Napoléon voulait des frégates de 24 !

A propos des grandes frégates portant des canons de 24, Jean Boudriot, éminent spécialiste en archéologie navale que l’on ne présente plus, écrit dans l’un de ses articles : « Malgré l’intérêt de ces nouvelles frégates nous en abandonnons la construction, prétextant que leur coût est aussi élevé que celui d’un vaisseau de soixante-quatorze canons et qu’il est préférable, à dépense égale, de construire un vaisseau de ligne. La guerre de 1812 à 1814 oppose les États-Unis à l’Angleterre. L’Angleterre possède un matériel naval considérable dont ses ports sont encombrés. Les Américains au contraire ne disposent que d’une marine réduite. S’il se contentent de construire des bâtiments analogues à ceux de I’Angleterre, il est vain d’espérer parvenir à une parité de force, c’est évident. La jeune marine américaine choisit donc délibérément d’utiliser de grandes et fortes frégates armées de canons longs de 24 livres. Surclassant les frégates anglaises, et bien manœuvrées, elles peuvent échapper le cas échéant à plusieurs frégates ou vaisseaux. Les événements vont justifier de ce choix et l’on peut exprimer un regret, celui de ne pas l’avoir fait nous-mêmes, que ce soit sous la Révolution ou I’Empire. »

Comme nous le savons en effet, la Marine française ne construisit que quatre frégates de 24 – la Résistance, la Vengeance, la Forte et l’Égyptienne – pendant la Révolution, et aucune sous l’Empire. Raison invoquée : un coût trop important. Constatant cependant le succès des grandes frégates américaines face à la Royal Navy, on ordonna tardivement la construction de plusieurs navires de ce type en 1813. Malheureusement, l’Empire étant sur le point d’être vaincu, aucun ne fut mis en chantier. La France ne recommença finalement à construire des frégates portant du 24 qu’à partir de 1818, au début de la Restauration.

L’histoire parait bien simple. Et pourtant…

C’est en faisant quelques recherches sur un tout autre sujet que je suis tombé – tout à fait par hasard donc – sur le contenu d’une lettre de l’Empereur Napoléon adressée au Ministre de la marine et des colonies, l’amiral Decrès, lettre datant du 23 février 1805 :

« Nous sommes au sixième mois de l’année XIII [du calendrier républicain], et aucune des constructions prescrites par votre budget n’a encore eu lieu. Au 1er vendémiaire [23 septembre 1804], il y avait à Anvers cinq vaisseaux en construction ; il n’y en a encore que cinq. Vous devez, dans le courant de l’année, en avoir huit. Mon intention est que le sixième soit mis en chantier en germinal, le septième en floréal, le huitième en thermidor. Mettez un vaisseau en construction à Saint-Malo et, en cas de trop d’obstacles, le faire remplacer par une frégate du modèle de l’Égyptienne portant du 24. […] Je désire que l’on construise au Havre trois frégates, toutes du modèle de l’Égyptienne et portant du canon de 24 ; la première sera mise sur le chantier en germinal, la deuxième en floréal, et la troisième en prairial. Vous mettrez également à Nantes une frégate comme l’Égyptienne, portant du 24. […] »

Si l’on peu aisément comprendre que l’amiral Decrès n’ait pas respecté les ordres de l’Empereur quant à la mise en chantier immédiate de grandes frégates du modèle américain en 1813 (la France ayant certainement d’autres priorités à cette époque), on ne peut que s’interroger sur les raisons qui ont conduit le ministre à éluder la demande de Napoléon de faire construire des frégates de 24, et ce dés 1805. D’autant plus que ce même ministre critiquera en 1811 l’argument du coût prétendument trop important de la frégate de 24, écrivant au conseil des constructions navales : « Vous dites que c’est l’économie qui a fait renoncer aux frégates de 24 : c’est s’exprimer d’une manière trop générale […] c’est bien une moindre dépense, mais ce n’est pas une économie : l’économie proprement dite est ce qui donne les mêmes résultats avec une dépense moindre ; et ici les résultats sont différents. »

Pendant les neuf ou dix années que dura le régime impérial, sans que l’on sache véritablement pourquoi, la Marine française s’obstinera à construire uniquement des frégates de 18, dotées d’un armement sensiblement identique à celui des frégates anglaises qui, ayant toujours l’avantage numérique sur nos frégates, remporteront la grande majorité des combats, et ce malgré l’excellente réputation des frégates françaises.

Comment, pour conclure ce billet, ne pas songer un instant aux mots du capitaine de frégate Merigon de Montgéry (officier souvent évoqué sur Trois-Ponts!) qui écrivait dans son Mémoire sur les navires en fer en 1823 :  « Trop souvent les innovations les plus importantes furent proposées par des Français, et exécutées par des étrangers. » C’est vrai et c’est bien regrettable !

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Sur le même sujet : La frégate USS Constitution à Cherbourg (1811).

Illustration : L’Artémise, frégate de 52 canons, construite en 1828 d’après les plans de Jean-Baptiste Hubert. Par François Roux.

16 réflexions sur “Napoléon voulait des frégates de 24 !

  1. D’après la page « https://www.troisponts.wordpress.com/2012/10/10/trois-ponts-questionsreponses/ », un vaisseau de 74 valait 1 648 660 francs en 1826, soit près de 475 kg d’or ; la Constitution, célèbre frégate de 24 de la Marine des États-Unis, lancée en 1797, avait coûté 302 718 dollars, équivalant à 7 280 kg d’argent. Le rapport entre le coût de l’or et celui de l’argent étant alors à peu près 15 pour 1, cette somme faisait la valeur d’un peu plus de 485 kg d’or.

    Oui, une frégate à pièces de 24 coûtait donc aussi cher, sinon davantage, qu’un vaisseau de 74 canons pourtant bien plus puissant ⑴. Toutefois elle était assez forte pour battre à coup sûr les navires qui étaient assez légers pour avoir de bonne chances de la rattraper, et assez rapide pour fuire ceux qui étaient trop puissants pour qu’elle les affrontât. C’est le cas de tous les navires de guerre réussis, et il n’y en eut guère (sinon les vaisseaux à deux ponts de 50 canons, ceux de troisième rang de 80 canons à trois ponts et les vaisseaux de deuxième rang à trois ponts portant 90 canons ; ces deux derniers types furent presque le monopole de la Royal Navy) pour ne pas avoir cet avantage. L’atout des frégates de 24 était le gouffre qu’avait laissé, entre les frégates à pièces de 18 déplaçant 700 tonnes et les vaisseaux de 74 en déplaçant entre 2 500 et 3 000, l’abandon des vaisseaux de 50 dépourvus de toutes qualités, et de ceux de 64 canons, trop peu puissants contre les vaisseaux de 74. Elles trouvèrent donc une place et brillèrent parce que la Marine britannique n’avait rien à leur opposer.

    L’Empire britannique pouvait encaisser, au cours d’une guerre brève, des défaites lointaines et de peu de conséquences contre les États-Unis, puissance alors moyenne et incapable de peser au-delà de ses propres côtes et de son continent, mais ne pouvait se permettre d’être vaincu sur mer par la puissance continentale dominante. Il me semble donc qu’on peut supposer que, si nous nous étions dotés d’une flotte de ces grandes frégates, le Royaume-Uni en aurait fait autant.

    Le malheur de la France était que sa place en Europe, la première, la tournait vers des entreprises sur les autres continents, où elle s’opposait à la Grande-Bretagne, État moins fort mais ayant presque tous ses intérêts sur les mers, et qui, lorsqu’il trouvait un allié à terre afin de détourner nos efforts des océans, devenait invincible.

    Après la défaite finale de Waterloo, l’hégémonie du Royaume-Uni serait assurée pour presque un siècle.

    NOTE
    ⑴ Caractéristiques de la Constitution, frégate à pièces de 24 : 462 hommes, bordée de 164 kg pour les canons et de 145 kg pour les caronades, déplacement de 2 000 tonnes métriques, jauge de 1 576 tjb.
    Caractéristiques d’un vaisseau français de 74 canons de la classe du Téméraire : 706 hommes, bordée de 410 kg pour les canons et de 35 pour les caronades ; à partir de 1808, 406 kg pour les canons et 88 pour les caronades ; après l’Empire, 379 kg pour les canons et 194 kg pour les caronades ; déplacement de 2 900 tonnes métriques ; jauge de 1 887 tjb. Chiffres cités de mémoire… mais je garantis la fiabilité des ordres de grandeur !

  2. Bonjour,
    Le choix du calibre principal, à bord des frégates, est une histoire plus compliquée qu’elle n’est pas simple. :-))
    Il convient, au préalable, de se reporter au rôle premier de ce type de bâtiment..
    Il s’agissait d’une unité « hors la Ligne », dont la fonction avait évolué, au fil des décennies, passant de la « barque longue » originale, chargée, au sein de l’escadre, de la répétition des signaux, à celle du « croiseur océanique ».
    Le vaisseau, relativement lent, même quand il était réputé « bon marcheur » était, avant tout, conçu pour opérer « en ligne de bataille ». Ce concept du combat naval était, d’ailleurs, lui-aussi, relativement récent, et est à rapprocher, tout à la fois, de l’évolution des besoins militaires, de la puissance de la canonnade et de la résistance des murailles en bois. Avant çà, la bataille navale était, essentiellement, une succession de combats singuliers et, si on excepte les galères de guerre et les quelques rares bâtiments conçus pour ce seul rôle, bon nombre de navires de guerre étaient, avant tout, de grands bâtiments de commerce « armés en guerre » – on retrouve, encore, cette idée dans la marine batave, à la fin du XVIème et au début du XVIIème siècle et, plus tard, chez les Indianmen de la Compagnie des Indes britannique et son pendant français.

