La fin du Trocadéro, vaisseau de 1er rang (1836)

Mis en chantier à Toulon en septembre 1813 sous le nom de Formidable. Rebaptisé le Trocadéro en 1823 en référence à la victoire française sur les révolutionnaires libéraux espagnols à Cadix, le 31 août 1823. Lancé le 14 avril 1824. Radoubé en 1833. Incendié accidentellement le 23 mars 1836 à Toulon. C’est ainsi que l’on peut résumer la pauvre et triste vie de ce vaisseau trois-ponts de 118 canons de type Sané-Borda.

Que s’est-il passé ce 23 mars 1836 ?

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Une trop grande foi en l’humanité

Dans le cadre de mes dernières recherches, je suis tombé sur un article de presse du journal L’Illustration datant de 1843. Un passage de cet article m’a assez marqué :

« Plus on perfectionne les moyens de destruction, moins on a à craindre d’avoir à les employer. Plus on se prépare à la guerre, à une guerre meurtrière et inexorable, plus les nations resserrent leurs liens ; aussi le jour où il sera possible de détruire une ville, de renverser des colonnes entières avec un boulet de canon, ce jour-là les portes du temple de Janus seront fermés pour jamais. Si vis pacem, para bellum : c’est le précepte ancien, qui est aujourd’hui plus vrai qu’il ne l’a jamais été. »

Chacun aura son avis sur la question…

Je ne peux pas m’empêcher de citer, sur plus ou moins le même sujet,  Henri-Joseph Paixhans – célèbre pour avoir introduit les canons-obusiers dans la marine – qui en 1823 se posait la question : « l’emploi d’un moyen trop destructeur ne sera-t-il pas contraire à la morale, à l’humanité, aux usages de la guerre ? ». A cela il répondit avec pertinence : « c’est la guerre elle-même qui est contraire à la morale et à l’humanité, mais comme toujours il y aura les ambitions, toujours aussi il y aura des guerres ; toujours par conséquent les moyens de destruction seront employés, et toujours on cultivera l’art de donner à ces moyens la plus grande puissance possible. »

Des Anglais moqueurs…

En 1830, Charles X, dernier frère de Louis XVI, est chassé du pouvoir et son cousin, Louis-Philippe d’Orléans, est proclamé Roi des Français. Très vite, la question se pose du devenir du château de Versailles, jusque là résidence royale.

Le 1er septembre 1833, le Roi Citoyen, passionné d’Histoire, prend la décision de transformer Versailles en musée historique, dédié « à toutes les gloires de la France », où seront rassemblées toutes les images peintes, sculptées, dessinées et gravées qui illustrent des événements ou des personnages de l’histoire de France depuis ses origines. Au-delà du rôle pédagogique du musée, l’idée est de réconcilier tous les Français si divisés depuis quarante ans. Cette gigantesque entreprise est confiée à l’architecte Frédéric Nepveu. Louis-Philippe prend quant à lui en charge le financement des travaux sur la dotation de sa liste civile, pour plus de vingt-trois millions de francs or, et en suit le déroulement de très près, en multipliant les visites de chantier.

Après quatre ans de travaux, durant lesquels on est amené à détruire de nombreux appartements princiers, Louis-Philippe peut enfin inaugurer son musée.

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Trafalgar : exemple de Fake news en 1805


Lu dans la Monographie du bateau canonnier modèle an XII de Sophie Muffat, Pierre Grandvilliers et Denis Désormière, pages 111 et 112, un passage qui m’a particulièrement étonné à propos d’un extrait du Naval Chronicle citant le journal français le Moniteur universel.

Le Naval Chronicle était un journal mensuel anglais qui fut publié de janvier 1799 à décembre 1818 et qui proposait des articles à propos des choses de la mer et en particulier de la Royal Navy. Comme l’explique Sophie Muffat, le Naval Chronicle, comme plusieurs autre journaux anglais, traduisait et publiait régulièrement des articles du Moniteur universel, journal officiel français à l’époque, et celui-ci faisait d’ailleurs de même avec les journaux anglais.

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