du Grand Dauphin (1711/1713) par Jacques Desbois, second chirurgien du bord. Ce récit est complété par le journal de navigation tenu lors de la seconde circumnavigation du même navire (1714/1717). Ce journal permet de suivre la navigation parfois hasardeuse du bâtiment dans des eaux peu connues et mal cartographiées, avec l’aide des instruments primitifs de l’époque (loch à bateau, quartier de Davis…) et d’admirer le sens marin de ces navigateurs audacieux que rien n’arrêtait.

Mais, à la différence de celle de Bougainville, l’expédition du Grand Dauphin avait un but purement commercial.

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Avec les premiers Français autour du monde


Je signale la parution récente, en février 2024, d’un nouvel ouvrage aux éditions Voilier Rouge : Avec les premiers Français autour du monde, par Patrice Decencière.

Plus de cinquante ans avant l’expédition de Bougainville (1766-1769), un navire de commerce français parti de Saint-Malo, le Grand Dauphin, réalisa en 1710 un tour du monde en 30 mois. L’ouvrage retranscrit deux textes inédits, témoignages de marins ayant fait partie de l’équipage, présentés et commentés par l’ami Patrice Decencière, président de l’Association des Amis du Musée de la Marine (AAMM).

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A propos du Louis XIV (1854)

Le vaisseau de 120 canons le Louis XIV (1854)

Il y a 170 ans, le 28 février 1854, le journal local L’Écho rochelais annonçait la mise à l’eau à Rochefort d’un grand vaisseau de 120 canons, le Louis XIV :

« C’est aujourd’hui mardi, 28 février, dans l’après-midi, que doit être lancé des chantiers de Rochefort le Louis XIV. Ce vaisseau est de premier rang, c’est-à-dire de 120 canons, il est mis en chantier depuis 1811. On le considère comme l’un des plus magnifiques navires de la flotte française.
A une heure, et par la porte du Nord, tous les officiers des armées de terre et de mer en tenue auront accès dans l’Arsenal pour eux et leur famille.
A deux heures, les portes de l’Arsenal seront ouvertes au public ; – à la même heure, la bénédiction solennelle sera donnée au Louis XIV par le clergé de la marine. »

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Construction navale espagnole

Vaisseau de 74 canons, 1806 – Lien

Le Museo Naval de Madrid a annoncé aujourd’hui la numérisation et la mise en ligne sur le site internet de la Biblioteca Virtual de Defensa de nombreux plans – et autres documents issus des archives historiques de la Armada – de navires espagnols des XVIIIe et XIXe siècles.

Une fois sur le site, il suffit de taper « PB » dans la barre de recherche en haut à droite pour pouvoir y accéder.

Ces documents, consultables gratuitement et téléchargeables en haute qualité, concernent tous les types de navires de l’époque : vaisseaux, frégates, galères, etc. Ils illustrent l’évolution de la construction navale espagnole aux XVIIIe et XIXe s.

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« Noms de bateaux »

Onomastique navaleExtrait du journal L’Echo d’Alger, 23 avril 1928, un article écrit par Edmond Delage (1886-1968), qui fut notamment professeur à l’École navale, rédacteur en chef de la revue « Défense nationale » et Président de l’Académie de Marine (1956). (Source DataBNF)

« M. Georges Leygues vient de baptiser lui-même une vingtaine de nouveaux bâtiments de guerre. Tenue, casquette, casque – car les marins, ne l’ignorons pas, sont outre-mer, casqués, et fort bien depuis l’adoption du nouveau modèle, semblable à celui des administrateurs coloniaux, – noms de bâtiments, tout cela n’a pas, dans une marine en belle santé, la simple importance d’accessoires. Ces noms que nos matelots portent sur leur bonnet en lettres d’or, jusqu’au bout du monde, sont un peu comme ceux qu’on voit brodés sur la soie des drapeaux de régiment. Ils n’ont pas le droit d’être laids, ni indifférents. S’ils joignent à l’élégance un peu de gloire française, s’ils sont commodes, pittoresques, s’ils disent quelque chose à l’œil ou au cœur d’un équipage – et du public – ce sont de bons noms : il faut les donner, ou les maintenir…

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Le pavillon du vaisseau le Généreux (1800)

Crédit photo : Norfolk Museums

Quelques mots à propos de cette photographie régulièrement partagée sur les réseaux sociaux, parfois avec des commentaires erronés.

Il s’agit du pavillon du vaisseau de 74 canons français le Généreux, capturé en 1800 au sud de la Sicile par la Royal Navy. Pièce très rare, ce grand pavillon de 16 mètres sur 8 est depuis conservé à Norwich, en Angleterre.

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Mon voyage sur la Flore

Une jeune maison d’édition à suivre : Éditions Voilier Rouge. Et un livre récemment paru très intéressant : Mon voyage sur la Flore de Maurice Rollet de l’Isle.

Il s’agit en fait d’une retranscription inédite des lettres et carnets manuscrits écrits par un jeune élève ingénieur hydrographe, Maurice Rollet de l’Isle (1859-1943), qui en 1881-1882 prit part – aux côtés d’autres élèves sortant de l’École navale – à une campagne d’application d’un an dans l’Atlantique, à bord de la frégate la Flore, navire à propulsion mixte (voiles-vapeur) lancé en 1869. Le récit est annoté par Alban Lannéhoa, à l’origine de cet ouvrage, et Rémi Blanchet.

Un témoignage passionnant, joliment illustré de la main même de l’auteur, qui nous permet d’en apprendre beaucoup sur la vie à bord d’un navire de la seconde moitié du XIXe siècle, époque (encore trop méconnue) de transition entre la marine à voile et la marine moderne.

Ce livre complète un autre ouvrage récemment présenté sur Trois-Ponts! : La Flore – De la frégate au croiseur (1847-1900) écrit par Alban Lannéhoa (encore lui !), auteur du blog Tribord-Amure.

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Le salut en mer – Respect et soumission

Le combat d’Orford Ness (1704), par le peintre suédois Ludvig Richarde (1862-1929)

Le 7 août 1704, un convoi suédois escorté par le vaisseau de 56 canons Öland (1681), commandé par le capitaine Gustaf von Psilander, croisa au large de Suffolk une escadre anglaise comprenant huit vaisseaux commandés par l’amiral William Whetstone. Ce dernier exigea d’être salué par les bâtiments suédois, ce que Psilander refusa fermement, conformément aux instructions du roi de Suède qui avait ordonné que ses vaisseaux ne saluassent pas en premier.

Le refus suédois provoqua un violent combat, connu sous le nom d’Orford Ness, qui dura quatre heures environ. L’Öland, seul contre huit, et les navires marchands suédois, furent capturés par les Britanniques. Suite aux protestations de Stockholm, le 56 canons et les navires du convoi furent bientôt rendus à la Suède, et l’ensemble des prisonniers libérés, dont Psilander. Ce dernier rentra en héros dans son pays et fut grassement récompensé par son souverain.

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