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La marine à voile de Louis XIII à Napoléon III

Présentation d’un tout petit livre ma foi fort utile pour apprendre et comprendre l’essentiel des connaissances en matière d’histoire d’architecture navale : La marine à voile de Louis XIII à Napoléon III par Eric Rieth, aux éditions Jean-Paul Gisserot.

Ce mémo de 64 pages – facilement trouvable sur le net, à un prix de 2,70 euros – intéressera notamment les « néophytes » désirant connaitre les bases sur le sujet avant de se concentrer sur de plus importants ouvrages , ceux de Jean Boudriot notamment.

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John Perkins, officier de la Royal Navy

Nous sommes encore en janvier et je suppose qu’il m’est encore possible de souhaiter une très belle et heureuse année 2012 aux quelques lecteurs, habitués ou non, de Trois-Ponts!

Cela fait, je me permets de citer une brève mais intéressante biographie, proposée par le site internet de la fondation Napoléon (napoleon.org), d’un officier de la Royal Navy que je ne connaissais pas, à savoir John Perkins, premier officier de couleur de la Royal Navy, qui décédait il y a 200 ans jour pour jour :

« Le 24 ou 27 janvier 1812 mourait John Perkins, premier officier de couleur de la Royal Navy, après quelque quarante années de service dans la Marine. Même si l’on ne connaît que peu de choses sur les premières années de sa vie, on le disait mulâtre », ce qui laissait entendre que sa mère aurait été une esclave. Né en Jamaïque, alors sous autorité britannique, il apparaît tout d’abord dans les rapports de la Marine vers la fin 1775, en tant que pilote à bord du HMS Antelope. Son poste aux commandes du Punch en 1778, lui valut le surnom de « Jack Punch ». Il participa à la guerre d’indépendance américaine et finit la guerre au grade de lieutenant. Dans le volume 27 du Naval Chronicle (publié en 1812), il était relaté que ce dernier « dérouta l’ennemi, plus qu’un autre officier, aux commandes du Punch et de plusieurs autres navires, par ses exploits répétés, son courage et le nombre de ses prises. Sa connaissance des différents ports, dans les Antilles, ne fut que rarement égalée, jamais surpassée. » Cette connaissance fut essentielle dans l’évolution de sa carrière : durant les années 1790, il travailla pour les services d’intelligence de la Royal Navy, et fut arrêté en 1792 par les autorités françaises qui l’accusaient d’avoir prêté main forte à la rébellion des esclaves qui avait éclaté. Il fut sauvé, le jour de son exécution par un navire de guerre britannique commandé par William Nowell. En juillet 1803, durant la guerre avec la France, il commanda le Tartar (avec ses 32 canons), et gagna l’estime de tous lors de l’engagement face au plus grand navire de guerre français : le Duquesne (et ses 72 canons) au large des côtes de Saint-Domingue. Vers la fin de 1804, Perkins souffrant d’asthme, dut se résigner à laisser les commandes du Tartar rappelé an Grande-Bretagne, plutôt que de quitter le climat propice des Antilles. Rejetant ses missions en Méditerranée et dans la Manche pour raisons similaires, Perkins retourna donc en Jamaïque pour le reste de ses jours. »

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Les vaisseaux à trois ponts français

La démonstration la plus évidente d’une puissance navale est depuis des siècles la réalisation de super-bâtiments, plus grands et plus puissants que les autres navires. A l’époque de la marine à voile, ces super-bâtiments étaient les vaisseaux à trois ponts, véritables monstres flottants manœuvrés par plus d’un millier d’hommes et portant plus de 100 canons.

Comme son nom l’indique, un vaisseau à trois ponts est « un bâtiment disposant de trois batteries continues et couvertes […] Par batterie continue, entendez suite d’artillerie, donc de sabords tribués régulièrement de la proue à la poupe ». C’est là une définition simple et classique de ce type de vaisseau, empruntée à Jean Boudriot, auteur de nombreux ouvrages et articles références sur le sujet.

