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Manifeste pour sauver la frégate l’Hermione

Les frégates l’Hermione et la Provence, de la Marine nationale, au large de La Corogne, en avril 2015

Je partage ci-dessous le manifeste publié par l’Association Hermione -La Fayette en mai dernier. Objectif : sauver la frégate l’Hermione !

Lien direct vers le Manifeste

Pour rappel, l’Hermione est la réplique – lancée à Rochefort en 2014 – d’une fameuse frégate française du XVIIIe siècle, construite d’après les plans de l’ingénieur Henri Chevillard et mise à l’eau en 1779, également à Rochefort. Il s’agissait d’une frégate dite de 12, car sa batterie principale était armée de 26 canons de 12, à quoi s’ajoutaient 6 canons de 6 sur le pont supérieur. En tout 32 canons donc. La longueur de sa coque était de 44,2 mètres (comme sa réplique de 2014) et son équipage comptait environ 300 hommes.

On limite souvent l’histoire de l’Hermione au transport du marquis de La Fayette en Amérique, en mars-avril 1780, lors de la guerre d’Indépendance. C’est à mon sens bien trop résumé ! L’Hermione combattit tout au long du conflit américain, dans les océans Atlantique et Indien, et servit jusqu’à la Révolution française.

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US Navy et onomastique navale

L’USS Constitution, lancée en 1797, est aujourd’hui encore officiellement en service dans l’US Navy

Le 27 mars 1794, George Washington, premier président des États-Unis d’Amérique, signait le Naval Act of 1794 « Act to Provide a Naval Armament », dont l’article 1er autorisait la construction de six frégates, créant de fait l’United States Navy, la marine de guerre américaine. Un an plus tard, le 14 mars 1795, le Secrétaire d’État Timothy Pickering lui proposait dans une lettre une liste de dix noms potentiels pour ces frégates sur le point d’être mises en construction. Il précisait qu’il avait défini ces noms « as have occurred in my conversations with Gentlemen on the subject » : United States, Constitution, President, Congress, Constellation, Defender, Fortitude, Perseverance, Protector et Liberty.

G. Washington choisit les cinq premiers noms de cette liste pour les cinq premières frégates construites. Plus tard, la sixième frégate fut baptisée Chesapeake, un nom qui ne figure pas dans cette liste et qui fait référence à la décisive bataille de la baie de Chesapeake (5 septembre 1781), durant laquelle la flotte française commandée par le comte de Grasse empêcha la Royal Navy de venir secourir l’armée britannique du général Cornwallis piégée à Yorktown.

Cette histoire résume assez bien la manière de faire des Américains, depuis l’origine même de l’US Navy, pour nommer leurs navires de guerre. Pour en savoir plus, il existe heureusement un intéressant document : Navy Ship Names: Background for Congress, régulièrement mis à jour par l’U.S. Naval Institute, qui traite sur une cinquantaine de pages de la question qui nous intéresse ici. Ce document est la source principale de ce billet.

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A propos de la guerre d’Indépendance américaine

J’ai évoqué dans mon précédent billet le comte de Grasse, acteur majeur de la guerre d’Indépendance américaine. L’occasion de signaler la parution récente, en avril 2025, par Sorbonne Université Presses, d’un ouvrage intéressant : Sea Power ? De Grasse et Vaudreuil – Durer en opérations écrit sous la direction d’Olivier Chaline, Jean-Marie Kowalski et Pierre Le Bot.

Celui-ci fait suite à un livre paru en 2023 : L’amiral de Grasse et l’Indépendance américaine – Commander en opérations, par les mêmes auteurs.

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Un nom longtemps oublié : De Grasse

Le SNA De Grasse est sorti de son chantier de construction à Cherbourg pour être transféré vers le dispositif de mise à l’eau, le 27 mai 2025. ©Naval Group/Lucille Pellerin/REA

Naval Group a communiqué cette semaine sur le lancement prochain (prévu en 2026) à Cherbourg du De Grasse, quatrième sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la classe Suffren. L’occasion de parler un peu d’onomastique navale (étude des noms donnés aux navires) !

Ce nom, De Grasse, celui du fameux vainqueur de la bataille de la baie de Chesapeake (1781), et donc de « l’arbitre de la guerre [d’Indépendance américaine] » selon Georges Washington, fut contrairement à ce que l’on pourrait penser peu utilisé – jusqu’à récemment – dans la Marine française.

