Napoléon, l’esclavage et les colonies

« Les ressemblances entre Napoléon et Hitler ne sont que trop criantes […] pourtant – et je le dis avec beaucoup de véhémence – les différences, les contrastes, ne sont pas moins évidents. L’histoire ne se répète pas. Entre remarquer un certain parallèle et établir une identité, la marge est grande […] On ressent presque le besoin de demander pardon à l’ombre de Napoléon d’avoir mentionné son nom et celui de l’autre dans une même phrase. »

Pieter Geyl, historien néerlandais, dans « Napoleon, for and against » (1947).

Il y a quelques jours, le blog Historicoblog(3) mettait en ligne un billet , dont je suis l’auteur, à propos de l’ouvrage Napoléon, l’esclavage et les colonies de Pierre Branda et Thierry Lentz, publié par les éditions Fayard en 2006. Je publie aujourd’hui cette fiche de lecture sur Trois-Ponts !

Cette année, les Russes célèbrent la victoire de 1812 sur la Grande Armée de Napoléon : dés 2009, une commission nationale – rassemblant des membres du gouvernement, des gouverneurs, des dirigeants de grands médias, ainsi que des représentants du domaine des sciences, de la culture et de l’art, présidée par Dmitri Medvedev en personne – est chargée de préparer les célébrations du bicentenaire de la victoire de la Russie dans la « guerre patriotique » de 1812 ; une série de projets, défilés, festivités, et excursions thématiques sont prévus tout au long de l’année 2012, pour un budget de plus de 100 millions de dollars.

Il y a sept ans également, les Anglais célébraient comme il se doit la bataille de Trafalgar : 167 navires d’une trentaine de nations différentes réunis à Portsmouth pour rendre hommage à l’amiral Horatio Nelson, tué durant les combats ; la reine Élisabeth II en personne passant en revue les bâtiments ; la présence de cinq unités françaises dont notamment le porte-avions Charles de Gaulle, fer de lance de la Marine nationale, et la frégate Jean-Bart.

La France, qui est décidément un pays bien particulier, a également commémoré le bicentenaire de la bataille d’Austerlitz en 2005 : une seule et unique cérémonie officielle, organisée à Paris place Vendôme, sans le chef de l’État ni le chef du gouvernement… Assez pathétique n’est-ce pas ?

Cette farce était certainement la conséquence d’une « polémique », trouvant à l’époque sa source dans la parution d’un ouvrage, à la fin de l’année 2005, Le crime de Napoléon, dans lequel Claude Ribbe expliquait au lecteur que Napoléon était le « Hitler du 19e siècle », qu’il était un personnage profondément raciste, qu’il avait rétabli l’esclavage – aboli une dizaine d’années plus tôt par la Convention – et qu’il avait imaginé et organisé un « génocide » des Noirs dans les Antilles, et notamment à Saint-Domingue. Bonaparte aurait consacré à ce projet beaucoup de moyens et d’énergie, inventant même des techniques nouvelles d’extermination dont l’auteur de ce livre nous dit avec le plus grand sérieux qu’elles inspirèrent grandement les dirigeants nazis : « en tant que premier dictateur raciste de l’Histoire, Napoléon a sa part de responsabilité, non seulement pour tous les crimes coloniaux ultérieurement commis par la France, mais aussi pour tous ceux du nazisme qui s’est, à l’évidence, inspiré de l’Empereur comme d’un modèle ». Ces faits, toujours selon l’auteur, auraient été volontairement cachés pendant plus de deux siècles, avec la complicité des historiens qui auraient couvert ce « grand crime ».

« Autant le dire tout de suite : Le Crime de Napoléon n’est pas un livre d’histoire ». La critique littéraire de Jérôme Gautheret, dans le journal Le Monde du 1er décembre 2005, avait beau mettre en garde, la thèse de cet ouvrage a évidemment très vite fait réagir. Les médias se sont emparés de « l’affaire », la polémique a prit de l’ampleur et le livre de M. Ribbe s’est bien vendu. Mais n’était-ce pas là l’objectif recherché par l’auteur ?