Jean Boudiot explique les raisons de la construction de tels vaisseaux : « Tout d’abord, raison de prestige. En effet, à l’époque, comme encore aujourd’hui d’ailleurs, les constructions navales représentaient une « technique de pointe ». Un vaisseau trois-ponts est meilleur qu’un vaisseau deux-ponts, non seulement par son artillerie, mais par l’épaisseur et la hauteur de ses murailles, avantage important dans le combat rapproché. Le trois-ponts est, par excellence, vaisseau de pavillon et la présence au combat d’un vaisseau de ce rang à une réelle importance sur le plan moral ».

Cependant, de nombreux reproches étaient fait aux trois-ponts parmi lesquels de faibles qualités à la mer, une stabilité médiocre, un poids considérable, une lenteur importante et un prix extrêmement couteux, « sa construction réclamant, pour certaines pièces, des bois de très fortes dimensions, rares et chers, obtenus à partir des plus grands chênes, âgés parfois de trois siècles, les vieux arbres présentant souvent des défauts difficiles à déceler lors de la mise en œuvre et qui pouvaient causer un prompt dépérissement ».

Du fait de ces importants défauts, les trois-ponts ne sont guère appréciés dans la Marine française et relativement peu de vaisseaux de ce type sont construits durant les XVIIIe et XIXe siècle. La plupart servent d’ailleurs très peu et il n’est pas faux d’affirmer que jusqu’à l’adoption à la fin de l’Ancien Régime des 118 canons de type Sané-Borda, dont on a l’habitude de dire qu’ils étaient « les plus beaux vaisseaux du siècle », et exception faite de la Ville de Paris (1764) et de la Bretagne (1766), les trois-ponts français du XVIIIe siècle sont de médiocres vaisseaux.

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Le combat du 5 novembre 1813

Cette œuvre d’Auguste Mayer représente le combat du trois-ponts français le Wagram (à droite), le 5 novembre 1813, au large de Toulon, contre plusieurs vaisseaux anglais. Voici un bref récit de ce combat :

Le 5 novembre 1813, une escadre française de douze vaisseaux et six frégates, commandée par le vice-amiral Emeriau sur le vaisseau de 118 canons l’Austerlitz, sort de Toulon afin d’effectuer des évolutions en dehors de la rade. Ils refoulent vers le large quatre vaisseaux anglais, commandés par le capitaine Henry Heathcote, placés en observation et appartenant à l’escadre de blocus du vice-amiral Pellew.

Les manœuvres terminées, et tandis que l’escadre française retourne au port, le vent change soudainement de direction, passant du Sud-Est au Nord-Ouest, ce qui gène considérablement l’entrée des vaisseaux français à Toulon. Ce changement de vent met cependant l’escadre anglaise du vice-amiral Pellew dans une situation avantageuse lui permettant de rejoindre très rapidement les navires français restés à l’arrière. L’amiral Emeriau, constatant le danger, donne alors liberté de manœuvre à ses navires. Ordre leur est donné de retourner au mouillage le plus rapidement possible.

L’amiral anglais veut en profiter et ordonne une chasse générale. Le capitaine Heatcote et ses quatre vaisseaux de 74 canons, Scipion, Mulgrave, Pembroke et Armada, bientôt ralliés par trois trois-ponts, le 120 canons Caledonia, portant le pavillon de l’amiral Pellew, le 112 canons San Joseph et le 98 canons Boyne, engagent à 12h45 la canonnade avec les vaisseaux français l’Ulm, l’Ajax et le Borée, tous de type 74 canons, ainsi que les frégates la Pénélope, la Melpomène et la Galatée, mais surtout avec le vaisseau de 74 canons l’Agamemnon, commandé par le capitaine de vaisseau Jean-Marie Letellier.

