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La première campagne de Jean Bart (1674)

Jean Bart engage des marins dunkerquois pour servir à bord du Roy David, par Virginie Demont-Breton

Un extrait intéressant de la biographie de Jean Bart, Corsaire du Roi Soleil par Patrick Villiers.

Nous sommes en 1674, le Dunkerquois Jean Bart commande à l’âge de 24 ans un petit navire de 36 tonneaux, le Roy David, armé par 2 canons et une trentaine d’hommes. Il réalise lors de sa première sortie sept prises. Patrick Villiers écrit, page 188 :

« […] Trois prises font la valeur de cette course, en premier lieu l’Aventure de Lamy, chargée de produits espagnols, ensuite la Colombe, dont le chargement de bois de Norvège est une manne pour l’arsenal et les chantiers navals, enfin l’Amitié. Le charbonnier et les busses de pêche valent principalement par la qualité de leur coque, la cargaison étant de faible valeur ; au total, Jean Bart fait sept prises valant 260 000 livres tournois.

Sachant que l’on peut estimer l’armement du Roy David de 15 000 à 25 000 livres tournois, la rentabilité est exceptionnelle : plus de 1 000 %. Après déduction des frais, du dixième de l’amiral et du 6 deniers pour livre (une livre = 240 deniers, soit 6/240e 2%) versé aux Invalides, il reste environ 200 à 220 l. t. à partager entre les actionnaires et l’équipage, deux tiers pour les premiers, un tier pour les seconds, soit 60 à 75 000 l. t.. En appliquant le règlement usuel déterminant les parts de prise, l’équipage de 34 hommes se partage environ 100 parts dont 12 pour le capitaine, 10 pour le second mais 1,5 pour les matelots et une demie pour les novices et les mousses. Jean Bart reçoit ainsi 7 000 à 9 000 l. t. et les matelots 900 à 1 200 l. t., alors que la solde mensuelle est de 16 livres sur les navires du roi. La campagne du Roy David leur apporte l’équivalent de huit à dix ans de salaire. On comprend mieux l’adoration qu’inspire Jean Bart ! »

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Histoires de corsaires sous le Consulat

La prise du Lord Nelson par le corsaire français la Bellone, le 14 août 1803. Par Auguste Mayer, 1872.

Le plus célèbre corsaire de l’époque napoléonienne est certainement Robert Surcouf. Il ne fut toutefois pas le seul à se distinguer pendant cette période, durant laquelle la guerre de course contre les Britanniques était particulièrement importante.

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Surcouf – Michel Vergé-Franceschi

Je signale la parution prochaine d’une biographie du fameux corsaire malouin Surcouf (1773 -1827) par l’historien Michel Vergé-Franceschi.

« Surcouf est-il un marin de légende ? Plutôt, n’y aurait-il pas une légende Surcouf ? C’est l’avis de Michel Vergé-Franceschi, un des plus grands historiens de la marine qui, pour la première fois, révèle le plus célèbre des corsaires tel qu’en lui-même, débarrassé des mythes, de la légende dorée comme de la légende noire.

Ce livre, c’est d’abord une vie extravagante d’aventure et de témérité. Né sous Louis XV, mort sous Charles X, Surcouf traverse la Révolution, le Consulat, l’Empire, sert Napoléon, qui le décore de la Légion d’honneur lors de la première promotion de l’ordre. Des rives de l’océan Indien, où il navigue dés l’âge de vingt ans, à sa phénoménale carrière de corsaire et d’armateur, Surcouf a défié le destin avec un culot et une fougue sans égal.

C’est ensuite un tabou que lève Michel Vergé-Franceschi, celui de l’esclavage. Pour avoir été un navigateur exceptionnel et un combattant sans peur, Surcouf n’en a pas moins été un profiteur de la traite négrière, grâce à laquelle il s’est considérablement enrichi. Voilà pourquoi cette vie révèle à la fois les promesses de l’avènement des Lumières et les ambiguïtés d’un monde qui était en train de mourir quand un autre s’apprêtait à naitre. »

Parution prévue le 5 janvier 2022 aux éditions Passés Composés !