L’ouvrage que je m’apprête à commenter, Napoléon, l’esclavage et les colonies par Pierre Branda – déjà auteur d’un article à propos du livre Le crime de Napoléon – et Thierry Lentz, est très clairement, à mon sens, une réponse au livre de Claude Ribbe et à cette polémique, même si les auteurs affirment, dés les premières pages du bouquin, que ce n’est pas le cas : « Cette polémique, disions-nous, ne concerne pas ce livre qui ne constitue pas une réponse aux attaques ni une justification de la politique napoléonienne ». Sans doute MM. Pierre Branda et Thierry Lentz souhaitent-ils insister ici sur le fait qu’ils ne se posent pas en défenseurs, ni en juges d’ailleurs, de la politique coloniale de Napoléon Bonaparte. Là n’est pas le travail d’un historien.

Il n’empêche que le quatrième de couverture est assez clair : « Oui, Napoléon Bonaparte a rétabli l’esclavage, après de longues hésitations. Oui, les généraux envoyés par lui aux Antilles ont férocement réprimé les révoltes des Noirs et des mulâtres. Mais c’est à ne pas replacer ces faits dans leur contexte que l’on perd le fil de l’histoire. C’est en oublier que le projet de Napoléon était d’abord géopolitique, que son ambition était « mondiale ». C’est ignorer que le rétablissement de l’esclavage intervient dans un monde où l’abolitionnisme balbutiait, son coût économique étant jugé insupportable par un secteur qui employait alors un Français sur dix. Privilégier l’hypothèse « raciste », lire l’histoire à l’envers, d’aujourd’hui à hier et – pourquoi pas ? – à avant-hier, ne peut que contribuer à une utilisation déréglée d’une mémoire pourtant si utile lorsqu’elle ne se confond pas avec le militantisme partial. Empoignant à bras-le-corps une affaire qui, c’est vrai, en a embarrassé plus d’un avant eux, Pierre Branda et Thierry Lentz ont repris le dossier de l’esclavage et des colonies pièce par pièce, à l’aide d’une documentation complète, parfois inédite. Comme toujours en histoire, ils en tirent un bilan qui n’a que faire des bons sentiments (sinon ils ne seraient pas historiens !) ».

Napoléon, l’esclavage et les colonies propose donc une étude, apparemment utile, sur la politique coloniale de Napoléon, et aborde le problème de son attitude face à la question de l’esclavage.

Le livre, qui compte en tout 360 pages, est divisé en sept grands chapitres, reprenant plus ou moins les événements dans l’ordre chronologique, accompagnés d’une abondante bibliographie (50 pages) – certainement afin de prouver que non, les historiens n’ont pas « complotés » pour cacher la vérité quant au rétablissement de l’esclavage en 1802 – et de nombreuses annexes (50 pages également), notamment les notes de Bonaparte servant d’instructions au général Leclerc, ainsi qu’un grand nombre de lettres de l’amiral Decrès, du général Leclerc et du général Rochambeau, dont certaines inédites, au Premier Consul.

Après un nécessaire rappel de la situation de l’empire colonial français à la veille de la Révolution, les auteurs étudient les conséquences dans les colonies de la Révolution puis de l’abolition de l’esclavage par la Convention en 1794. Ils insistent sur l’importance économique – Pierre Branda est un spécialiste reconnu des questions financières et économiques de l’époque napoléonienne, notamment auteur d’un ouvrage sur Napoléon et l’argent – des colonies françaises, et notamment de la partie occidentale de Saint-Domingue (actuelle République d’Haïti), île alors considérée comme la plus riche du monde qui assurait à elle seule les trois quarts de la production mondiale du sucre, matière première véritablement indispensable à l’époque. Triste constat quand on sait qu’Haïti est aujourd’hui l’un des États les plus pauvres de la planète.