    Progressivement, la frégate avait constitué l’élément central de la présence coloniale navale ; elle était sensée représenter, dans les eaux lointaines la puissance navale de sa nation d’appartenance. Ses dimensions (donc, l’effectif de son équipage) et son armement avaient évolué. Entre 1700, à la louche, et 1780 – si on met de côté des bâtiments de « un pont et demi », dérivés de la classe, désormais, obsolète, des « 50 canons », plus ou moins réussie –, l’armement de sa batterie principale couverte était, progressivement, passé du calibre 8 au 18 – aussi bien chez les brits que chez les français. Le nombre de pièces par bord était directement lié à la longueur du bâtiment ; elles seront « percées » à 10 pièces par bord, 11, 12, puis 13, avec une limite, due à la construction en bois, qui ne permettait pas de construire des bâtiments dépassant 60 m de long (perpendiculaire tableau arrière-étrave). Sauf que là, durant la période Revolution-Premier Empire, on s’était retrouvé confronté – aussi bien chez nous que chez les Goddons – à un sérieux problème de coût. Le trois-ponts, 196,5 pieds français de long, percé à 16 sabords à la batterie basse, était une véritable rareté très dispendieuse, le 80 canons, percé à 15, mesurait 180 pieds, le 74, percé à 14, 169. La frégate lourde « révolutionnaire », et armée de 24, comme la Forte – conçue par Caro -, percée à 15, sur chaque bord, mesurait 160 pieds (51,38 m). Au final, on se retrouvait avec un bâtiment, qui coutait aussi cher à construire qu’un 74, sauf qu’il n’était pas conçu pour servir dans la ligne ! Seuls, les américains, dépourvus de tout bâtiment de ligne, y avaient vu un intérêt – cela dit, je les soupçonne, fortement, compte-tenu des dates, de nous avoir pompé l’idée, mais c’était de bonne guerre -.
    En résumée, ni les anglais – car, eux-aussi, y avaient pensé -, ni les français ne persisteront dans la construction de frégates lourdes, armées de 24, pour de bêtes raisons de coût de construction, etc. La frégate de 18, percée à 14, faisant parfaitement l’affaire pour le rôle qui lui était dévolu.

    La « normalisation » de la frégate de 24 (1817 ?) est postérieure à la fin des conflits navals « Révolution-Premier Empire » et correspond, également, à la mise au rencart d’un grand nombre d’unités usagées. Dès lors, on entre dans une période de paix, durant laquelle les critères évoluent ; le nombre n’a plus la même importance, le rôle de la frégate évolue également. Elle renforce de plus en plus son image de la représentation nationale à l’extérieur, car expédier une escadre, ou même une division de Ligne, montrer ses muscles coûte très cher. Au fil des décennies, la Ligne se contentera d’assumer son rôle à proximité de ses bases – ce sera le cas, en 1916, au Jutland -, tandis que la frégate, rebaptisée « croiseur », avec la généralisation de la machinerie à vapeur, elle, se verra confier les missions lointaines. En 1914, les « battlecruisers » britanniques engagés dans la Bataille des Falklands n’étaient rien d’autre que des frégates lourdes, sachant qu’il s’agissait de l’évolution de la frégate lourde de 24, devenue frégate de 30, puis frégates cuirassées – invention française -, puis croiseurs cuirassés.

    Pour en revenir à la période de référence, « Revolution-Premier Empire », compte-tenu des distances habituelles du combat naval, le canon de 24 livres étant beaucoup plus lourd à manœuvrer et nécessitant plus de servants n’avait guère d’utilité dans le cadre du rôle affecté à la frégate, au sein d’une armée navale disposant de deux-ponts de 74 ou 80 canons. Certains avancent, pour les frégates de 24 livres en batterie principale, l’avantage par mer formée, où la hauteur des vagues auraient contraint les vaisseaux à ne pas pouvoir utiliser leur batterie basse de 32 livres (chez les brits) ou 36 livres (chez les français), mais, dans de telles conditions de mer, même l’utilisation du 18 livres devenait compliquée et, de surcroit, ce type d’affrontement constituait une rareté – la frégate exploitant sa meilleure vitesse pour se mettre à l’abri ! -. Des batteries armées de 24 livres exigeaient des frégates de grandes dimensions, percés à 14 ou 15 – donc, beaucoup plus coûteuses -, des équipages plus importants et quand on se penche sur la qualité des canonniers français (gros problème !), l’accroissement du calibre ne constituait en rien un plus. Cà n’a rien à voir avec le courage et la qualité de nos canonniers, mais découlait directement de nos habitudes d’exercices, de nos procédures (particulièrement procédurières) de mise en batterie, de nos vieilles (mauvaises) habitudes de vouloir tirer dans les hauts (pour démâter), alors que le brit cherchait, lui, à tirer en « plein bois » – même si vouloir couler un navire de guerre en bois, à coups de boulets pleins, constitue un exercice très compliqué ! -.

    Il faudra, en raison de la longue période de paix qui avait succédé aux guerres « révolutionnaires & napoléoniennes », attendre la mise en service des premières pièces rayées à obus explosifs « à la Paixhans » pour voir, réellement, évoluer les tactiques de tir à la mer. Sinon, hormis sa puissance de feu « apparente », la frégate de 24 n’avait guère d’utilité… et, pourtant, je l’aime bien !

    Napoléon Ier était un artilleur, donc, il est logique qu’en tant que tel, il ait vu un intérêt dans la l’accroissement du calibre. Le 12 livres constituait, à l’époque, le plus gros calibre de l’artillerie de campagne. Les portées, à terre, étaient directement liées au calibre ;; en théorie, un boulet de 24 livres portait largement à plus de 2500 m, sauf qu’en mer, compte-tenu des dispositifs de réglages inexistants – hormis la technique du doigt mouillé et la rare compétence particulière du chef de pièce -, des mouvements réciproques des adversaires, de l’état de la mer, du vent des canons, etc. la portée efficace n’excédait pas 500 m, dans le meilleur des cas. Il ne restait, donc, en mer, qu’un seul paramètre utile, le poids de la salve, mais il restait insuffisant pour justifier le coût supplémentaire qu’impliquait le passage du 18 livres au 24 livres sur les frégates.

  3. Quelques points de désaccord avec l’érudit commentaire de Loïc Charpentier :
    – Dès la seconde moitié du XVIIe siècle, des vaisseaux marchaient mieux que les frégates, et c’était vrai davantage encore au temps de Sané, et à cette époque ce l’était même pour les trois-ponts. Ainsi l’ingénieur et futur ministre de la marine Tupiner notait en 1822 que l’Océan, énorme trois-ponts, plus grand navire au monde avec ses jumeaux, n’était en 1802 dépassé par les frégates que lorsqu’il était en surcharge de plusieurs centaines de tonnes, et qu’il reprenait sa supériorité à son déplacement normal. Des essais effectués par les Britanniques prouvèrent aussi la supériorité des vaisseaux de Sané et de Borda sur les autres, et aussi sur les frégates. Toutefois ce n’était vrai qu’à voilure égale, et les frégates pouvaient, par le même vent, gréer plus de voiles sans risques de briser un mât : c’est pourquoi elles conservaient un avantage en pratique.
    – Ce n’est pas vraiment un point de désaccord, mais il me semble devoir préciser que les Britanniques n’eurent de frégates, au sens moderne, que par imitation des modèles pris aux Français : la frégate de 8 fut conçue dès 1728, et les Britanniques n’en firent d’équivalentes (à pièces de 9) qu’après nous en avoir prises (la première étant la Médée, lancée en 1741 et prise en 1744) ; la première de 12 en France date de 1747, la Royal Navy en lança à partir de 1757 ; la première de 18 fut lancée en France en 1772,, la Royal Navy n’en eut pas avant la généralisation de ces unités dans la marine royale française, vers 1780.
    – Les frégates de 18 furent percées à 14 dès le règlement de 1786.
    – Le trois-ponts long de 196 ½ pieds (puis 194 pieds, puis 194 pieds 10 ¾ pouces) n’était pas dispendieux dans l’absolu ; à bordée égale, il était presque aussi rentable qu’un vaisseau de 80 (champion selon ce critère) ou de 74, et bien moins coûteux que n’importe quelle frégate.
    – La longueur d’un vaisseau de 80 de la classe du Tonnant de 1789 était de 182 pieds ou 182 ½ ; un vaisseau de 74 de la classe du Téméraire de 1782 faisait 172 pieds.
    La Forte de François Caro était bien longue de 160 pieds (51,97 m) mais faisait 2051t de déplacement pour 1401 tonneau de jauge brute ; long de 172 donc, un vaisseau de 74 de la classe du Téméraire de 1782 déplaçait 2947t pour 1883 tjb.
    – Les Britanniques ne firent de frégate de 24 que par imitation de celles de leurs ennemis (principalement à partir du modèle de l’Égyptienne, jumelle de <i la Forte.
    – Il me semble que c’est une reerreur de dire que la frégate de 24 aurait été abandonnée pour des raisons de coût et des problèmes de construction ; je crois qu’elle a simplement évolué, et les frégates du XIXe siècle descendent de celles de 18, de celles de 24 et des vaisseaux du troisième rang rasés en frégates de 36 ou de 32 ; si elles ne portent plus de canons de 18 ni de 24, c’est seulement par adoption du calibre unique (32 livres pour les Anglo-Saxons, 30 pour les nôtres). Loin de faire parfaitement l’affaire, la frégate de 18 percée à 14 disparut pour cette même raison, et simultanément.
    – L’idée de la frégate de 24 est de l’ingénieur français Louis Boux : il s’agissait de remplacer les exécrables deux-ponts de 50 canons, qu’on venait enfin d’abandonner. Toutefois ses frégates ne reçurent que du 18, et il revint au fameux Suédois Fredrik-Hendryk af Chapman de concevoir la première frégate ayant porté du 24, la Venus, lancée en 1783 et prise au mouillage quelques années plus tard par les Russes. Aux États-Unis on se contenta donc d’imiter ce qui se faisait déjà.
    – La frégate cuirassée était le successeur du vaisseau ; elle s’appelait frégate parce que le poids de sa cuirasse avait obligé à ne la doter que d’une seule batterie.
    – Il faut reconnaître aux Britanniques le mérite d’avoir d’abord inventé le cuirassé moderne avec le Dreadnought, puis le croiseur de bataille, à partir du très inférieur croiseur cuirassé ; la bataille des Malouines de 1914 est la victoire du criiseur de bataille anglais sur le croiseur cuirassé obsolète.
    – La différence entre la cadence de tir d’un canon de 24 et celle d’un de 18 livres n’était pas si grande qu’elle nuisît, et les combats de frégates prouvèrent la grande supériorité de la frégate de 24 ; la frégate de 18 en perdit sa réputation. Lorsqu’il n’existait pas une différence énorme entre les équipages, une frégate de 18 n’avait aucune chance contre une de 24.
    – La portée en mer était de l’ordre de 2,7 ㎞ pour une pièce de 24, mais le peu d’effet sur le bois à cette distance faisait qu’on interdisait de tirer au-delà de 800 toises (1,55 ㎞), et on ne commençait à tirer en général qu’à 600 toises (1,17 ㎞), le tir n’étant soutenu qu’à partir de 300 toises (585 m) ; les Britanniques, eux, ne tiraient qu’à partir de 500 ou 600 yards (de 457 à 549 m ; il va sans dire que l’estimation des distances n’avait pas tant de précision). Il faut aussi mentionner l’impossibilité de viser de loin : à 300 toises, il fallait viser 10 ½ m au-dessus de la cible, et, à 800 toises, 94 ½ m. Pour autant la portée pratique était proportionnelle à la portée théorique, la pièce de 24 ayant ainsi une égale supériorité sur celle de 18.