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Le premier voyage réalisé autour du monde par des Français, sous le règne de Louis XIV

J’ai signalé il y a quelques jours la parution d’un ouvrage intéressant à propos des deux tours du monde réalisé par un navire de commerce français, le Grand Dauphin, sous le règne de Louis XIV. Je partage aujourd’hui – avec l’aimable autorisation de son auteur, Patrice Decencière – un article à ce sujet.

Les Français n’ont pas attendu Bougainville pour parcourir le vaste monde et même pour en faire le tour à la voile. En effet, au cours des dernières années du règne du roi Soleil, un premier navire français réussit à faire le tour du monde, contre les vents et les courants dominants. Comme la Boudeuse et l’Étoile, armés par Bougainville, cinquante ans plus tard, ce navire, nommé le Grand Dauphin, avait appareillé de Saint-Malo, alors un port important, spécialisé dans le grand commerce océanique.

L’existence de ce premier voyage, ainsi que de dix autres, réalisés à sa suite et à son exemple (dont un second tour du monde réalisé par ce même Grand Dauphin), n’est pas inconnue des historiens spécialisés , mais on n’en connaissait pas le détail ni les péripéties. Ceux-ci ont maintenant été retrouvés grâce à la redécouverte récente de deux documents oubliés qui nous en révèlent le déroulement.

Le premier de ces documents est un récit manuscrit, rédigé au retour du premier voyage du Grand Dauphin (1711/1713) par Jacques Desbois, second chirurgien du bord. Ce récit est complété par le journal de navigation tenu lors de la seconde circumnavigation du même navire (1714/1717). Ce journal permet de suivre la navigation parfois hasardeuse du bâtiment dans des eaux peu connues et mal cartographiées, avec l’aide des instruments primitifs de l’époque (loch à bateau, quartier de Davis…) et d’admirer le sens marin de ces navigateurs audacieux que rien n’arrêtait.

Mais, à la différence de celle de Bougainville, l’expédition du Grand Dauphin avait un but purement commercial.

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Avec les premiers Français autour du monde


Je signale la parution récente, en février 2024, d’un nouvel ouvrage aux éditions Voilier Rouge : Avec les premiers Français autour du monde, par Patrice Decencière.

Plus de cinquante ans avant l’expédition de Bougainville (1766-1769), un navire de commerce parti de Saint-Malo, le Grand Dauphin, réalisa entre 1711 et 1717 les premiers tours du monde français. L’ouvrage retranscrit deux textes inédits, témoignages de marins ayant fait partie de l’équipage, présentés et commentés par l’ami Patrice Decencière, président de l’Association des Amis du Musée de la Marine (AAMM).

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A propos du Louis XIV (1854)

Le vaisseau de 120 canons le Louis XIV (1854)

Il y a 170 ans, le 28 février 1854, le journal local L’Écho rochelais annonçait la mise à l’eau à Rochefort d’un grand vaisseau de 120 canons, le Louis XIV :

« C’est aujourd’hui mardi, 28 février, dans l’après-midi, que doit être lancé des chantiers de Rochefort le Louis XIV. Ce vaisseau est de premier rang, c’est-à-dire de 120 canons, il est mis en chantier depuis 1811. On le considère comme l’un des plus magnifiques navires de la flotte française.
A une heure, et par la porte du Nord, tous les officiers des armées de terre et de mer en tenue auront accès dans l’Arsenal pour eux et leur famille.
A deux heures, les portes de l’Arsenal seront ouvertes au public ; – à la même heure, la bénédiction solennelle sera donnée au Louis XIV par le clergé de la marine. »

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Construction navale espagnole

Vaisseau de 74 canons, 1806 – Lien

Le Museo Naval de Madrid a annoncé aujourd’hui la numérisation et la mise en ligne sur le site internet de la Biblioteca Virtual de Defensa de nombreux plans – et autres documents issus des archives historiques de la Armada – de navires espagnols des XVIIIe et XIXe siècles.

Une fois sur le site, il suffit de taper « PB » dans la barre de recherche en haut à droite pour pouvoir y accéder.

Ces documents, consultables gratuitement et téléchargeables en haute qualité, concernent tous les types de navires de l’époque : vaisseaux, frégates, galères, etc. Ils illustrent l’évolution de la construction navale espagnole aux XVIIIe et XIXe s.