Assez paradoxalement, dans les premières années du Consulat, Bonaparte, qui confirme dans un premier temps l’abolition de l’esclavage, ne s’occupe guère de la situation des colonies françaises. Le Premier Consul a déjà fort à faire en Europe, où la France est en guerre contre l’Autriche et l’Angleterre, et souhaite mettre à profit les talents et l’influence de Toussaint Louverture – ancien esclave noir devenu gouverneur de fait de l’île – pour s’occuper convenablement de Saint-Domingue. La situation change totalement après la paix de Lunéville (1800) puis la paix d’Amiens (1802). Pour la première fois depuis dix ans, la France est en paix. Napoléon Bonaparte profite de ce retour au calme sur le continent européen pour se consacrer à la reconstitution de son empire colonial, pour lequel il a de vastes projets, notamment aux Antilles, dont la Louisiane – rétrocédée à la France par le traité franco-espagnol de Saint-Ildefonse du 1er octobre 1800 – pourrait devenir un centre pour le commerce nord-américain. Pour concrétiser cette grande ambition, il faut rétablir l’ordre à Saint-Domingue, où Toussaint Louverture a adopté une véritable politique d’autonomie. La formidable expédition dirigée par le général Leclerc, qui débarque à Saint-Domingue au début de février 1802, réussit cette mission sur le court terme, avec le ralliement de la majorité des généraux de Toussaint et l’arrestation puis la déportation de celui-ci en France, au mois de juin. Un événement va cependant mettre le feu au poudre, un événement important, sujet essentiel de ce livre : le rétablissement de l’esclavage.

A l’époque, deux camps s’affrontent parmi les élites en France : les « abolitionnistes » et les « esclavagistes », bien plus nombreux, qui considèrent, à l’image de Cambacérès notamment, que l’abolition est contraire à l’intérêt du pays. Pour ces derniers, la question ne relève pas de l’humanisme mais davantage de la stratégie géopolitique et économique. Bien entendu, la « question raciale » existe, on ne peut le nier, mais encore une fois semble bien secondaire par rapport à la « question économique » : « la liberté des Noirs est incompatible avec la prospérité des colonies ». L’important « lobby colonial » va finir par l’emporter et l’esclavage, ainsi que la traite, va effectivement être rétabli.

On a l’habitude de dire que c’est la loi du 30 floréal an X (20 mai 1802) qui a rétabli l’esclavage dans les colonies françaises. Cette affirmation est relativement fausse. En vérité la loi du 30 floréal an X ne rétablit pas, à proprement parlé, l’esclavage. Comme le dit Napoléon Bonaparte devant les chambres et le Sénat : « A Saint-Domingue et à la Guadeloupe, il n’y a plus d’esclaves, tout y est libre et tout y restera libre […] A la Martinique [prise par les Anglais durant la Révolution et rendu aux Français suite à la Paix d’Amiens] ce seront des principes différents : la Martinique a conservé l’esclavage et l’esclavage y sera conservé ». Autrement dit, la loi ne rétablit pas l’esclavage mais le maintient là où il n’a jamais été aboli. Certains diront que c’est là jouer sur les mots. Ils n’empêchent que, légalement, ce texte ne rétablit pas – en théorie – l’esclavage ni en Guyane, ni en Guadeloupe ni à Saint-Domingue.

C’est donc de manière tout à fait illégale, mais avec l’accord tacite, si l’on peut dire, de Bonaparte et de Decrès, ministre de la Marine et des Colonies, que le général Richepanse – qui vient de rétablir l’ordre en Guadeloupe avec une incroyable brutalité – par un arrêté du 16 juillet 1802, rétablit une certaine forme d’esclavage sur l’île. Le 7 décembre 1802, Victor Hugues, représentant du gouvernement en Guyane, prend à son tour un arrêté similaire à celui de Richepanse. Dans les deux arrêtés, le terme « esclavage » n’est jamais utilisé mais les faits sont là : l’esclavage est bel et bien rétabli en Guadeloupe et en Guyane, et Paris ne fait rien pour l’empêcher.