  4. Commentaire sur la rentabilité respective des trois classes de vaisseaux de l’ordonnance de 1786 (celle des frégates était bien inférieure).

  5. Bonjour,

    En 1797, la Royal Navy alignait, encore, 19 « deux-ponts » & « un pont et demi », tous classés « Line – 4th class », soit deux de 56 canons et 2 de 54 canons, percés à 13 en batterie basse, 10 de 50 canons, percés à 11, et 5 de 44 canons, percés à 10 (!), les frégates étant, elles, classées « one-deck », la 4ème classe britannique correspondant à nos anciens vaisseaux de 3ème classe (64 & 50 canons), leurs 60 canons – à cette date, 1 en cours de recette, 3, en construction -, étant, également, répertoriés en 4ème classe, mais dans la catégorie des vaisseaux à deux-ponts. A cette date, elle inventoriait une seule frégate de 24, mais il est plus que probable qu’il s’agissait de la frégate française la Résistance, en mal de gouvernail, qui venait de se faire capturer, par deux frégates anglaises, à l’entrée du goulet de Brest, et que la RN s’était empressée de rebaptiser HMS Fishgard.

    En parallèle, l’Armée Navale de la République inventorie, par la voix du rapporteur Boulay-Paty (séance du 19 Fructidor an 7 (5 septembre 1799), sept deux-ponts de 64 canons – Beraud, Stingel, Dubois, Causse, Robert, Banel, Frontin – , tous pris à la marine vénitienne, un deux-ponts de 60, Dégo, pris à Malte, et aucun « 1 pont & demi » depuis un bail. La flotte de vaisseaux de ligne, à cette même date, aligne, en parallèle, 40 unités de « construction française », 1 trois-ponts de 118 (Océan), 3 de 110 canons, 5 deux-ponts de 80, 31, 74 canons. Je passe rapidement, sur les nouvelles unités, sur le point d’être lancées (8) et celles en chantier (5).
    Pour en revenir aux frégates, le même rapport en comptabilise 9 armées de 24 livres, 8 de 18 livres (40 canons), 11 de 12 livres (40 canons), dont 3 de prise – marine vénitienne, y compris la Muiron, qui avait embarqué Bonaparte en Egypte, le 23 août 1799, et le déposera à Fréjus, le 9 octobre suivant -, 6 de 12 livres (38 canons), dont 1 prise vénitienne, 5 de 12 livres (32 canons), 1 de 12 livres (30 canons), prise vénitienne.
    A noter que les frégates de 18 ne seront percées à 14 sabords par bord, qu’à dater de 1789, les premières de la classe, Junon & Minerve, lancées en 1782, étaient, elles, percées à 13, armées de canons en bronze et il était prévu de les armer en 12 livres, en temps de paix, pour ne pas fatiguer la coque, sous l’effet du poids et du recul ; la pièce de 18 avec son affût pesait 2425 kg, celle de 12, 1745 kg , la différence globale étant de 26 fois 680 kg, soit 17 680 kg ou 36 118 livres de Paris (0, 489kg), en usage avant l’adoption, en 1795, du système métrique.

    Frégates de 24 livres lancées avant 1817
    • Pourvoyeuse – Boux – 1772 – capturée en 1774 – flûte-frégate percée à 13
    • Consolante – Boux – 1772 – rayée en 1784 – id°
    Nota : leur batterie basse initialement prévue en 24 livres sera finalement armée en 18 livres
    • Alceste – Leroux – 1780 – capturée en 1799 – perçage non précisée mais 13 probable
    Frégates « révolutionnaires » de 24
    • Résistance – Degay – 1793 – capturée en 1797 – percée à 15
    • Vengeance – Degay – 1794 – capturée en 1800 – id°
    • Forte – Caro – 1794 – capturée en 1799 – id°
    • Egyptienne – Caro – 1799 – capturée en 1801 – id°

    L’origine officielle (décision ministérielle ?) ou non (résultat d’une possible commission technique « Théodule ») de l’arrêt de la mise en chantier de frégates de 24, entre 1800 et 1815 – elles ne reviendront à la mode, qu’à partir de 1817, sous la Restauration -, au profit de celles armées de 18 livres n’est pas connue, mais on me dirait que ce « bon & increvable » Jacques-Noël Sané y avait eu un rôle actif, je ne serais pas plus étonné que çà ; n’est pas à écarter, non plus, une possible intervention de Pierre-Alexandre-Laurent Forfait, nommé Ministre de la Marine, le 22 novembre 1799, mais qui rendra son portefeuille le 3 octobre 1801. Curieuse coïncidence, ces deux constructeurs réputés n’ont pas dessiné la moindre frégate de 24 ou « piloté » la construction de l’une d’entre elles.

    L’argument, ou l’argutie (selon certains), avancée pour en suspendre la construction se serait appuyé sur leur coût élevé, considéré trop proche de celui d’un 74, alors qu’une frégate, quelque soit le calibre de son artillerie, ne pouvait, en aucun cas, être engagée dans la Ligne ; de surcroit, les missions de la frégate ne nécessitaient pas un armement d’une telle puissance – les Brits, de leur côté, durant la période 1792-1815 se satisferont pleinement de leurs frégates de 18 livres (anglaises, qui correspondaient à 16,5 livres françaises !) -. L’US Navy, qui ne disposait ni de vaisseaux de ligne, ni de chantiers permettant de les construire, n’avait, évidemment, pas eu la même démarche.

    Une pièce de 24 livres françaises, en « fer », sur son affût, selon le Règlement de 1786 pesait 2970 kg ; en comparaison, le poids de la pièce de 18 livres était de 2425 kg, et, pour mémoire, celui du 36 livres qui armait la batterie basse des vaisseaux, 3890 kg. La pièce de 24 rendait 920 kg, comparée à celle de 36, mais dépassait de 545 kg, le poids d’un canon de 18. Sachant que les frégates de 24 étaient percées à 15, celles de 18, à 14, la différence totale correspond à (30 x 545) + (2 x 2970) = 16350 + 5940 = 22 290 kg ; à ce chiffre, il convient de rajouter le supplément de poids des boulets… 24-18 = 6 livres, à raison de 100 boulets, dotation réglementaire par pièce, çà nous donne 6 x 100 x 30 = 18 000 kilos. Sur le seul plan du supplément de poids à embarquer, on en est déjà à 40 290 kg de plus, en oubliant celui de la poudre et des gargousses nécessaires, valeur non significative. Par contre, le service de la pièce de 18 nécessitait, elle, 10 hommes, avec un servant par tranche de 600 livres, le 24 livres, 12. – si nécessité, le service sur les deux bords était assuré par la même équipe -. Je repart dans nos additions comptables… il fallait, à bord d’une frégate de 24, 60 servants supplémentaires, à une époque où, si la « main d’œuvre » ne manquait pas, on éprouvait les plus grandes difficultés pour former du personnel compétent ; surtout dans la Marine, après les décisions « imbéciles » d’un certain Jean-Bon Saint-André, membre du Comité de Salut Public, qui avait décidé, fin 1793, de « démocratiser » le Corps des Canonniers de Marine, en ordonnant sa dissolution et en expédiant sur nos bâtiments, des équipes de servants de l’artillerie terrestre régimentaire, dont un beau paquet de jeunes servants « terriens » inexpérimentés, malades à la seule vue de l’eau dans le bassin de la rade ! Il nous faudra des années, même en rappelant d’urgence les anciens canonniers marins, à l’arrivée aux commandes du Directoire, pour rattraper le coup ! Alors, rien qu’en additionnant le coût supplémentaire de la construction d’une frégate de 24 et toutes ces « contraintes » inhérentes, l’abandon de la « classe » s’explique assez logiquement, durant une période de guerre où le nombre de bâtiments en service constituait le souci majeur, face à un adversaire largement pourvu, qui, de par sa situation insulaire, n’avait pas besoin d’entretenir un effectif terrestre pléthorique. En 1815, à Waterloo, le contingent britannique se résumera à 35 000 hommes ; on est très loin des effectifs de la Grande Armée de 1812 !

    La « Grande Batterie » française, à Austerlitz, alignait 150 pièces, dont le plus gros calibre était du 12 livres ; autrement dit, en poids de salve, l’équivalent des deux batteries d’un seul vaisseau de 74, qui embarquait 28 pièces de 36, à la batterie basse, 30 de 24 livres, à la deuxième batterie, sans compter les calibres « secondaires » de 8 & 4 livres du pont supérieur.

    Napoléon Ier demandait, fin 1804, la mise en chantier, selon le contexte, à Saint-Malo, d’une frégate de 24, en lieu et place d’un vaisseau de ligne (très probablement un 74), de 3 autres, au Havre et une dernière, à Nantes. Si ses souhaits n’avaient, finalement, pas été exhaussés, c’est surement parce qu’un décisionnaire proche de lui – Decrès ? – lui avait fait toucher du doigt les implications financières qui découlaient de sa « décision ». Il n’en sera plus question jusqu’à la fin de son règne, même s’il est fort probable que la question de la frégate de 24 serait revenue sur le tapis, si le conflit s’était prolongé.