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Les vaisseaux de 80 canons français de 1740 à 1785

A la fin de l’année 1742, la Marine française ne compte plus le moindre vaisseau à trois-ponts dans ses listes. Le Foudroyant, construit en 1723, vient d’être condamné sans n’avoir jamais navigué, et le Royal Louis troisième du nom est entièrement détruit sur cale lors d’un incendie dans le port de Brest, le 25 décembre 1742. A cette époque, la formule trois-ponts est de plus en plus discutée, et les finances du royaume ne permettent pas de construire de nouveaux navires de ce type. Face à cette situation, on décide d’adopter une nouvelle formule de grand vaisseau à deux-ponts, doté d’une force maximum et supérieure au 74 canons : le vaisseau de 80 canons, pourvus d’une batterie basse percée à quinze, caractéristique jusque là réservée aux seuls vaisseaux à trois-ponts. L’adoption de ce nouveau type de vaisseau est notamment encouragée, dés 1743, par Blaise Ollivier, ingénieur constructeur de grande réputation et jouissant par conséquent d’une certaine influence. Il est en outre le concepteur du Royal Louis détruit par le feu peu avant son achèvement en 1742.

Le premier vaisseau deux-ponts de 80 canons est le Tonnant, mis en construction en octobre 1740 et lancé le 17 novembre 1743, à Toulon, sur des plans de François Coulomb. Les dimensions du vaisseau sont de 167 pieds 8 pouces de long et 44 pieds de large sur 22 pieds 3 pouces de creux. Son artillerie est ainsi répartie : batterie basse 30 canons de 36 ; seconde batterie 32 canons de 18 ; gaillards 18 canons de 8. Assez étonnamment, ce bâtiment est classé vaisseau de premier rang dans les états annuels de la Marine française jusqu’en 1750. Pourtant, la supériorité par rapport au 74 canons percé à quatorze sabords, portant 28 canons de 36 et 30 canons de 18, n’est pas très sensible, le poids de la bordée du 80 canons étant à peine supérieure à celui d’un 74 canons.

A ce sujet, Duhamel du Monceau, qui fut notamment l’auteur d’un important Traité d’architecture navale (1752), écrit : « Car, comme disoit un constructeur fort instruit, on connoit dans la marine du Roi, un grand vaisseau de 80 canons, qui a 46 pieds de bau ; ce vaisseau devroit porter sur son second pont, des canons de 24 livres au lieu de 18, sans cela, à quelle fin cette largeur de 46 pieds à la première batterie ? Si c’étoit pour lui donner assez de stabilité pour bien porter la voile avec une seconde batterie de 24, on auroit rien à dire : mais si c’est pour mettre ce vaisseau en état de supporter l’immense pesanteur de ses œuvres mortes, on jugera avec raison, que c’est dommage d’avoir fait un vaisseau de la grandeur de 100 canons, pour ne lui donner que l’artillerie d’un vaisseau de 74 ».

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La frégate Muiron

Arrivée_en_France_de_Bonaparte_au_retour_d'Egypte_le_9_octobre_1799

Napoléon Bonaparte rentrant en France grâce la frégate Muiron à l’issue de la campagne d’Égypte, le 9 octobre 1799. Par Louis Meijer, 1843. Collections du château de Versailles.

En mai 1797, les troupes françaises occupent Venise et s’emparent de sa marine. Six vaisseaux et six frégates s’y trouvant sont immédiatement incorporés dans la flotte française. Napoléon Bonaparte, alors général commandant de l’armée d’Italie, débaptise tous ces navires et leur attribue à chacun un nouveau nom. Aux vaisseaux sont donnés le nom d’officiers tombés au champ d’honneur durant la campagne d’Italie : Dubois, Causse, Robert, Banel, Sandos, Frontin. Aux frégates le nom des récentes victoires de l’armée d’Italie : Mantou, Leoben, Montenotte, Lonato, Lodi, Rivoli.

