Brun de Sainte-Catherine : les 118 canons turcs et russe

Le désastre de Çeşme, le 6 juillet 1770, qui entraine la destruction de la majeure partie de la flotte et la mort de milliers de marins, relève de façon éclatante et brutale les faiblesses et les insuffisances de la marine ottomane. Sclérosée par plusieurs décennies de paix, celle-ci n’a pas évolué depuis le début du siècle, accusant ainsi un net retard sur les marines européennes. Face à ce constat, et devant le danger, notamment russe, l’empire est obligé de réformer les institutions militaires qui ont montré leurs faiblesses. L’ensemble de ces réformes entrent dans la politique de modernisation de l’État ottoman connue sous le nom de Nizam-i Cedid (le Nouvel ordre). Dés 1774 et le début du règne de Abdülhamid I (1774-1789), l’empire va s’efforcer de reconstituer et d’européaniser sa marine. Pour cela, et faute d’un personnel ottoman compétent, le sultan pressé d’agir fait appel à des techniciens et à des savants européens, notamment sous le pouvoir de Selim III (1789-1807). A cette époque, les ingénieurs de marine français sont parmi les plus présents, aussi bien pendant les dernières années du règne de Louis XVI que pendant la période 1793-1798. Parmi ces ingénieurs, les frères Brun – Jacques Brun de Sainte-Catherine et François Brun de Saint-Hyppolite – arrivent à Constantinople en 1793. Ils amènent avec eux les plans types adoptés quelques années plus tôt en France par le chevalier Borda et l’ingénieur Sané.

Ce dernier fait, que j’ignorais, m’a été rapporté il y a quelques mois (mars 2013) par Emir Yener – historien militaire turc, spécialiste de la marine ottomane – sur la page Facebook du blog : « Voici le plan d’un vaisseau de 118 canons d’origine française donné a l’amirauté Ottomane a la fin de 18eme siècle. Cet intéressant document [image ci-dessus] a été découvert dans les archives russes. A mon avis, il représente les lignes du « Mesudiye » construit en 1798 et resté en service pendant plus de 40 ans. On considère généralement Mesudiye comme le meilleur vaisseau ottoman de tous les temps. »

Il est également rapporté par Daniel Panzac – historien spécialiste de l’empire ottoman- dans son ouvrage La marine ottomane, de l’apogée à la chute de l’Empire (1572 – 1923)« Après cinq ans d’absence de présence française, Brun de Sainte-Catherine et ses collaborateurs [Jean-Baptiste Benoit, maître de construction, Alexis Guez, maître calfat, Louis Desulier, perceur et Honoré Benoit fils, charpentier] vont établir les plans et diriger la construction de nombreux navires. De 1794 à 1799, on relève l’achèvement de quatre vaisseaux, un de 74 canons, deux de 80 et un 120 ainsi que celui de deux frégates de 50 canons et quatre corvettes de 26 canons. A noter que tous ces bâtiments présentent les mêmes caractéristiques que celles de leurs homologues français. Les ingénieurs français ont en effet introduit à Istanbul les principes appliqués en France : réduction du nombre de types de navires et de celui des calibres des canons facilitant ainsi une véritable standardisation de la construction navale. » (p.226, CNRS Editions, 2009.)

En fait, trois vaisseaux à trois-ponts ottomans – tous de conception française – sont construits durant cette période : le Selimiye (1797), le Fethiye (1798) et le Mesudiye (1801). Le premier serait une copie du Royal Louis de 1758 (source : Innovation and Empire in Turkey: Sultan Selim III and the Modernisation of the Ottoman Navy, Tuncay Zorlu.). Les deux suivant semblent en revanche bien être issus des plans du 118 canons français de type Sané-Borda. Le plus fameux, le Mesudiye – ou Messoudié (l’Heureux en français) – construit à Constantinople entre 1799 et 1801, jouira d’une excellente réputation et restera en service près de 40 ans dans la marine ottomane, mis en réserve en 1841 et démoli en 1852. Vaisseau amiral du « capudan pacha » (sorte de Grand Amiral) Seydi Ali, il participa notamment en juin 1807 à la bataille de Lemnos (également appelée bataille d’Athos) contre les Russes.