    Dimensions moyennes des vaisseaux de 74 et des frégates, en 1795 :
    Deux-ponts de 74 (L x l x tirant d’eau) : 55,90 x 14,90 x 7,25 m… Rapport L/l = 3,75
    Frégate de 24 (la Forte) : 51,36 x 13,37 x 7,01 m… Rapport L/l = 3,84
    Frégate de 18 (la Loire) : 43,45 x 11,10 x 5,75 m… Rapport L/l = 3,91

    Le rapport L/l influe directement sur la marche du bâtiment, sachant que, en théorie, plus il est élevé, plus il est sensé favoriser la vitesse. Mais, à l’époque, la taille maximale (exploitable à la construction) des troncs de chêne, identifiés et repérés dans notre parc forestier national – sur ce seul plan, nous étions largement mieux lotis que le Godon ! – limitait les dimensions des bâtiments, car les architectes navals répugnaient à constituer des assemblages trop importants d’éléments « différents », pour éviter d’affaiblir la construction générale, les techniques de liaison utilisées étant, elles-mêmes, une source potentielle de faiblesse. Seuls, quelques rares « trois-ponts » atteignaient 63 m de longueur – il y a bien le HMS Victory qui mesurait 69,2 m, mais c’est un exemplaire unique, lancé en 1765, qui avait, déjà, 33 ans d’âge en 1798, dont près de 20 à roupiller, aimablement, à quai ! – et ils étaient, tous, affligés d’une réputation de « mauvais marcheur ». De toute manière, la Ligne était contrainte d’aligner sa vitesse sur celle du plus mauvais marcheur et la vitesse, elle-même, ne constituait pas un élément essentiel de son rôle. Néanmoins, le seul rapport longueur/largeur a, toujours, constitué un élément de mesure des capacités de vitesse d’un bâtiment, à conditions de propulsion équivalente – dans le cadre de voiliers, il s’agit de la surface de voiles nécessaire et suffisante -.

    Sur cette seule base théorique, le coefficient longueur/largeur est légèrement supérieur pour une frégate de 24, comparée à un 74, et nettement à l’avantage de la frégate 18. Dans la réalité, la marche des frégates de 24, comme la Forte ou l’Egyptienne, se révélera supérieure à celle des deux autres bâtiments, mais c’était un constat empirique sans explications techniques sérieusement étayées. De surcroit, la vitesse « pure » est loin d’être un paramètre essentiel pour un bâtiment à voilure carrée, comparée à sa capacité à virer rapidement de bord et à progresser sous un vent contraire, car c’est là que le Pacha du Deux-ponts « pleurait sa mère ». Il avait, à peine, fini son changement de bord, que la frégate lui avait, déjà, mis, allègrement, deux nautiques dans la « tronche » et, par vent défavorable, ses gabiers s’épuisaient à régler la voilure, tandis qu’il était contraint d’amener son vaisseau à tirer une succession de bords « déprimants ». Durant le Blocus de Brest, les vaisseaux britanniques, selon le vent, lors de leur relève, pouvaient mettre entre 4 jours et trois semaines pour rallier Portsmouth !

  6. Veuillez m’excuser pour certaines fautes d’orthographe « impardonnables », mais j’ai rencontré des difficultés pour éditer la version définitive « à publier »
    Amicalement
    Loïc Charpentier

  7. Je vais avoir l’air de pinailler, mais l’Océan avait 120 canons avec le nouveau règlement (les appellations de vaisseau de 120 et de vaisseau de 118 se concurrençaient parfois dans le même document pour le même navire) ; pour ce que j’en sais le poids du canon de 24 du système Gribeauval était de 2396 ㎏ affût compris, celui de 18 en faisant 1679 (le 36 : 4055 ㎏). La livre faisait plutôt 489,506g (rigoureusement : 9216 ÷ 18827,15 ㎏).

    Il me semble que c’est à partir du règlement de 1786 que les frégates de 18 sont percées à 14. Quelle est votre source ?

    La destruction de la marine à la Révolution fut une œuvre collective.

    Les mensurations que vous prêtez aux vaisseaux de Sané et de Borda sont erronées ; idem pour les frégates.

    Le Victory de 1765 faisait à peine 57 m pour 3500 ou 3600t ! Même le Royal+Louis de 1692 était plus grand (3850t) !

    Etc…

    Je manque de temps ; je reviendrai poursuivre cette discussion. N’hésitez pas à me demander des sources si vous avez des doutes.

  8. Pire que des coquilles (auxquelles je suis abonné) : j’ai écrit un commentaire… sur la mauvaise page !
    J’en présente mes excuses à Trois-Ponts!
    Le voici au bon endroit :
    Les vraies dimensions de la Forte ; de nos vaisseaux de 120 ; de 80 ; et de 74 (tous de Sané et de Borda).

  9. Grave erreur : 4055 ㎏ pour un canon de 36, mais 2905 pour un de 24 et 2396 pour un de 18…

    Il est temps que je me repose un peu…

  10. Bonjour,

    A. A propos du poids des canons
    Sources écrites existantes :
    1. Précis des pratiques de l’art naval en France, en Espagne et en Angleterre (1817) – JBA Brabon, lieutenant de vaisseau, retraité en novembre 1813
    Intitulé du tableau : Dimensions et Poids des Canons et Affûts dans la Marine royale de France, suivant le Règlement de l’Ordonnance de 1786, en anciennes mesures
    Poids des canons :
    36 livres : 7190 livres, affût : 1283 livres
    24 livres : 5116 livres, affût : 936 livres
    18 livres : 4212 livres, affût : 735 livres
    12 livres : 2995 livres, affût : 547 livres
    Nota : la livre française ou de Paris valait 0,4895 kg.

    2. Tables Comparatives des Principales Dimensions des bâtimens de guerre français et anglais de tous rangs, de leur mâture, gréement, artillerie, etc. (1817) – P.-G. Gicquel-des-Touches, capitaine de vaisseau
    Table vingt-deuxième, contenant le calibre et la longueur des canons et des caronades composant l’artillerie des bâtimens de guerre français et anglais, leurs poids, celui de leurs affûts avec les coussins, coussinets et coins de mire.
    Poids des canons :
    36 livres : 7450 livres, affût : 1190 livres
    24 livres : 5382 livres, affût : 897 livres
    18 livres : 4120 livres, affût : 718 livres
    12 livres : 3272 livres, affût : 499 livres

    3. Traité d’artillerie navale (1826) – Général sir Howard Douglas, traduit par A.F.E. Charpentier, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, Capitaine au Corps royal de l’Artillerie de Marine
    Poids des canons en fer en usage dans la Marine française, avec leur équipement et leurs munitions de toute espèce (non compris les rechanges). (Les mesures sont françaises) (Sic)
    Poids du canon avec son équipement (exprimé en kilogrammes !):
    36 livres : 4339,784 kilos
    24 livres : 3155,561 kilos
    18 livres : 2573,056 kilos
    12 livres : 1831,097 kilos
    Nota : Vous ne manquerez pas de relever extrême précision, au gramme près ! 

    4. Mémorial de l’Artilleur Marin (1828) – Jules Michel, capitaine d’artillerie de marine.
    Dimensions de quelques parties des canons de fer & Poids (et prix) des affuts marins pour canons, y compris un coussin et deux coins de mire
    Nota : Poids du canon exprimé en livres, poids de l’affût exprimés en kilos
    36 livres : 7174 livres, affût : 515 kilos
    24 livres : 5120 livres, affût : 390 kilos
    18 livres : 4214 livres, affût : 350 kilos
    12 livres : 2997 livres, affût : 220 kilos

    5. L’Artillerie de Mer, Marine française 1650-1850 (1992) – Jean Boudriot & H. Berti

    a) Page 56 – Artillerie de 1786
    36 livres : 3250 kg, affût : 640 kg – poids total : 3890 kg
    24 livres : 2500 kg, affût : 470 kg – poids total : 2970 kg
    18 livres : 2060 kg, affût : 365 kg – poids total : 2425 kg
    12 livres : 1470 kg, affût : 275 kg – poids total : 1945 kg

    b) Page 57, reproduction du document du 26 mai 1807 (les poids y étaient mentionnés en kilogrammes)
    36 livres : 3520 kg, affût (nu) : 538 kg – poids total : 4058 kg
    24 livres : 2505 kg, affût (nu) : 414 kg – poids total : 2970 kg
    18 livres : 2061 kg, affût (nu) : 330 kg – poids total : 2425 kg
    12 livres : 1466 kg, affût (nu) : 225 kg – poids total : 1945 kg
    Pour mémoire :
    Un coussin, 29, 26, 10 ou 8 kg, selon le calibre de la pièce
    Un coin de mire, 3, 3, 2,5 ou 2,5 kg, selon le calibre de la pièce.

    En 1807, le poids total de la pièce incluait tous ses apparaux et outils, plus sa dotation en boulets – 60 boulets ronds, 10 boulets ramés – et 30 boites à mitrailles – etc.

    Dans ma réponse précédente, je m’étais contenté de reprendre les valeurs indiquées par J. Boudriot, sauf qu’il y avait eu une coquille d’impression dans son ouvrage – 3250 kg, pour le canon de 36 livres, au lieu de 3520, qui eux, correspondaient à la (bonne) valeur indiquée sur l’état de 1807… différence : 270 kg, à rajouter à 3890, ce qui nous donne, 4160 kg, alors que le total indiqué (en page 56) est de 3890 kg. Il suffit de compulser l’ouvrage pour relever ladite coquille – en tous cas, elle figure sur l’édition de 1992 -.

