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Les « Soleil Royal » de la Marine française

Le Soleil Royal (1689), par Albert Brenet (1903-2005).

Le règlement du 4 juillet 1670 précise : « Les seuls vaisseaux le Royal-Louis et le Soleil Royal, auront un château sur l’avant de leur troisième pont ; et à l’égard de tous les autres vaisseaux Sa Majesté défend d’y en faire aucun ». Cette règle illustre bien la volonté quasi-officielle de Louis XIV de faire du Royal Louis au Levant (Toulon) et du Soleil Royal au Ponant (Brest) des vaisseaux « hors-catégorie », les fleurons de la Marine royale.

Ayant déjà listé les six Royal Louis de la Marine française, ceci afin d’éviter toute confusion entre ces différents vaisseaux, j’entreprends aujourd’hui la même démarche avec les Soleil Royal.

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Armement du vaisseau à trois-ponts le Montebello (1834)

Un extrait très intéressant de la France Maritime (édition 1837, volume 2, p.201) – revue fondée en 1834 dont j’ai déjà parlé sur ce blog – à propos de l’armement à Toulon de ce vaisseau effectué en 1834 (à cette époque, le bâtiment n’a bien entendu pas encore été transformé en mixte) :

« ARMEMENT D’UN VAISSEAU A TROIS-PONTS – Depuis un grand nombre d’années on n’avait point armé dans nos ports de vaisseau de guerre proprement dit. L’armement du Montebello à Toulon offre donc à l’observation un champ assez neuf, eu égard aux importantes modifications que l’art des constructions et les nouvelles combinaisons de détails maritimes ont subies. Les vingt années de paix et les rapports fréquents que ce laps de temps a offerts à toutes les marines européennes, ont amené par initiations successives des améliorations nombreuses dans les dispositions intérieures des vaisseaux. Un journal qui, bien que jeune, a déjà obtenu un succès mérité, la Chronique de Paris, a publié, il y a quelque temps, un aperçu de l’armement d’un vaisseau à trois ponts, qui offre les plus curieux détails pour les gens du monde comme pour les hommes spéciaux. La conformité du sujet traité dans la Chronique, avec le titre de cet article, y enchaînait naturellement les détails que nous extrairons de ce journal. C’est aussi de l’armement du Montebello dont il y est question.

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La fin du vaisseau trois-ponts le Trocadéro (1836)

Mis en chantier à Toulon en septembre 1813 sous le nom de Formidable. Rebaptisé le Trocadéro en 1823 en référence à la victoire française sur les révolutionnaires libéraux espagnols à Cadix, le 31 août 1823. Lancé le 14 avril 1824. Radoubé en 1833. Incendié accidentellement le 23 mars 1836 à Toulon. C’est ainsi que l’on peut résumer la pauvre et triste vie de ce vaisseau trois-ponts de type Sané-Borda.

Que s’est-il passé ce 23 mars 1836 ?

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La Ville de Paris (1764-1782)

La Ville de Paris durant la bataille des Saintes, le 12 avril 1782. Détail d’une peinture de Thomas Whitcombe (1763-1824).

La guerre de Sept Ans fut désastreuse pour la France, et particulièrement pour sa marine. Dans un mémoire de 1765, le duc de Choiseul décrit l’état dans lequel il la trouva et les décisions qu’il prit pour y remédier lorsqu’il fut nommé ministre de la Marine, le 15 octobre 1761 :

« Le peu qui restait dans les magasins était à l’encan, on n’avait pas de quoi ni radouber ni équiper les vaisseaux qui avaient échappé au combat de M. de Conflans. La marine devait partout, n’avait pas un sou de crédit… La finance ne pouvait rien me fournir. J’imaginais le don gratuit des vaisseaux. Je risquais ce moyen vis-à-vis des Etats du Languedoc qui se tenaient. Il réussit et de là, tous les corps de l’Etat qui, deux ans avant, avaient porté leur vaisselle à la monnaie avec réticence, s’émurent, par mes insinuations, au point que j’eus librement 18 millions de livres dans l’année pour la marine de Votre Majesté. »

Ainsi, sur les 22 vaisseaux lancés entre 1762 et 1768, 5 seulement provinrent directement du financement royal. Les 17 autres furent construits grâce aux dons des divers corps constitués qui composaient alors la France ainsi qu’à ceux des particuliers. Parmi ces vaisseaux se trouvaient deux trois-ponts : la Bretagne et la Ville de Paris.

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La Santísima Trinidad espagnole et les vaisseaux de 118 canons français

La Santísima Trinidad. Par Geoff Hunt. Le célèbre vaisseau espagnol fut capturé par les Britanniques lors de la bataille de Trafalgar le 21 octobre 1805 et sombra quelques jours plus tard, le 24 octobre 1805, durant une importante tempête.

Le vaisseau Santísima Trinidad (1769) est l’un des plus célèbres navires de guerre de l’histoire de la marine de guerre espagnole. Il est souvent dit que ce vaisseau fut le plus grand et le plus puissant de son temps. Est-ce vrai ? Non ! Et je crois qu’il est temps de mettre fin aux mythes entourant ce vaisseau.

Comparer la taille des navires de différentes nations est un exercice complexe. D’une part parce que les unités de mesure sont nombreuses et différentes selon les pays (mètres, pieds français, pieds anglais, pieds de Burgos, etc.). D’autre part parce que chaque marine mesuraient leurs navires selon leurs propres critères. En France, la longueur d’un bâtiment était en principe mesurée de la perpendiculaire d’étrave à la perpendiculaire d’étambot, ce qui n’était pas forcément le cas dans les autres pays. Malgré ces difficultés, nous allons essayer de comparer la Santísima Trinidad et les plus grands vaisseaux français de la fin du XVIIIe et début du XIXe siècle : les fameux 118 canons de Sané-Borda.

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