La bataille de Lemnos, 1807 (1853). Par Alexey Bogolyubov (1824 – 1896). La bataille fut un nouveau désastre pour la marine ottomane et le Mesudiye fut très lourdement touché durant les combats.

Le constructeur de ces vaisseaux, Jacques Brun de Sainte-Catherine, mérite que l’on s’y intéresse. Dans un ouvrage publié en 2004, L’Influence française en Russie au XVIIIe siècle (rédigé sous la direction de Jean-Pierre Poussou) Catherine Boppe-Vigne évoque la carrière de cet ingénieur naval quelque peu oublié : « Jacques Balthazar Brun de Sainte-Catherine, né à Antibes le 3 juillet 1759, mort à Saint-Pétersbourg le 3 août 1835. Ingénieur militaire, élève à l’école des ingénieurs de marine de Paris, il fut nommé en 1792 en mission de coopération en Turquie. Selon la Biographie universelle des contemporains de 1834, il construisit pour cette puissance 38 vaisseaux de ligne, entre autres le Sélim III [l’auteur parle probablement du Selimiye]. Lors de l’expédition d’Égypte, il passa au service de la Russie avec ses enfants ; il se remaria en Russie avec Catherine Petrovna Duvernoy. Il fut nommé le 16 janvier 1799 maître de construction navale, en 1804 directeur des constructions navales, puis inspecteur de l’École d’architecture navale. Il reçut les plus hautes fonctions et distinctions. » Il est précisé que ces renseignements ont été fournis par M. Paul de Saint-Hippolyte et Mme Anne Mézin.

On apprend également dans cet ouvrage que l’ingénieur français construisit pour la Russie un vaisseau « de 120 canons nommé Khrabry (Xrabryj, Brave/Courageux) » ou Khrabryi, en russe : « Храбрый ». Inévitablement, on ne peut s’empêcher de poser la question : est-ce que ce trois-ponts, le plus important bâtiment de la flotte russe de l’époque, est inspiré du 118 canons français ?

Selon des sources russes, la construction du Khrabry débute le 18 juillet 1805 à Saint-Pétersbourg. Le vaisseau est lancé le 1er juillet 1808 et sert vingt ans environ dans la marine impériale russe. Il sera démoli en 1829. Ses caractéristiques semblent effectivement très proches des 118 canons français. D’une longueur d’environ 63 mètres, la vaisseau a la particularité d’être percé à 16 dans sa première batterie (il est en outre percé à 17 dans sa deuxième et troisième batterie), contrairement à l’ensemble des autres trois-ponts russes de l’époque, de type 110 canons et percés à 15. Je ne prends par conséquent – il me semble – que peu de risques en affirmant que le Khrabry devait être relativement semblable aux 118 canons français.

Information intéressante également tirée du livre de Jean-Pierre Poussou : le grand vaisseau impressionna tellement les Anglais que le duc de Clarence, Premier lord de l’Amirauté, demanda aux Russes les plans du bâtiment. L’anecdote peut sembler étonnante étant donné la capture par les Anglais une quinzaine d’années auparavant du Commerce de Marseille, 118 canons français, qui ne resta dans la Royal Navy que quelques années seulement avant d’être transformé en ponton. Remettrait-elle en cause la théorie selon laquelle le Khrabry était grandement inspiré du 118 canons français ?

Assurément, une étude complète sur ces bâtiments, sur leur histoire mais également sur leur armement, mériterait d’être faite. Elle répondrait en outre à notre dernière question. Ces premiers éléments n’en constituent (au mieux) qu’une modeste introduction…

Plan du Khrabry, vaisseau de 120 canons russe construit par le Français Brun de Sainte-Catherine.

Sources :
– Panzac, Daniel. La marine ottomane, de l’apogée à la chute de l’Empire (1572 – 1923).
– Poussou, Jean-Pierre. L’Influence française en Russie au XVIIIe siècle.
Zorlu, Tuncay. Innovation and Empire in Turkey: Sultan Selim III and the Modernisation of the Ottoman Navy.

Mes remerciements sincères à M. Emir Yener pour son aide précieuse.