Sachant qu’un traité de paix franco-autrichien – le futur traité de Campo-Formio – finirait par être conclu, et se doutant qu’ils ne pourraient certainement pas garder Venise, les Français accélèrent au plus vite la construction des navires en chantier. De juillet à octobre 1797, trois nouveaux vaisseaux – apparemment un 74 et deux 64 canons – et deux nouvelles frégates sont ainsi lancés. L’usage dans la marine vénitienne étant de ne pas nommer les navires avant leur mise à l’eau, ces bâtiments ne portaient pas encore de nom mais des numéros. Le 74 canons, le numéro 24, commencé en 1781, est nommé Laharpe par Bonaparte ; les deux 64 canons, numéros 13 et 19, commencés en 1782, sont nommés Stengel et Beyrand ; les deux frégates enfin, numéros 11 et 21, commencées en 1789, sont nommées Muiron et Carrère. Ainsi les vaisseaux reprennent, ici encore, le nom de généraux tués durant la campagne d’Italie, tandis que les frégates honorent deux aides de camp de Bonaparte tués également au combat durant cette campagne. Parmi tous ces navires, seule la frégate Muiron laissera une véritable trace dans l’histoire de la Marine française.

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Les « Royal Louis » de la Marine française

Dessin P. Pujet supposé représenter le royal louis (1668)

Une tradition de la marine de l’Ancien Régime voulait que le plus beau, le plus grand et le plus puissant navire de la marine de guerre française soit baptisé le Royal Louis. Du règne de Louis XIV jusqu’à celui de Charles X, six vaisseaux portèrent ce nom, tous furent de premier rang et dotés de trois ponts. Afin d’éviter toute confusion entre ces différents bâtiments, il m’a semblé important de faire une rapide description de chacun d’entre eux.

[MAJ 18/10/2013 : J’ai effectué ce même travail avec les Soleil Royal.]

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RSN : La marine sous les deux empires


En décembre 2010 était publié le hors-série numéro 3 de la Revue du Souvenir Napoléonien, consacré à La marine sous les deux empires. Bien entendu, je n’ai pu m’empêcher de me procurer ce numéro. Une fois en main ce dernier, un premier constat, la revue est de grande qualité, couverture magnifique (détail d’une célèbre peinture d’Ambroise-Louis Garneray représentant le retour de l’île d’Elbe de l’Empereur Napoléon Ier à bord du brick l’Inconstant, croisant le brick royaliste le Zéphir) et très belle qualité du papier… Bref, on comprend pourquoi le numéro coûte 15 euros.

Passons maintenant au contenu, qui constitue tout de même 95% de la qualité d’une revue. Le numéro compte 17 articles : Les deux Napoléon et la mer. Des options politiques différentes par Jean Tulard ; L’amiral Brueys, l’ami du général Bonaparte par Jean-François Gourdou ; La flottille de Boulogne : leurre ou grand dessein stratégique ? par Jean-Claude Gillet ; Qui a réellement perdu Trafalgar ? par Rémi Monaque ; Le rôle méconnu des corsaires de Napoléon par Jean Etèvenaux ; Le combat naval du Grand-Port (23-28 août 1810) par Guy Le Moing ; L’Ariane et l’Andromaque devant Lorient par Jacques Macé ; La découverte archéologique des frégates de Ploemeur par Jean-Michel Keroullé, Chantal Godet, Claude Rabault ; La guerre d’Italie de 1859. Opérations navales en Méditerranée et en Adriatique par Jean-Pierre Gomane ; Les yachts de l’Empereur, la passion de Napoléon III par Jean-Denis Serena; Une rencontre manquée. Robert Fulton par Jean-Pierre Guiol ; L’artillerie de marine 1803-1814 par Alain Pigeard ; L’organisation des phares et balises. Une structure napoléonienne par Jean-Marie Homet ; Le ministère de la Marine sous les deux empires par Raphaël Lahlou ; Les ports militaires français du Premier au Second Empire par Pierre Lévêque ; Le développement de la marine entraîne celui des colonies grâce à Napoléon III par Jean Etèvenaux ; Les Napoléon à l’Hôtel de la Marine par Georges Poisson.

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