    A dire vrai, il y a 3/4 ans de çà, je m’étais mis en tête d’établir une récapitulation des poids et dimensions à partir des « vieux grimoires », cités plus haut, mais entre les poids exprimés en livres de Paris, en livres de 0,500 kg, selon le système métrique, et en nombre de boulets du calibre de la pièce, les dimensions des fûts qui, à l’époque, ne prenaient pas en compte le cul de lampe et le bouton de culasse, à l’arrière de la bande de culasse, etc., je m’étais presque retrouvé à ronger le bord de la table et m’étais donc rabattu sur les données claires de Boudriot, sauf qu’il y avait un loup, que je n’avais pas relevé. Mea culpa, mea maxima culpa… mais je m’empresse, bien évidemment, de décliner toute responsabilité ! Hihi…

    B. A propos des dimensions des bâtiments

    1. HMS Victory : Pour aller vite, j’avais été recherché ses dimensions sur « notre ami » Wiki, or les 69 m mentionnés incluent le mât de beaupré, la coque, entre perpendiculaires, ne mesurant, elle, que 56,80 m, le cahier des charges du 6 juin 1759, prévoyant une longueur de 186 pieds anglais (55, 80 m). J’ai prévu, pour expier ma faute, le port du cilice, durant 2 jours, et une (légère) auto-flagellation au chat à neuf queues, mais n’ai pas encore décidé de son calendrier !

    2. Autres données dimensionnelles
    Les dimensions « moyennes » du deux-ponts de 74 et celles des frégates de 24 (Forte) & 18 (Loire) que j’ai indiquées, proviennent, toutes, des ouvrages publiés par les éditions de l’Ancre, à savoir, Le Vaisseau de 74 canons & Frégate, Marine de France 1650-1850. En complément, elles existent, également, dans plusieurs des ouvrages citées précédemment, mais y sont souvent exprimées en pieds, lignes & points – c’est bon, j’avais, déjà, suffisamment donné avec les canons ! -.
    3. Frégate de 18, percée à 14
    La source faisant référence à la généralisation systématique de 28 pièces de 18, en batterie principale, donc, à 14 sabords par bord, à dater de 1789, n’est autre que l’ouvrage de Boudriot, Frégate, Marine de France 1650-1850, cf. introduction aux frégates de 18 livres – dans la version en anglais, il s’agit de la page 174, colonne 2 – ; jusqu’alors, entre l’application du Règlement de 1786 et 1789, l’armement avait varié, selon la frégate mise en chantier, entre 26 (percée à 13) et 28 canons de 18 livres (percée à 14).
    Selon le Règlement de 1793, qui restera en vigueur jusqu’en 1807, on se retrouve avec :
    • Des frégates dites de « 50 canons », avec 30 pièces de 24 livres (percées à 15), 20 de 8 livres, en gaillards, et 4 obusiers de pont de 36 livres – qui, eux ne sont pas comptabilisés avec les canons-.
    • Des frégates de « 40 canons », avec 28 pièces de 18, 12 de 8 et 4 obusiers de 36.
    • Des frégates de « 38 canons », avec 26 pièces de 18, 12 de 8 et 4 obusiers de 36.
    • Des frégates de « 36 canons », à 26 pièces de 12, 10 de 6 et 4 obusiers de 36.
    • Des frégates de « 32 canons », à 26 pièces de 12, 6 de 6 et 4 obusiers de 36.
    • Des frégates de « 28 canons », à 24 pièces de 8, 2 de 6 et 6 obusiers de 36.
    La mise en service des caronades de 36 & 24 (Modèle An 13, 1804-1805), la dernière citée n’étant systématiquement installée sur les frégates qu’à dater de 1810, les verra comptabiliser dans le total des pièces. Par voie de conséquence, la frégate de 18 livres, dite de « 40 canons », deviendra la « frégate de 44 canons ». Il existe, néanmoins, un flou artistique sur le nombre possible de caronades de 36 (et même de 24) qui pouvaient être embarquées sur une frégate, l’obusier de pont de 36, pesant 350 kg, la caronade de 36, 1223, celle de 24, 834. Remplacer 4 obusiers, poids total, 1400 kg, par autant de caronades de 36 (7336 kg) impliquait une surcharge de 6 tonnes. En soi, comparée au déplacement d’une frégate, c’était « peanuts », mais 3 tonnes, par-ci, 6 tonnes, par-là, etc., çà finissait par compliquer, de manière non négligeable, le calcul de l’assiette.

  11. Ne m’en voulez pas de vous dire que je trouve que le site Trois+Ponts est exagérément aimable avec nous : il accepte mes commentaires pas assez attentivement relus, et donc riches en coquilles, et aussi les vôtres dont l’intérêt va hélas en diminuant et frôle maintenant le pollupostage : quel rapport entre votre long commentaire et le sujet initial de notre conversation ?

    Vous êtes libre, lorsque je vous donne la définition officielle de la livre française, de lui préférer telle ou telle approximation d’une source de second choix (estimable, où je trouve parfoid quelques explications précieuses, mais de second choix) ; la livre valait 9216 ÷ 18827,15 ㎏ ≈ 489,506g d’après la définition même du système métrique. Ce rapport donna d’ailleurs la première définition officielle fixe du kilogramme (après une estimation provisoire).

    Concernant les poids des canons, votre commentaire est raté. J’ai donné les valeurs exactes, et vous vous vous contentez d’aligner des chiffres contradictoires sans pouvoir juger de la valeur respective de vos sources. Voici pour vous aider (Lafay ne commet qu’une erreur, sur le 18 livres : calibre réel, 116,74 ㎜ ; vent, 3,95 ㎜ ; âme, 120,69 ㎜). Si vous préférez les poids en livres, je puis ajouter deux ou trois autres sources fiables.

    J’avais bien compris que vous aviez confondu la longueur hors tout de la Victory de 1765 et la longueur de sa batterie basse, comparant ainsi des mesures non comparables, mais que vous puissiez commettre une telle erreur prouve que vos connaissances sont encore bien superficielles et bien fragiles. Pou votre gouverne, la longueur de ce navire était de 186′, soit 56,69 m (j’espère que vous ignorez les mesures anglaises moins que les nôtres). Les trois-ponts anglais étaient bien petits à côté de leurs rivaux français avant que la prise du Commerce-de-Marseille obligeât la Royal Navy à accroître considérablement les dimensions de ses vaisseaux de premier rang (de 2095 à 2286 tonneaux de jauge brute avant la guerre, et un vaisseau de 2351 tjb en chantier, contre 2747 pour notre trois-ponts ; les deux vaisseaux britanniques de premier rang conçus ensuite faisaient 2530 puis 2616 tjb) ; si on l’ignore, c’est qu’on a vraiment tout à apprendre sur cette question.

    Votre premier commentaire comportait des erreurs de perspective dues à un manque de connaissances générales, mais au lieu de vous concentrer sur l’essentiel vous semblez vouloir prouver quelque chose, et vous ajoutez donc mille renseignements plus ou moins valables, et peu liés à notre sujet. Sujet qui était : les frégates de 24 représentaient-elles un progrès sur celles de 18 ? Oui, un progrès considérable, et leur adoption rendit obsolètes leurs prédécesseurs. Napoléon avait raison de vouloir des frégates de 24, mais je dis que leur adoption n’aurait pas suffi à surmonter l’impossibilité pour notre marine nationale de rivaliser avec la Royal Navy, laquelle impossibilité venait du manque de personnel formé (95 % de nos officiers de marine avaient pour mille raison disparu de nos effectifs à la Révolution, et la perte de toute compétence était incurable en pleine guerre).

    Surtout ne m’en veuillez, je vous en prie, de vous écrire sur ce ton. Vraiment votre premier commentaire me laisse supposer que vous êtes dans un état d’ignorance relative que vous devriez corriger assez facilement dans les quelques années qui viennent ; j’ai fait des commentaires, il y a quelques années de cela, aussi pleins de fautes à peu près. Je crois que vous valez bien mieux que vos deux derniers commentaires.

    J’essaye de placer les meilleures sources dans mes commentaires, de rendre disponible aisément des années de travail,, et si vous prenez le temps de parcourir préalablement les différentes pages de ce site vous aurez l’essentiel sur les vaisseaux et frégates de Sané, et sur de nombreux autres navires, rien que par ces sources-là. Et je ne dis rien des articles de Trois-Ponts! eux-mêmes, toujours fort instructifs, et qui m’ont bien aidé dans mes recherches sur les questions fondamentales.

    Pas de cilice, s’il-vous-plaît : j’estime vraiment votre premier commentaire, malgré ses erreurs de perspective dues à un manque d’assimilation des données, sorte d’erreurs que le temps corrigera forcément. Et je serai ravi de discuter d’un autre sujet avec vous, ou bien, si vous le voulez, de reprendre notre discussion initiale sur des bases plus solides.