Au début d’août 1802, la nouvelle de la situation en Guadeloupe met Saint-Domingue à feu et à sang, alors même qu’il n’est encore nullement question de rétablir l’esclavage sur cette île, du moins à court terme. Le récit de cette « guerre des couleurs », qui va durer un peu plus d’un an entre 1802 et 1803, racontée dans le chapitre 5 de l’ouvrage, est très violent et, je dois l’avouer, m’a particulièrement marqué. A mon sens, ce passage du livre est la seconde réponse de Pierre Branda et Thierry Lentz à Claude Ribbe. Après nous avoir démontré, dans les chapitres précédents, que non, Napoléon n’a pas rétabli l’esclavage par simple haine des Noirs ; ils rejettent dans ce cinquième chapitre l’idée selon laquelle le Premier Consul aurait imaginé et organisé un « génocide » à Saint-Domingue en 1802 et 1803. Il faut dire que l’exercice n’était pas vraiment difficile… Rejetant donc toute utilisation du mot « génocide », il n’est cependant pas faux d’affirmer que les violences et les massacres perpétrés à Saint-Domingue, d’un coté comme de l’autre, ont atteint un très haut degré de sauvagerie, qui ne sont pas sans rappeler d’ailleurs les événements qui se sont dérouler en Vendée pendant la Révolution, et se dérouleront encore quelques années plus tard en Espagne. Deux hommes, notamment, semblent avoir une grande responsabilité dans ces massacres : coté français, le général Rochambeau – fils du dernier Maréchal de Louis XVI – qui remplace le général Leclerc, tué par la fièvre jaune le 22 octobre 1802 ; et coté révoltés, Dessalines, qui prend leur tête à la fin du mois d’octobre 1802. Ces deux hommes multiplieront les exactions, exactions qui seront rapportés – notamment par un rapport du général Lacroix – et condamnés par Napoléon au début de l’année 1804. L’historien Jacques Sandeau résume ainsi la situation : « Massacre de Blancs par les Noirs, des Noirs par les Blancs, des mulâtres par les Noirs, découverte de charniers des populations emmenés en otages et exécutées sur ordre des généraux noirs : l’histoire de Saint-Domingue, durant cette période, n’est qu’une longue litanie de meurtres. Les armés en présence ne se combattent pas, elles s’exterminent ». Le bilan humain est désastreux : sur 55 132 soldats, marins et auxiliaires envoyés dans l’île entre 1802 et 1803, seuls 1 200 rentrent en France (chiffres de Pamphile de Lacroix). Entre les maladies, les combats et les massacres de part et d’autre, on estime que près de 100 000 personnes perdirent la vie à Saint-Domingue durant cette courte période.

La suite, nous la connaissons, les Français capitulent le 19 novembre 1803 et Haïti proclame son indépendance le 1er janvier 1804. Dessalines, devenu l’empereur Jacques 1er en octobre 1804, est assassiné le 17 octobre 1806 sur ordre des généraux Piéton et Gerin, ses anciens lieutenants. Saint-Domingue perdue, le grand rêve américain de Napoléon prend fin et la Louisiane, devenue inutile et indéfendable, est vendue aux États-Unis. Suite à la rupture de la paix d’Amiens, la défaite de Trafalgar marque l’écrasante supériorité maritime de la Royal Navy face à la Marine française, qui ne peut empêcher la prise par les Anglais des colonies françaises aux Antilles, en Amérique du Sud puis dans l’Océan Indien. Dés lors, Napoléon, devenu Empereur des Français, concentre son attention sur le seul continent européen, avec la fin que l’on connait.