5 réflexions sur “Brun de Sainte-Catherine : les 118 canons turcs et russe

  1. M. Émir Yener a rédigé en anglais des commentaires du plus grand intérêt sur ce sujet, sur ce site :

    27 avril 2016 à 16 h 26 :

    Salutations !
    Mes félicitations pour votre travail admirable, il est agréable de voir enfin un voilier de guerre ottoman construit et peint pour le « wargaming » [simulation de batailles]. Je peux ajouter quelques informations à propos de la nouvelle marine de Selim III, pour laquelle le Selimye était le vaisseau amiral. Il fut conçu et construit aux chantiers impériaux d’Istanbul par Jacques Balthasard Brun de Sainte-Catherine ; chef de la mission navale française auprès de la Porte [le gouvernement ottoman]. Lancé en 1798, démantelé en 1841. Ses lignes étaient copiées du trois-ponts français le Royal Louis de 1759. Il ne fit pas partie de la malheureuse flotte qui combattit à Lemnos en 1807 toutefois ; à cette bataille, le navire amiral ottoman était le Mesudiye de 118 canons, vaisseau de 118 canons type de Sané, là encore construit par Brun de Sainte-Catherine, et lancé en 1801. La marine ottomane construisit de 1793 à 1815 un bon nombre de vaisseaux de 74, de 80, de frégates de 18 et de corvettes de 12 conçus par Sané, les plans en ayant été apportés par la Mission navale française (en activité en 1793-1798). J’ai trouvé tous les plans originaux de ces bâtiments durant mes recherches dans les archives navales russes, complétés avec des notes turques et des explications dans l’écriture ottomane. Ils ont été introduits clandestinement en Russie par M. J. Le Brun, qui avait fui pour ce pays lors de l’invasion de l’Égypte par Napoléon. Alors si vous souhaitez simuler des batailles de la marine ottomane dans les guerres napoléoniennes, vous pouvez utiliser les modèles de navires de guerre français types sans arrière-pensées (ce que je fais aussi).
    Cordialement,
    Emir Yener, candidat au doctorat, Université d’Istanbul, Faculté d’Histoire moderne.

    28 avril 2016 à 14 h 32 :

    Votre demande est fort bienvenue, je suis content si j’ai pu être de quelque utilité. Durant ce fatidique été de 1807, le Selimiye n’a à aucun moment quitté le chantier naval d’Istanbul, pendant tout ce temps le vaisseau amiral fut le Mesudiye. Et aussi, la prétendue « bataille » des Dardanelles ne fut pas du tout une bataille, seulement une échauffourée à longue distance, quand Seniavine testa la détermination et l’état de préparation de l’escadre ottomane en train de se rassembler sous les fortifications du détroit. Au contraire des affirmations extravagantes et à caractère de propagande de l’historiographie russe, aucun des deux camps n’y perdit de navire et à la fois les dégâts et les pertes y furent minimes. Le seul véritable engagement eut lieu à Lemnos / Athos, où les Ottomans perdirent deux vaisseaux et deux frégates. Vous pourriez être intéressé par mon dernier article également, sur la puissance navale ottomane à une époque légèrement antérieure :
    http://www.reenactor.ru/ARH/PDF/Yener.pdf

    30 avril 2016 à 13 h 10 :

    Bonjour Vol, oui je pense que je peux apporter de l’aide sur ce sujet aussi. Avant le Nizami Djédid [« l’ordre nouveau » en perse, nom donné à l’ensemble des mesures de modernisation de la Turquie entreprises par le sultan Sélim III, de 1789 à 1808], les navires ottomans étaient peints en couleurs vives, le bleu foncé et le jaune prédominant sauf pour les navires amiraux. Les vaisseaux amiraux étaient peints dans l’ensemble en rouge avec des bandes vert foncé aux rangées de canons. Après le Nizami Djédid et à l’époque de la bataille de Lemnos/Athos, la marine ottomane avait adopté l’habituel schéma anglais de noir et d’ocre, mais les vaisseaux amiraux comme le Selimiye continuaient d’avoir des bandes vert foncé aux rangées de canons au lieu d’ocres.

