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« La Bandera que vino de la mar »

Source : @Museo_Naval

Une exposition temporaire intéressante actuellement au Museo Naval de Madrid : « La Bandera que vino de la mar. Los colores que nos identifican » que l’on peut traduire par « Le drapeau qui vint de la mer. Les couleurs qui nous définissent » ouvert au public du 5 décembre 2025 au 5 avril 2026.

Parmi les pièces exposées à cette occasion se trouve un grand pavillon espagnol de 26 m². Ce pavillon, sans doute le plus ancien conservé par les Espagnols, fut celui du vaisseau Príncipe de Asturias (1794) lors de la bataille de Trafalgar en 1805.

Le vaisseau Príncipe de Asturias

Le Príncipe de Asturias fut lancé en 1794 à La Havane, Cuba. Il s’agissait d’un trois-ponts de 112 canons de type Santa Ana, une série remarquable de vaisseaux conçue par l’ingénieur José Romero Fernández de Landa (1735-1807). Celle-ci compta huit unités construites entre 1784 et 1794 : Santa Ana (1784), Mejicano (1786), Conde de Regla (1786), Salvador del Mundo (1787), Real Carlos (1787), San Hermenegildo (1789), Reina María Luisa (1791) et Príncipe de Asturias (1794). Un neuvième vaisseau, le Real Familia, ne fut jamais terminé.

Ces vaisseaux, parmi les meilleurs de la flotte espagnole de cette époque – oubliez le Santísima Trinidad (1769), vaisseau raté qui souffrait de graves problèmes de stabilité (!) – participèrent à toutes les grandes batailles de la marine espagnole pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire. Le Príncipe de Asturias ne fit pas exception à la règle : il prit notamment part aux batailles du cap Saint-Vincent, le 14 février 1797, et de Trafalgar, le 21 octobre 1805. Durant cette dernière, il porta la marque de l’amiral Federico Gravina, commandant de l’escadre espagnole, qui fut mortellement touché au bras pendant le combat. Malgré la défaite et les importants dégâts subis, il parvint à rentrer à Cadix.

Plus tard, en 1810, il fut envoyé à La Havane afin d’éviter sa capture par les Français. Il y coula faute d’entretien.

Un vaisseau espagnol de 112 canons de type Santa Ana. Extrait d’une série de plusieurs planches de navires espagnols réalisées vers 1800. National Maritime Museum, Greenwich, London

Le pavillon rojigualda

Le pavillon espagnol, la rojigualda, fut adopté en 1785, un peu moins de dix ans avant le lancement du Príncipe de Asturias. Antérieurement, les navires espagnols arboraient un pavillon essentiellement blanc (la couleur des Bourbons), proche de celui de la marine royale française, ce qui provoquait parfois des confusions. Pour remédier au problème, le roi d’Espagne Charles III chargea son ministre de la Marine, Antonio Valdés, de lui présenter plusieurs modèles de pavillons facilement reconnaissables de loin. Le ministre organisa un concours parmi lequel il sélectionna douze esquisses qu’il présenta au roi, lequel choisit le modèle que nous connaissons encore aujourd’hui.

Le décret royal du 28 mai 1785 précisait que le pavillon espagnol était composé de trois bandes horizontales de dimensions inégales : celle du milieu, en jaune, occupait la moitié du pavillon ; les bandes supérieure et inférieure, de couleur rouge, étaient toutes deux de taille égale et représentaient chacune un quart de la largeur du pavillon. Au milieu, légèrement décalé vers la hampe, se trouvait les armoiries royales de Castille et León, et la couronne de la monarchie.

Dés l’origine, ce nouveau pavillon fut uniquement destiné aux vaisseaux de la marine de guerre. Un autre pavillon – composé de cinq bandes rouges et jaunes – était réservé aux navires civils : navires marchands et corsaires (voir image ci-dessous). (Cette distinction existe toujours aujourd’hui même si le pavillon de la marine marchande est désormais légèrement différent.)

En 1843, la reine Isabella II reconnut la rojigualda comme le drapeau national de l’Espagne.

Les pavillons adoptés par le roi Charles III en 1785 : à gauche, le pavillon de la marine de guerre, et à droite celui de la marine marchande

Sources :
– Chaline, Olivier et Agustin Guimera. La Real Armada – La Marine des Bourbons d’Espagne au XVIIIe siècle
– Cruz Apestegui. L’armada – Maquettes Du Musée Naval De Madrid (XVIIe – XVIIIe Siècle)
Museo Naval – Site internet

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