  12. J’ai écrit que Lafay se trompait sur les canons de 18, mais il s’agit bien sûr de ceux de 12, comme le prouvaient les nombres qui suivaient.
    Mon lapsus s’ajoute aux confusions de Loïc Charpentier.
    Ce n’était pas le sujet initial, mais les dimensions d’un vaisseau de 74 de la classe du Téméraire de 1782 étaient de 172P× 44P6p × 22P (voir, par exemple, le capitaine Missiessy en 1789) ; celles de la frégate à canons de 24 la Forte, de 160P × 40P × 21P6,6p (voir l’ouvrage de l’amiral Pâris) ; celles d’une frégate de 18 de la classe de l’Hortense, de
    144P × 36P8p × 19P (contre-amiral Missiessy en 1803) ; leurs finesses sont donc de 3,87, de 4 et de 3,93 (la finesse des quatre classes de frégates de Sané varia de 3,89 à 3,97).
    Sur les dimensions des vaisseaux et des frégates selon les chiffres de Boudriot, Loïc Charpentier confond différentes choses. Les chiffres 55,90 × 14,90 × 7,25 sont, pour le premier, une erreur d’arrondi (Boudriot prenait 32½㎝ pour un pied, au lieu de 32,4839 ㎝ ; en fait 172P font 55,87 m) ; le second chiffre est manifestement pris à la flottaison, choix pertinent lorsqu’il s’agit des qualités nautiques, mais alors il faut comparer à la longueur à la flottaison, et non à celle de la batterie (et retenir environ 55,6 au lieu de 55,9) ; le troisième est une coquille manifeste : 22 pieds font 7,15 m, et non 7,25.
    Pour la Forte, les trois chiffres retenus ne sont pas non plus faux, mais incohérents : les deux premiers sont des arrondis des dimensions à la flottaison (51,974 × 13,373, voir l’Atlas du génie maritimede l’amiral Pâris, planche 14, reproduction du plan d’origine) , le troisième est le creux, alors que si on se rapporte à la flottaison il faut retenir la profondeur de carène, donc 5,700 m et non 7,000.
    Comparer la finesse d’un vaisseau, calculée par le rapport hétérogène de la longueur à la première batterie, arrondie par excès à la largeur à la flottaison, avec la finesse d’une frégate mesurée exclusivement à la flottaison est une erreur due à la méconnaissance.
    Quant aux frégates de 18, le mieux est de retenir les valeurs des plus caractéristiques, celles de Sané : ce sont celles que j’ai données.
    Pour les canons, c’est encore la confusion : parmi toutes les sources que cite Loïc Charpentier, bonnes et mauvaises, il y a l’ouvrage de Babron, de 1817, auquel j’ai préféré celui de Lafay, bien plus rigoureux et plus fiable, mais datant de 1850. Or ils sont d’accord sur le poids des canons de marine français du système Gribeauval (voir pages 14 et 15), mais pas sur le poids de leurs affûts, et il est évident que Babron, qui prétend citer le règlement de 1786, nous donne ici des chiffres crédibles, et que Lafay nous donne peut-être le poids d’affûts plus tardifs. Donc Babron pourrait avoir raison ; les valeurs réelles, de 1786 à au moins 1817 seraient alors celles données page 187 de son livre. En acceptant ces valeurs, et en y ajoutant les poids de peinture proportionnés, on trouve :
    – Canon de 36 L/15,6 :
    7190 + 1283 liv. + peinture ≈ 4149 ㎏
    – Canon de 24 L/16,6 :
    5116 + 936 liv. + peinture ≈ 2963 ㎏
    – Canon de 18 L/18,2 :
    4212 + 735 liv. + peinture ≈ 2422 ㎏
    – Canon de 12 L/19,0 :
    2995 + 547 liv. + peinture ≈ 1734 ㎏
    – Canon de 8 L/23,3 :
    2382 + 437 liv. + peinture ≈ 1380 ㎏
    Les chiffres de Lafay ne différant que par le moindre poids de leurs affûts aboutissent à 4055 ㎏, 2905 ㎏, 2396 ㎏, 1679 ㎏ et 1340 ㎏ respectivement pour ces mêmes canons.
    Il faut remarquer qu’en revanche les chiffres de Babron sur l’artillerie britannique sont pure fantaisie ; il y a nombre d’erreurs dans son ouvrage.
    On comparera ses chiffres à ceux donnés par Lafay
    pour les affûts et pour leur peinture. Il est évident que les chiffres de la « reproduction du document d’un document du 26 mai 1807 :
    3520 ㎏, affût (nu) : 538 ㎏ – poids total : 4058 ㎏
    24 livres : 2505 ㎏, affût (nu) : 414 ㎏ – poids total : 2970 ㎏
    18 livres : 2061 ㎏, affût (nu) : 330 ㎏ – poids total : 2425 ㎏
    12 livres : 1466 ㎏, affût (nu) : 225 ㎏ – poids total : 1945 ㎏
    » sont une simple altération des données initiales.
    Pour les frégates 18, le lancement après 1786 de certaines percées à 13 et d’autres percées à 14 prouve simplement qu’il y a un délai entre la conception et le lancement : c’est donc bien à partir du règlement de 1786 qu’elles sont percées à 14.
    D’une manière générale, notre discussion aura été empreinte d’une grande confusion, la mienne venant d’un manque de soin et d’un défaut de relecture, la confusion de Loïc Charpentier venant d’une utilisation incertaine de sources allant des plus fiables aux moins fiables, qu’il retient sans discernement faute de certaines connaissances (si on veut les chiffres exacts pour les dimensions des canons de marine, il faut les prendre chez Lafay, sources d’une rigueur extraordinaire, et comportant peu de coquilles).
    Je lui tire toutefois mon chapeau pour sa culture générale et pour ce qu’il a déjà compris de l’histoire navale ; quand il sera capable de mieux choisir ses sources, ce qui viendra bientôt avec l’expérience, son érudition lui permettra d’en tirer un parti excellent.

  13. J’ai commis une faute en HTML ; il ne me reste qu’à espérer que le modérateur effacera mon commentaire en attente…
    J’ai écrit que Lafay se trompait sur les canons de 18, mais il s’agit bien sûr de ceux de 12, comme le prouvaient les nombres qui suivaient.
    Mon lapsus s’ajoute aux confusions de Loïc Charpentier.
    Ce n’était pas le sujet initial, mais les dimensions d’un vaisseau de 74 de la classe du Téméraire de 1782 étaient de 172P× 44P6p × 22P (selon l’ingénieur et capitaine de vaisseau Missiessy en 1789, puis, devenu contre-amiral, en 1803); celles de la frégate à canons de 24 la Forte, de 160P × 40P × 21P6,6p ; celles d’une frégate de 18 de la classe de l’Hortense, de
    144P × 36P8p × 19P (Missiessy, 1803) ; leurs finesses sont donc respectivement de 3,87, de 4 et de 3,93 (la finesse des quatre classes de frégates de Sané varia de 3,89 à 3,97).
    Sur les dimensions des vaisseaux et des frégates selon les chiffres de Boudriot, Loïc Charpentier confond différentes choses. Les chiffres 55,90 × 14,90 × 7,25 sont, pour le premier, une erreur d’arrondi (Boudriot prenait 32½㎝ pour un pied, au lieu de 32,4839 ㎝ ; en fait 172P font 55,87 m) ; le second chiffre est manifestement pris à la flottaison, choix pertinent lorsqu’il s’agit des qualités nautiques, mais alors il faut comparer à la longueur à la flottaison, et non à celle de la batterie (et retenir environ 55,6 au lieu de 55,9 pour diviser par 14,90 ; si on compare les dimensions intérieures, il faut prendre 55,87 et 14,46) ; le troisième est une coquille manifeste : 22 pieds font 7,15 m, et non 7,25.
    Pour la Forte, les trois chiffres retenus ne sont pas non plus faux, mais incohérents : les deux premiers sont des arrondis des dimensions à la flottaison (51,974 × 13,373, voir l’Atlas du génie maritimede l’amiral Pâris, planche 14, reproduction du plan d’origine) , le troisième est le creux, alors que si on se rapporte à la flottaison il faut retenir la profondeur de carène, donc 5,700 m et non 7,000.
    Comparer la finesse d’un vaisseau, calculée par le rapport hétérogène de la longueur à la première batterie arrondie par excès à la largeur à la flottaison, avec la finesse d’une frégate mesurée exclusivement à la flottaison, est une erreur due à la méconnaissance.
    Quant aux frégates de 18, le mieux est de retenir les valeurs des plus caractéristiques, celles de Sané : ce sont celles que j’ai données.
    Pour les canons, c’est encore la confusion : parmi toutes les sources que cite Loïc Charpentier, bonnes et mauvaises, il y a l’ouvrage de Babron, de 1817, auquel j’ai préféré celui de Lafay, bien plus rigoureux et plus fiable, mais datant de 1850. Or ils sont d’accord sur le poids des canons de marine français du système Gribeauval (Lafay : pages 14 et 15), mais pas sur le poids de leurs affûts, et il est évident que Babron, qui prétend citer le règlement de 1786, nous donne ici des chiffres crédibles, et que Lafay nous donne peut-être le poids d’affûts plus tardifs. Donc Babron pourrait avoir raison ; les valeurs réelles, de 1786 à au moins 1817 seraient alors celles données page 187. En acceptant ces valeurs, et en y ajoutant les poids de peinture proportionnés, on trouve :
    – Canon de 36 L/15,6 :
    7190 + 1283 liv. + peinture ≈ 4149 ㎏
    – Canon de 24 L/16,6 :
    5116 + 936 liv. + peinture ≈ 2963 ㎏
    – Canon de 18 L/18,2 :
    4212 + 735 liv. + peinture ≈ 2422 ㎏
    – Canon de 12 L/19,0 :
    2995 + 547 liv. + peinture ≈ 1734 ㎏
    – Canon de 8 L/23,3 :
    2382 + 437 liv. + peinture ≈ 1380 ㎏
    Les chiffres de Lafay ne différant que par le moindre poids de leurs affûts aboutissent à 4055 ㎏, 2905 ㎏, 2396 ㎏, 1679 ㎏ et 1340 ㎏ respectivement pour ces mêmes canons.
    Il faut remarquer qu’en revanche les chiffres de Babron sur l’artillerie britannique sont pure fantaisie ; il y a nombre d’erreurs dans son ouvrage.
    On comparera ces chiffres à ceux donnés par Lafay pour les affûts et pour leur peinture. Il est évident que les chiffres de la « reproduction d’un document du 26 mai 1807 :
    3520 ㎏, affût (nu) : 538 ㎏ – poids total : 4058 ㎏
    24 livres : 2505 ㎏, affût (nu) : 414 ㎏ – poids total : 2970 ㎏
    18 livres : 2061 ㎏, affût (nu) : 330 ㎏ – poids total : 2425 ㎏
    12 livres : 1466 ㎏, affût (nu) : 225 ㎏ – poids total : 1945 ㎏
    » sont une simple altération des données initiales.
    Pour les frégates 18, le lancement après 1786 de certaines percées à 13 et d’autres percées à 14 prouve simplement qu’il y a un délai entre la conception et le lancement : c’est donc bien à partir du règlement de 1786 qu’elles sont percées à 14.
    D’une manière générale, notre discussion aura été empreinte d’une grande confusion, la mienne venant d’un manque de soin et d’un défaut de relecture, la confusion de Loïc Charpentier venant d’une utilisation incertaine de sources allant des plus fiables aux moins fiables, qu’il utilise sans discernement faute de certaines connaissances (si on veut les chiffres exacts pour les dimensions des canons de marine, il faut les prendre chez Lafay, sources d’une rigueur extraordinaire, et comportant peu de coquilles).
    Je lui tire toutefois mon chapeau pour sa culture générale et pour ce qu’il a déjà compris de l’histoire navale ; quand il sera capable de mieux choisir ses sources, ce qui viendra bientôt avec l’expérience, son érudition lui permettra d’en tirer un parti excellent.