    27 avril 2016 à 16 h 26 :

    Greetings!
    My congratulations for your admirable work, it’s so nice to see finally an Ottoman sailing warship built and painted for wargaming. I can add some more info about Selim III’s new navy, for which Selimiye was the flagship. She was designed and constructed in the Istanbul Imperial Shipyard by Jacques Balthasard Brun de Saint-Catherine; head of the French naval mission to the Porte. Launched in 1798, broken up in 1841. Her lines were copied from the French 3-decker Royal Louis of 1759. She wasn’t part of the ill fated fleet which fought at Lemnos in 1807 however; at that battle the Ottoman flagship was the 118 gun Mesudiye, a standard Sané designed 118 gun ship again built by Brun de Saint Catherine and launched in 1801. The Ottoman navy built a good number of standard Sané designed 74’s, 80’s, 18-pdr frigates and 12-pdr corvettes from 1793 to 1815, plans for which were brought by the French Naval Mission (active 1793-1798). I found all the original plans of these vessels during my research in the Russian Naval Archives, complete with Turkish notations and explanations in Ottoman script. They were smuggled out to Russia by M. J. le Brun, who had fled to this country upon Napoleon’s invasion of Egypt. So if you like to play the Ottoman naval battles in the Napoleonic Wars, you can use the standard French warship models without second toughts (as I also do).
    Best Regards, Emir Yener, PhD Candidate, Istanbul University, Faculty of Modern History

    28 avril 2016 à 14 h 32 :

    You are very welcome, I’m glad if I could be of help. During that fateful summer of 1807 the Selimiye never left Istanbul dockyard at all, all through the flagship was the Mesudiye. Also, the so called « battle » of the Dardanelles itself wasn’t a battle at all, just a long range sparring action when Senyavin probed the willingness and the preparadness of the Ottoman squadron in the process of assembling under the fortifications of the strait. In contrary to the outlandish and propagandistic claims of the Russian historiography, no side lost any ships and both the damage and casualties were minimal. The only real action was at Lemnos/Athos, where the Ottomans lost two battleships and two frigates. You might be interested with my latest article also, about the Ottoman seapower in a slightly earlier era: (lien PDF)

    30 avril à 13 h 10 :

    Hello Vol, yes I think I can help on that matter too. Before Nizam-ı Cedid, Ottoman ships were painted in lively colours, with dark blue and yellow predominating except for flagships. Flagships were painted overall red with dark green belts of gun rows. After the Nizam-ı Cedid and by the time of the battle of Lemnos/Athos, Ottoman Navy had accepted the usual English pattern of black and ochre, but the flagships like Selimiye continued to have dark green belts of gun rows instead of ochre.

  2. Dans l’article très intéressant qu’il propose en PDF, M. Yener jauge, à l’aune des plus récents travaux, la validité du point de vue traditionnel des Européens sur la marine ottomane avant le Nizami Djédid, point de vue qui est parfaitement résumé par un auteur anonyme en 1788 ⑴ :

