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L’origine du nom de Lorient

Le saviez-vous ?

« Quand la Compagnie des Indes Orientales eut établi son siège au Port-Louis, en 1666, elle chercha un terrain pour établir ses chantiers de construction navale, et, après avoir pensé à Kernevel, Saint-Michel et Saint-Christophe, elle choisit un lieu désert, dont elle prit possession le 31 août 1666. Ce lieu est appelé par le sénéchal d’Hennebont soit Rohellec Beg er Roheu (lieu rocheux de la pointe des roches), soit le Faouédic (le petit bois de hêtres), du nom de la seigneurie voisine. Ce nom de Faouédic fut seul employé par les directeurs du Port-Louis dans leur correspondance ; mais il n’était pas exact, puisque le terrain n’était situé que « sur le canal de la rivière qui conduit vers les terres du Faouédic », comme l’atteste le procès-verbal de prise de possession. Les lettres émanant de Paris et de Versailles ne parlent que du Port-Louis ; il est donc clair que la Compagnie des Indes Orientales n’a jamais songé à baptiser solennellement ses chantiers du nom de « l’Orient ».

Ce nom s’est imposé peu à peu dans le pays. On aurait pu en trouver un autre ; mais celui-ci prévalut, parce que le navire de mille tonneaux, que la Compagnie mit sans attendre en chantier, fit certainement sensation dans la population du pays ; et ce vaisseau, dont la dénomination officielle était le Soleil d’Orient, était appelé communément l’Orient, comme le prouve la correspondance publiée par Dernis (Recueil… concernant la Compagnie des Indes Orientales, Paris, 1753, 4 vol. in-4°, pp. 277, 288, 290, 364, etc.). Il ne fut achevé qu’en 1671 ; et les chantiers, où l’on y travailla si longtemps, furent les « chantiers de l’Orient ».

[…]

Quand, le 6 mars 1671, le vaisseau l’Orient quitta la Bretagne pour les Indes, son nom resta aux chantiers où il était demeuré près de cinq ans en construction, et des chantiers il passa à l’agglomération qui se forma peu à peu dans la lande voisine. »

Source : Annales de Bretagne. Tome 58, numéro 1, 1951. pp. 200-201. « Le nom de Lorient », par H.-F. Buffet.

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Les vaisseaux à trois ponts français

La démonstration la plus évidente d’une puissance navale est depuis des siècles la réalisation de super-bâtiments, plus grands et plus puissants que les autres navires. A l’époque de la marine à voile, ces super-bâtiments étaient les vaisseaux à trois ponts, véritables monstres flottants manœuvrés par plus d’un millier d’hommes et portant plus de 100 canons.

Comme son nom l’indique, un vaisseau à trois ponts est « un bâtiment disposant de trois batteries continues et couvertes […] Par batterie continue, entendez suite d’artillerie, donc de sabords tribués régulièrement de la proue à la poupe ». C’est là une définition simple et classique de ce type de vaisseau, empruntée à Jean Boudriot, auteur de nombreux ouvrages et articles références sur le sujet.

Jean Boudiot explique les raisons de la construction de tels vaisseaux : « Tout d’abord, raison de prestige. En effet, à l’époque, comme encore aujourd’hui d’ailleurs, les constructions navales représentaient une « technique de pointe ». Un vaisseau trois-ponts est meilleur qu’un vaisseau deux-ponts, non seulement par son artillerie, mais par l’épaisseur et la hauteur de ses murailles, avantage important dans le combat rapproché. Le trois-ponts est, par excellence, vaisseau de pavillon et la présence au combat d’un vaisseau de ce rang à une réelle importance sur le plan moral ».

Cependant, de nombreux reproches étaient fait aux trois-ponts parmi lesquels de faibles qualités à la mer, une stabilité médiocre, un poids considérable, une lenteur importante et un prix extrêmement couteux, « sa construction réclamant, pour certaines pièces, des bois de très fortes dimensions, rares et chers, obtenus à partir des plus grands chênes, âgés parfois de trois siècles, les vieux arbres présentant souvent des défauts difficiles à déceler lors de la mise en œuvre et qui pouvaient causer un prompt dépérissement ».

Du fait de ces importants défauts, les trois-ponts ne sont guère appréciés dans la Marine française et relativement peu de vaisseaux de ce type sont construits durant les XVIIIe et XIXe siècle. La plupart servent d’ailleurs très peu et il n’est pas faux d’affirmer que jusqu’à l’adoption à la fin de l’Ancien Régime des 118 canons de type Sané-Borda, dont on a l’habitude de dire qu’ils étaient « les plus beaux vaisseaux du siècle », et exception faite de la Ville de Paris (1764) et de la Bretagne (1766), les trois-ponts français du XVIIIe siècle sont de médiocres vaisseaux.

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