  14. Bonjour,
    Dans mon inculture navale, dont vous vous gaussez, à plaisir, avec une feinte condescendance, j’avais volontairement omis de citer l’ouvrage de J. Lafay, publié en 1850, sur autorisation du Ministre de la Marine et des Colonies, en date du 11 septembre 1848, en raison, justement, de sa publication tardive, par rapport à la période concernée – en gros, 1789-1815 -. C’est intentionnellement que j’ai fait référence aux quatre ouvrages publiés entre 1817 et 1828, afin de mettre en exergue la difficulté d’obtenir les « bons » chiffres, en se référant aux seuls documents quasi-contemporains, tout au moins, pour ce qui concerne les deux premiers cités, ceux rédigés par JBA Brabon & P.-G. Gicquel-des-Touches, publiés en 1817. Le Traité d’artillerie navale d’Howard Douglas avait été publié en Angleterre, en 1819, mais sa traduction française, elle, ne l’avait été qu’en 1826. Quand Lafay avait établi ses tableaux de caractéristiques dimensionnelles, le système métrique était devenu d’usage courant – pour mémoire, il est bon de se souvenir qu’il avait fallu près de 20 ans aux familles françaises, pour s’adapter au « franc lourd » ou « nouveau franc », qui avait remplacé la monnaie nationale précédente, dite « anciens francs », dès 1960. Certaines habitudes ont la vie dure ! -. Il détaille dans son ouvrage toute une série de mesures, exprimées en millimètres, qui n’existaient pas dans les ouvrages antérieurs, et indique des poids, qui correspondent, exactement, à ceux indiqués sur l’état de 1807, publié par J. Boudriot, … à un détail près, le poids des « affûts marins à 4 roulettes », qui, eux, figurent aux pages 125 & 126 de son ouvrage original mais qui diffèrent des données mentionnées par J. Boudriot :

    Affût de 36 livres : 535 kg (Lafay), 640 kg (Boudriot)
    Affût de 24 livres : 400 kg (Lafay), 470 kg (Boudriot)
    Affût de 18 livres : 334 kg (Lafay), 365 kg (Boudriot)
    Affût de 12 livres : 212 kg (Lafay), 275 kg (Boudriot)

    Nota : sachant que les chiffres indiqués pour les tubes et affûts des pièces de 24, 18, 12 correspondent aux pièces dites « longues », installées, uniquement, sur les gaillards et le pont « supérieur », à proximité immédiate du haubanage, pour éviter d’y mettre le feu. Sur les frégates de 24, 18 & 12 livres, de la période Revolution-1er Empire, les pièces « courtes » constituaient l’artillerie de la batterie principale et le canon « long » n’était utilisé que pour les pièces « de pont » de 8 livres & 6 livres (frégates de 12 livres). Pour les pièces dites « courtes », la différence de longueur variait entre 12 mm (pièce de 24), 35 mm (pièce de 18) et 78 mm (pièce de 12) et leurs poids, de 389 kg (24), 346 kg (18 & 12 livres). En parallèle, le poids des affûts des pièces « courtes » diminuait, également, de 18 kg pour le 24 & le 18, 8 kg pour 12 livres. Tous les chiffres cités proviennent des comparatifs effectués à partir de l’ouvrage de Lafay, que vous avez décrété, de votre propre chef, comme étant la seule source « officielle sérieuse » – ce qui était, effectivement, le cas, en 1850, mais non, en 1817 ou 1828 !

    Je vous fais confiance pour démolir mon propos dans vos prochaines réponses, mais je ne saurais trop vous encourager à lire la publication prochaine – au cours du semestre en cours – d’un ouvrage, sans prétention, rédigé par « l’Inculte », à propos de l’artillerie de campagne allemande 1933-1945. Je me suis, effectivement, planté sur quelques centimètres, pouces, livres, kilogrammes – vous aussi, d’ailleurs, me semble-t-il – mais vous y constaterez que je ne suis pas totalement ignare dans le domaine de l’artillerie navale & terrestre.

    Désolé d’avoir posé, par mégarde, mes gros godillots sur vos plates-bandes. Je vais suivre vos « sages » conseils et reprendre la lecture de Bibi Fricotin et des Pieds Nickelés, que je n’aurais jamais du interrompre.

    Bien à vous.

    Loïc Charpentier… 72 balais aux prochaines châtaignes !

    Nota : Ce sera ma dernière et ultime intervention sur ce site, mais j’aurais apprécié, néanmoins, connaitre l’identité de mon « interlocuteur » ; c’eut été la moindre des politesses de votre part. Au départ, je pensais que vous étiez le détenteur et fondateur du site, mais me référant à certains de vos propos, il semble s’avérer que ce n’est pas le cas. Cela dit, votre identité m’importe peu !

  15. Et si je vous surprenais en ne démolissant pas votre propos, mais en le modérant ?

    Vous en jugerez.

    Votre long développement sur l’artillerie confirme ce que j’ai dit sur la possibilité d’une modification des affûts et ne change rien à mon commentaire, sinon qu’en conclusion vous me blâmez de décréter que Lafay est la source fiable.
    Vous accordez du crédit à Babron, or ses chiffres confirment exactement les poids des canons du système de 1786 donnés par Lafay. Celui-ci dont le travail est publié en 1850 ne peut être la source de Babron, qui écrit en 1817, et Babron n’est pas non plus la source de Lafay, dont les données sont incomparablement plus riches. Lorsque deux sources indépendantes donnent de mêmes chiffres, elles se confirment, et si on ajoute d’autres sources, publiées de 1822 à 1900 et donnant aussi ces mêmes chiffres, les données discordantes en perdent tout crédit, surtout lorsqu’elles sont la traduction d’un travail d’un auteur anglais qui ne saurait être ici une source primaire.
    On pourrait objecter que Lafay, Babron et les autres ont puisé à une source commune : oui, les deux officiers de marine au moins ont repris les données officielles, auxquelles ils avaient accès, ce qui confirme encore leur fiabilité.
    Lorsqu’il faut choisir entre Babron et Lafay, pourquoi préférer le second ?
    Au premier regard sur leurs livres on voit ce qui les sépare, et il y suffit de suivre les liens de mon commentaire précédent. Que l’on compare la minutie achevée de l’Aide-mémoire de Lafay à l’imperfection brouillonne de Babron. Les erreurs de ce dernier sont nombreuses, et parfois il semble même mentir : la page 187 où il donne les poids des canons français est celle aussi où, après avoir dit la difficulté de cette tâche, il donne les poids qu’il suppose aux canons de la Royal Navy. Il n’y a qu’à comparer ces chiffres à ceux de l’historiographie la plus sérieuse (Nautical Research Journal par exemple) pour constater le caractère fantaisiste de ceux de Babron. Trouvez donc de si grossières erreurs chez Lafay.
    Du reste, la lettre du ministère de la marine et des colonies prouverait le sérieux de l’Aide-mémoire de Lafay à celui qui voudrait le contester.

    LETTRE DU MINISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES.

    Citoyen,

    L’aide-mémoire d’artillerie navale que vous avez rédigé et que vous avez remanié dans le sens des observations contenues dans la dépêche du 14 juin 1847, a été l’objet d’un nouvel examen, et cet examen a donné lieu aux observations que vous voudrez bien trouver dans la note ci-jointe.

    D’après le rapport qui m’a été fait de ce travail, je suis disposé à en autoriser la publication, après que vous y aurez fait les modifications et les suppressions indiquées dans ladite note, sans que, cependant, cette autorisation puisse donner à cette publication un caractère officiel.

    Du reste, citoyen, je me plais à confirmer les éloges que la dépêche du 14 juin 1847 avait donnés au zèle et à la persévérance dont vous avez fait preuve dans l’accomplissement d’une tâche que vous vous êtes imposée, surtout en vue de vous rendre utile aux officiers des différents corps militaires de la marine.

    SALUT ET FRATERNITÉ.

    Pour le Ministre de la Marine et des Colonies, et par son ordre,
    Le secrétaire-général,

    Signé : VARAGNAT.

    Il s’agit donc d’une publication non officielle mais approuvée par le ministère de la marine, et à l’usage des officiers de marine : c’est leur aide-mémoire. D’où son titre.
    Ite, missa est.

    Vous me blâmez aussi de discuter pour des millimètres : c’est injuste. Relisez ce que nous avons écrit.
    Le 10 mai, vous dites que le vaisseau français de 74 canons de l’époque révolutionnaire faisait 169P (donc 54,90 m) ; dans ma réponse (4 juillet), je précise qu’il faisait 172P (55,87 m), en remarquant que l’erreur n’est pas si grande que je ne m’expose à l’accusation de pinailler, mais vous me corrigez (10 juillet) en disant 55,90 m, ce qui est une approximation acceptable du chiffre précis que je venais tout juste de donner ; mais alors, qui mégote ? Qui ouvre le feu ?
    Vous ajoutez la largeur et le creux de ces vaisseaux, mais le deuxième chiffre (14,90 m) est mesuré à la flottaison, au contraire de la longueur (la largeur correspondant à la longueur donnée vaudrait 14,46 m), et le troisième souffre d’une coquille (7,25 m au lieu de 7,15 m). Dois-je vouloir taire ces erreurs, quand vous voulez corriger les miennes ?
    Il est exact que je me trompe aussi, et je corrige mes erreurs comme les vôtres : j’ai écrit le 12 juillet que la longueur à la flottaison de la Forte était 51,974 m, ce qui était en fait sa longueur à la batterie. C’est un lapsus d’autant plus manifeste que je disais en même temps que c’était la longueur à la flottaison que vous avez donnée (rigoureusement : 51,365 m).
    Et j’ai déjà dit avoir commis un autre lapsus en écrivant canon de 18 au lieu de canon de 12. Est-ce que je cache mes erreurs ?
    Si vous pensez que je me suis trompé sur certains chiffres, dites-le, comme vous l’avez fait de façon infondée jusqu’ici, mais pourquoi me reprocher ensuite de chicaner ?
    J’avais donné des chiffres justes, vous offrant de les vérifier par des liens, liens que vous les avez rejetés de votre propre autorité, avant de prétendre, à tort, corriger ces chiffres ; où est le motif de m’accuser de chicaner ?
    Et si, en plus, ma source est l’ingénieur qui a écrit à l’époque une monographie sur l’arrimage de tel vaisseau, ou si c’est le plan même de telle frégate, tandis que vous n’avez qu’une source secondaire, est-ce à mettre à mon débit, ou à mon crédit ?