    Des Vaiſſeaux élevés de bord , dont les batteries baſſes étoient cependant noyées au moindre vent , ne pouvoient offrir à l’ennemi que beaucoup de bois & peu de feu. Les manœuvres embarraſſées , les cordages & les poulies qui rompoient au moindre bruit , trente hommes occupés à la ſainte-barbe , à mouvoir la barre du gouvernail , d’après les cris du timonier , placé ſur le gaillard , aucun principe d’arimage , nulles connoiſſances nautiques , des batteries encombrées , point d’égalité dans les calibres ; tel étoit l’état mécanique d’un armement , dont la conduite ne pouvoit être confiée qu’à des hommes aſſez ignorants pour s’en contenter. Cependant les commandements furent brigués , & le Capitan-Pacha , qui tient les grandes nominations dans ſon caſuel , en diſtribuant les vaiſſeaux de la flotte au plus offrant , donnoit à chaque capitaine le même droit de vendre les emplois de ſon vaiſſeau ; & ce petit commerce , que l’uſage avoit conſacré , mettoit le comble aux malverſations ſi capables d’anéantir la marine des Turcs , ſans le ſecours de leurs ennemis. Accoutumés jusqu’alors à vexer annuellement l’Archipel avec une petite eſcadre , les Officiers de mer n’avoient acquis aucun principe militaire , aucune vue , aucun art , aucune expérience de ce genre ; & lorſque la flotte appareilla , il ſembloit encore qu’il ne fût queſtion que de percevoir un tribut qu’on ne pouvoit leur diſputer. Le ſeul Haſſan , transfuge d’Alger , & nommé Capitaine du vaiſſeau amiral , parut s’embarquer dans l’intention de faire la guerre ; mais cet homme , dont la témérité eſt connue , & qui penſa toujours qu’elle ſuffiſoit à tout , & qu’elle tenoit lieu de tout , voulut alors ſe ſignaler par une invention auſſi funeſte à Tcheſmé , qu’elle avoit ſemblé étrange à Conſtantinople. Cette invention conſiſtoit dans un nombre de barres de fer , qui , fixées ſur le plat-bord , débordoient horizontalement , en ſe plongeant par delà la perpendiculaire de l’eau , afin d’empêcher l’abordage de l’ennemi ; mais , dit M. de Tott , ſi ce détail ne donne pas une grande idée du génie de l’Auteur , je crois en avoir donné une aſſez préciſe du talent des Turcs , pour qu’on ne doute pas de leur admiration.

    M. Yener reproduit le plan, retrouvé dans les archives russes, d’un vaisseau ottoman, le Peleng-i Bahri (« Tigre des mers »), construit avant le Nizami Djédid et pris par les Russes en 1790. Il permet de juger de la pertinence des descriptions courantes de la marine ottomane et à lui seul justifierait qu’on lise ces pages.

    Les vaisseaux turcs étaient classés selon la longueur de leur quille, et M. Yener ajoute le nombre de leurs sabords (un peu supérieur à celui des canons embarqués). Le Peleng-i Bahri, vaisseau turc typique de cette période, avait une quille de 53 « zirai » (38 ¼ m) et était doté de 74 sabords. La photographie d’une maquette russe de l’Ejder Başh (« Dragon figure de proue ») de 60 sabords, pris en 1788, vaut elle aussi un coup d’œil.

    Le Peleng-i Bahri était court et large, proportionnellement aussi peu fin qu’un navire marchand, néanmoins les Russes trouvèrent ces ennemis rapides, ce qui pourrait conforter les témoignages les disant pourvus de voilures inhabituellement grandes, compensant leurs lignes pataudes, au prix d’équipages importants et d’un manque de stabilité gênant par mer agitée. De plus un rapport d’espionnage à Venise confirme la légèreté de leur structure, qui permet de gagner en vitesse au prix d’une longévité réduite. Enfin M. Yener compare les vaisseaux des Turcs à ceux des Russes, montrant que les premiers avaient d’imposants équipages mais une artillerie plus faible, ce qui conforte encore les témoignages leur donnant une voilure exubérante.

    La reproduction d’une page d’un rapport d’espionnage vénitien de 1725, avec de très beaux dessins de l’artillerie de marine ottomane, est un autre des points forts de cet article. La description que fait M. Yener de ce matériel est remarquable

    ⑴ Idée générale de la Turquie et des Turcs, pour servir à l’intelligence des opérations de la guerre actuelle, pages 131 et 132.
    La force de la marine ottomane est donnée page 129 ; elle comptait 24 vaisseaux, dont 9 en Égypte, nombre bien inférieur aux effectifs des marines des trois grandes puissances, soit, dans l’ordre, la Grande-Bretagne, la France et l’Espagne, qui avaient alors chacunr d’une soixantaine à plus de cent vaisseaux, mais comparable à celui des puissances moyennes.
    Qualitativement, des batailles comme celle de Tchesmé, en juillet 1770, donnèrent une piètre opinion de cette marine ottomane : d’après les historiens cités par Wikipedia, les Russes, qui y avaient 9 vaisseaux (ainsi que 3 frégates et une galiote à bombes), en perdirent 1 et eurent environ 600 morts, tandis que les pertes turques se montèrent à 12 vaisseaux sur 16, sans compter 12 voiliers plus petits, 13 galères… En tout, 13 000 morts.

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