Suffren : « Suffène » ou « Suffrin » ?

La mise à l’eau très prochaine, durant l’été 2019, à Cherbourg, du premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de nouvelle génération issu du programme Barracuda, nommé le Suffren, est l’occasion de rappeler que le nom du fameux vice-amiral français, qui s’est notamment distingué dans l’océan Indien de 1781 à 1784, durant la guerre d’Indépendance américaine, se prononce « Suffrin » et non « Suffrène ».

Dans sa remarquable biographie du bailli de Suffren, l’amiral Rémi Monaque écrit ainsi :

« J’aimerais beaucoup que mes lecteurs adoptent la prononciation correcte du patronyme « Suffren ». Les Parisiens, notamment ceux des VIIe et XVe arrondissements, arpentent l’avenue de « Suffrène ». Dans la marine nationale, royale disent encore certains, forts de la tradition et de la continuité, on prononce et l’on a toujours prononcé « Suffrin ». Lorsque le jeune Pierre-André se présente à la compagnie des gardes de la marine de Brest, le secrétaire l’inscrit sur les listes en utilisant l’orthographe « Suffrin », fautive mais révélatrice de la prononciation correcte. Quant à l’intéressé lui-même, il ne fait aucun doute, qu’en bon provençal, il prononçait son nom « Suffreing » (approximation grossière que les gens du Midi traduiront par les sons exacts). Bien entendu, cette dernière prononciation est tout à fait licite pour ceux qui sont capables de la reproduire correctement, mais, de grâce, que tous les autres bannissent « Suffrène » au profit de « Suffrin ». »

Une histoire de la marine de guerre française

Nouvel ouvrage dans ma bibliothèque : Une histoire de la marine de guerre française. Le bouquin est paru il y a relativement peu de temps, le 07 avril 2016. Il m’intéresse particulièrement car il est signé Rémi Monaque, auteur de trois ouvrages remarquables : Latouche-Tréville, 1745-1804 : l’amiral qui défiait Nelson (2000) ; Trafalgar : 21 octobre 1805 (2005) ; et Suffren (2009).

L’ouvrage sur Trafalgar, notamment, m’a profondément marqué, car il est paradoxalement à l’origine de mon grand intérêt pour l’histoire navale. C’était en 2005, à l’occasion du bicentenaire de la bataille, j’avais 16 ans. J’écris paradoxalement car l’on sait à quel point la bataille fut un désastre pour notre marine et son alliée espagnole.

On remarquera que ce nouveau livre ne porte pas uniquement sur la période de la marine à voiles, comme à l’accoutumé avec l’amiral Monaque.

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