Monographie : la corvette L’Amarante (1747)

Je signale la parution prochaine d’une nouvelle monographie, signée Gérard Delacroix, consacrée aux corvettes de 12 canons avec l’étude de L’Amarante construite en 1747 par le constructeur Joseph-Louis Ollivier, fils du fameux ingénieur-constructeur Blaise Ollivier.

Gérard Delacroix est l’auteur de plusieurs monographies, notamment publiés aux éditions Ancre, éditeur des ouvrages de Jean Boudriot : le 64 canons Le Fleuron (1729), la tartane La Diligente (1738), la chaloupe armée en guerre (1834), la corvette L’Aurore (1766), le gabare Le Gros Ventre (1766), et plus récemment, publiés aux éditions portant son propre nom, les monographies du vaisseau de 118 canons Le Commerce de Marseille (1788) et de la galère La Fleur de Lys (1690). Cette nouvelle monographie consacrée à la corvette L’Amarante est donc le huitième ouvrage de Gérard Delacroix, notamment administrateur d’un site et d’un forum très intéressants.

La souscription est actuellement au prix de 91 euros, elle est ouverte jusqu’au 15 juin 2012. La monographie, comptant 112 pages, sera disponible mi-juin, au prix de 96 euros.

Pour de plus amples informations, je vous invite à consulter la page dédiée à cette monographie, sur le site de Gérard Delacroix.

Blaise Ollivier définit la corvette au début des années 1740 comme étant une « petite frégate qui va à voiles et à rames et porte depuis 4 jusqu’à 16 ou 18 canons. On se sert des corvettes pour faire la course, pour escorter de petites flutes et à la suite d’une armée navale pour aller à la découverte et porter des nouvelles. Les corvettes ont 50 à 80 pieds de longueur de l’étrave et l’étambord, leur largeur est d’environ 3 pouces 3 lignes par pied de leur longueur, leur creux au milieu est de 5 pouces ou 5 pouces 2 lignes par pied de leur largeur […] Les corvettes sont percées de 2, 3, 4, 5, 6, 7 ou 8 sabords de chaque coté pour des canons de 4 éloignés d’environ 6 pieds les uns des autres. Elles sont aussi percées de plusieurs sabords d’aviron. » Les corvettes de Blaise Ollivier sont généralement considérées comme des bâtiments réussis et ont été une grande source d’inspiration pour l’ensemble des marines européennes tout au long du XVIIIe siècle.

L’Amarante est une corvette armée de 12 canons de 4 construite en 1747 à Brest par le fils de Blaise Ollivier (ce dernier décède le 20 octobre 1746 à Brest) : Joseph-Louis Ollivier, alors tout juste âgé de 18 ans. Elle fait naufrage près de Saint-Malo en février 1760.

A propos de Joseph-Louis Olliver, voici quelques mots, issus d’un article de Martine Acerra Les constructeurs de la marine (XVIIe-XVIIIe siècle) publié dans la Revue Historique n°273 (1984) :

« Joseph-Louis Ollivier réunit toutes les conditions pour être un grand constructeur du XVIIIe siècle mais en dépit de ses origines, ses talents et ses réalisations, il subira un blocage de carrière car les luttes d’influence sont féroces. Il nait à Brest en 1729 et meurt en 1777. En raison des services de son père Blaise Joseph, il est sous-constructeur à l’âge de 8 ans (le cas n’est pas unique) et va au collège jusqu’à 14 ans pour apprendre les mathématiques et le dessin. L’année suivante, en 1744, il construit sa première corvette sous les yeux de son père et avoue n’avoir « point cessé depuis ce temps là à faire des plans et à apprendre les calculs qui étaient nécessaires… et à toujours continuer d’apprendre le dessin et les mathématiques ». A 18 ans il construit deux corvettes sous la direction de Coulomb, son aîné, sous l’influence et les ordres duquel il restera longtemps. Ce début de carrière est donc marqué par l’appartenance à une dynastie de constructeurs, le bénéfice de l’appui d’un aîné et l’apprentissage de la théorie. Joseph-Louis Ollivier va aux Écoles de Paris, revient à Brest, est fait constructeur à 25 ans en 1754. Toujours avec Coulomb, il passe à Lorient afin de construire pour la compagnie des Indes. En fait il assure seul le travail car Coulomb retourne rapidement à Brest. Durant trois ans d’activité, il n’obtient aucune gratification de la Compagnie. Ayant engagé de nombreuses dépenses, il essaiera vainement de se les faire rembourser. Il continue sa carrière avec les mêmes mésaventures. A la fin de 1761, le duc de Choiseul l’appelle à la cour pour y faire des plans et devis estimatifs des vaisseaux à construire à Bordeaux. Mais la réalisation en est confié à Groignard qui en recevra tous les honneurs. En 1765, alors âgé de 36 ans, il est promu ingénieur constructeur en chef à Brest. Durant six ans, il construit quinze vaisseaux sans obtenir aucune grâce particulière. Son amertume ressort dans le mémoire qu’il fait parvenir à Sartine lorsque celui-ci visite Brest en 1775 : « L’ingénieur constructeur en chef du port de Brest qui devrait au moins être traité de la même manière que ceux des autres ports, étant même celui qui doit être regardé à juste titre comme le principal, a éprouvé un traitement bien différent puisque depuis l’époque de la mise à l’eau du vaisseau le Saint-Esprit de 80 canons le 12 octobre 1765, il a construit quinze vaisseaux sans avoir obtenu aucune grâce ». Et il ne peut s’empêcher de comparer sa situation à celle de Coulomb et Groignard. En résumé, sa carrière est rapide mais courte il meurt à 48 ans. Il a été sans conteste « doublé » et utilisé abusivement par Coulomb, son formateur. De plus, il a été écrasé par la présence d’Antoine Groignard plus en cour, plus ambitieux et certainement plus doué. »

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