    Vous me reprochez de laisser entendre que vous souffririez d’inculture, et même de vous avoir écrit que vous seriez inculte puisque vous mettez des guillemets à ce mot, or si vous cherchez inculte et inculture ils n’apparaissaient pas avant le commentaire où vous les écrivez.
    Vous me direz que c’était implicite à défaut d’être explicite, mais du moins ne mettez de guillemets, et surtout relisez encore ce qui est écrit.
    Vous aviez en substance dit que la Victory de 1765 était le géant de son temps, or les marins anglais s’étonnaient de la grandeur des vaisseaux français et s’émerveillaient de leurs qualités : c’est le refrain de ce temps ; si on commet l’erreur que vous avez commise, c’est, me semble-t-il, faute de le savoir, donc faute de connaître le fait marquant de cette question. Transposons à un sujet que vous devez maîtriser : si quelqu’un dit que le char Sherman faisait plus de cent tonnes et surpassait les Tigres et les Panthères, a-t-il une connaissance sûre du sujet ? Si on écrit que le canon allemand de 10,5 était plus lourd et plus puissant que le canon soviétique de 203, est-on un spécialiste de ce sujet ?
    Quelqu’un qui ferait de telles erreurs serait-il inculte selon vos critères, ou bien comprenez-vous, quand s’agit d’autrui, que ce n’est pas à cette aune que l’on mesure la culture ?
    Et surtout, n’est-il pas injuste de me reprocher de vous avoir traité d’inculte, alors que j’ai salué tout au contraire votre érudition, et plusieurs fois ? Alors que j’ai rendu hommage à ce que vous aviez déjà compris ? Alors que j’ai salué chapeau bas les qualités de vos commentaires ?
    Votre maîtrise de langue suffirait à ridiculiser celui qui vous traiterait d’inculte. Pourtant j’estime avoir le droit d’écrire qu’une erreur est une erreur, sans me voir reprocher, s’il-vous-plaît, de proférer l’ânerie que vous me prêtez : personne n’a dit que vous étiez inculte. Ou alors les mots ont perdu tout sens.

    Vous ferez ce que vous voudrez bien faire, je n’y peux rien. Si j’étais vous, je demanderais au site Trois-Ponts! de ne conserver que les trois premiers commentaires de cette page, et d’effacer les autres à cause du tour pris par la discussion, que la faute m’en revienne, ou à vous, ou un peu à nous deux.

    Je n’éprouve aucune hostilité pour ceux avec lesquels je suis en désaccord, et je n’ai que de la peine quand j’en discerne chez autrui.

    Bien attristé.

  16. Ce n’était pas le sujet initial, mais autant résoudre ce problème.

    Caractéristiques des canons de marine français selon le règlement de 1786 :
    – 36 liv. L/15,6 :

    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2924 ㎜ ⑵ ⑶
    Âme : 174,83 × 2725 ㎜ ⑴ ⑵
    Calibre du boulet plein : 169,19 ㎜ ⑴ ⑶
    Vent : 5,64 ㎜ ⑴ ⑶
    Poids du canon seul : 3520 ㎏ ⑴ ⑵ ⑶ ⑷
    Poids avec l’affût : 4149 ㎏ ⑶ [4055 ⑴]
    – 24 liv. L/17,0 :
    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2761 ㎜ ⑵ ⑶
    Âme : 152,46 × 2587 ㎜ ⑴ ⑵
    Calibre du boulet plein : 147,38 ㎜ ⑴ ⑶
    Vent : 5,08 ㎜ ⑴ ⑶
    Poids du canon seul : 2504 ㎏ ⑴ ⑵ ⑶ ⑷
    Poids avec l’affût : 2963 ㎏ ⑶ [2905 ⑴]
    – 18 liv. L/17,6 :
    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2599 ㎜ ⑵ ⑶
    Âme : 138,73 × 2436 ㎜ ⑴ ⑵
    Calibre du boulet plein : 134,22 ㎜ ⑴ ⑶
    Vent : 4,51 ㎜ ⑴ ⑶
    Poids du canon seul : 2062 ㎏ ⑴ ⑵ ⑶ ⑷
    Poids avec l’affût : 2422 ㎏ ⑶ [2396 ⑴]
    – 12 liv. L/18,9 :
    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2436 ㎜ ⑵ ⑶
    Âme : 121,25 × 2294 ㎜ ⑴ ⑵
    Calibre du boulet plein : 117,30 ㎜ ⑴ ⑶
    Vent : 3,95 ㎜ ⑴ ⑶
    Poids du canon seul : 1466 ㎏ ⑴ ⑵ ⑶ ⑷
    Poids avec l’affût : 1679 ㎏ ⑶ [1734 ⑴]
    – 8 liv. L/23,3 :
    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2599 ㎜ ⑵ 2788 ㎜ ⑶
    Âme : 106,02 × 2475 ㎜ ⑴ ⑵
    Calibre du boulet plein : 102,64 ㎜ ⑴ ⑶ Vent : 3,38 ㎜ ⑴ ⑶
    Poids du canon seul : 1166 ㎏ ⑴ ⑵ ⑶ ⑷
    Poids avec l’affût : 1380 ㎏ ⑶ [1340 ⑴]
    – 8 liv. L/19,8 :
    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2220 ㎜ ⑵
    Âme : 106,02 × 2096 ㎜ ⑴ ⑵
    Calibre du boulet plein : 102,64 ㎜ ⑴ ⑶
    Vent : 3,38 ㎜ ⑴ ⑶
    Poids du canon seul : 1006 ㎏ ⑴ ⑵
    Poids avec l’affût, par extrapolation : entre 1150 et 1200 ㎏.
    – 6 liv. L/22,5 :
    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2274 ㎜ ⑵ ⑶
    Âme : 96,25 × 2161 ㎜ ⑵
    Calibre du boulet plein : 92,86 ㎜ ⑶ Vent : 3,38 ㎜ ⑴ ⑶
    Poids du canon seul : 848 ㎏ ⑵ ⑶ ⑷
    Poids avec l’affût : 1011 ㎏ ⑶
    – 6 liv. L/19,6 :
    Longueur du canon, de la culasse à la tranche : 2003 ㎜ ⑵
    Âme : 96,25 × 1890 ㎜ ⑵
    Calibre du boulet plein : 92,86 ㎜ ⑶
    Vent : 3,38 ㎜ ⑶
    Poids du canon seul : 749 ㎏ ⑵
    Poids avec l’affût, par extrapolation : entre 858 et 886 ㎏.

    ⑴ Jules-Joseph Lafay, Aide-mémoire d’artillerie navale, 1850 ; pages 14 et 15 ; peinture : page 139.

    ⑵ Charles Dupin, Voyages dans la Grande-Bretagne … Deuxième partie, Force navale (1825-1826), page 98.

    Canons dans la marine française.
    POIDS | DU BOULET.
    | DE LA PIÈCE.
    LONGUEUR | DE LA PIÈCE.
    | DE L’ÂME.

    ① 36
    7190
    108 po.
    100 po. 8 li.
    ② 24
    5116
    102 po.
    95 po. 7 li.
    ③ 18
    4212
    96 po.
    90 po.

    12
    2995
    90 po.
    84 po. 9 li.
    ⑤ 8 long.
    2382
    96 po.
    91 po. 5 li.
    ⑥ 8 court.
    2056
    82 po.
    77 po. 5 li.
    ⑦ 6 long. 1733
    84 po.
    79 po. 10 li.
    ⑧ 6 court.
    1530
    74 po.
    69 po. 10 li.

    J’ai omis les rapports du poids de la pièce à celui d’un de ses boulets, et ceux de la longueur d’âme au calibre (ces derniers sont faux).

    ⑶ JBA Babron, Précis des pratiques de l’art naval, publié en 1817 ; pages 187 et 188 :

    DIMENSIONS et Poids des Canons dans la Marine royale de France , suivant le Règlement de l’Ordonnance de 1786 , en anciennes mesures.
    CANONS EN FER , DE

    ① 36.
    ② 24.
    ③ 18.
    ④ 12.
    ⑤ 8, long
    ⑥ 6, long

    Longueurs des canons , de la culasse à la tranche. ……
    Calibre des canons. ……………………………
    Calibre des boulets. ……………………………
    Poids des canons. ………………………………
    Poids des affûts. …………………………………

    ① 9 pi.
    6 pi. 6 po. 5 lig. 6 p. [coquille : ne pas tenir compte des 6 pi.]
    6 po. 3 lig.
    7,190 liv.
    1,283
    ② 8 pi. 6 po.
    5 po. 7 lig. 7 p.
    5 po. 5 lig. 4 p.
    5,116 liv.
    936
    ③ 8 pi.
    5 po. 1 lig. 6 p.
    4 po. 11 lig. 6 p.
    4,212 liv.
    735
    ④ 7 pi. 6 po.
    4 po. 5 lig. 9 p.
    4 po. 4 lig.
    2,995 liv.
    547
    ⑤ 8 pi. 7 po. [coquille : lire 8 pi.]
    3 po. 11 lig.
    3 po. 9 lig. 6 p.
    2,382 liv.
    437
    ⑥ 7 pi.
    3 po. 6 lig. 8 p.
    3 po. 5 lig. 2 p.
    1,733 liv.
    332

    Une coquille affectant les données sur le canon de 36 (auquel est prêté un calibre de 6 pieds 6 pouces 5 lignes 6 points…) se corrige aisément.

    ⑷ Maurice Loir, La Marine royale en 1789 (ici !), pages 187 et 188 (publié en 1900).

    Les canons en usage, sous Louis XVI, étaient de six dimensions différentes et dénommés d’après le poids en livres du boulet de chacun d’eux : 36, 24, 18, 12, 8 et 6. Leurs poids étaient respectivement de 7.190 livres, 5.116, 4.212, 2.995, 2.382, 1.733.

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