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Veut-on détruire l’institution pour épargner la dépense ?

« M. le ministre actuel de la marine a posé nettement la question politique : Veut-on détruire l’institution pour épargner la dépense ? Veut-on faire la dépense pour conserver l’institution ? Le choix ne pouvait pas être douteux ; le roi et les chambres ont dit : Nous ferons la dépense, et nous maintiendrons l’institution. Le roi et les chambres veulent que la France ait une marine. »

Extrait d’un discours du général Maximilien Sébastien Foy (à gauche), député du département de l’Aisne, devant la Chambre des députés, le 26 juin 1821.

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Au commencement de la Restauration, le budget alloué à la Marine est au plus bas. Nombreux sont ceux en France qui, jugeant le déséquilibre naval définitivement rompu au profit de l’hégémonie de la Grande-Bretagne, ne croient plus en la Marine française, surclassée qualitativement et quantitativement, et envisagent sa disparition pure et simple. Face au déclin, le premier réflexe de Louis XVIII et de son ministre Du Bouchage est de détruire tout ce que l’Empire a fait (préfectures maritimes, équipages de haut bord, écoles flottantes), ce qui a pour effet immédiat d’accélérer un peu plus la dégradation de l’instrument naval français. Heureusement, le pessimisme ambiant sur le devenir de la Marine ne tarde pas à s’émousser quelque peu. Décidé à ce que la France recouvre son rôle de grande puissance, Louis XVIII se rend vite compte qu’il ne peut pas faire l’économie d’une marine de guerre. Pour restaurer cette dernière, il fait appel à un ancien armateur bordelais, le baron Portal, qu’il nomme ministre de la Marine le 29 décembre 1818.

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Des vaisseaux russes cédés à la France (1809)

J’indiquais dans un précèdent billet à propos de l’École navale que l’un des premiers vaisseaux-écoles aménagés sous l’Empire pour recevoir et former les futurs officiers de la Marine française fut en fait un vieux vaisseau russe, cédé à la France en décembre 1809. L’histoire de cette cession mérite d’être précisée.

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L’incendie du Trocadéro à Toulon (1836)

Plan de Toulon, 1840

J’avais évoqué dans un précèdent billet la destruction par le feu du vaisseau de premier rang le Trocadéro à Toulon, le 23 mars 1836, tandis qu’il était en réparation dans le bassin de radoub. Je suis récemment tombé sur deux articles de presse à propos de cette catastrophe, publié dans le Journal de Rouen quelques jours après les faits. J’ai pris le temps de les retranscrire entièrement.

Cliquez sur le plan ci-dessus pour l’agrandir. Il représente Toulon dans les années 1840. Lors de l’incendie du Trocadéro, le vaisseau se trouvait dans le bassin n°1 (point noir sur le plan). A cette époque, le bassin n°2 était sur le point d’être terminé (1838), le n°3 sera construit entre 1841 et 1846.

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École navale : une bien belle histoire (1840)

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Extrait du Journal Politique et Littéraire de Toulouse et de Haute-Garonne du 31 janvier 1840 (n°16, 29e année) :

« On lit dans l’Auxiliaire Breton de Rennes :

Le trait de touchante camaraderie d’école que nous allons rapporter s’est passé à Brest, sur le vaisseau-école l’Orion. Un élève de l’école de marine en a été l’objet. Ce jeune homme sort de nos murs et appartient en quelque sorte à notre ville : c’est un titre de plus pour exciter notre intéret.

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Exposition : Maquettes de la Marine impériale (été 2014)

Je signale la tenue prochaine d’une très intéressante exposition : « Maquettes de la Marine impériale » qui aura lieu cet été (17 juin au 14 septembre 2014) au château de Versailles, dans la galerie des Cotelle du Grand Trianon, organisée en partenariat avec le Musée national de la Marine.

Un bien bel ouvrage (176 pages, 120 illustrations) devrait paraitre à cette occasion, probablement en juillet 2014 : Les navires de Napoléon – Collection Trianon du musée de la Marine.

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Portrait de l’Homme de mer

Extrait des Annales Maritimes et Coloniales, année 1816, IIe partie, page 184 :

« Entre toutes les productions sorties de la plume de feu Thomas, professeur en l’université de Paris, on distingue son Éloge de Duguay-Trouin, qui remporta le prix à l’académie française. Nous en avons extrait ce qu’on va lire. Les gens du monde seront sans doute frappés d’une aussi vive peinture des travaux, des dangers et de la gloire du marin, et les marins resteront convaincus qu’une juste appréciation et de dignes éloges ne manqueront jamais à leurs travaux, à leurs dangers et à leur gloire.

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Le Friedland, son nom et son lancement (1840)

Lancement du Friedland à Cherbourg le 4 avril 1840, par Antoine Chazal

Lancement du Friedland à Cherbourg le 4 avril 1840, par Antoine Chazal. Musée Thomas-Henry, Cherbourg-en-Cotentin.

« Le 4 avril 1840, à six heures et demie du matin, par un temps nébuleux, une brise froide agitant la plus haute marée, il se passait dans le port militaire de Cherbourg un de ces rares et majestueux événements où se révèle la puissance du génie de l’homme. On lançait à la mer le vaisseau le Friedland de 120 canons, aux acclamations de la ville et des environs, accourue pour assister à cette imposante cérémonie. »

Je publiais il y a quelques mois un billet « J’en ris encore » dans lequel j’expliquais que la multiplication des changements de nom des différents navires de guerre français entre 1793 et 1815, due aux nombreuses fluctuations politiques durant cette période, fut la cause de beaucoup de confusions, confusions que nous retrouvons d’ailleurs parfois encore aujourd’hui. J’avais cité pour l’exemple Pierre Le Conte et le cas du 118 canons l’Océan, trois-ponts qui porta pendant plusieurs jours deux noms officiels (!) J’aurais également pu évoquer le vaisseau de premier rang le Friedland, lancé à Cherbourg en 1840.

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