Flottes de combat 1820

Document intéressant trouvé dans les Annales maritimes et coloniales (1821). Il est extrait de l’Annuaire historique universel de Charles-Louis Lesur (1820) :

Récapitulatif des forces navales, classées par ordre de puissance :
Grande-Bretagne : 84 vaisseaux ; 70 frégates ; 1000 bâtiments.
France : 49 vaisseaux ; 31 frégates.
Russie : 25 à 30 vaisseaux ; 45 à 50 frégates.
Suède : 20 vaisseaux ; 200 galères.
Turquie : 20 vaisseaux ; 15 frégates.
Espagne : 12 à 15 vaisseaux ; 25 à 30 frégates.
Pays-Bas : 76 voiles.
Portugal : 8 vaisseaux ; 16 frégates.
États-Unis : 5 vaisseaux ; 13 frégates.
Danemark : 3 vaisseaux ; 5 à 6 frégates.
Deux-Siciles : 3 vaisseaux ; 30 à 40 bâtiments.
Autriche : quelques frégates et galères.
États romains : quelques galères.

Premier constat, mais est-il vraiment utile de le préciser (?), les marines prussienne/allemande et autrichienne sont à cette époque quasiment inexistantes. Elles seront respectivement crées et développées bien plus tard, au milieu du 19eme siècle, et sauront profiter de la révolution de la vapeur et du cuirassé pour rattraper leur retard. Le cuirassé remplaçant le vaisseau de ligne comme « capital ship » des marines de guerre européennes, les compteurs sont en effet remis à zéro au début des années 1860, ce qui permettra à plusieurs États de se lancer dans la construction d’une marine de guerre jusque là inexistante.

On remarque également que la jeune marine américaine ne possède encore que relativement peu de navires. Avant la guerre de 1812 contre les Britanniques, elle n’a qu’une dizaine de frégates dans ses listes et aucun vaisseau de ligne. Le National Intelligencer du 14 août 1817, dont j’ai trouvé une traduction ici encore dans les Annales maritimes et coloniales (toujours très intéressant à lire !) de cette même année nous apprend en outre qu’à cette époque, la marine américaine compte « en service actif trois vaisseaux de ligne, trois frégates, sept sloops de guerre et nombre de petits bâtiments employés à la garde des côtes » ; « neuf vaisseaux de ligne, douze frégates et trois batteries à vapeur » sont en construction.

Nous pouvons enfin constater à quel point la marine espagnole a souffert des guerres révolutionnaires et napoléoniennes. Ancienne troisième puissance navale du continent derrière la Grande-Bretagne et la France, elle n’est plus, à partir de cette époque, qu’une marine secondaire.

La place de troisième marine européenne revient dés lors à la marine russe qui, peu améliorée il est vrai sous le règne d’Alexandre Ier (1801-1825) – le tsar ayant bien entendu d’autres priorités à l’époque des guerres napoléoniennes – sera bientôt véritablement développée et organisée par le tsar Nicolas Ier (1825-1855).

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