Napoléon conclura à Sainte-Hélène : « L’une des plus grandes folies que j’ai faites, et que je me reproche, […] a été d’envoyer une armée à Saint-Domingue. J’aurais dû prévoir qu’il était impossible de réussir dans le projet que j’avais conçu. J’ai commis une faute… »

Napoléon, l’esclavage et les colonies est un ouvrage assurément nécessaire, portant sur un sujet aussi commenté que mal connu… A lire !

3 réflexions sur “Napoléon, l’esclavage et les colonies

  1. Bonjour,
    Je souhaite attirer votre attention sur le livre que je viens d’écrire à propos du général Emmanuel Leclerc, beau-frère de Bonaparte, et de Toussaint Louverture : Haïti : le paradis perdu et vous offrir l’occasion de vous en faire une idée avec le résumé que j’en ai fait et que je souhaite vous faire parvenir.
    Si j’insiste pour que vous en preniez connaissance, c’est que je suis persuadé qu’il ne peut vous laisser indifférent. Chacun pense connaître le personnage de Toussaint Louverture. Tant de livres ont été écrits à son sujet qu’il est permis de croire inutile d’y ajouter le mien. Un téléfilm qui, heureusement, avoue n’être qu’une fiction, a même été tourné pour en faire le panégyrique et pour dépeindre les colons français comme des monstres. Plus les années passent et plus ce personnage se trouve paré de mérites et de vertus qu’il n’avait pas. Sa légende est bâtie non seulement par des personnes d’origine antillaise, ce qui peut s’expliquer par le besoin de trouver des raisons d’être fier de ses ancêtres, mais aussi par des intellectuels métropolitains chez qui l’esprit critique a laissé place, par idéologie politique, à l’étroitesse d’esprit et la crédulité. Au cours d’un débat, sur ARTE, j’ai cru comprendre que le massacre des blancs de Saint Domingue n’était imputable qu’au seul Dessalines et j’ai entendu dire que l’espérance de vie d’un esclave n’était que de trois ans. Rappelons que Toussaint est mort vieux et que son père qui a été esclave presque toute sa vie, est mort centenaire. Il me semble nécessaire de rétablir la vérité historique. Quelle idée de nos ancêtres à la peau blanche sommes-nous en train de donner à nos immigrants ?
    Depuis 2001, sur proposition de madame Taubira, ministre française mais aussi indépendantiste guyanaise, le gouvernement nous demande, tous les 10 mai, de battre notre coulpe pour expier les fautes de nos ancêtres colonisateurs et esclavagistes. Je n’y trouve rien à redire mais j’aimerais qu’on sache qu’avant même leur libération, en 1794, beaucoup de noirs s’estimaient fort bien traités par leurs maîtres blancs et n’auraient en aucune façon souhaité retrouver l’Afrique. Parmi ces noirs amoureux de la culture et de la civilisation françaises, il y en avait un qui avait envoyé ses fils faire des études en métropole, aux frais de la République. Cet adepte du double langage, promu Gouverneur Général de son île natale avec l’aval du gouvernement français, avait officiellement demandé à ses concitoyens d’accueillir les représentants de la France « avec le respect de la piété filiale » et secrètement ordonné à ses soldats de ne les laisser débarquer sous aucun prétexte. En réalité, il les accueillit à coups de canon. Et pour mieux les faire reculer, il ne leur fit voir d’autre spectacle que la destruction des villes et le massacre des blancs en faisant courir le bruit qu’ils voulaient les remettre en esclavage, ce qui n’était en aucune façon dans leurs intentions.
    S’il avait vécu au vingtième siècle, Toussaint, inventeur de la « guerre des couleurs », preneur d’otages, massacreur des mulâtres puis des blancs, aurait été condamné pour génocide ou crime contre l’humanité. Ce n’est pas à lui mais au général Leclerc, apôtre du pardon et de la réconciliation, que s’applique la comparaison avec Mandela. L’un n’a pas hésité à mettre son pays à feu et à sang pour s’accrocher au pouvoir, l’autre est allé jusqu’au sacrifice de sa vie pour rétablir le bonheur et la prospérité sur un territoire qui n’était plus français que de nom. Pourquoi cacher la vérité ? A qui pourrait bien profiter le révisionnisme anti-colonialiste ?
    Si vous souhaitez vous procurer gratuitement un exemplaire de mon livre, dont le prix me semble très élevé, je vous encourage à le demander, de ma part, aux éditions EDILIVRE.

    Cordialement,

    Guy Schoonheere, Agrégé de l’Université
    2, rue du maraîcher
    59390 Sailly-lez-Lannoy
    03 20 80 27 90
    06 20 00 31 75

  2. La situation politique ayant conduit Bonaparte à intervenir à Saint-Domingue fut décrite dans un ouvrage du stratège Antoine Henri Jomini publié en 1841, Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution, livre XIX, chapitre XCII,
     page 411 et suivantes.

  3. En février 2012, M. Bruno Calvès avait écrit pour la revue L’Histoire un article commentant le feuilleton de M. Philippe Niang sur Toussaint Louverture, diffusé sur la chaîne de télévision France 2 les 14 et 15 à vingt heures trente-cinq.

    Ce commentaire est favorable : le feuilleton y est décrit comme « fidèle à ce que l’histoire a retenu de Toussaint Louverture », le dépeignant comme « une figure complexe, en proie aux doutes, souvent intransigeante, n’échappant pas, non plus, à des choix politiques ambigus. » M. Calvès est reconnaissant envers « la production d’avoir évité de dresser un réquisitoire convenu contre le système colonial qui régnait alors en maître dans les colonies européennes », et estime que Toussaint Louverture est «interprété de façon flamboyante par le comédien haïtien Jimmy Jean-Louis. »

    Ces louanges ne vont pas sans bémols : « La réalisation, par souci de clarté, s’est donc offert quelques libertés avec la grande histoire. »

    M. Calvès ne reproche pas le choix d’avoir laissé dans l’ombre les commissaires de la République autres que Sonthonax. Pour ma part j’y vois un grand inconvénient, celui de laisser accroire que Sonthonax aurait accordé l’abolition de l’esclavage par conviction personnelle alors que ce fut le caractère irréversible de la situation qui l’obligeait à ainsi violer ses ordres formels, la présence d’autres commissaires rendant impossible de mentir à la Convention. Ayons l’honnêteté, plus de deux siècles après les événements, de reconnaître que nous n’avons pas octroyé aux Nois la liberté mais qu’ils l’ont conquise. Disons, avec M. Olivier Pétré-Grenouilleau, que « Ce fut la seule grande insurrection d’esclaves couronnée de succès. La révolte de Saint-Domingue conduisit à l’émancipation et à l’indépendance d’Haïti. … Cet événement demeure un phénomène quasi unique dans l’histoire. » (mensuel L’Histoire de février 2009 – n°339 – page 74).

    M. Calvès ne reproche pas davantage à la production d’avoir « par goût de la belle image, fait arriver Louverture au fort de Jouy dans la neige alors que, dans la réalité, le prisonnier y est parvenu en août. » Il me semble toutefois que c’est important. Toujours selon M Calvès, « Plus contestable est le choix d’avoir fait mourir noyé sous ses yeux le père du jeune Toussaint, alors que ce dernier était enfant. » Il me semble que faire mourir sous les coups un homme qui mourut de vieillesse est un pur mensonge.

    M. Calvès a une vision critique du personnage de Toussaint Louverture, écrivant ceci : « S’il accompagne les révoltes contre les injustices du système colonial, il n’en est pour autant jamais le principal pourfendeur. » Et : « devenu le maître sans partage de la colonie, le général Louverture ira jusqu’à rappeler les planteurs chassés par la Révolution et rétablira le travail forcé pour les Noirs sur les plantations. Il fera même exécuter les « meneurs » noirs qui avaient contesté sa décision. »

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